jeudi 07 août 2008 à 09:06
Les mots pansent les maux de la pensée. Oui, les mots pansent les maux et la pensée pense les mots.
Si la pensée pense les mots, si les maux sont les plaies de la pensée donc les mots pansent les plaies.
C'est un très beau syllogisme.
Plaies ouvertes ou fermées, ouvertes elles laissent les mots s'échapper, fermées, les mots, les maux restent à l'intérieur. Quand les plaies sont ouvertes il faut les panser, quand les plaies sont ouvertes il faut les penser, les pensées. Car on pense avec des mots donc on panse les plaies avec des mots. Les mots deviennent les pansements des plaies, des maux de la pensée. Les plaies de la pensée d'où s'échappent les maux et les mots. Quand les plaies sont fermées, les mots, les maux, restent à l'intérieur et ne peuvent s'échapper. Quand les plaies sont fermées, la pensée devient constipée et retient ses mots, ses maux. Les mots, les maux, la pensée, panser les maux, penser les mots.
-" On n'en sort pas… "
-" C'est bien fait : fallait pas y entrer… "
Quand la pensée est constipée, les maux, les mots ne peuvent pas sortir et on garde ses mots, ses maux à l'intérieur de soi.
Un constipé garde ses maux et ses mots. Les maux restent, ne peuvent pas sortir, car c'est bouché par les mots. Les mots bouchent le trou du cul des trous-du-cul, les maux ne peuvent pas sortir de la pensée des trous-du-cul.
Quand les maux sortent, le trou du cul libère ses mots et là c'est la diarrhée, la logorrhée. "Logo" pour "mot", "rrhée" pour "diarrhée". La logorrhée c'est la diarrhée verbale, la diarrhée des mots libératrice des maux. Les mots et les maux du penseur lui sortent du trou du cul, décongestionnent ses intestins. Les mots, les maux, la pensée… Les mots se bousculent, sortent en flots. On tourne en rond… C'est chiant !
La diarrhée de la pensée chie ses mots. La pensée d'un penseur lui salit le trou du cul, lui laisse des traces de merde à son caleçon.

C'est pour ça que Rodin n'a pas mis de caleçon à son "Penseur".
Il n'est pas assis sur un banc mais sur une caisse à mots, une sorte de réceptacle à maux, à merde. Il chie ses maux, ses mots. Il aurait pu s'asseoir sur les chiottes. Oui mais comment récupérer les mots alors ? Une fois qu'on a tiré la chasse.
Il faut que la pensée reste productrice de mots. Une pensée productive. Les maux, eux peuvent partir. Mais il faut bien retenir les mots. Sinon ça servirait à rien de se faire chier, de se meurtrir le trou du cul et puis… tirer la chasse. Laisser les flots emporter le flot des mots, de la pensée.
Descartes a dit : " Je pense donc je suis. "
Je ne pense pas ainsi donc, probablement je ne suis pas…
" Ou alors, je suis dans la merde. ", pourrait-on ajouter…
Ce message a été modifié par lexoum - jeudi 07 août 2008 à 09:10.