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samedi 14 octobre 2006 à 18:56
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Nos sociétés occidentales à économie capitaliste, se sont construites et enrichies en partie grâce à un commerce très juteux : le commerce triangulaire. Ainsi dès la fin du XVIIeme siècle, la France, la Grande Bretagne ou encore la Hollande ont instauré un commerce qui partait de l'Europe pour aller en Afrique puis dans les colonies.

+ Voir carte +


Quelle est la part de ce commerce dans la formation du système économique de ces pays ?

l'Historien nigérian, Jospeh Inikori apporte cette reflexion dans un article "Les conséquences économiques de la traite" dans le livre "La Traite negrière du XVeme au XIXeme" :

"En tout état de cause, l'économie de traite a enrichie la population des ports et les métiers qui travaillaient pour eux, en France, en Grande Bretagne et en Hollande. Elle a fourni certains éléments d'accumulation du capital dans ces pays. Elle a nettement accru la richesse et l'influence politique de la bourgeoisie ouest européenne.
Il faut insister sur l'idée que cela a vivement stimulé le commerce international en volume et en valeur. Ce développement commercial a lui même servi de stimulant au développement économique moderne de l'Europe occidentale et de l'Amérique du Nord
."

Il est certain qu'au XVIIIeme siècle, le grand commerce maritime essentiellement colonial et negrier est l'un des secteurs les plus dynamique de l'économie européenne, le coureur de pointe qui tire la croissance comme le rappelle F. Braudel.

En effet, durant deux siècles, la France comptait 4 220 expéditions négrières et 80 % d'entre elles eurent lieu au XVIIIe siècle. Nantes occupait la première place des ports négriers, et sur le plan international, la France, le troisième rang des nations négrières derrière la Grande-Bretagne et le Portugal. Au total, des centaines de milliers de Français ont participé de façon directe et indirecte à la traite. Ce bilan montre que les ports français se sont longtemps et consciencieusement livrés à l'activité négrière.

Prenons les travaux de l'historien français Grenouilleau qui souligne l'exemple de Nantes, capitale incontestée de la traite avec 1427 expéditions au XVIIIeme siècle pour ce seul port soit 42% du trafic national. Sous la Restauration Nantes assure 70% du trafic avec 400 000 captfis soit 7,5% des 6 millions de Noirs déportés alors par la traite atlantique. On peut voir que pour cette ville, les négriers y constituaient l'élite domiaine jusqu'aux années 1840 et en 1914, certains de leurs descendants figuraient parmi les plus grands capitalistes de la place.

Les chiffres disent 9,5 millions de captifs importés, pour la traite transaharienne 7,2 millions, et pour la traite orientale 2,3 millions. Mais que dire des indigènes morts lors des opérations de production ou de transport des captifs.



Serait-il osé de dire que le processus négrier et esclavagiste a largement avantagé la croissance de l'Europe capitaliste occidentale, des États-Unis, de Cuba, ou du Brésil au détriment de l'essor africain ?


Ce message a été modifié par intros - lundi 16 octobre 2006 à 06:07.
samedi 14 octobre 2006 à 19:20
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QUOTE
Nos sociétés occidentales à économie capitaliste, se sont construites et enrichies en partie grâce à un commerce très juteux : le commerce triangulaire. Ainsi dès la fin du XVIIeme siècle, la France, la Grande Bretagne ou encore la Hollande ont instauré un commerce qui partait de l'Europe pour aller en Afrique puis dans les colonies.


