jeudi 29 novembre 2007 à 19:22
La Bachelotte est loin de figurer sur ma liste des personnalités de droite (nombreuses) que j'abhorre, je la trouve au contraire tout à fait sympathique et suffisamment pragmatique pour ne pas être en général trop enfermée dans les grands dogmes de son parti. Un bon point pour elle

Malgré tout, là, sur cette affaire je ne sais pas trop quoi en penser...
C'est "pragmatique" certes...mais un peu contraire au principe de réalité, en fonction de la manière dont cela sera mis en place...
Ce que l'on sait aujourd'hui sur la gestion du don du sang en France :
1- on manque de donneurs, c'est chronique, et les stocks sont au plus bas
2- la sécurité des receveurs est la priorité numéro 1 (logique dans l'absolu, encore amplifié suite aux affaires du sang contaminé, etc etc etc)
Pour cette raison, l'accès au don est extrêmement filtré. Beaucoup d'entre-nous connaissent le fameux "questionnaire" ainsi que l'entretien préalables à un prélèvement. Cela est une limite forte au point 1, elle-même due au point 2. Difficile équilibre à maintenir, pour le bien de tous (on est tous potentiellement "transfusables" en cas de pb)
La question centrale en fait est : est-ce-que le fait de fermer le don du sang aux personnes homosexuelle est arbitraire et discriminatoire ?
Sur le seul critère de sexualité, alors oui, ça l'est...
Sur le critère de pratiques sexuelles ça ne l'est pas.
Parce que le souci est là, les faits sont là : la prévalence du virus du HIV (et autres MST d'ailleurs) est bien plus importante chez les homos que le reste de la population.
Après, elle l'est très probablement tout autant chez :
- les bis
- les prostitué(e)s
- les nymphomanes
- les adultères
- les multipartenaires,
etc etc etc
Sachant qu'il y a des gays prostitués, des hétéros nymphomanes, des prostituées bisexuelles, etc etc on se rend bien compte que ça n'est qu'une question d'ensembles, de statistiques et proportions plus liées aux PRATIQUES sexuelles qu'à l'ORIENTATION sexuelle.
Donc si notre Roselyne nationale nous propose de retravailler au découpage des catégories à risque du questionnaire en fonction de leurs pratiques (rapports homosexuels y compris), très bien, c'est une bonne chose et ça n'est pas discriminatoire.
Si en revanche elle balaye d'une main le problème en décrétant simplement que la question de l'homosexualité ne doit tout simplement plus être posée, alors se pose un réel problème de santé public et de risque vis-à-vis de nos stocks de sang.
Le fait d'être homosexuel ne doit pas être automatiquement éliminatoire si par ailleurs on a le même partenaire depuis des années, que l'on s'est testé négatif, que l'on n'a pas de pratiques à risques...
Il doit l'être si on passe son temps dans les backrooms, à se faire pister à mains nues dans le noir complet et par des inconnus aux ongles douteux...
Tout comme il doit être éliminatoire, tout en étant hétéro, d'avoir deux maîtresses, un amant caché et qu'on se piquouse en cachette dans les chiottes de son taff...