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Etes Vous Tatoué?
Qui est tatoué en GBL??
 Oui, j'ai un tatouage (précisez où)
 Non, mais j'en ai bien l'idée
 Non, et j'en ferai pas (précisez pourquoi)
Aimez vous les taouages?
 Oui (précisez pourquoi)
 Non (précisez pourquoi)
 Pas d'avis (s'en fou complètement)
Total des votes: 49
 
Monday 13 October 2008 à 23:46
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Endemya
Monday 13 October 2008 à 15:09
c'est bizarre. j'ai vu un pseudo "thong" en page d'accueil mais il n'y a aucun message ici. ce doit être encore un bug.

pour le tatouage, tu ne peux pas dire ça avant d'avoir essayé shadow. je rigole bien sûr. rien qu'en voyant la taille, je peux tabler sur près de 20 h de séance, sinon plus.



En fait, le post est là, mais en décalé.
http://www.comlive.net/Etes-Vous-Tatoue,18...m#entry11235691
Une histoire de membre qui poste un message sans être connecté et le post se valide à la connexion du membre.
Tuesday 14 October 2008 à 10:34
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NonoZ
Monday 13 October 2008 à 17:11
Je trouve que ça fait tâche...

Pas le symbole en lui même, mais sur un corps, je trouve que c'est de trop. Je préfère au naturel.

Mais je comprends totalement qu'on puisse aimer !




J'ai un beau livre sur les tatouages en Polynésie qui ont là-bas une valeur culturelle. Je suis en train de préparer un envoi là dessus mais c'est long. Un peu plus de 40 photos à scanner ou à reprendre en appareil photo numérique (parce que les dimensions des photos sont souvent plus larges que celles du scanner), puis à mettre sur internet ; un texte de présentation de Michel Tournier à passer à l'Omnipage, (déjà fait) ; un texte sur l'histoire mythologique du tatouage polynésien, (déjà fait mais Omnipage a pédalé dans la semoule avec les noms des dieux polynésiens) ; et un texte sur la technique et les dessins traditionnels polynésiens, (à faire, ce qui m'inquiète parce que je suis sûr qu'Omnipage va exploser en vol avec les termes techniques de là-bas). Ceci te montrera, je l'espère, que la vulgarité du tatouage dont tu parles est toute relative.
Tuesday 14 October 2008 à 10:48
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marc1756
Tuesday 14 October 2008 à 10:34
J'ai un beau livre sur les tatouages en Polynésie qui ont là-bas une valeur culturelle. Je suis en train de préparer un envoi là dessus mais c'est long. Un peu plus de 40 photos à scanner ou à reprendre en appareil photo numérique (parce que les dimensions des photos sont souvent plus larges que celles du scanner), puis à mettre sur internet ; un texte de présentation de Michel Tournier à passer à l'Omnipage, (déjà fait) ; un texte sur l'histoire mythologique du tatouage polynésien, (déjà fait mais Omnipage a pédalé dans la semoule avec les noms des dieux polynésiens) ; et un texte sur la technique et les dessins traditionnels polynésiens, (à faire, ce qui m'inquiète parce que je suis sûr qu'Omnipage va exploser en vol avec les termes techniques de là-bas). Ceci te montrera, je l'espère, que la vulgarité du tatouage dont tu parles est toute relative.





Bien sûr que la vulgarité dont je parle est relative et non pas absolue puisqu'elle relève d'une impression personnelle.
Tuesday 14 October 2008 à 11:04
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Bon bah à propos du livre dont je parle, j'avais quand même déjà publié une photo.




C'est qu'il y a essentiellement des mecs pas vilains dans ce livre. Car la culture c'est bien mais quand elle est véhiculée par des beaux mecs, c'est encore mieux... original.gif


Ce message a été modifié par marc1756 - Tuesday 14 October 2008 à 11:05.
Tuesday 14 October 2008 à 11:06
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NonoZ
Tuesday 14 October 2008 à 10:48
Bien sûr que la vulgarité dont je parle est relative et non pas absolue puisqu'elle relève d'une impression personnelle.