Je quote la partie cachée par la pub original.gif
samedi 14 octobre 2006 à 19:39
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Le marché des esclaves vint après celui de la recherche de l'or, des épices, des soieries.
En Afrique, il existait déjà des liaisons commerciales entre les peuples noirs le monde arabe, l'Europe et même l'Asie. Mais c'est au XVIème siècle que l'histoire de l'Afrique noire bascula. Le capitalisme commercial se développait en Europe et s'attaquait à d'autres régions du monde. A la recherche de routes maritimes vers l'Asie les européens ne se contentèrent pas de contourner le pays africain, ils y installèrent des comptoirs pour faire du commerce avec les richesses du continent : l'ivoire, l'or, la gomme.
Avec la découverte de l'Amérique, les conquérants avaient besoin de main-d'oeuvre. En effet, plusieurs millions d'indiens avaient été exterminés, en quelques décennies dans les mines d'or et d'argent. Le premier chargement d'esclaves aurait été organisé par un britannique en 1562, sur un navire baptisé le jésus.
Aux Antilles, au XVIIème siècle, les bourgeois européens mirent en place le système des plantations de canne à sucre. Les conditions d'existence y étaient terribles, la plupart des hommes et de femmes arrachées à leur continent pour devenir esclaves dans ces plantations ne survivaient pas plus de cinq ans. Mais ils furent à la base de profits énormes.
Ce fut aussi la première forme de mondialisation capitaliste, car le sucre et le rhum produits aux Antilles se vendaient en Europe. La traite devint très organisée avec le commerce dit triangulaire, puisqu'il unissait sinistrement trois continents.
Au départ de l'Europe, des marchands affrétaient des bateaux chargés de pacotille, de tissus et d'armes désuètes. En Afrique, ils troquaient cette monnaie d'échange contre des êtres humains qu'ils déportaient vers les Antilles ou le Brésil, où ces esclaves étaient vendus pour les plantations.
Les bourgeoisies de Nantes, La Rochelle, Bordeaux ou Liverpool doivent leurs richesses à ce commerce.
La traite a duré quatre siècles entre le XVIème et le XIX ème. Le maximum a été atteint entre 1750 et 1800, en particulier au moment où se déroulait la Révolution Française. On estime à 12 ou 13 millions le nombre des déportés.
Certains historiens mettent en parrallèle la traite organisée par les marchands arabes et celle faite par les bourgeois européens. Ils insistent aussi sur la responsabilité des royaumes africains, qui y ont en effet participé. L'inhumanité des esclavagistes était évidemment partagée par tous, à l'est comme à l'ouest. Il ne s'agit pas de contester le nombre de victimes des deux traites. Mais avec l'économie de plantations, la traite esclavagiste atlantique a changé de nature et d'échelle. la recherche de productivité spécifique au capitalisme, a fait de cette traite une organisation rationnelle, rentable dont l'intensité allait croissant. Et puis l'importance historique particulière de ce commerce vient du fait qu'il est à la base du développement du capitalisme, en Europe d'abord, puis dans le monde, au profit de la bourgeoisie d'une demi-douzaine de pays.
Puis la Révolution industrielle offrit de nouvelles perspectives devant la pénétration des capitaux dans la production. De commercial, le capitalisme devint industriel, engendrant de nouveaux besoins en matières premières. Certaines provenaient d'Afrique, comme l'arachide ou l'huile de palme. Vint donc le temps de la colonialisation.
samedi 14 octobre 2006 à 21:35
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Ton amalgame entre esclavagisme et capitalisme est ridicule, tu es dans l'anachronisme!
Qu'est-ce que signifie le capitalisme dans une société féodale du XVIIe siècle? Va aussi chercher le fascisme au Moyen-âge, partis comme tu es!
C'est Lacroix-riz qui t'a appris à te servir de l'histoire de cette manière, pour faire de la propagande politique?
samedi 14 octobre 2006 à 22:48
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L'esclavage est une pratique qui remonte à la nuit des temps et dont la logique est l'exploitation d'être humains pour le travaille que ceux ci peuvent fournir!
Ca date de bien avant l'avénement du commerce triangulaire!
dimanche 15 octobre 2006 à 04:39
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QUOTE (paysan @ 14 Oct 2006 à 21:35)
Ton amalgame entre esclavagisme et capitalisme est ridicule, tu es dans l'anachronisme!
Qu'est-ce que signifie le capitalisme dans une société féodale du XVIIe siècle? Va aussi chercher le fascisme au Moyen-âge, partis comme tu es!
C'est Lacroix-riz qui t'a appris à te servir de l'histoire de cette manière, pour faire de la propagande politique?

Ah parce que le capitalisme ne s'est installé qu'après la fin des sociétés féodales? La naissance de la bourgeoisie en tant que classe dominante économiquement est survenue systematiquement après la découverte du nouveau Monde. Et c'est dialectiquement normal que l'ésclavage ait atteint son paroxysme après cette découverte. La révolution de 1789 n'a fait que confirmer la Dialectique en cours...En plus d'être la classe dominante économiquement, la bourgeoisie s'accapare le pouvoir politique. La même classe qui éxploitait les ésclaves s'est mise à le dénoncer après les Lumières. original.gif
dimanche 15 octobre 2006 à 09:55
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L'esclavage existe effectivement depuis la nuit des temps, mais ce qui était particulier avec le commerce triangulaire c'est que ce sont des commerçants qui affrètèrent des navires avec dans leur soute des babioles destinées aux marchands d'esclaves africains et qu'ils revendaient ensuite dans les colonies d'Amérique à des propriétaires de plantations. C'est du commerce qui rapporta énormément de profit car l'investissement de départ était ridicule et les gains à l'arrivée énorme. Quand le marché d'esclaves ne fut plus intéressant ou interdit ces commerçants ou ces bourgeois investirent leur pognon dans l'industrie naissante en Europe ou continuèrent à piller les richesses des pays d'Afrique ou d'Asie par le biais de la colonisation.
De grandes entreprises sont nées ainsi dont Lessieur, les entreprises de pneumatiques, etc...

Les compagnies des Indes furent à l'origine créée par Louis XIV pour concurrencer les compagnies anglaises ou hollandaises d'où d'ailleurs des guerres de domination maritime, d'où la naissance des fameux corsaires. La ville de Saint Malo doit également son essor à cela (Lire un roman de Simiot "Ces messieurs de St Malo" très intéressant sur le sujet). Seulement les nobles n'avaient pas le droit de faire du commerce ce qui était indigne au vu de leur condition. Ils le faisaient bien sûr mais sous couvert de prête-noms. Ce sont donc des petits et grands commerçants, des petits et grands bourgeois qui eux pouvaient commercer qui investirent dans ces compagnies. Leur but ensuite fut de trouver des hommes sûrs dans les comptoirs qui pouvaient les approvisionner en marchandises.

