samedi 07 juin 2008 à 05:12
Hamas, Fatah...
Je ne comprends pas pourquoi les sionistes font un tel capharnaüm: les Palestiniens, qui ne mangent déjà pas tous les jours à leur faim, se privent pour leur jeter un peu de salade.
De la roquette.
Blague à part, ceux qui tentent de museler Dieudo oublient (ou n'ont peut-être jamais su, si l'on tient compte, tant au niveau du fond que par le choix de la forme, de l'ascétique sobriété de leur messages) que le propre de la censure est d'accréditer les idées qu'elle combat.
Ils valident, à l'insu de leur plein gré, le trait mordant de Juvénal qui, dans ses jadis en toge - et quitte à "satirer" des ennuis;-) avait relevé que la censure épargne les corbeaux et s'acharne sur les colombes!
Il y a des fois, quand je lis (ben oui...) certains... heu... commentaires, cela m'évoque irrésistiblement un orateur aveugle et sourd comme un pot. En déchiffrant ces messages à la syntaxe acrobatique, au vocabulaire étriqué et au style vociférant, je m'imagine le prophète ahuri qui gesticule dans "L'étoile Mystérieuse" de Tintin.
Poursuivant ma rêverie de moqueur solitaire, je violente un peu le scénario original (ne dit-on pas que l'imagination est la mémoire du possible?!)... Je perds l'imprécateur au millieu du désert d'arguments qui leur sert de pensée, et équipés de leur foi comme d'une canne blanche je le regarde appliquer la philosopie du "je hurle, donc je suis."; le fracas des mantras pour couvrir les soupirs d'agonie de leur esprit critique. Hélas, le bâton d'aveugle l'instruit sur son univers, le soutient dans sa marche, le dirige au besoin, mais ne l'éclaire pas pour autant.
Je souris de les voir, crispés, cogitants - des droitiers essayant d'écrire de la main gauche - tenetant de sécréter l'imparable réplique qui atomiserait mon impudence... Sont là, le front plissé, pleins de bonne volonté, à s'essorrer la synapse avec l'énergie désepérée du constipé chronique... pour enfin sortir un catégorique "israel é ta nou pour l'eternitée" ou: "les évanjil de jésu son le plu bo messaj d amour" et, last but not least: "T 1 ninioran ta rien conpri é 6 ya pa dieu coman texplik ke luniver il éxist?"
Oui, je suis un Ignorant, un Ignorant curieux, un Ignorant heureux, car j'ai compris que dans ce monde, mon appétit d'apprendre ne sera jamais comblé. Un ignorant radieux d'avoir compris que la vérité appartient à ceux qui la cherchent et non à ceux qui croient ou déclarent la détenir. Un Ignorant qui sait qu'il n'y a pas besoin de croire en dieu pour penser que la sincérité vaut mieux que le mensonge, que la générosité vaut mieux que l'égoïsme, que le courage vaut mieux que la lâcheté, que la douceur et la compassion valent mieux que la violence et la cruauté, que l'amour vaut mieux que la haine.
Dieudonné est salubre: il apostrophe le Néant et ceux qui, à genoux, Lui mendient à tempérament une vie éternelle où il pourront enfin étaler leur ego en proportion inverse de l'estime se portent au présent. À grand coups de blasphèmes il tambourine à l'esprison (oui, oui, esprison) de ceux qui endoctrinés par leur famille et contraints par leur millieu font semblant de croire et de supplier dieu d'exister.
Certains prosélytes sont presques touchants: ils te tendent la gauche quand ton esprit retient ta main. Tu admirais ton calme en douce quand le mouton qui se voudrait berger, comme le suif se prétendrait flamme, se prend à vouloir extirper chez toi les démons planqués derrière ses refoulements. Là, c'est le choix cornélien: "ma main dans ta gueule" ou le haussement de sourcil... La touffe de poils vainc la demi-lvre d'os, et te voilà installé d'office au manège éternel des arguments circulaires.
Si tu as de la chance, tu tombes sur une espèce qui ne propose ni ne revendique rien que des territoires virtuels. Le style de mémère ménopausée qui ne mouillent plus que d'entendre leur gourou ânonner des cantiques dans des fumées d'encens, qui ne jouissent plus qu'à la communion, mais cette fois elles avalent. Ne les laisse pas parler, donne leur ce qu'elles veulent: te donner un ou deux papillons vénéneux, illustrés de dessins qui te font bien comprendre à quel point t'as raison d'avoir tort et une bible renfermant à coup sûr un bon de commande et une adresse de don où tu pourras épancher la sueur de ton front afin de beurrer l'Anus Dei, de nourrir l'Idéal céleste, de servir la cause suprême de l'Argent immanent et transsubstantiel.
Ils sonts stricts mais... indulgents, si tu craches au bassinet, on te file une option sur les jardins d'allah, yahve ou tartempion, mais quel que soit le nom du taulier, tu as la certitude que leurs Utopies (u - topos) seront agencés en mirroir de l'endroit qui vit naître le culte en promotion. Elle seront gouvernées par un spectre barbu qui n'attend de ton âme qu'un peu de noirceur. Cela n'étonne plus personne: qui n'est pas est au courant que toute religion est un ver luisant, et que pour briller il lui faut l'obscurité.
Un indice pour juger d'une religion: fais toi offrir une visite du paradis: ça va du jardin peulplé de vierges forniquant avec des martyrs en morceaux, ou la paresse est élevée en loi, ou il n'y a plus rien à apprendre jusqu'à l'éternelle hypostase devant un très vieux et très mort barbu (il le sont tous, le climat, ou pour dissimuler des traces de petite vérole, peut-être) avec musique d'ascenceur. Pour moi, ça ressemble au cauchemar d'un psychotique dépravé sous LSD.
Question paradis, si quelqu'un veut ma place, je la cède volontiers, j'irai bien en enfer retrouver Mark Twain: dédaignant l'eden et son climat parfait, il a choisi l'enfer pour la compagnie Je le comprends: plutôt la géhenne que le paradis des têtes creuses, des coeurs secs et des queues molles. Je ne veux pas polluer mon âme au contact des leurs.
Finalement, je fais bonne figure, malgré que je sache que je me bats contre des moulins à vent... mais je fais tout de même, je ne voudrais pas que le post-modernisme soit ce qui reste du modernisme quand on a éteint les Lumières.
"La moraline (j'emprunte ce terme à Nietzsche) est la simplification et la rigidification éthique qui conduisent au manichéisme, et qui ignorent compréhension, magnanimité et pardon. Nous pouvons reconnaître deux types de moraline : la moraline d'indignation et la moraline de réduction, qui, du reste, s'entre-nourissent.
L'indignation sans réflexion ni rationalité conduit à la disqualification d'autrui. L'indignation est tout enveloppée de morale, alors qu'elle n'est souvent qu'un masque de l'immorale colère.
La moraline de réduction réduit autrui à ce qu'il y a de plus bas, aux actes mauvais qu'il a accomplis, à ses anciennes idées nocives, et le condamne totalement. C'est oublier que ces actes ou idées ne concernent qu'une partie de sa vie, qu'il a pu évoluer depuis, voire s'être repenti."
(Edgar Morin)
Ce message a été modifié par Prometeus - samedi 07 juin 2008 à 05:27.