Tuesday 30 May 2006 à 19:53
Ecriture automatique. La première fois que j'ai croisé cette appellation ici, je croyais qu'il s'agissait d'une de ces formes mystiques de l'écriture où quelqu'un se trouve comme possédé par les démons que quelque écrivain défunt mais après avoir lu le commentaire de Sandie, j'ai compris de quoi il s'agissait. Ecrire donc tout ce qu'il me passe par la tête. Halalala, c'est pas bon tout cela. Si je devais écrire tout ce qui me passe par la tête, je n'en finirais point, fou comme je suis, je me vois bien m'enliser avec extase dans les plaisirs de l'écriture et dans les abîmes obscurs de la fantaisie. Ben voyons ! Ecrire tout ce qui me passe par la tête ? En tant que fan de Lewis Carroll et de son nonsense, tout ceci m'a l'air de former une bien belle passerelle pour délier mon imagination et pour délirer comme bon il me semble. C'est une invitation à écrire une petite histoire sans queue ni tête, une histoire où les mots n'en feraient qu'à leurs têtes cependant qu'ils attendent bien sagement, dans leurs petits coins, de former une châine cohérente. J'imagine bien tous ces mots se quereller en faisant la queue :
" Hé toi, là-bas, j'étais là le premier, arrêtes de faire ton petit mariole en grillant la politesse à tous ceux qui étaient présents bien avant toi. L'autre, ainsi mis en cause par ce diable de mot prétendûment prioritaire lui répliquerait dans son langage des plus exquis non sans quelque affectation de mauvais aloi :
" Il ne sert de rien de vous emportez de la sorte mon très cher, je passais bien futilement par là et au gré de ma ballade, je me suis plû à rejoindre le capharnaüm des mots qui sévissait parmi vous autres, prenez-le pas mal, et ne voyant aucune indication selon laquelle il y avait un ordre à respecter, je me suis allègrement complu à ne faire ni une ni deux, pas même trois au reste, et veuillez bien croire mon cher camarade que dans ces occurences-là, je ne me prive pas d'agir à mon entière convenance dès lors que nul entrave ne vienne rompre mon bel élan.
- Cela suffit, pardonnez-nous votre langage mon très cher, encore que je ne suis pas sûr que vous valiez grand chose à mes yeux, il serait bien respectueux de votre part de faire comme tout le monde et d'attendre bien sagement votre tour. Si tout les mots n'en faisaient qu'à leurs têtes en faisant ce que bon ils estiment de faire valoir, rien de ce que nous pourrions dire et écrire n'auraient de sens et en ce cas, cela reviendrait à du non-sens.
- Allez, mon cher, cela vous coûterait-il tant que cela de me faire une petite fleur si je vous présentes toutes mes excuses ; veuillez donc bien croire qu''en foi de mon témoignage, toutes les excuses que je présente sont inestimables et ne sauraient avoir de prix au regard de la bonté sans égal que je vous crois être capable de faire montre dans un moment de largesse prodigieuse.
Sur ce, mon esprit tout tourneboulé par cet exercice nouveau se trouva fort marri car soudain, plus rien, le syndrôme de la page blanche venait juste de faire son apparition et m'enfonça encore plus profond que je ne l'étais à six pieds sous terre. Diantre, je ne trouve plus rien à dire, plus rien à écrire, les mots semblent maintenant m'éviter, ils s'enfuient, penseraient-ils fort à propos, qui sait, que je ne vaille plus la peine de leur rendre visite dans leurs chères demeures. Il me semble que oui, oui, au secours, à l'aide, je suis maudit, je me trouve dépourvu de toute inspiration écrite, le néant, nada, niente... Pauvre de moi...