A cause de la traite, le visage de l'Afrique fut complètement modifiée. Outre les massacres et les déportations la traite a poussé des populations entières à quitter des zones fertiles pour rejoindre des lieux plus hostiles, mais moins accessibles aux trafiquants. Les structures internes des sociétés africaines furent transformées. Le développement de la traite sur les Côtes favorisa l'émergence de royaumes guerriers, spécialisés dans les razzias d'êtres humains. Le plus connu de ces royaumes fut celui du Dahomey, dans l'actuel Bénin.
Les petits et grands bourgeois lorsqu'arriva l'industrialisation en Europe y ont investi lelur capital, le risque était moins grand et la population déjà sur place. C'est à cette période par exemple en Angleterre où fut systématisé le travail des femmes et des enfants à partir de 5 ans.

Je m'excuse paysan si cela ne te plait pas, mais ce que j'ai décrit c'est du capitalisme.
dimanche 15 octobre 2006 à 09:58
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QUOTE (moroccanguy @ 15 Oct 2006 à 04:39)
La naissance de la bourgeoisie en tant que classe dominante économiquement est survenue systematiquement après la découverte du nouveau Monde. Et c'est dialectiquement normal que l'ésclavage ait atteint son paroxysme après cette découverte. La révolution de 1789 n'a fait que confirmer la Dialectique en cours...En plus d'être la classe dominante économiquement, la bourgeoisie s'accapare le pouvoir politique.

Ca n'a rien d'une évidence.
La Bourgeois est lui-même un terme qu'il est très difficile d'appliquer car flou. Il l'est d'autant plus lorsque l'on parle d'autres pays et du passé.
Un consensus apparait comme désignant ceux générant et accumulant des richesses tout en n'ayant pas de métier manuel.

Mais cette 'caste' existait bien avant la découverte de l'Amérique et l'essor de l'esclavage occidental (on oubli vite l'Asie sur ce point) via le commerce triangulaire. Depuis l'époque de l'empire Romain, au moins, des marchands collectaient l'essentiel des richesses produitent pour ensuite en céder aux nobles afin de s'assurer protection, statut ou autres avantages souvent dans l'espoir de devenir noble un jour.
En gros, la bourgeoisie a toujours été la classe économique dominante, on approche même de la notion du synonyme là. Le truc, c'est qu'elle n'avait pas vraiment la domination politique et/ou militaire et c'est ce qui commencera à changer avec notre révolution.

Quand au commerce triangulaire, il a amené son lot de richesse à certains de ces marchands comme on peux s'en douter. Il a permit à nos pays d'évoluer bien entendu tout comme l'esclavage a permis l'évolution de la plupart des pays le pratiquant au travers de l'histoire.
Ca n'a pas grand chose à voir avec le capitalisme comme on l'entend actuellement, l'esclavage revient à faire le commerce d'êtres humains, ce sont des marchandises et donc du commerce chose qui est appliquée indépendament des diverses théories économiques.

Ce message a été modifié par Dingosid - dimanche 15 octobre 2006 à 10:02.
dimanche 15 octobre 2006 à 11:19
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Effectivement la traite des esclaves était le prémisce du capitalisme et n'a pas grand chose à voir avec ce que l'on connait aujourd'hui. Mais il n'empêche, que les commerçants, petits et grands bourgeois, qui se lancèrent dans le commerce des richesses des autres pays faisaient ce calcul, quand il allait vers des comptoirs de l'Inde, etc... ils avaient affaires à des commerçants en face d'eux et quand ils achetaient ces soieries, ces épices, je dirais que leur marge bénéficiaire était moindre, ils devaient souvent moyenner avec un intermédiaire pour trouver des produits les moins chers, quelque soit la façon dont ils étaient produits. De plus, la navigation était périlleuse : typhon, piraterie, corsaires, maladies etc...

Avec le marché aux esclaves, leur calcul a été vite fait. L'investissement de départ était moindre et le profit plus grand. Donc si un bateau s'abimait en mer, les pertes financières étaient moins grandes.

Et c'est bien là, les prémisces du capitalisme.
dimanche 15 octobre 2006 à 11:29
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QUOTE
Ton amalgame entre esclavagisme et capitalisme est ridicule, tu es dans l'anachronisme!
Qu'est-ce que signifie le capitalisme dans une société féodale du XVIIe siècle? Va aussi chercher le fascisme au Moyen-âge, partis comme tu es!