Ce qui est ton droit et je ne te critique pas pour ça.
Tuesday 14 October 2008 à 17:36
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NonoZ
Monday 13 October 2008 à 17:11
Je trouve que ça fait tâche...

Pas le symbole en lui même, mais sur un corps, je trouve que c'est de trop. Je préfère au naturel.

Mais je comprends totalement qu'on puisse aimer !



Ca va bien sur certaines personnes, et si ils sont beaux, pas trop envahissants et bien situés ca peut etre tres beau et tres sexe ! Par contre les tatouages de beaufs ca craint !
Tuesday 14 October 2008 à 19:18
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carabin44
Tuesday 14 October 2008 à 17:36
Ca va bien sur certaines personnes, et si ils sont beaux, pas trop envahissants et bien situés ca peut etre tres beau et tres sexe ! Par contre les tatouages de beaufs ca craint !




Ouais ya vraiment des mec ca fait plutot crade qu'autre chose ... ca dépent aussi du tatouage
Thursday 30 October 2008 à 11:57
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je suis tatouée sur le sein gauche!, en plein sur le coeur! (un coeur transpercé d'une rose, avec en relief, écrit dedans "mamar fever for ever", et le M est au milieu du coeur! "mamar fever" en haut du M et "for ever" en bas du M!..... et en couleurs!).

une belle trace de ce qui aura été mon plus grand et bel amour pour un Homme..... (et en ++, mon idole!, que je "cotois" depuis le 1/4/2006 !!! à chaque concert où je viens le voir, il me fait passer la barrière des vigiles, et je lui fais la bise, parle+ris avec lui et ses potes de groupe....)
Thursday 30 October 2008 à 12:26
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Moi je me suis fait tatouer un coeur violet sur le gland avec ecrit dedans en lettre gothique noir "maman je t'aime". Et quand je joui ca sort par le e de "je" smile.gif
Thursday 30 October 2008 à 12:41
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a_devil_in_heaven
Thursday 30 October 2008 à 12:26
Moi je me suis fait tatouer un coeur violet sur le gland avec ecrit dedans en lettre gothique noir "maman je t'aime". Et quand je joui ca sort par le e de "je" smile.gif




biggrin.gif Je ne te crois pas bien sur. En tout cas, l'idée d'un tatouage sur le gland me fait presque défaillir tant j'imagine la douleur que cela pourrait générer. (Même chose pour les piercings sur la queue qui sortent par la tête du gland. Je ne supporte pas l'idée qu'on puisse se donner de pareilles souffrances en se mutilant ainsi.)


Ce message a été modifié par marc1756 - Thursday 30 October 2008 à 12:48.
Thursday 30 October 2008 à 12:45
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Pour le piercing la douleur est la pendant l'acte de piercer mais elle doit revenir a chaque rapport sexuel. pinch.gif Brrrrrr...

Le pire reste encore le piercing au frein, c'est a ce demander comment ca peut resister (si resistance il y a)
Thursday 30 October 2008 à 12:49
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arretez les mecs! je sens que je tourne de l'oeil, je vais vomir!
Thursday 30 October 2008 à 12:52
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a_devil_in_heaven
Thursday 30 October 2008 à 12:26
Pour le piercing la douleur est la pendant l'acte de piercer mais elle doit revenir a chaque rapport sexuel. pinch.gif Brrrrrr...

Le pire reste encore le piercing au frein, c'est a ce demander comment ca peut resister (si resistance il y a)




Ce serait intéressant si quelqu'un ici est adepte de ce genre de truc qu'il puisse nous en parler. Quid de la douleur ? Et qu'est-ce-que ça apporte comme sensations pendant l'acte sexuel ?
Thursday 30 October 2008 à 16:34
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marc1756
Tuesday 14 October 2008 à 10:34
Ce serait intéressant si quelqu'un ici est adepte de ce genre de truc qu'il puisse nous en parler. Quid de la douleur ? Et qu'est-ce-que ça apporte comme sensations pendant l'acte sexuel ?




