samedi 14 octobre 2006 à 18:56
Nos sociétés occidentales à économie capitaliste, se sont construites et enrichies en partie grâce à un commerce très juteux : le commerce triangulaire. Ainsi dès la fin du XVIIeme siècle, la France, la Grande Bretagne ou encore la Hollande ont instauré un commerce qui partait de l'Europe pour aller en Afrique puis dans les colonies.
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Quelle est la part de ce commerce dans la formation du système économique de ces pays ?
l'Historien nigérian, Jospeh Inikori apporte cette reflexion dans un article "Les conséquences économiques de la traite" dans le livre "La Traite negrière du XVeme au XIXeme" :
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En tout état de cause, l'économie de traite a enrichie la population des ports et les métiers qui travaillaient pour eux, en France, en Grande Bretagne et en Hollande. Elle a fourni certains éléments d'accumulation du capital dans ces pays. Elle a nettement accru la richesse et l'influence politique de la bourgeoisie ouest européenne.
Il faut insister sur l'idée que cela a vivement stimulé le commerce international en volume et en valeur. Ce développement commercial a lui même servi de stimulant au développement économique moderne de l'Europe occidentale et de l'Amérique du Nord."
Il est certain qu'au XVIIIeme siècle, le grand commerce maritime essentiellement colonial et negrier est l'un des secteurs les plus dynamique de l'économie européenne, le coureur de pointe qui tire la croissance comme le rappelle F. Braudel.
En effet, durant deux siècles, la France comptait 4 220 expéditions négrières et 80 % d'entre elles eurent lieu au XVIIIe siècle. Nantes occupait la première place des ports négriers, et sur le plan international, la France, le troisième rang des nations négrières derrière la Grande-Bretagne et le Portugal. Au total, des centaines de milliers de Français ont participé de façon directe et indirecte à la traite. Ce bilan montre que les ports français se sont longtemps et consciencieusement livrés à l'activité négrière.
Prenons les travaux de l'historien français Grenouilleau qui souligne l'exemple de Nantes, capitale incontestée de la traite avec 1427 expéditions au XVIIIeme siècle pour ce seul port soit 42% du trafic national. Sous la Restauration Nantes assure 70% du trafic avec 400 000 captfis soit 7,5% des 6 millions de Noirs déportés alors par la traite atlantique. On peut voir que pour cette ville, les négriers y constituaient l'élite domiaine jusqu'aux années 1840 et en 1914, certains de leurs descendants figuraient parmi les plus grands capitalistes de la place.
Les chiffres disent 9,5 millions de captifs importés, pour la traite transaharienne 7,2 millions, et pour la traite orientale 2,3 millions. Mais que dire des indigènes morts lors des opérations de production ou de transport des captifs.

Serait-il osé de dire que le processus négrier et esclavagiste a largement avantagé la croissance de l'Europe capitaliste occidentale, des États-Unis, de Cuba, ou du Brésil au détriment de l'essor africain ?
Ce message a été modifié par intros - lundi 16 octobre 2006 à 06:07.