Saturday 08 November 2008 à 13:28
Tahiti Tatoos - 04Procédés du tatouage polynésien.
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Opération douloureuse mais supportable, le tatouage s'effectuait en une seule séance. Le terme Tatatau exprime l'action du tatoueur : faire des points, des signes, des marques sur la peau. On tatouait les filles entre huit et dix ans car on jugeait préférable qu'elles atteignent la puberté déjà tatouées. Quant aux garçons, on commençait à les tatouer entre onze et douze ans mais leur ornementation était rarement complètement achevée avant l'âge de 30 ans. La cérémonie du tatouage était un véritable rite, au son des tambours des flûtes et des conques, car la musique occupait une place de choix.
Les motifs des tatouages étaient nombreux et s’appliquaient sur une grande partie du corps. Chaque dessin portait un nom spécifique : certains sont toujours connus comme ceux que l'on applique sur le dos (Papai Taputua, Urupo'o), sur les lobes et les fesses (A'ie), sur le visage (A’ie Aro). Certains motifs reprenaient des formes conventionnelles comme les étoiles, les cercles, les losanges etc. ; d'autres évoquaient la vie sociale : I'Uru, les combats, les armes de guerre, les sacrifices humains au Marae ; enfin les chiens, les oiseaux et les poissons fournissaient également une source d'inspiration aux artistes du tatouage. Le prêtre tatoueur, responsable de cette délicate opération était largement rémunéré et jouissait d'une grande considération.
Le prêtre tatoueur (Tahu'a Tatau) disposait de deux instruments que l'on utilise encore aujourd’hui : un poinçon ou une sorte de peigne et un petit bâton. Le poinçon consistait en un manche de bois auquel était fixé soit un os d'oiseau, soit un morceau de nacre, soit des dents de poisson, de porc, de requin, de baleine, soit même des dents humaines aiguisées avec soin : certains peignes pouvaient avoir jusqu’à 36 dents. Pour faire pénétrer ce premier instrument sous la peau, le prêtre tatoueur disposait d'un second ustensile, un bâtonnet, sorte de petit marteau à l'aide duquel il faisait pénétrer le poinçon en le frappant.
La teinture utilisée, d'un noir très accusé est tirée de la noix du «bancoule Tiari» brûlée et pulvérisée. On mélangeait la poudre à de l'eau ou à du monoï ; la teinture, injectée sous la peau, prenait une couleur bleuâtre absolument indélébile. Pour cicatriser les plaies, on utilisait une plaine odoriférante, l’Ahi tutu.
Le prêtre tatoueur disposait d'un vaste éventail de modèles. Le choix des dessins était très délicat et on procédait avec le plus grand soin. Dès qu'il était arrêté, l'artiste dessinait le motif sur le corps à l'aide d'un bâtonnet de charbon de bois ; il travaillait souvent à main levée, puis, avec ses instruments, il pratiquait l'incision dans laquelle il injectait la substance colorante. Le prêtre tatoueur est considéré comme un détenteur privilégié d'une science à transmettre fidèlement aux générations futures.
Raymond GraffeGrand Prêtre du Marae et du Tatouage--------------------------------------------------------