Bonjour, mon nom est Valérian.

Pour ma part j'ai une ancre de marine ( miniature )qui rentre par l'urètre et ressort à coté du frein (sous le gland).
Je ne ressens par la moindre douleur car je suis équipé d'une pompe à morphine à débit réglable.
Un seul inconvénient est à déplorer durant l'act sexuel: l'aller est sans retour .. sad.gif




Ce message a été modifié par Valerian - Thursday 30 October 2008 à 16:35.
Thursday 30 October 2008 à 16:37
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^^
Saturday 08 November 2008 à 13:19
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Tahiti Tatoos - 01
Gian Paolo Barbieri

Introduction de Michel Tournier.

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Ce qu'il y a de plus profond dans l'homme, c'est la peau, disait Paul Valéry. Sans doute parce que c'est par elle que nous nous offrons comme objets les uns aux autres. Il y, a premièrement la couleur de la peau. Dans nombre de sociétés règne une hiérarchie sourcilleuse qui va du plus noir à la base et monte jusqu'au plus blanc au sommet, en passant par toutes les nuances des bruns et des beiges. C’était vrai il y a moins d'un siècle même en Europe parmi les «blancs», car le bronzage sous l'effet du soleil était ressenti comme la marque ignominieuse de la classe sociale la plus vile, celle des travailleurs ruraux. Les temps ont changé, et il serait passionnant de savoir pourquoi. A grands frais les citadins s'exposent au soleil contre les conseils formels des médecins. Etre bronzé même en hiver est du dernier chic, dans les pays nordiques. En même temps se dessine une réhabilitation du Noir: black is beau¬tiful. Dans toute cette histoire de peau, le tatouage occupe une place énigmatique et paradoxale. Car le tatouage occidental et le tatouage polynésien s'opposent de façon absolue et très instructive.

La révélation que telle personne de notre connaissance ou de notre entourage porte des tatouages sur le corps suscite en notre Occident moderne des sentiments divers. Notons tout d'abord que l'usage veut ici que le tatouage puisse demeurer secret. On ne tatoue ni le visage, ni les mains. Le tatoué se révèle comme tel parce qu'il le veut bien, en dénudant son corps. C'est son intimité qu'il livre ainsi, et cela suffit à conférer au tatouage une dimension quasi érotique. Aussi bien ces tatouages occidentaux évoquent-ils des aventures sentimentales privées: déclarations d'amour ou de haine, vengeance assouvie ou inassouvie. Trois autres traits semblent se rattacher à cet aspect secret et sentimental du tatouage occidental : il dévoile des origines équivoques, voire crapuleuses. On se fait tatouer dans la marine, dans la Légion Étrangère et surtout en prison, de préférence au bagne. On songe évidemment à la marque des forçats appliquée au fer rouge. Deuxièmement le tatouage s'acquiert dans la souffrance. Enfin troisièmement il ne peut s'effacer. On notera l'extraordinaire cohérence de ces caractères. On pourrait même les réunir en une seule phrase: quiconque a souffert dans un milieu misérable en gardera toujours la trace douloureuse sur son corps.

Telle est la typologie du tatouage occidental. On y ajoutera cette information émouvante et énigmatique de l'acteur Michel Simon qu'on interrogeait sur le fait qu'il était tatoué: « Mes amis le sont comme moi. Jamais un tatoué ne trahit. »

On peut, semble-t-il, partir de cette définition du tatouage pour tenter de déchiffrer «à l'occidentale» le phénomène tel qu'il apparaît à nos yeux dans les îles polynésiennes. Il est d'abord évident que le tatouage polynésien n'a aucun caractère secret, bien au contraire. Il couvre ostensiblement un corps peu vêtu. Il est là pour être vu. C'est le contraire d'un stigmate. On pourrait même dire qu'il remplace le vêtement, qu'il habille le corps polynésien. Il convient à ce propos de rappeler que le vêtement occidental déborde largement sa fonction utilitaire. Nous nous vêtons certes pour nous protéger du froid et des contacts blessants. Mais nos vêtements sont aussi signe de coquetterie (ou de négligence), de richesse (ou de pauvreté), de pouvoir (ou de non-pouvoir), de fonctions, grades etc. Nos vêtements sont langage, mais c'est un langage surajouté au corps et second par rapport à leur fonction utilitaire.

