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mercredi 13 juin 2007 à 15:27
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Reste la difficile question: qu'est-ce qui guide nos goûts? Qu'est-ce qui fait qu'une oeuvre nous plait, qu'une autre nous indiffère et que tout cela peut être bouleversé demain?



Suite à la question de Claude-Louis, je tente d'ouvrir un débat peut être un peu ennuyeux mais intéressant...

1. "Qu'est-ce qui guide nos goûts?" : à mon avis, c'est en grande partie notre environnement (amis, relations professionnelles, parfois héritage familial mais pas toujours...), ou pour utiliser un vocabulaire sociologique notre "habitus"... il semble relativement évident qu'un individu vivant en milieu rural qui se "cultive" uniquement en regardant les émissions de TF1 ou d'M6 n'aura ni les mêmes "références", ni ne disposera de la conscience des "hiérarchies de valeurs" dont dispose un auditeur journalier et assidu de France musique, vivant dans une très grande ville, pratiquant la musique en amateur, allant régulièrement à l'opéra et assistant à des concerts de toutes sortes (jazz, recitals symphoniques, etc...).

2. "Qu'est-ce qui fait qu'une oeuvre nous plaît, qu'une autre nous indiffère" : ça me parait plus difficile de répondre à cette question car nettement plus subjectif et lié à une partie particulièrement intime de l'individu... à mon avis, il y a d'abord un part "viscérale" : par exemple, je connais un mélomane curieux de toute sorte de styles (jazz, bossa, rock, musique contemporaine, classique, etc...) et appréciant surtout la musique de "qualité" (il déteste la "soupe" pour parler crûment) qui ne supporte pas le timbre du bandonéon ou de l'accordéon, quand bien même quand c'est des pointures comme Astor Piazzolla qui jouent ! donc là ce n'est pas la qualité intrinsèque de la musique d'Astor Piazzolla qui est en cause, mais un dégoût ou une méfiance sans fondement réel mais incontestablement lié à un instrument. Pour citer un autre exemple : comment expliquer que toi Claude-Louis soit si fou de la musique de Coltrane (en dehors du fait qu'il soit une référence) alors que je connais pourtant plusieurs érudits en matière de jazz qui ont du mal avec ce musicien (pour des raisons diverses d'ailleurs : l'un n'aime pas le timbre du saxophone ténor, l'autre préfère le jazz plus traditionnel, je précise que ce sont tout deux des cinglés de jazz ! seulement ils n'aiment pas tout...), je pourrais difficilement répondre à ta place : j'imagine que dans ton cas, il y a eu "révélation" ? et que après avoir écouter un disque, tu as peut être ressenti une émotion très forte qui t'a fait prendre conscience de l'essence (complexe) de cette musique ?

Mais pour aller plus loin que ce début de réflexion, il y a aussi d'autres facteurs qui font qu'on aime ou que l'on aime pas une oeuvre. A mon avis, plus un mélomane a de la "bouteille", et plus il accumule disques, auditions de concerts et analyses de différents styles de chaque musicien, plus il devient exigeant, voire sectaire, plus son "filtre d'appréciation" d'une musique s'affine au point de devenir d'une subtilité absolument inaccessible au non-initié (celui qui se contente d'un avis dans un journal par ex). Là encore c'est quelque chose que j'ai souvent remarqué. D'ailleurs par rapport à l'oratorio de Mc Cartney qu'on parlait tout à l'heure, fait le écouter à un quelqu'un qui connaît peu la musique classique, il y a de fortes chances qu'il adore, fait le écouter à un mélomane "moyen" à la culture "moyenne" disons : il aimera mais sera peut être plus critique sur divers détails : originalité, style par exemple et fait le écouter à un expert, un érudit "extrême" qui a tout écouté et tout lu (j'en connais plusieurs pour ma part), il y a de fortes chances pour qu'il fasse la moue tout simplement parce que dès le départ, il établira une distance vis à vis d'une part du produit (un "oratorio" fait par un ancien rocker, risque de cross-over, de "coup marketing" : il ne mange pas de ce pain là), du compositeur (il se méfie déjà de pas mal d'épigones classiques qui copient servilement Debussy ou Wagner, que pensera t'il d'un ancien ignare en solfège ?) et par dessus le marché il ne pourra pas s'empêcher d'écouter l'oeuvre non seulement avec une méfiance originelle mais en plus avec une oreille encore plus attentive que d'habitude à tous les détails formels là encore inaccessibles au profane : structure de l'oeuvre (forme sonate, rondo, choral ?, etc...), finesse de l'interprétation, etc...