Apparament tu ignores les phases d'évolution du capitalisme et sa naissance dès le XIIIeme siècle comme le rappelle l’historien Jacques LeGoff dans son ouvrage "Marchands et banquiers au Moyen Age", qui voit une transformation de « l’économie et de la société pour avancer vers le capitalisme ». Je ne vais pas faire un historique du capitalisme mais au XVIIeme siècle, ce système économique était en place en Europe Occidentale et l'esclavage via le commerce triangulaire a favorisé son essor.
dimanche 15 octobre 2006 à 11:38
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QUOTE (KILIAN @ 15 Oct 2006 à 11:19)
Avec le marché aux esclaves, leur calcul a été vite fait. L'investissement de départ était moindre et le profit plus grand. Donc si un bateau s'abimait en mer, les pertes financières étaient moins grandes.

Et c'est bien là, les prémisces du capitalisme.

Non, ça c'est du marchandage comme il en existe depuis toujours. La notion de marchandise à gains importants, de risques moindres etc est certes une base du capitalisme mais c'est dût au fait que c'est aussi à la base des intéraction humaines. Dès lors avec ce genre de rapprochement on peux tout autant dire que l'Homme est à la base du capitalisme, c'est vrai mais en même temps ça ne veux rien dire puisqu'il est aussi à la base du reste.

Néanmoins, les bénéfices importants générés par le commerce triangulaire ne sont pas le seul fait de l'esclavage qui en lui-même n'était pas aussi profitable que tu sembles le croire. Ce qui revenait très cher, c'était de faire naviguer un navire à vide (c'est d'ailleurs toujours le cas) or dans le commerce triangulaire, les 3 trajets se faisaient avec des 'marchandises' permettant de tirer un bénéfice. Le plus gros risque consistait donc effectivement à perdre un navire naturellement ou pas, ce qui arriva souvent et mis un paquet de types sur la paille.
dimanche 15 octobre 2006 à 11:51
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Désolé mais c'est du capitalisme, ces marchands investissaient leurs capitaux pour acheter des parts dans la société des Indes par exemple, parfois leur investissement était peu important mais au retour des bénéfices, ils les réinvestissaient tout de suite dans cette compagnie et pour ce qui est des pertes, les bénéfices étant tellement énormes que celles-ci étaient largement compensées.

L'homme n'est pas à la base de donner une compensation théorique en échange d'un travail. L'homme est à la base au niveau du commerce d'échanges de biens. Un bien contre un autre. Un savoir faire contre un autre.
dimanche 15 octobre 2006 à 12:00
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QUOTE (KILIAN @ 15 Oct 2006 à 11:51)
Désolé mais c'est du capitalisme, ces marchands investissaient leurs capitaux pour acheter des parts dans la société des Indes par exemple, parfois leur investissement était peu important mais au retour des bénéfices, ils les réinvestissaient tout de suite dans cette compagnie et pour ce qui est des pertes, les bénéfices étant tellement énormes que celles-ci étaient largement compensées

Certes mais avec cette définition tu te contredis lorsque tu dis que le commerce des esclaves est à le prémisce du capitalisme ... La concentration de capitaux en vue de promouvoir le commerce et la production n'a vraiment rien de nouveau et est à la base des échanges commerciaux depuis le début de ce que j'appelerai la civilisation ... Si l'on regarde la Rome antique ou la Grèce antique on remarque des cartels marchands pratiquant ce capitalisme.

Ce message a été modifié par Dingosid - dimanche 15 octobre 2006 à 12:01.
dimanche 15 octobre 2006 à 12:19
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Un site consacré aux traites négrières!

http://les.traitesnegrieres.free.fr/index2.html
dimanche 15 octobre 2006 à 14:02
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Non, je me contredis pas, d'abord ce n'est pas seulement la traite des esclaves mais aussi ce qui s'est passé avant avec le commerce organisé avec des compagnies maritimes organisées pour les richesses venant d'autres pays.

S'il existait auparavant des lignes commerciales, des routes commerciales, les marchands n'avaient pas le même impact que ces compagnies. Leur bénéfice était moindre d'abord, et ils étaient loin d'avoir le poids économique que vont représenter ces compagnies.

Le capitalisme se définit aussi par la libre concurrence et dans le marché avec les Indes par exemple, la course aux armements de navires, la conquête de routes maritimes, la prise de ports pour en faire des comptoirs... etc... cela n'existait pas. Les marchands avant n'avaient pas assez de poids pour faire qu'un pays par exemple vienne à engager leurs armées pour vaincre les pays concurrents et cela se reflète ensuite par la course à la colonisation.
dimanche 15 octobre 2006 à 14:15
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merci uno pour ce site, qui me fait rappeler par contre une chose importante du capitalisme, c'est la mise en asservissement d'une partie de la population à des fins de production, sans que ceux là bien sûr puissent être considérés comme possédant leurs fruits de leur travail et bien évidemment leurs outils de travail et cela à grande échelle. Et là, avec la traite des esclaves pour les placer dans des plantations sans qu'ils reçoivent aucune contrepartie ou peu c'est bien du capitalisme.