Le tatouage polynésien est lui aussi langage, mais primaire, primordial, originel. Par le tatouage, le corps devient corps-signe. Il est grimoire, savoir, initiation. Et c'est là que la souffrance et l'indélébilité prennent un sens tout différent de celui qu'elles ont en pays occidentaux. Car le vêtement occidental ne fait pas souffrir celui qui l'endosse, et on peut toujours l'échanger contre un autre vêtement. Il y a en lui une facilité et une gratuité qui le disqualifient. Mais la souffrance et l'indélébilité du tatouage polynésien sont loin de signifier misère et salissure, comme pour le tatouage occidental. Elles chargent simplement d'une gravité incomparable le signe creusé pour toujours dans le corps de l'initié. On notera par parenthèse la fuite assez lâche et vaine de l'homme occidental devant les marques qui s'inscrivent malgré lui dans sa chair au cours de la vie. Stupidement il voudrait pour l'éternité rester jeune, frais, innocent, bébé. Mais la vie laboure inexorablement son corps et son visage, et aucune cure ni chirurgie de rajeunissement ne lui rendront sa lisseur de jadis. Et il a raison en un sens de se désoler de vieillir, car les rides et les affaissements qui l'enlaidissement ne signifient rien d'autre que décrépitude.

Cette horreur du vieillissement n'existe pas pour le Polynésien. Car ses tatouages font de son corps et de son visage – qui n'étaient à l'origine, comme chez l'occidental, que chair insignifiante – des oeuvres d'art propres à inspirer l'amour. C'est le corps-joyau et le visage-bijou. Le tatouage polynésien se veut d'abord déclaration d'amour. Mais ce signe n'est pas dépourvu de sens. Il porte une parole qui doit être harmonieuse. C'est un corps-poème. Et celle parole doit être véracité et fidélité. C'est le corps-signature. On retrouve là en clair le mot de Michel Simon: un tatoué ne trahit jamais. C'est qu'il est parole incarné, signature faite chair.

J'ai rêvé jadis d'une certaine interprétation des premières lignes de la Bible que je veux rappeler ici. J'ai imaginé qu'Adam et Eve avant le péché originel n'étaient pas vraiment nus, mais couverts de signes, lesquels étaient paroles de Dieu. Ils ne travaillaient, ni ne vieillissaient car leur vocation s'accomplissait dans ce rayonnement de la vérité divine émis par leur peau, comme certains oiseaux chantent spontanément la gloire du Créateur. Puis est survenue la rupture. Le péché a brisé le pacte divin. Dès lors le manteau de mots qui couvrait Adam et Eve leur fut arraché. Et ils se trouvèrent nus et honteux avec cette peau blanche et insignifiante. Leur fonction changea et au lieu de proclamer en silence et immobiles le Verbe Divin, ils durent s'atteler à des tâches laborieuses. Leurs corps se couvrirent de cals et de cicatrices.

C'est en ce sens que la Polynésie peut être appelée le Paradis retrouvé.

Michel Tournier
De l’Académie Goncourt


Saturday 08 November 2008 à 13:21
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Tahiti Tatoos - 02

Le sens du tatouage polnésien.