Pour lutter contre cette méfiance trop répandue qui réduit considérablement les chances de saisir l'essence d'une oeuvre trop éloigné de son univers familier, le jazzman John Zorn (un érudit notoire pourtant !) mettait un point d'honneur à réécouter patiemment 3 fois les disques qu'il n'aimait pas (et que ses amis adorait) et souvent au bout de la 3ème ou 4ème écoute, le "déclic" se produisait, mais peu de mélomanes ont un tel courage (ni le temps)...

3. "que tout cela peut être bouleversé demain ?" : là encore ça dépend de l'habitus et de l'évolution de la personne, dans mon parcours j'ai remarqué souvent que des amateurs de rock à l'origine évoluent souvent naturellement vers le jazz le plus élitiste (y compris le free), et parfois vers la classique (en reniant souvent à demi mot leurs origines rock trop "frustres", il n'est d'ailleurs pas rare que certains ait d'abord écouté du hardrock, musique honnie par pas mal de jazzmen), l'inverse (l'amateur de classique qui se force à écouter du rock et finit par apprécier certaines choses) étant par contre plus rare... J'ai remarqué d'ailleurs que la 1ère catégorie est souvent plus critique et intransigeante que la seconde, certains instrumentistes classiques peuvent avoir curieusement des goûts assez peu légitimes en matière de pop-rock d'ailleurs, j'ai côtoyé plusieurs musiciens classiques ayant un très haut niveau en matière de connaissances musicales qui pouvaient apprécier de la variété assez banale et parfois même vulgaire, comme s'ils étaient finalement moins exigeants en variété qu'en matière de musique savante (leur "métier")...

mercredi 13 juin 2007 à 16:19
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Tout d'abord merci à toi de lancer ce topic et d'y apporter des éléments de réflexion aussi denses. Il m'est passionnant de te lire, au point qu'il m'est difficile de décider par quel aspect commencer ma réponse.

J'opte pour compléter ton intervention sans systématiquement reprendre chacun de tes points. A plusieurs reprises j'ai cru déceler dans ton post des allusions à l'existence d'une hiérarchie objective des oeuvres ("hiérarchie de valeurs", "musique de qualité", "variété vulgaire"). Par ailleurs, il me semble que tu as associé la musique "de qualité" au classique et au jazz. En aucune façon cela signifie que tu estimes que le rock - ou autre - ne renferme pas d'oeuvres "majeures", mais cela peut laisser penser que tu n'échappes pas à l'association peut-être dictée socialement et/ou culturellement de tenir le jazz et le classique comme les sanctuaires des plus grandes oeuvres musicales. J'écris cela pour en venir au fait que moi aussi je crois à une hiérarchie des oeuvres mais pas des genres. Par ailleurs, je suis incapable de démontrer en quoi une oeuvre est supérieure à une autre... Je n'ai jamais pu établir une liste de critères indiscutables... je m'en suis assez vite remis car, au fond, pourquoi vouloir hiérarchiser?

