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mercredi 15 novembre 2006 à 13:25
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Je propose de dédier cet espace aux faits divers de l'Histoire.

Au cours de l'été 1833, le petit Jean-Antoine Zanoli, alors âgé de 10 ans, disparaît après une visite à son frère dans la ville voisine.
Son frère le raccompagne sur une partie du chemin du retour, il est la dernière personne à l'avoir vu.
Parents et amis se mettent à sa recherche, sans succès. Un mois passe, un avis de recherche est déposé dans le journal local. On demande aux maires des villages voisins de s'informer sur le passage d'étrangers.
On imagine tour à tour qu'il aura suivi des mendiants ou qu'il aura été dévoré par un loup. Un témoin aurait trouvé des restes humains près du bois.
Le petit Zanoli a fini par rentrer chez ses parents sains et saufs après cinq semaines d'escapade.

C'est un résumé à partir de:

http://forezhistoire.free.fr/societe.html


J'aime bien cette histoire, elle donne à voir l'évolution de la société et ses permanences.
L'inconnu fait toujours aussi peur. Mais aujourd'hui, l'inconnu n'est plus "l'étranger au village", "les mendiants de passage" ou "un loup". Non aujourd'hui, nous avons peur des pédophiles, des jeunes des banlieues, des chiens d'attaque...Désormais on a l'impression, à tord ou à raison, que le danger est dans nos murs, et non plus à la lisière.
Il y aurait sûrement beaucoup à dire aussi sur le rapport au temps, à la presse, les descriptions de l'enfant (dans le texte d'origine) ou l'organisation administrative: à aucun moment on ne fait référence à la police.

Si vous connaissez des sites avec ce genre de petits faits divers historiques, j'suis preneuse. original.gif
dimanche 26 novembre 2006 à 15:07
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Le 19 décembre 1899, M Coquard prend 4 passagers et se rend au marché avec sa nouvelle auto.
Tout à coup, près de l'auberge Pinton, c'est le drame. L'auto entre en collision de plein fouet avec le cochon de l'aubergiste: la voiture se retourne, les 4 passagers sont propulsés dans un champs et le conducteur est écrasé sous son tacot tout neuf. Les passagers se relèvent, mais lui va décéder à l'hôpital des suites de ses blessures. Il avait 70 ans, il est une des premières victimes des accidents d'automobile. L'histoire ne dit pas si le cochon a survécu. sleep.gif Nous ignorons tout de ce qui est advenu de la voiture aussi.
L'affaire n'en reste pas là, bien sûr. L'aubergiste doit répondre de ses actes: a-t'elle oui ou non laissé son cochon errer sans surveillance? (les cochons errants étaient semble-t'il monnaie courante à l'époque, quel désordre!) La justice va l'acquitter. La voiture roulait à une vitesse excessive (la limite de vitesse était de 30 km/h en campagne et 20 km/h en ville) et se situait beaucoup trop sur le côté (il aurait fallu rouler en plein milieu de la route). L'aubergiste a pu prouver que loin de laisser errer son cochon, elle le surveillait. Elle a même fait des signes, en vain, pour que le chauffeur ralentisse.
Beaucoup de chauffeurs de l'époque manquaient d'expérience, surtout ceux de 70 ans avec un tacot tout neuf. Pourtant ces derniers devaient posséder le certificat de capacité spéciale pour conduire, devenu obligatoire depuis mars 1899.


Même source que précédemment pour le détail de l'histoire.

L'intérêt est assez limité ou anecdotique, mais j'avoue que cette histoire m'amuse. happy.gif
dimanche 26 novembre 2006 à 15:58
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1870

Le mardi 16 août dans l'après-midi, mort à Hautefaye à l'âge de 21 ans, d'Alain Moneys d'Ordières, fils d'Amédée et de Madeleine Louise de Conan, châtelain de Bretanges à Beaussac. Lynché sans raison apparente par la foule à Hautefaye.

Le samedi 20 août, le journal "Le Nontronnais" relate le drame de la façon suivante : "Le 16 de ce mois, jour de foire à Hautefaye, un crime atroce qui nous rapporte d'emblée à la jacquerie du moyen-âge, a été commis dans cette localité, situé à environ douze kilomètres de Nontron. Voici les faits : M. Camille de Maillard, fils du maire de la commune de Beaussac et propriétaire des environs, communiquait à quelques personnes, au milieu du champ de foire, les dépêches publiées par les journaux, relatives à la bataille de Reischoffen, où nous avions été obligés de nous replier.

- Ce n'est pas vrai, dit une voix, vous ne lisez pas ce qu'il y a, les Français ne reculent jamais, vous n'êtes qu'un prussien.

M. de Maillard voulu donner quelques explications, mais inutilement ; on l'entoure, on le bouscule, on s'apprête à lui faire un mauvais parti, lorsque heureusement quelques uns de ses métayers, qui se trouvaient à portée, parviennent à le dégager, et il s'enfuit précipitamment pour se soustraire aux mauvais traitement qu'on lui préparait.

Cinq minutes ne s'étaient pas écoulées qu'un grand tumulte s'élève du champ de foire : c'étaient les mêmes forcenés qui, voyant M. de Maillard leur échapper, avaient porté leur fureur sur M. de Moneys fils, que son caractère sa situation de famille et ses opinions politiques devaient cependant sauvegarder. Après lui avoir fait crier "Vive l'Empereur ! A bas la Prusse !" et cela au milieu des injures et des vociférations d'une foule abrutie, on le frappe de coups de bâton, on le roue de coups, et on le traîne dans les ruelles du village l'espace de 600 mètres.