Avec le traffic des esclaves, la marchandisation de l'être humain a atteint son paroxisme, que les esclaves en attente de transit meurent de faim ou pas cela importait peu puisque d'autres viendraient les remplacer, lorsqu'un bateau se trouvait trop chargé ou que le capitaine savait pertinnement qu'il n'avait pas assez de nourritures pour eux, il pouvait en jeter par dessus bord et faire rentre cela comme perte naturelle du transport.

dimanche 15 octobre 2006 à 14:23
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QUOTE (KILIAN @ 15 Oct 2006 à 14:02)
Non, je me contredis pas, d'abord ce n'est pas seulement la traite des esclaves mais aussi ce qui s'est passé avant avec le commerce organisé avec des compagnies maritimes organisées pour les richesses venant d'autres pays

Si cela s'est passé avant l'esclavage, selon toi, alors cet esclavage ne peux être le prémisce du capitalisme ...
Je ne vois pas où tu veux en venir. huh.gif

QUOTE
S'il existait auparavant des lignes commerciales, des routes commerciales, les marchands n'avaient pas le même impact que ces compagnies. Leur bénéfice était moindre d'abord, et ils étaient loin d'avoir le poids économique que vont représenter ces compagnies.


Ca, c'est bien toi qui l'affirme. Les compagnies n'ont été qu'un aboutissement de ce qui se faisait déjà depuis longtemps. Rajouter des moyens, améliorer une idée ne fait pas que cette idée est nouvelle, les routes commerciales, les groupes commerciaux existaient avant bien avant et découlent bien du capitalisme dont tu faisais mention auparavant à savoir la mise en commun de capitaux pour générer un profit plus important. Et encore une fois, cela se vérifie aussi bien avant.
D'ailleurs, personne ne nie que le commerce triangulaire ait eu de fortes répercussions et ait généré des richesses importantes. Il était assez simple dans sa structure et perdurait. Malheureusement, il avait aussi ses défauts car ce triple trajet, même s'il était profitable était bien plus long par rapport aux bénéfices générés que ce qui existait jusqu'alors. Ainsi donc, nous avons vu émerger des regroupements pour faire face à ce besoin.
Si aujourd'hui nous reprenions un tel commerce tu verrais des moyens bien plus importants mis en oeuvre mais ce sera toujours le même schéma. Les besoins nouveaux impliquent des moyens nouveaux et depuis le début de l'humanité cela va crescendo ..

NB : Le capitalisme ne se définit absolument pas par la libre concurrence, c'est une extension libérale de celui-ci.

EDIT : Faudrait voir à comparer ce qui l'est ... Aujourd'hui certains ont pris l'habitude de raccourcis assez malsain et la notion de capitalisme en est un exemple important.
Le capitalisme en lui-même est très simple mais son application à généré des notions comme 'capitalisme primitif', 'capitalisme historique', 'capitalisme marchand', 'capitalisme industriel', 'capitalisme financier' ... aspects tour à tour mis en pratique dans notre histoire et parfois en même temps. Seulement on appelle ça aujourd'hui simplement 'capitalisme' comme si c'était la même au XVI ème qu'aujourd'hui, ce qui est une abbération.

Ce message a été modifié par Dingosid - dimanche 15 octobre 2006 à 14:36.
dimanche 15 octobre 2006 à 14:39
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Si tu relis le premier post que j'ai fait tu verras que je parle bien des prémisses du capitalisme au moment de la mise en place de compagnies maritimes et après il y eut la traite.
Le capitalisme se traduit par beaucoup de choses. La libre concurrence en effet n'en est pas un des montants (J'ai du mal m'exprimer) mais c'est une façon de dédouanner les effets pervers du capitalisme.
dimanche 12 novembre 2006 à 16:12
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J'ai trouvé cet article très interessant :

Chacun connaît, ou pense connaître, la Traite des esclaves noirs, comme la déportation de millions de noirs d'Afrique vers les colonies sucrières, cotonnières ou fruitières des Amériques, pour faire face au besoin de main d'œuvre d'une économie coloniale en croissance et après l'impossible domestication des peuples amérindiens -et surtout après leur extermination, mais aussi l'abolition formelle de l'esclavage des indiens en 1542, obtenue par Las Casas. Le grand public connaît surtout la Traite comme l'expression du racisme européen vis-à-vis des africains; la Traite a été reconnue, à juste titre, comme crime contre l'humanité en 2000 en France.
Cependant il reste à se prémunir de quelques idées reçues. La Traite commence dès le Xvème siècle, donc avant même la découverte des Amériques. Les Portugais, premiers initiateurs de la Traite européenne, fournissent des esclaves, non à des européens, mais à des marchands mandingues qui les utilisent comme porteurs d'or. Ainsi, il ne faut surtout pas oublier que l'esclavage négrier ne se réduit pas à un affrontement noir/ blanc; si les victimes sont bien noires, les exploiteurs sont noirs et blancs, africains et européens. Souvenons-nous aussi qu'à une époque où l'Afrique de l'Ouest, du Sénégal à l'Angola, celle qui est frappée par la Traite européenne, n'est pas conquise par les européens hormis quelques comptoirs côtiers, la traite est rendue possible par la présence de courtiers noirs, qui assurent la vente des captifs, amenés par des marchands d'esclaves africains. Mais parfois, les courtiers et preneurs d'esclaves sont aussi européens, portugais notamment, eux qui remportent contre les états de la côte africaine une série de victoires contre les états européens. Certains états africains participent d'eux-mêmes à la vente de leurs sujets, notamment en vendant les criminels, mais parfois aussi leur famille et même le village entier. Cependant, il ne faut pas enfermer les états africains dans une logique de vente d'esclaves simplement pour bénéficier en retour de la verroterie européenne: en guise de monnaie, les européens offrent parfois aussi des armes; une « course à l'armement » s'installe entre états africains, les états dotés d'armes à feu réduisant leur précarité face aux autres; or la seule marchandise qui permet l'équipement en fusils, poudre et munitions est l'esclave.
La Traite a ensuite pour but de fournir en main d'œuvre les îles portugaises (Madère), puis au XVIème siècle les Antilles. Au total, sur quatre siècles, du XVIème au XIXème, entre 11 et 13 millions d'esclaves seront transportés d'un bord à l'autre de l'Atlantique, dont six cent mille vers les futurs USA, quatre million vers les Antilles, autant vers le Brésil, le reste vers l'Amérique espagnole, deux cent mille vers l'Europe (Daget, 1990). Ces décomptes viennent des archives des compagnies négrières; la moitié de ce trafic aura lieu pendant le XVIIIème siècle, et le XIXème siècle en aurait fait autant s'il n'avait été le siècle des abolitions définitives de la traite des noirs, par le Royaume-Uni et la France notamment. La moitié de ce chiffre revient à des compagnies négrières anglaises, devant les hollandais et les français, dépassant très nettement les portugais toujours présents en Afrique mais nettement moins dans le transport transatlantique.