Le rapport entre hiérarchie et le goût est justement la question du "bon goût" et du "goût des autres". Il me semble déjà important d'avoir du goût... plutôt que pas de goût du tout et de tout aimer, tout absorber, tout avaler. Je suis d'accord sur le fait que le goût évolue (nous en avons tous fait plusieurs fois l'expérience), je crois même que le goût se cultive et s'éduque et ça c'est peut-être plus polémique car finalement le goût, le "bon" j'entends, n'est-il pas également celui déterminé par le lieu et l'époque? Nous avons chacun notre goût, une forme de goût "naturel", qui peut s'expliquer par moulte facteurs qui sont peut-être chimiques ou génétiques , ce même goût naturel peut être soumis à notre environnement familial d'abord, scolaire ensuite, il peut aussi, pendant l'adolescence notamment, être confronté aux référentiels que le groupe auquel on s'associe nous impose (celui qui écoute avec ses potes NTM: "je ne dirai jamais à mes potes que j'aime les mélodies de Céline Dion!!! the honte....") et, en parallèle, il y a un goût qui se construit, un goût qui résulte peut-être de nos préjugés mais surtout de nos rencontres, des repères qu'on acquiert, et, ne l'oublions pas, de l'effort que nous faisons d'aller vers les oeuvres, vers la découverte pour échapper aux oeuvres qui n'existent que pour nous flatter, nous séduire immédiatement mais pour de courts instants.


Ce message a été modifié par Claude-Louis - mercredi 13 juin 2007 à 16:20.
mercredi 13 juin 2007 à 17:29
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Claude-Louis
mercredi 13 juin 2007 à 16:19
Tout d'abord merci à toi de lancer ce topic et d'y apporter des éléments de réflexion aussi denses. Il m'est passionnant de te lire, au point qu'il m'est difficile de décider par quel aspect commencer ma réponse.



de rien ! smile.gif de mon coté j'apprécie également énormément ton argumentation...

et désolé pour les fautes et coquilles, je ne peux pas éditer mes posts, comme j'ai l'habitude de le faire sur les autres forums que je côtoie... une limitation liée au fait que je suis débutant sur comlive (étrange mais bon...), d'ailleurs combien de temps on est "débutant" sur comlive ?


Claude-Louis
mercredi 13 juin 2007 à 16:19
A plusieurs reprises j'ai cru déceler dans ton post des allusions à l'existence d'une hiérarchie objective des oeuvres ("hiérarchie de valeurs", "musique de qualité", "variété vulgaire"). Par ailleurs, il me semble que tu as associé la musique "de qualité" au classique et au jazz. En aucune façon cela signifie que tu estimes que le rock - ou autre - ne renferme pas d'oeuvres "majeures", mais cela peut laisser penser que tu n'échappes pas à l'association peut-être dictée socialement et/ou culturellement de tenir le jazz et le classique comme les sanctuaires des plus grandes oeuvres musicales.



oui, tu as bien compris... mais ça vient aussi du fait que je vieillis et que je rencontre plus souvent des amateurs de musiques dites "légitimes" (classique, jazz) que d'amateurs de rock ou de pop (d'ailleurs en matière de rock, je suis assez largué depuis 15 ans... je peux donc difficilement échanger sur ce plan)


Claude-Louis
mercredi 13 juin 2007 à 16:19
car, au fond, pourquoi vouloir hiérarchiser?



peut être tout simplement parce qu'on ne peux pas physiquement tout écouter... on est obligé de faire des choix, ou alors il faut pouvoir bénéficier d'un temps illimité, mais peu de personnes ont cette chance...


Claude-Louis
mercredi 13 juin 2007 à 16:19
Il me semble déjà important d'avoir du goût... plutôt que pas de goût du tout et de tout aimer, tout absorber, tout avaler.



tout à fait, mais pourtant un sociologue comme Richard A. Peterson a repéré à juste titre qu'on assiste aujourd'hui à un développement important de ce qu'il nomme des "omnivores culturels", cad qu'une certaine élite ne se contente plus d'écouter des musiques savantes comme le classique ou le jazz mais essayent aussi d'englober et d'investir les cultures appartenant à la "culture de masse" (pop, variété internationale, musique du monde, musique de film, etc...)


