Saturday 29 May 2010 à 20:40
Les femmes célibataires qui recourent à l'insémination artificielle avec donneur (IAD) pour devenir mères sont en effet de plus en plus nombreuses à se rendre en Belgique ou en Espagne pour avoir recours à cette pratique. Rappelons qu'en France, "l'assistance médicale à la procréation est destinée à répondre à la demande parentale d'un couple".
Le docteur Bernard Lejeune, chef de service du centre de procréation assistée de l'hôpital Edith Cavelle à Bruxelles, estime que le nombre de ces patientes a triplé en trois ans. Ces patientes françaises ont autour de 35 ans, ont fait de bonnes études, ont une belle carrière et ont atteint une stabilité financière. Sensibles au problème de l'horloge biologique, elles décident de dissocier vie familiale et vie amoureuse. Par ailleurs, le sida a rendu les aventures sans lendemain dangereuses et avec les progrès des recherches en paternité, les hommes sont prudents car ils craignent d'avoir à payer une pension alimentaire quelques années plus tard...
Ce phénomène suscite de plus en plus de questions, notamment pour l'enfant. Geneviève Delaisi de Parseval, psychanalyste et spécialiste de la procréation assistée, explique que ces enfants se poseront inexorablement la question "d'où je viens?". "Ces interrogations sont parfois très violentes et les enfants deviennent alors des adultes qui vont mal." Pour le pédopsychiatre Stéphane Clerget, "ces femmes veulent avoir la maîtrise totale de l'existence, cela s'apparente à de l'égocentrisme et à du narcissisme : un amour de soi tel qu'on ne donne pas de place au père".
L'autre question qui se pose est celle de la filiation. Aujourd'hui, ces enfants sont nombreux à rechercher leur père, comme c'est le cas d'Arthur Kermalvezen, 24 ans, auteur de "Né de spermatozoïde inconnu" (cf. Synthèse de presse du 05/03/08). "Je savais que j'étais le résultat d'une programmation savamment orchestrée, d'une expérience scientifique qui s'est peu souciée des conséquences sur nous les enfants. Nous avons été des cobayes...". Pour Stéphane Clerget, "on crée artificiellement des enfants nés sous X : c'est terrible".
"Faire un enfant par insémination artificielle en tant que célibataire est une décision risquée. En grandissant, l'enfant sera peut être indigné par la façon dont il a été conçu par sa mère et se montrer rejetant. Il faut penser à toutes ces conséquences, on ne peut pas faire l'économie de ces questions", conclut Geneviève Delaisi de Parseval.
© genethique.org
Que pensez-vous de ces femmes célibataires qui font un enfant toutes seules? Le feriez-vous si vous n'arriviez pas à vous poser durablement avec quelqu'un lorsque vous avez atteint le seuil des 30 ans?
Saturday 29 May 2010 à 21:01
Je trouve cela particulièrement lamentable et égoïste. On ne fait pas un gosse pour juste sa pomme, un enfant a besoin de deux parents, et pas que pour la conception. Pourquoi certaines femmes ne peuvent pas accepter de n'avoir pas trouver le père pour fonder un foyer.
Cellequiperdsonidentifiant
Saturday 29 May 2010 à 21:43
Saturday 29 May 2010 à 21:01 Je trouve cela particulièrement lamentable et égoïste. On ne fait pas un gosse pour juste sa pomme, un enfant a besoin de deux parents, et pas que pour la conception. Pourquoi certaines femmes ne peuvent pas accepter de n'avoir pas trouver le père pour fonder un foyer.
on peut aussi poser la question des femmes qui font un enfant qui sera élevé par une nounou ou en crèche...
Sunday 30 May 2010 à 14:00
Moi sincèrement, si je me retrouvais seule aux alentours des 30 ans et que je n'avais pas encore d'enfant, vu mon envie d'en avoir, je serai capable d'avoir recours à l'insémination artificielle tout seule, oui. C'est certainement égoïste... mais si je prenais cette décision-là qui est loin d'être anodine, c'est parce que j'aurais mis toutes les chances de mon côté encore plus que si j'étais en couple (argent, évaluation de ce que demande un enfant en temps comme en tout le reste, etc).