Le maire de la localité et quelques personnes s'étant interposées, on parvient à l'arracher des mains de ces cannibales et on le dépose dans une étable à porcs, mais dans quel état ! Les vêtements lacérés, n'ayant qu'un reste de pantalon, les favoris arrachés et une plaie béante derrière l'oreille.

Tout était-il donc fini ? Non, cette foule tout à l'heure ivre de vin, était maintenant ivre de sang. Elle redemande sa victime, on écarte les gens qui gardaient la porte, on pénètre dans ce misérable refuge, et puis, qui par un bras, qui par une jambe, on traîne de nouveau ce malheureux jeune homme sur le champ de foire. Mais l'oeuvre n'était pas tout à fait accomplie, le corps que l'on martyrisait ainsi depuis plus de deux heures, donnait encore quelques signes de vie. Alors, qu'imagine-t-on : on le dépose dans une mare desséchée, on accumule sur lui des fagots et de la paille, et ...., oui, il s'est trouvé des êtres à figure humaine qui ont mis le feu !!!

Et pendant que la victime cherchait instinctivement à repousser les atteintes de la flamme qui lui calcinait les membres, la foule hurlait autour de cet autodafé. Un instant après, M. de Moneys, tout à l'heure plein de force et de santé, chéri de sa famille, affectionné de tous ceux qui le connaissaient, n'était plus qu'un cadavre à moitié carbonisé."


Le mercredi 21 décembre 1870, 21 personnes sont condamnées à diverses peines.

Le lundi 6 février 1871, à 8h31 à Hautefaye, quatre des vingt et une personnes condamnées pour l'assassinat d'Alain de Moneys d'Ordières, sont guillotinées.

mardi 28 novembre 2006 à 20:29
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ohmy.gif Je comprends mieux la méfiance vis-à-vis du peuple.
Heureusement aujourdh'ui nous sommes civilisés. Ce genre de lynchage ne peut se reproduire. sleep.gif
Sauf les soirs où des p'tits bonhommes surpayés tapent dans une baballe peut-être. sm17.gif
mardi 28 novembre 2006 à 21:22
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Histoire véridique d'Hélène Gillet - Dijon XVIIè siècle - celle-ci fut condamnée pour infanticide

« Entre les trois et quatre heures après midi, elle fut menée au Morimont assistée de deux jésuites et de deux capucins. Le bourreau qui s’était communié le matin dans la prison, tremble, s’excuse au peuple sur une fièvre qui le tenait depuis trois mois, le prie de lui pardonner où il manquerait son devoir.

Cependant qu’on exhortait la patiente à souffrir constamment la mort, il donne toute les marques d’une grande inquiétude, il chancelle, il se tord le bras, il les élève au ciel avec les yeux, il se met à genoux, se relève, puis se jette à terre, demande pardon à la patiente, puis la bénédiction aux prêtres qui l’assistaient.

« Enfin le bourreau, après avoir souhaité d’être à la place de la condamnée, qui tendait le col pour recevoir le coup, il hausse le coutelas ; il se fait une huée du peuple ; les jésuites et les capucins criaient : Jésus, Maria. La patiente se doute du coup, porte les mains à son bandeau, découvre le coutelas, frissonne, puis se remet en même assiette qu’auparavant. Le bourreau, qui n’entendait pas son métier, lui pensant trancher le col, porte le coup dans l’épaule gauche : la patiente tombe sur le côté droit : le bourreau quitte son épée, se présente au peuple, et demande à mourir.

Le peuple s’émeut, les pierres volent de tous côtés, la femme du bourreau, qui assistait son mari en cette exécution releva la patiente, qui en même temps marcha d’elle-même vers le poteau, se remit à genoux et tendit de rechef le col.

Le bourreau éperdu, reprend le coutelas des mains de sa femme, et décharge un coup sur la tête de la patiente, glissant au col, dans lequel il entra du travers du doigt, duquel coup, elle serait tombée, ce qui augmenta la colère du peuple plus fort qu’auparavant.

Le bourreau se sauve en la chapelle qui est au bas de l’échafaud, les jésuites après , puis les capucins.

La femme du bourreau demeure seule auprès de la patiente, qui était tombée sur le coutelas, duquel assurément, elle se serait servi si elle l’eut vu : elle prit la corde avec laquelle la patiente avait été menée et la lui mit au col.

La patiente se défend et jette sa main sur la corde ; cette femme lui donne des coups de pied dans l’estomac et sur les mains, et la secoue cinq ou six fois pour l’étrangler : puis, se sentant frappée à coups de pierres, elle tire ce corps demi mort, la corde au col, la tête devant à bas de la montée de l’échafaud.

Comme elle fut au-dessous, proche des degrés qui sont de pierre, elle prend les ciseaux qu’elle avait apportés pour couper les cheveux à la condamnée. Avec ces ciseaux, qui étaient longs de deux pieds, elle lui veut couper la gorge ; comme elle n’en peut venir à bout, elle les lui ficha en divers endroits ».

Tome onzième du Mercure de France Paris, 1629 (Tiré d'Infernalia et autres contes de Charles Nodier)



sources:Inquisitor





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