Claude-Louis
mercredi 13 juin 2007 à 16:19
Je suis d'accord sur le fait que le goût évolue (nous en avons tous fait plusieurs fois l'expérience), je crois même que le goût se cultive et s'éduque et ça c'est peut-être plus polémique car finalement le goût, le "bon" j'entends, n'est-il pas également celui déterminé par le lieu et l'époque? Nous avons chacun notre goût, une forme de goût "naturel", qui peut s'expliquer par moulte facteurs qui sont peut-être chimiques ou génétiques , ce même goût naturel peut être soumis à notre environnement familial d'abord, scolaire ensuite, il peut aussi, pendant l'adolescence notamment, être confronté aux référentiels que le groupe auquel on s'associe nous impose (celui qui écoute avec ses potes NTM: "je ne dirai jamais à mes potes que j'aime les mélodies de Céline Dion!!! the honte....")

et, en parallèle, il y a un goût qui se construit, un goût qui résulte peut-être de nos préjugés mais surtout de nos rencontres, des repères qu'on acquiert, et, ne l'oublions pas, de l'effort que nous faisons d'aller vers les oeuvres, vers la découverte pour échapper aux oeuvres qui n'existent que pour nous flatter, nous séduire immédiatement mais pour de courts instants.



entièrement d'accord, très bonne analyse... mais nous ne sommes pas tous égaux sur ce plan, il y a des tas de paramètres parfois professionnels ou familiaux qui peuvent jouer en faveur ou défaveur : par ex, un commercial qui s'échine toute la journée à courir la route et à rencontrer des tas de clients (n'ayant rien à voir avec la culture) n'aura peut être pas envie le soir à 21h30 de s'écouter religieusement un opéra de Ligeti par exemple, ni se taper les 5 heures du "Crépuscule des dieux"... alors bien sur il y a des exceptions et heureusement ! wink.gif
mercredi 13 juin 2007 à 19:41
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ooups j’avais pas vu ce topic

en termes très généraux, quelles sont les sources de nos goûts en musique ?
sur quelle base les établissons-nous ?
il semble que le ou les types de musique qui nous donnent les meilleurs plaisirs sont liés en grande partie, soit à notre situation psychosociale (c'est-à-dire la couche sociale d'où nous sommes née), soit aux idéaux, valeurs et croyances sociales et culturelles sur la base desquelles nous définissons et établissons notre identité.
en d'autres mots, on aime un type de musique pour ce qu'il représente socialement, du fait qu'il véhicule des valeurs sociales auxquelles nous nous identifions,
on n'apprécie pas un type de musique pour ce qu'il est, tant musicalement qu'esthétiquement, mais plutôt, (je dirais même surtout), pour ce qu'il représente socialement
nous apprécions difficilement un type de musique si les valeurs et croyances sociales qu'il véhicule sont à l'encontre de celles auxquelles nous nous identifions et qui, pour nous, représentent une forme de vérité
de l'adolescence jusqu'à 25 ans environ, pour la plupart des gens, la musique qu'ils écoutaient et appréciaient à cette époque est leur musique de choix, même s'ils peuvent entendre aujourd'hui plusieurs autres types de musique tout aussi agréable, celles qui leur procure le plus grand plaisir est celles de leur jeunesse, soit celles qui ont participé à définir qui ils étaient socialement.

ah oui !!! j’oubliais, à la campagne nous ne portons pas de peaux de bêtes, et nous ne vivons pas dans les grottes … mf_tongue.gif
et, si nous regardons TFI ou M6, il y a des émissions cultuelles (notamment ARTE) et, très souvent des émissions de musiques classiques (dans la nuit)


Ce message a été modifié par fenekc - mercredi 13 juin 2007 à 19:44.
jeudi 14 juin 2007 à 08:23
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Feneck a lancé un pavé dans la mare, à savoir que nous n'aimerions pas la musique pour elle-même mais pour les codes sociaux qui y seraient associés. J'espère avoir bien compris le propos et remercie son auteur de me corriger si ce n'est pas le cas.

J'ai une opinion plus nuancée sur le sujet. Indéniablement il me semble qu'une partie de nos habitudes d'écoute peut être dictée par une attitude d'identification à un artiste ou à un genre. J'ai tendance à penser que c'est un peu le lot de l'adolescence, du public "jeune" d'une façon générale, de tendre à caler ses habitudes (je refuse dans ce cas de parler de "goût") sur des modèles, des représentations sociales. L'exemple qui m'avait frappé à la fin des années 80 est le succés remporté par l'enregistrement des Quatre Saisons par le violoniste Nigel Kennedy au look "déjanté": longtemps classé parmi les meilleures ventes au top 50... je suis convaincu que son image qui allait à l'encontre des stéréotypes du genre "classique" a participé de cette identification du public à un artiste qui sortait du rang en quelque sorte.