Après, si plus tard mon enfant me demande après son père (ce qui est fort probable), ben je pense que je lui dirais la vérité, et que je n'inventerais pas une histoire abracadabrantesque. Je pense même que le plus tôt possible, je commencerais déjà à lui expliquer doucement doucement...
Mais c'est vrai que chez certains enfants, ça peut provoquer un traumatisme, faire naitre une obsession, etc. Mais ça, ça peut tellement arriver même quand rien dans la vie de l'enfant n'est "anormal" que bon, je crois qu'il ne faut pas fixer là-dessus (sans l'ignorer non plus).
Comme l'a dit SugarSheep, un seul bon parent vaut parfois bien mieux que deux parents pas géniaux après tout.
Cellequiperdsonidentifiant
Sunday 30 May 2010 à 17:38
Sunday 30 May 2010 à 17:31 Ce sont tes arguments qui sont tristes ! Comment feraient les mamans qui sont seules et qui doivent bosser à temps plein pour faire bouffer leur gamin et leur donner un toit sur la tête sans nounou ?
Et par rapport à ton premier post, il vaut qu'un enfant soit élevé par un seul parent, correctement, avec tout l'amour qu'il a besoin, qu'avec deux parents qui ne s'en occupent pas.
Un enfant n'a pas besoin de 2 parents pour être équilibré 
je crois que si ; et c'est là tout le sujet du topic d'ailleurs.
vivre avec en ayant ses parents séparés
vivre avec sa mère uniquement mais savoir que le père est "untel" ou que la mère l'a connu
et
vivre avec sa mère uniquement en sachant que le père est un parfait inconnu (c'est à dire qu'il peut être tous les hommes croisés ou rencontrés) même pour la mère
je crois que ça fait une sacré différence.
dans sa tête, l'enfant a besoin de ses deux parents. c'est mon avis.
Ce message a été modifié par cellequiperdsonidentifiant - Sunday 30 May 2010 à 17:39.
Sunday 30 May 2010 à 17:43
Personnellement, j'ai vécu de l'âge de 3 ans à l'âge de 19 ans sans connaitre mon père (uniquement son nom et son visage en photo) et sans avoir aucun souvenir de/avec lui, et je m'en suis toujours portée à merveille parce que ceux qui m'ont élevés (mes grands-parents, même pas ma mère) ont su faire tout ce qu'il fallait pour que je n'ai pas de manque ou d'obsession de ce côté-là... donc je pense qu'un enfant peut très bien vivre et devenir quelqu'un de bien dans sa tête sans avoir connu l'un de ou l'autre de ses parents.
Cellequiperdsonidentifiant
Sunday 30 May 2010 à 18:09
Sunday 30 May 2010 à 17:31 Je ne suis pas d'accord, il vaut mieux (je me répète) un enfant avec un seul parent, même de père inconnu, qu'avec un père connu qui ne s'en occupe pas.
connais-tu des personnes qui sont né(e)s de père inconnu ? mais réellement inconnu ?
Cellequiperdsonidentifiant
Sunday 30 May 2010 à 18:26
Sunday 30 May 2010 à 17:31 Oui 3. Ils ont trois avis différents sur le sujet.
les personnes que je connais trouvent difficile de vivre avec cet énorme point d'interrogation dans leur passé.
au quotidien, ça roule avec des questions "en fond".
mais au moment de devenir parent, c'est devenu problématique ; le chainon manquant s'est fait fortement ressentir (des personnes que je connais).
quand on devient parent, le passé remonte à la surface ; notre propre venue au monde, ce qu'on fait nos parents, leurs choix, on repense à sa propre enfance etc...
voilà des personnes que je connais.