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Traditionnellement, le tatouage était réservé aux classes supérieures. Cette pratique était liée au désir de renforcer son attrait sexuel, à l'exaltation de la vie, à l'aspiration à devenir des dieux. Hommes et femmes portaient des tatouages sur diverses parties du corps: la différenciation sociale était soulignée par des signes correspondant à chaque classe sociale, sous le contrôle vigilant des Ari'i : quand un initié se voyait reconnaître de nouveaux mérites, il pouvait ajouter de nouveaux tatouages aux précédents. Les femmes étaient moins ornées, mais les dessins étaient plus élégants et mieux exécutés parce qu'ils étaient considérés comme une parure.

En revanche les hommes avaient souvent tout le corps couvert de tatouages. Seul le visage était respecté, à l'exception de quelques guerriers ou prêtres qui portaient parfois un emblème particulier sur le front et sur les lèvres. Les chefs de tribu exhibaient une incroyable variété de motifs. Ceux-ci évoquaient une grande entreprise guerrière ou un événement important. On peut distinguer quatre types de tatouage : les tatouages destinés aux dieux, aux prêtres et aux Ari'i, héréditaires et réservés à leurs descendants ; les tatouages de type Hui Ari'i, Arioi'i, réservés aux chefs (hommes et femmes) ; les tatouages de type Hui To’a, Hui Ra'atira, Ia To'ai, pour les chefs de guerre, les guerriers, les danseurs, les rameurs, etc. ; enfin le type Manahune pour les personnes sans généalogie ou sans ascendance héréditaire notable.

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Saturday 08 November 2008 à 13:24
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Tahiti Tatoos - 03

l'histoire du tatouage polynésien.

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Pour trouver les origines du tatouage dans l'archipel de la Polynésie, il faut remonter au passé le plus lointain de la civilisation Màohi. Cet art diffusé à l'origine dans les îles de la Société où il a atteint une perfection extraordinaire est apprécié et pratiqué par les habitants des îles Marquises et les Maori. A Tahiti, combattue par les religions importées d'Occident, la technique du tatouage était tombée eu désuétude à tel point que plus personne n'était eu mesure de l'exécuter. C'est donc chez nos voisins du Pacifique, où elle a su résister à l'érosion des siècles, que nous avons redécouvert cette pratique. En effet. la véritable renaissance de l'art du tatouage à Tahiti est due au concours des tatoueurs samoans, à partir des fêtes du Tiurai de 1982: ce fut une étape essentielle du processus de retour à la culture originelle et du combat pour la survie et la sauvegarde des coutumes polynésiennes.

Les origines du tatouage sont assez floues: elles remontent au-delà des traces les plus reculées de la civilisation Màohi, pour se perdre dans le temps mythique de la Genèse polynésienne. A Tahiti, selon une tradition locale, la pratique du tatouage serait d`origine divine: durant le Po' (période obscure), elle aurait été créée par les deux fils du dieu Ta'aroa, Mata Mata Arahu (qui imprime avec du charbon de bois) et Tu Ra'i Po' (qui réside dans le ciel obscur). Ces deux dieux faisaient partie du groupe des artisans avec Taere, un dieu d'une grande habileté, et Hina Ere Ere Manua (Hina au caractère impétueux), la fille aînée du premier homme, Ti'i, et de la première femme, Hina. En grandissant. Hina Ere Ere Manua devint « Pahio » et fut recluse dans un endroit clos, sous la surveillance de sa mère, pour préserver sa virginité. Mais les deux frères, décidés à la séduire, inventèrent le tatouage et s’ornèrent du motif appelé « Tao Maro». Mata Mata Arahu et Tu Ra'i Po` réussirent ainsi à l'arracher au lieu où elle était jalousement gardée: car, poussée par le désir de se faire tatouer, Hina Ere Ere Manua réussit à tromper la vigilance de sa mère et fut finalement tatouée.