Cela dit, je ne peux pas croire que nos goûts ne soient régis qu'en fonction des codes sociaux ou de la recherche de quelque identité propre. Si cela existe, je pense aussi que l'amateur de musique bâtit, lorsqu'il est curieux, sa propre initiation tout au long de sa vie, mène sa propre exploration musicale au-delà des préjugés et des étiquettes sociales. Je ne suis pas "arrivé" au jazz en le décidant un matin en me levant... Je ne suis pas venu à la musique classique en me disant un matin: "bon, j'ai décidé d'avoir dorénavant bon goût"! J'ai basculé dedans suite à des rencontres, un professeur de musique, la présence d'un parent chef d'orchestre, une révélation à l'écoute d'une oeuvre, la biographie d'un musicien, etc...

Comme je l'ai déjà écrit, je distingue un goût premier, un goût naturel qui nous est intime. C'est la première "couche". Y vient se superposer une forme de goût acquis, en perpétuelle évolution, une couche instable et soumise à nos connaissances, notre culture, nos aspirations. Si j'accorde une grande importance au second, celui qui, j'ose l'écrire, nous amène à distinguer le "bon" goût du "mauvais", je pense qu'il faut chérir le premier. Je valorise l'effort d'aller vers l'oeuvre mais il serait de mauvais goût d'aller à l'encontre de ses goûts, de ce qu'on aime pleinement, et, finalement, de ce que nous sommes... car la musique, c'est aussi cela: nous rappeler en permanence qui nous sommes réellement.

jeudi 14 juin 2007 à 11:24
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merci à fenekc pour son post auquel je souscris pleinement... je suis tout à fait en accord avec le principe qu'on écoute souvent des musiques suivant les codes sociaux qui nous sont liés (un Bourdieu a passé sa vie a analyser ce phénomène), bien que Claude-Louis a raison de nuancer quand il indique aussi et à juste titre que :


fenekc
mercredi 13 juin 2007 à 19:41
Je ne suis pas venu à la musique classique en me disant un matin: "bon, j'ai décidé d'avoir dorénavant bon goût"! J'ai basculé dedans suite à des rencontres, un professeur de musique, la présence d'un parent chef d'orchestre, une révélation à l'écoute d'une oeuvre, la biographie d'un musicien, etc...




ce qui rejoint ce que j'ai dit au début par rapport à notre "habitus", si Claude-Louis n'avait pas bénéficié des chances, parfois liées à sa famille dont il a parlé (parent musicien de haut niveau, découvertes en autodidacte, etc...) peut être qu'il se contenterais de musiques plus banales, moins raffinées et sophistiquées ?


fenekc
mercredi 13 juin 2007 à 19:41
ah oui !!! j’oubliais, à la campagne nous ne portons pas de peaux de bêtes, et nous ne vivons pas dans les grottes … mf_tongue.gif
et, si nous regardons TFI ou M6, il y a des émissions cultuelles (notamment ARTE) et, très souvent des émissions de musiques classiques (dans la nuit)



ne prends surtout pas ça comme une marque de condescendance de ma part, fenekc ! je suis également provincial !! smile.gif et j'adore la campagne, je citais simplement 2 exemples extrêmes pour qu'on me comprendre bien, évidemment il y a des gens très cultivés qui vivent à la campagne, j'en connais d'ailleurs pas mal qui sont nettement plus lettrés que moi !! wink.gif
jeudi 14 juin 2007 à 12:04
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Claude-Louis
mercredi 13 juin 2007 à 16:19
Feneck a lancé un pavé dans la mare, à savoir que nous n'aimerions pas la musique pour elle-même mais pour les codes sociaux qui y seraient associés. J'espère avoir bien compris le propos et remercie son auteur de me corriger si ce n'est pas le cas.