La Traite constituait-elle vraiment système capitaliste?

Le commerce négrier est probablement loin d'avoir été un modèle de « libéralisme » au sens où nous l'entendons aujourd'hui. Les compagnies initiatrices sont d'abord les compagnies à privilèges soutenues par les états; l'achat des esclaves en Afrique fait aussi l'objet de monopole au XVIIème et XVIIIème siècle, où ce sont les portugais qui « délivrent » (au mauvais sens du terme) les esclaves aux marchands européens; dans les colonies, les planteurs peuvent être contraints par les négriers à acheter exclusivement leur main d'œuvre à telle ou telle compagnie, main d'œuvre dont la mortalité élevée, dépassant souvent la natalité dans les premières générations après le débarquement, affaiblit les planteurs face aux fournisseurs. Ceci dit, le rôle des armateurs privés croit aussi rapidement au XVIIème siècle, favorisés par les états comme la France qui leur déduit une partie des droits de douane à leur retour en métropole, après avoir troqué leur « bois d'ébène » contre des denrées coloniales (les planteurs paient peu en monnaie). On peut donc retenir que l'acteur fondamental du commerce négrier est un acteur privé. Et même mieux, c'est un acteur qui se distingue par le fait qu'il est propriétaire de l'outil de production plutôt que producteur lui-même: il s'agit de l'armateur, le possesseur du navire. Il assume les coûts de production ou d'investissement, confie la gestion de l'affaire à un capitaine, engrange les bénéfices, rémunère capitaine et équipage en gages plus ou moins élevés. Voici qui ressemble beaucoup au rôle d'un actionnaire, ou d'un « investisseur » qui aujourd'hui créerait une entreprise en avançant les capitaux, mais sans prendre part à la gestion directe de l'activité. Incontestablement, la Traite est une activité capitaliste, ce qui suffit à faire d'elle le crime le plus représentatif de l'essence même du capitalisme. Qu'il n'y ait pas concurrence pure et parfaite, que les états aient encouragé des compagnies à côté des armateurs privés, que les « marchés » aient été attribués à coup d'exclusifs, ça n'enlève rien aux caractéristiques fondamentales du capitalisme: propriété privée des biens de productions (le navire principalement, dit aussi négrier), utilisation du travail d'autrui (l'équipage) pour effectuer l'activité « productrice », récupération des revenus en vue de rémunérer positivement le capital.
De plus, si l'on prend le côté des planteurs, l'esclavage, comme je l'écris aussi dans le chapitre sur le génocide amérindien, est entre le XVIème et le XVIIIème siècle, l'un des seuls moyens de tirer profit du travail d'autrui: avant la révolution industrielle, la productivité d'une main d'œuvre salariée est si faible, surtout dans des activités agricoles ou minières, est de réduire le coût du travail; l'esclavage tombe donc à pic, puisqu'il permet au propriétaire de récupérer la production et d'en reverser une moins grande part aux travailleurs. L'esclavage est l'enfance du capitalisme. Aux siècles suivants, l'explosion de la productivité permettra de gagner plus sur le travail du salarié tout en lui assurant la croissance de son salaire et même la réduction de son temps de travail.

La Traite négrière n'est-elle pas un crime raciste avant tout?

