Saturday 20 January 2007 à 16:12
voila un extrait du texte où on trouve la citation
En gros, chaque fois que nous nous trouvons devant un individu ou un groupe différent ou mal connu, nous en ressentons quelque malaise. Dans une entreprise comme dans une armée ; même au sein d'un clergé ; ne parlons pas des artistes menés par leur excessive sensibilité. Notre inquiétude peut nous pousser à adopter des attitudes de méfiance et même de refus hostile. Lesquelles n'excluent pas, du reste, des sentiments ambivalents d'attente et d'espoir : on le voit chez l'enfant, toujours prêt, à la fois, à prendre peur et à sourire (question classique : l'enfant est-il raciste ? Évidemment non, il n'en possède pas l'argumentation, mais il est candidat à l'hétérophobie1). On le voit dans le tourisme, où l'inconnu nous fascine et nous inquiète. C'est pourquoi certains philosophes ont pu affirmer que l'homme est un loup pour l'homme, et d'autres que l'homme est plein d'amour pour l'homme : chaque partie a exprimé la moitié de la vérité.
Plus grave : cette réaction, à base de peur et de concurrence, ne relève pas seulement du délire : elle a une fonction : elle fut et, en un sens, reste vitale pour l'espèce humaine. Pour survivre, l'homme a dû souvent défendre son intégrité et ses biens et, à l'occasion, s'approprier ceux d'autrui, biens mobiliers et immobiliers, aliments, matières premières, territoire, femmes, bien réels ou imaginaires, religieux, culturels et symboliques. De sorte qu'il est à la fois agresseur et agressé, terrifiant et terrifié. Car, puisque chacun en fait autant, on ne sait plus où commence ce cercle infernal de la défense et de l'agression. Cela fait partie de notre histoire et de notre mémoire collective ; et avons-nous vraiment changé depuis ?
merci