J'ai une opinion plus nuancée sur le sujet. Indéniablement il me semble qu'une partie de nos habitudes d'écoute peut être dictée par une attitude d'identification à un artiste ou à un genre. J'ai tendance à penser que c'est un peu le lot de l'adolescence, du public "jeune" d'une façon générale, de tendre à caler ses habitudes (je refuse dans ce cas de parler de "goût") sur des modèles, des représentations sociales. L'exemple qui m'avait frappé à la fin des années 80 est le succés remporté par l'enregistrement des Quatre Saisons par le violoniste Nigel Kennedy au look "déjanté": longtemps classé parmi les meilleures ventes au top 50... je suis convaincu que son image qui allait à l'encontre des stéréotypes du genre "classique" a participé de cette identification du public à un artiste qui sortait du rang en quelque sorte.

Cela dit, je ne peux pas croire que nos goûts ne soient régis qu'en fonction des codes sociaux ou de la recherche de quelque identité propre. Si cela existe, je pense aussi que l'amateur de musique bâtit, lorsqu'il est curieux, sa propre initiation tout au long de sa vie, mène sa propre exploration musicale au-delà des préjugés et des étiquettes sociales. Je ne suis pas "arrivé" au jazz en le décidant un matin en me levant... Je ne suis pas venu à la musique classique en me disant un matin: "bon, j'ai décidé d'avoir dorénavant bon goût"! J'ai basculé dedans suite à des rencontres, un professeur de musique, la présence d'un parent chef d'orchestre, une révélation à l'écoute d'une oeuvre, la biographie d'un musicien, etc...

Comme je l'ai déjà écrit, je distingue un goût premier, un goût naturel qui nous est intime. C'est la première "couche". Y vient se superposer une forme de goût acquis, en perpétuelle évolution, une couche instable et soumise à nos connaissances, notre culture, nos aspirations. Si j'accorde une grande importance au second, celui qui, j'ose l'écrire, nous amène à distinguer le "bon" goût du "mauvais", je pense qu'il faut chérir le premier. Je valorise l'effort d'aller vers l'oeuvre mais il serait de mauvais goût d'aller à l'encontre de ses goûts, de ce qu'on aime pleinement, et, finalement, de ce que nous sommes... car la musique, c'est aussi cela: nous rappeler en permanence qui nous sommes réellement.



tu as bien compris, mais je persiste à croire que nos goûts musicaux ont une base identitaire d’origine sociale et culturelle. avec notre propre tic tac interne (sensibilité personnelle) qui déterminera nos critères de choix tout au long de notre existence
ce choix est déterminé par la capacité de nous identifier par des sons, ou des tempos particuliers en faisant vibrer notre sensibilité personnelle, et par delà, nous faire fantasmer rolleyes.gif

autre attitude qu'on remarque lorsque nous parlons de goûts en matière de musique et d'art est que nous avons tendances à universaliser nos propos.
par exemple, pour le mélomane et le connaisseur « musique » sous-entend habituellement musique classique, s'ils le font, la musique classique devient alors la jauge à partir de laquelle tout autre type de musique est comparé et/ou dénigré ou apprécié « si c'est de l'art, ce n'est pas pour tous; si c'est pour tous, ce n'est pas de l'art ».
que nous soyons adeptes de rock, de jazz, de country, de rap, de musique classique, ou de tout autre type de musique, la musique que nous considérons nôtre devient la musique, avec un grand « M ».
cependant, cette attitude est paradoxale, d'une part, nous donnons force de vérité à nos goûts et nos critiques que nous considérons tout à fait personnels et, d'autre part, nous considérons que la musique ou encore un artiste est la source de nos goûts.