Telle est donc l'origine divine du tatouage: au début il fut pratiqué par les fils du dieu Ta'aroa, la principale divinité tahitienne. Ces derniers l'enseignèrent aux hommes qui, trouvant cette pratique extrêmement décorative, en firent abondamment usage. Les deux fils du dieu Ta'aroa, Mata Mata Arahu et Tu Ra'i Po', devinrent donc les dieux du tatouage. On invoquait toujours ces illustres prédécesseurs avant d'entreprendre un tatouage, afin que l'opération soit parfaite, que les plaies cicatrisent rapidement et que les dessins se révèlent agréables à l'oeil. En souvenir de cette légende on conservait les figures des deux dieux dans les Marae des Tahu'a, les experts qui pratiquaient cet art. Il s'agit d'une forme de culture traditionnelle qui s'est maintenue telle quelle dans nos îles d'autant plus qu’aucune influence n'a pu eu altérer les méthodes ni la manière d'appliquer les dessins sur la peau.

Saturday 08 November 2008 à 13:28
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Tahiti Tatoos - 04

Procédés du tatouage polynésien.

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Opération douloureuse mais supportable, le tatouage s'effectuait en une seule séance. Le terme Tatatau exprime l'action du tatoueur : faire des points, des signes, des marques sur la peau. On tatouait les filles entre huit et dix ans car on jugeait préférable qu'elles atteignent la puberté déjà tatouées. Quant aux garçons, on commençait à les tatouer entre onze et douze ans mais leur ornementation était rarement complètement achevée avant l'âge de 30 ans. La cérémonie du tatouage était un véritable rite, au son des tambours des flûtes et des conques, car la musique occupait une place de choix.

Les motifs des tatouages étaient nombreux et s’appliquaient sur une grande partie du corps. Chaque dessin portait un nom spécifique : certains sont toujours connus comme ceux que l'on applique sur le dos (Papai Taputua, Urupo'o), sur les lobes et les fesses (A'ie), sur le visage (A’ie Aro). Certains motifs reprenaient des formes conventionnelles comme les étoiles, les cercles, les losanges etc. ; d'autres évoquaient la vie sociale : I'Uru, les combats, les armes de guerre, les sacrifices humains au Marae ; enfin les chiens, les oiseaux et les poissons fournissaient également une source d'inspiration aux artistes du tatouage. Le prêtre tatoueur, responsable de cette délicate opération était largement rémunéré et jouissait d'une grande considération.

Le prêtre tatoueur (Tahu'a Tatau) disposait de deux instruments que l'on utilise encore aujourd’hui : un poinçon ou une sorte de peigne et un petit bâton. Le poinçon consistait en un manche de bois auquel était fixé soit un os d'oiseau, soit un morceau de nacre, soit des dents de poisson, de porc, de requin, de baleine, soit même des dents humaines aiguisées avec soin : certains peignes pouvaient avoir jusqu’à 36 dents. Pour faire pénétrer ce premier instrument sous la peau, le prêtre tatoueur disposait d'un second ustensile, un bâtonnet, sorte de petit marteau à l'aide duquel il faisait pénétrer le poinçon en le frappant.

La teinture utilisée, d'un noir très accusé est tirée de la noix du «bancoule Tiari» brûlée et pulvérisée. On mélangeait la poudre à de l'eau ou à du monoï ; la teinture, injectée sous la peau, prenait une couleur bleuâtre absolument indélébile. Pour cicatriser les plaies, on utilisait une plaine odoriférante, l’Ahi tutu.

Le prêtre tatoueur disposait d'un vaste éventail de modèles. Le choix des dessins était très délicat et on procédait avec le plus grand soin. Dès qu'il était arrêté, l'artiste dessinait le motif sur le corps à l'aide d'un bâtonnet de charbon de bois ; il travaillait souvent à main levée, puis, avec ses instruments, il pratiquait l'incision dans laquelle il injectait la substance colorante. Le prêtre tatoueur est considéré comme un détenteur privilégié d'une science à transmettre fidèlement aux générations futures.

Raymond Graffe
Grand Prêtre du Marae et du Tatouage

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Saturday 08 November 2008 à 13:30
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Tahiti Tatoos - 05












Tahiti Tatoos - 06











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