Monday 09 October 2006 à 17:07
| QUOTE (paysan @ 23 Sep 2006 à 21:33) |
| L'impréparation de 1941 a au contraire coûté cher au pays! |
Voici des documents que j'ai puisé dans les Documents Diplomatiques Français (DDF volume 9 de la seconde série) au quai d'Orsay prouvant les mensonges de paysan :
Coulondre, Ambassadeur de France à Moscou à George Bonnet, Ministre des Affaires Etrangères, Moscou le 15 avril 1938
« En premier lieu il ne fait pas de doute que l’organisation de la défense nationale constitue, depuis plusieurs années et surtout à l’heure actuelle, la préoccupation essentielle du gouvernement soviétique. Convaincu de l’imminence de la guerre, celui-ci tend tous les ressorts du pays vers sa préparation. Or il s’agit d’un était, qui non seulement est totalitaire, mais qui a en outre le monopole de la production industrielle qu’il peut donc orienter à son gré. Il s’agit également d’un état qui dispose de toutes les matières premières, sous réserve du caoutchouc, et dont les industries dites de guerre, notamment l’industrie métallurgique, peuvent, à l’exception des produits chimiques, être comparées, par leur production actuelle, à celles des pays les plus industrialisés, de l’Allemagne notamment.
Il faut enfin noter que les masses ouvrières parmi lesquelles se recrutent essentiellement les troues paraissent encore animées d’un certain idéal révolutionnaire, d’ailleurs soigneusement entretenu, qui est susceptible de contribuer à leur valeur combative.
Dans ces conditions, l’URSS portant son effort maximum sur son armée, ne peut pas ne pas lui avoir donné une puissance considérable qui, à mon avis, doit, en valeur relative et comparative à celle des autres armées d’Europe, être notablement supérieure à celle de l’armée russe de 1914.
Ensuite j’indiquerais seulement que, suivant les renseignements recueillis par cette ambassade, l’URSS disposerait actuellement d’un minimum de 5 000 chars d’assaut, et que les usines d’aviation produiraient environ 6 000 avions par an. De tels chiffres sont éloquent.
Je rappellerai en outre l’importance et la progression de l’effort budgétaire fait en faveur de la défense nationale. Les crédits prévus à ce titre sont passés de 1,3 milliards de roubles en 1931 à 5,03 milliards en 1934 à 14,6 milliards en 1936 et à 22,4 milliards en 1937. »
Le Colonel Palasse, Attaché Militaire de France à Moscou à M. Coulondre, Ambassadeur de France à Moscou, Moscou le 18 avril 1938
« La force actuelle de l’armée rouge est d’un peu moins de cent divisions d’infanterie rapidement mobilisations, une trentaine de divisions de cavalerie dont une partie groupées en corps de cavalerie, 5 à 8 000 chars de combat, dont une partie groupés en corps mécanisés. Il semble que, dans un délai de quelques mois, cet ensemble de troupes pourrait être renforcé d’environ 80 divisions d’infanterie. L’armement est moderne, en quantité suffisante. Des progrès doivent être réalisés par l’arme de l’artillerie. M. Staline personnellement et le commissaire du peuple à la Défense s’en occupent activement.
Les possibilités de production de matériels de guerre, déjà considérables par suite du développement pris par l’industrie soviétique, doivent être encore augmentées, dès cette année. En matières premières, l’URSS, au caoutchouc près, dispose de tout ce qui lui est nécessaire. Elle fabrique du caoutchouc synthétique.
Bien qu’il ait été amélioré, le réseau de communications reste encore insuffisant. De sérieux efforts devront être faits dans ce sens. Les haut commandement est le point le plus douteux. Il a été presque complètement renouvelé, plusieurs fois, à la suite des épurations. Il est mal connu encore et rien ne nous assure que de nouvelles modifications n’interviendront pas de nouveau.
Cependant, aux manœuvre de Russie blanche en 1937, il a su mouvoir une quantité déjà importante de troupes dans des conditions satisfaisantes. On accuse habituellement les Russes d’avoir monté et répété d’avance un scénario, quand ils produisent des manœuvres réussies. Je serais étonné qu’ils n’aient pas procédé de même en ce qui concerne la défense de leur pays et même certaines éventualités d’attaque. Il faut noter d’ailleurs que, craignant une guerre pour le printemps 1938, le gouvernement soviétique paraît avoir pris des précautions et que le déploiement stratégique est sérieusement amorcé. A l’origine, l’armée soviétique paraît devoir présenter une supériorité massive sur un adversaire du front occidental. Je fais aussi des réserves en ce qui concerne les cadres des régiments qui ont été très bouleversés. Récemment arrivé, je n’ai assisté encore à aucune manœuvre. Les troupes que l’on aperçoit soit en voyageant dans le pays, soit aux revues, produisent une bonne impression. Elles sont bien tenues. Malgré quelques articles d’autocritique de la presse soviétique, je crois que la discipline reste intacte. Le patriotisme des jeunesses communistes, la fierté d’appartenir à un grand pays ne me paraissent douteux chez des populations qui n’ont aucun point de comparaison avec l’étranger. La victoire éventuelle sur tout ennemi leur est présentée comme certaine. Les réserves d’hommes sont considérables, le doute qui planait sur la possibilité de les mobiliser en raison des difficultés rencontrées par la soviétisation des campagne me paraît s’atténuer. La doctrine de guerre paraît s’améliorer. Les règlements d’armes, les articles des écrivains militaires montrent un souci nouveau de la puissance du feu. En résumé, l’armée de l’URSS me paraît susceptible d’assurer, dès à présent, dans de bonnes conditions la défense de son pays et même d’exécuter une offensive brutale et limitée. Une inconnue sérieuses pèse sur la qualité de son haut commandement. »