d'autre part, Il est évident qu'à l'écoute d'un type de musique qui nous est tout à fait inconnu, les risques de ne pas l'apprécier sont accrus du fait que nous ne la reconnaissons point justement, par exemple, il est difficile pour la plupart d'entre nous d'apprécier lors d'une première écoute des ragas indiens, la musique de Gamelan Javanaise ou Balinaise, et encore moins la musique de court japonaise, le Gagaku (musique millénaire fort étrange à nos oreilles occidentales wacko.gif ), la musique solo du shakuhachi (la flûte de bambou japonaise dont le répertoire comprend principalement des pièces à caractère méditatif), ou encore les voix nasillardes de l'opéra de Pékin.
sans initiation préalable, il sera difficile pour plusieurs d'entre nous de comprendre l'esprit musical et esthétique de ces musiques, toutefois, la reconnaissance de la valeur esthétique d'une forme de musique inconnue et incompatible avec notre musique occidental, et la j’en reviens a nos critères sociaux culturels

ouf voila !!!!! maintenant a cause de toi j’ai mal aux doigts wink.gif

jeudi 14 juin 2007 à 13:00
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Et ne pensez vous pas qu'il serait possible de se désaliéner, de se défaire de ces affreuses déterminations, de tous ces contraintes qui pourraient nous empecher d'apprécier et d'aimer la musique dans toute la beauté de ses formes multiples?

Pour moi il me serait désormais imposssible de réserver l'exclusivité de mon gout a telle ou telle autre forme de musique. La seule conditions que je pose est qu'une oeuvre doit résulter d'une démarche artistique au moins sincère.

(a la base mon message était beaucoup plus long, mais bon...)


Ce message a été modifié par petitCalimero - jeudi 14 juin 2007 à 13:02.
jeudi 14 juin 2007 à 13:04
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Ah oui, bienvenue a toi kfigaro! Très heureux que tu aies atterri ici.
jeudi 14 juin 2007 à 14:53
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fenekc
mercredi 13 juin 2007 à 19:41
tu as bien compris, mais je persiste à croire que nos goûts musicaux ont une base identitaire d’origine sociale et culturelle. avec notre propre tic tac interne (sensibilité personnelle) qui déterminera nos critères de choix tout au long de notre existence
ce choix est déterminé par la capacité de nous identifier par des sons, ou des tempos particuliers en faisant vibrer notre sensibilité personnelle, et par delà, nous faire fantasmer rolleyes.gif




Je pense donc que nous désigons la même chose sous des termes différents: j'appele goût naturel ou premier ce que tu désignes le "tic tac interne" et je distingue ensuite un goût qui se construit, qui évolue en fonction de nos milieux, de nos rencontres, de notre éducation au sens de parcours.


Sans nom
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par exemple, pour le mélomane et le connaisseur « musique » sous-entend habituellement musique classique,




Oui, alors là je pense simplement que c'est le lot des ignorants de généraliser ce qu'ils apprécient en dénigrant ou simplement en occultant tout le reste. C'est tout l'inverse d'un vrai mélomane ou d'un vrai connaisseur que de raisonner en catégories hiérarchiques de valeur sur le simple critère du genre musical.


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Il est évident qu'à l'écoute d'un type de musique qui nous est tout à fait inconnu, les risques de ne pas l'apprécier sont accrus du fait que nous ne la reconnaissons point justement




Non seulement nous ne la reconnaissons pas mais il me semble qu'il serait plus juste d'écrire surtout qu'on ne s'y reconnait pas. Je pense que la musique constitue un miroir qui nous renvoie une image de nous-même. Parler de la musique qu'on aime, c'est parler de soi, d'où notre susceptibilité à voir ou entendre critiquer les oeuvres et artistes qu'on affectionne particulièrement. La musique est miroir aussi parce que le moment de bonheur qu'elle nous procure est un moment magique pendant lequel tout notre être inexprimé se trouve en harmonie avec tout ce qui le constitue. Si nous fréquentons les forums musicaux c'est entre autres parce que nous avons ce besoin de partager ce bonheur qu'on croit, et là je te rejoins, d'une évidence universelle! Aussi puis-je souvent me demander: comment ne peut-on pas apprécier la sixième de Beethoven tandis qu'un autre ne comprendra pas que "Je t'aime" de Lara Fabian n'éveille strictement rien en moi. Nos émotions respectives auront toutefois la même valeur.


