Wednesday 27 December 2006 à 14:31
Je crois que si on consacre tant d'argent et d'énergie à l'exploration de l'espace, c'est peut-être parce que l'homme ressent le besoin de déterminer quelle est sa place dans l'univers. A moindre échelle, c'est un tel sentiment qui a poussé, il y a des siècles, d'illustres navigateurs à traverser les océans : sommes-nous seuls? Qu'y-a-t'il de l'autre côté? L'idée-même qu'on n'a pas tout vu, qu'il y a encore beaucoup à découvrir, est sans doute un moteur pour l'homme, et si on devait apprendre demain que nous sommes seuls dans l'univers, qu'on n'aurait plus nulle part où regarder, alors est-ce que ce ne serait pas désespérant?
Je ne pense pas que la vie sur Terre soit le produit de hasards ou coïncidences telles qu'elle ne soit pas reproduite ailleurs ; si tel était le cas, je crois que la vie ne se serait pas développée avec autant de variété, ni adaptée à tous les bouleversements climatiques ou géologiques qui ont eu lieu à travers les âges. Tous les êtres vivants obéissent aux mêmes lois de développement, d'existence et de mort, comme un schéma universel dont tous ne seraient que l'application. A mon sens, ça fait beaucoup d'ordre et de structure pour un événement d'origine accidentelle.
Je pense plutôt que la vie est un "sous-produit" de l'univers, inscrite sitôt qu'elle le permet dans son processus de développement, comme le sont les étoiles, les trous noirs ou les nébuleuses. Jusqu'à très récemment, on doutait même que d'autres systèmes planétaires existent, et on découvre aujourd'hui qu'ils pullulent ; de là à se dire que parmi les milliards de soleils qui parsèment chacune des milliards de galaxies de l'univers, il n'y en a pas au moins un qui porte la vie, c'est statistiquement quasi-impossible. Et s'il y en a un, alors il y en a mille, un million, une multitude.
Je crois que comme l'a dit applekiller, ce n'est pas de savoir si la vie existe ailleurs, qui compte vraiment, mais se demander si on aura un jour la possibilité, même très lointaine, d'en avoir une preuve absolue. Et si on n'y arrive jamais, y aura-t-il un moment où on se dira que, compte tenu du temps qu'aura duré le silence, il n'y a pas guère de chance que la vie se soit installée quelque part, et que nous sommes donc seuls dans l'univers?
Le jour où on se dira ça, ce sera effrayant ; on formera alors notre propre boucle, un tout dont on ne pourra plus s'extraire même par l'imaginaire, sans espoir de pouvoir trouver un sens à notre existence