La question de la productivité permet d'aborder un autre problème de la Traite, celui de la part du racisme dans l'esclavage. Il est évident que la Traite est raciste envers les africains; mais ce n'est pas sa seule ni sa principale motivation: pensons qu'avant même le passage à l'importation massive d'africains dans les Amériques, les planteurs avaient essayé de soumettre sans succès les amérindiens, et aussi d'utiliser le travail des européens sans le sou débarqués dans les Antilles ou dans les colonies anglaises du Sud-Est des actuels USA. La première motivation de la Traite est économique, chacun en conviendra aisément; et les esclaves auraient pu être autres qu'africains et noirs. Les européens auraient, techniquement, pu déporter les gueux d'Europe pour les exploiter aux Amériques; mais le servage était alors aboli depuis longtemps et aucun état européen occidental (la Russie maintiendra le servage jusqu'en 1868) n'est prêt à accepter d'être vidé d'une partie de sa population. L'Afrique du Nord est régie par des états trop constitués pour que les européens puissent capturer leurs sujets. Non pas que l'esclavage n'existe pas dans la rive sud de la Méditerranée, loin de là; le trafic d'esclaves africains et chrétiens s'y porte bien à l'époque de la Traite atlantique; mais y acheter des esclaves y coûterait plus cher que dans le Golfe de Guinée et il n'est pas militairement possible de s'emparer des populations nord-africaines, surtout lorsque la présence turque s'y ajoute. L'Asie, indienne et chinoise surtout, offrira au XIXème et au XXème siècle des millions de coolies, voyageant par l'intermédiaire de l'Empire britannique; mais, entre le XVIème et le XVIIIème siècle, le voyage en partant d'Europe vers l'Inde est trop long pour être rentable. L'Afrique noire a donc l'infortune d'être « bien placée »: proche des Amériques, surtout du Brésil et des Antilles, constituée d'états à la solidité très variable, généralement plus faibles que les états du monde musulman.
Il est aujourd'hui tentant pour tout le monde d'inscrire la Traite des Noirs comme un crime uniquement raciste. Car aujourd'hui, chacun, de gauche comme de droite, hormis l'extrême-droite (mais aussi des éléments disséminés dans tous les camps politiques) reconnaît le racisme comme un fléau, surtout après la Shoah et la fin de la discrimination raciale légale aux USA. Il ne reste plus alors qu'à attacher la Traite au tableau du racisme, et de la commémorer en tant que telle, et cela arrange toutes les catégories politiques, y compris les sociaux-démocrates du PCF. Pourtant, la Traite est avant tout un crime marchand, et plus encore capitaliste. Si l'on s'est focalisé sur la déportation d'africains, c'est parce que des normes idéologiques de l' époque empêchait d'infliger le même sort à des blancs, et que des considérations géographiques rendaient inutiles la recherche hors d'Afrique. Il y a incontestablement une dimension raciste dans la Traite, mais elle m'apparaît secondaire. La Traite est un crime capitaliste, parce qu'elle est en soi une industrie de rémunération du capital.

Combien de morts la Traite européenne a-t-elle provoqué?

