vendredi 29 juin 2007 à 01:30
Je m’étais à peine remise de l’absence du coffre, qu’un coup de fusil se fit entendre à l’extérieur. Que devais-je faire ? Me cacher quelque part en attendant d’être certaine de pouvoir sortir sans être vue ? Aller voir d’où provenait ce coup de feu, et ainsi me faire repérer ? Mais l’accès au souterrain étant dégagé, on allait forcément venir voir. Ce coup de feu paraissait si proche… La panique m’envahissait. Je me forçais à respirer calmement, tout en réfléchissant à toute vitesse. Qu’aurait fait Antonin ? Mon instinct me disait qu’il se serait précipité à l’extérieur pour voir d’où provenait le coup de feu.
Je suis donc sortie, le cœur battant. La nuit était noire, on distinguait à peine les contours des arbres se détacher sur le ciel. J’avais donc moins de chance d’être vue, mais je restais quand même sur mes gardes. Le rythme de mon pouls s’accéléra lorsque j’entendis des voix. Je me suis tapie discrètement devant le gros rocher qui se trouvait sur le côté du souterrain. De là, je pouvais apercevoir la silhouette de deux hommes discutant à voix basse, quelques mètres plus loin. Il me semblait, à leur posture, que c’étaient là deux argousins. J’avais beau tendre l’oreille, je ne pouvais comprendre ce qu’ils disaient. S’ils me trouvaient… Je m’exhortais au calme, bien que le sang vrillant mes tempes me rende cet exercice difficile. Au bout de quelques instants, je les vis s’éloigner silencieusement. J’attendis encore plusieurs minutes avant d’oser sortir de ma cachette. Je me suis dirigée lentement vers l’endroit où se tenaient les deux hommes, mais avant que j’atteigne cet endroit, mon pied heurta quelque chose de mou, avec un bruit sourd. Je fermai les yeux, en respirant profondément. Je savais d’avance ce qui se tenait à mes pieds, mais j’eu quand même un mouvement de recul lorsque mes yeux rencontrèrent ceux froid et inexpressif d’un cadavre. C’était le père Sarcot lui-même, une expression d’effroi sur son visage rougi par trop de vin. Un détail attira cependant mon regard. C’était un bout de parchemin scellé, qui dépassait de la poche de son veston.
J’entendis une nouvelle fois des bruits de pas précipités. Ce devait être les deux policiers qui étaient aller chercher quelqu'un pour enquêter sur la mort du père Sarcot. Je ne pouvais plus rester ici.
J’attrapai le parchemin, et courut vers un refuge que je savais sûr. Il s’agissait d’un petit cabanon en bois, perdu au milieu d’une forêt. Comme toujours, le plancher craquait, et une odeur de poussière flottait dans l’air. Guidée par des anciens réflexes, je pris une allumette sur le secrétaire situé à gauche de l’entrée, je la fit craquer et alluma la bougie sur la table qui trônait au milieu de la pièce. Je saisi une chaise et m’installa à la lueur de la bougie pour lire le contenu du parchemin. Il s’agissait d’une lettre de marque, signée par la main de l’empereur lui-même. Ainsi, les richesses du père Sarcot s’expliquaient. Il avait dû être un corsaire dans son jeune temps, pour pouvoir amasser une telle fortune. Mais en lisant plus attentivement, je me rendis compte que la lettre était datée d’une semaine auparavant. Sarcot était donc toujours sous les ordres directs de l’empereur. Enfin, il ne l’était plus maintenant. Ca ferait un obstacle en moins pour venir en aide à Antonin.
Quoi qu’il en soit, je n’avais plus le choix. A présent il fallait que je me serve de la clé. Je l’enlevais de mon cou, et me dirigea vers le lit en bois brut. Je m’accroupi et tira de sous le lit, ce petit coffre en bois, témoin de tant de souvenirs. Il était couvert d’une épaisse couche de poussière, et comme lorsque j’étais petite, je soufflai dessus une énième fois, avant de tourner la clé dans la serrure. Sous une pile de bibelotset de correspondances, se trouvait mon acte de naissance. Ce document pouvait faire changer bien des choses auprès de l’empereur…
Maintenant, je devais me reposer. Demain il fallait remonter à Paris, pour retrouver Antonin devant Notre Dame.
Ce message a été modifié par _A_ - vendredi 29 juin 2007 à 01:38.