Les chiffres les plus variés, souvent délirants, ont couru sur la Traite européenne. Il faut déjà préciser qu'il y a plusieurs effectifs à évaluer: la quantité d'esclaves transportés d'un rivage à l'autre de l'Atlantique, le nombre de morts en traversée, mais aussi le nombre d'esclaves capturés dans le continent africain et ceux perdus dans le trajet jusqu'à la côte. Pour ce qui est des effectifs transportés, les livres de bord, de compte, des compagnies négrières ont témoigné et l'on s'accorde généralement sur 11 à 12 millions d'esclaves déportés, parfois un peu plus de dix millions ou un peu moins de quatorze millions selon les chercheurs (nous avons cité Daget pour une estimation de onze millions plus haut: ceux qui veulent d'autres estimations, généralement proches, peuvent se référer au tome II de De la Traite à l'esclavage, ouvrage qui reporte les actes du colloque de Nantes en 1985 sur l'esclavage, publié en 1988). Selon Philippe Paraire, dans Le Livre Noir du Capitalisme, dix millions d'esclaves ont été déportés, deux millions sont morts en traversée, un million périrent au labeur dans les plantations, mais surtout huit millions périrent en route en Afrique même. Ce sont des estimations basses, incompressibles; de plus hautes existent. Il ne faut pas oublier qu'il est possible que les comptes aient été falsifiés à la baisse pour frauder l'impôt. Dans le même ouvrage, Jean Suret-Canale donne des chiffres plus élevés sur la mortalité dans les colonies américaines: ainsi, pour 2,2 millions d'esclaves importés à Saint-Domingue dans les cinquante dernières années avant 1789, il en restait cinq cent mille à cette date. Il y a aussi les pertes en convoi naval, pendant la traversée. Elle varie selon la nationalité du transporteur: elle semble plus faible chez les négriers scandinaves (danois et suédois participent à la Traite), et plus forte chez les anglais et les latins. Estimée à 7 ou 8% par Halgouet en 1939 pour l'ensemble de la Traite européenne, elle est placée par Morgan (en 1996) à 18%. Le plus dur à estimer reste sans conteste la mortalité pendant la traversée de l'Afrique vers la côte. Il semble admis par plusieurs auteurs que les pertes dans les colonnes d'esclaves se montent à la moitié au moins des effectifs. Pour un esclave embarqué, un captif mort au moins, ou près d'un (P. Paraire parle de huit millions de morts en route pour dix millions d'embarqués). Mais des estimations nettement plus hautes existent. Suret-Canale considère que le nombre total d'esclaves capturés et en Afrique, et dont une majorité a été liquidée en razzias, périt dans le trajet, dans les dépôts d'esclaves sur la côte, est de plusieurs dizaines de millions (cinquante millions peut-être, précise-t-il sans certitude). Un autre chercheur, Morgan, évaluait le taux de mortalité en Afrique à 72%: pour onze-douze millions d'embarqués, près de trente millions de morts en route. Ce sont des estimations que nous pourrons considérer comme élevées; mais nous n'aurons jamais de certitude à ce sujet, comme sur les conséquences démographiques des captures sur les populations africaines, dont l'économie est gravement perturbée, et dont une partie se réfugie pour échapper à la captivité.
Il faut parler aussi des estimations très hautes, se chiffrant en centaines de millions de morts, qu'on peut encore récemment entendre ou lire, mais qui couraient aussi au XIXème siècle. En 1994, l'UNESCO produisait un document parlant de 210 millions de morts de la Traite; l'historien Diopp-Maes alla jusqu'à 400 à 600 millions de victimes… Ces estimations n'ont aucun sens car elles dépassent très largement la population de l'Afrique atlantique à la même époque. Sachant que l'essentiel de la Traite européenne s'est faite de 1700 à 1850, il est possible de concevoir qu'elle ait coûté au continent trente millions de morts sur cette période; mais des estimations en centaines de millions de morts sont beaucoup plus difficilement recevables. Ces estimations très hautes se basent soit sur de très forts taux de mortalité des esclaves, soit sur la confusion entre la notion de perte démographique et celle de nombre de victimes. Le nombre de victimes constitue l'ensemble des gens qui sont morts d'un phénomène, le surplus de mortalité due à une cause donnée. Les pertes démographiques relèvent l'ensemble de l'écart entre le niveau qu'atteint une population après une catastrophe et celui qu'elle devait atteindre dans les prévisions sans catastrophe; les pertes démographiques prennent donc en compte l a surmortalité mais aussi le manque de naissances pendant une période de catastrophe. C'est aussi en calculant les écarts entre population de l'URSS et ses prévisions (discutables) que Soljenitsyne arrivait à proclamer la mort de « soixante millions de personnes » du fait de la répression en URSS...

La Traite a-t-elle servi le développement économique de l'Europe occidentale?

On pourrait se passer de savoir en quoi la Traite a servi l'ensemble du système capitaliste européen en gestation à l'époque, puisque la Traite est en soi une industrie capitaliste. Mais le débat existe: dans la mesure où la moitié du trafic d'esclaves fut anglais, que l'apogée de la Traite européenne fut au XVIIIème siècle, juste au moment où l'Angleterre commence sa révolution industrielle, n'est-ce pas là un lien de cause à effet? La thèse n'est pas nouvelle: la Traite est les profits qu'elle engendrait aurait financé les investissements initiaux du décollage industriel anglais, sans quoi les inventions qui en furent à l'origine seraient resté des curiosités. Des estimations ont été faites dans les deux sens, tentant de démontrer l'importance ou l'insignifiance de la part des investissements d'origine négrière dans l'industrialisation anglaise, et il semble que la seconde thèse soit la plus réaliste. De plus, on peut remarquer des contre-arguments notoires à l'importance de la Traite pour le capitalisme euro-américain: en effet, aux USA, les anciens états esclavagistes et cotonniers ne furent pas, au XIXème siècle, les moteurs du développement économique américain, pas plus que les Antilles ne furent la proue du décollage des Amériques au XIXème comme au XXème. Ce qui est beaucoup plus sûr, c'est que ces régions ont nourri des zones industrielles beaucoup plus intenses comme le textile de l'Angleterre du Nord (Manchester-Liverpool). Mais surtout, avant même la révolution industrielle, l'esclavage a permis aux manufactures et à l'artisanat britannique de gagner en puissance en trouvant des débouchés conséquents à travers la clientèle des planteurs des Antilles. Ainsi, l'esclavage a construit une économie autour du Golfe du Mexique et au Brésil, qui certes ne sera pas la plus dynamique au XIXème siècle et ensuite, mais stimule la proto-industrie de l'arc atlantique européen. Ainsi, dans les investissements qui ont lancé l'industrialisation de l'Europe, devient-il plus difficile de distinguer les deniers qui sont passés par le commerce des esclaves des autres.


Source : ICI
samedi 29 mars 2008 à 13:05
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Je remonte ce topic suite à un débat lancé dans le topic concernant les morts du capitalisme à savoir si l'esclavage sous sa forme moderne était similaire à l'esclavage antique ? quelles étaient les particularités de l'esclavage moderne sous sa forme de la traite négrière ?

J'attends vos commentaires smile.gif

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