Ce message a été modifié par Claude-Louis - jeudi 14 juin 2007 à 14:53.
jeudi 14 juin 2007 à 16:23
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merci petitCalimero pour ton accueil ! c'est sympa ici... (bien que je sois limité pour le moment en tant que débutant)


fenekc
mercredi 13 juin 2007 à 19:41
autre attitude qu'on remarque lorsque nous parlons de goûts en matière de musique et d'art est que nous avons tendances à universaliser nos propos.
par exemple, pour le mélomane et le connaisseur « musique » sous-entend habituellement musique classique, s'ils le font, la musique classique devient alors la jauge à partir de laquelle tout autre type de musique est comparé et/ou dénigré ou apprécié « si c'est de l'art, ce n'est pas pour tous; si c'est pour tous, ce n'est pas de l'art ».



entièrement d'accord !! smile.gif c'est d'ailleurs une constance que j'ai pu retrouver régulièrement sur des blogs et sur les forums classiques ! dès que c'est pop-rock, ils commencent à faire la moue ou à prendre ça avec condescendance, quand ce n'est pas avec un dégoût certain ! wink.gif


fenekc
mercredi 13 juin 2007 à 19:41
d'autre part, Il est évident qu'à l'écoute d'un type de musique qui nous est tout à fait inconnu, les risques de ne pas l'apprécier sont accrus du fait que nous ne la reconnaissons point justement, par exemple, il est difficile pour la plupart d'entre nous d'apprécier lors d'une première écoute des ragas indiens, la musique de Gamelan Javanaise ou Balinaise, et encore moins la musique de court japonaise, le Gagaku (musique millénaire fort étrange à nos oreilles occidentales wacko.gif ), la musique solo du shakuhachi (la flûte de bambou japonaise dont le répertoire comprend principalement des pièces à caractère méditatif), ou encore les voix nasillardes de l'opéra de Pékin.
sans initiation préalable, il sera difficile pour plusieurs d'entre nous de comprendre l'esprit musical et esthétique de ces musiques, toutefois, la reconnaissance de la valeur esthétique d'une forme de musique inconnue et incompatible avec notre musique occidental, et la j’en reviens a nos critères sociaux culturels



ce sont des musiques que je connais encore très mal mais qui ne me déplaise pas du tout pour ma part, surtout le gamelan mais cela dit, je ne suis pas sur d'apprécier les voix nasillardes comme tu dis de l'opéra de Pékin parce que sans doute que tout petit déjà je ne raffolais pas des voix nasillardes, et là on rejoint l'aspect viscéral dont je parlais au début : par ex, j'ai énormément de mal avec la voix de Bob Dylan, difficile de passer outre le stade viscéral car c'est le stade le plus ancien dans l'élaboration de l'apprentissage des "goûts", ça date sûrement de la toute petite enfance : les 1ères voix entendues, etc...
jeudi 14 juin 2007 à 18:16
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kfigaro
mercredi 13 juin 2007 à 15:27
(bien que je sois limité pour le moment en tant que débutant)



C'est sidérant, ça... J'espère que ce ne sera pas le cas trop longtemps.

Pour ce qui est du sujet, d'abord merci pour ces interventions passionnantes que je lis et relis avec plaisir.
Je me suis déjà demandée de nombreuses fois d'où venaient les critères qui déterminaient mes goûts et ceux des autres pour en venir à cette même conclusion que deux "couches" se superposaient, celle du goût naturel, et l'influence du monde dans lequel nous vivons.
Au moment où j'écris cela (je vais peut-être changer d'avis aussi vite), j'ai l'impression que l'influence du monde dans lequel nous vivons nous aide à développer des critères de choix, une sorte de filtre qui éliminerait, d'après l'experience que nous avons acquis, ce qui a peu de chance de nous plaire (parfois à tort) tout en favorisant d'autres choses que nous pourrions apprécier, compte tenu de ce que nous aimons déjà. Tandis que le goût naturel serait une sorte d'instinct qui nous prédestinerait, par exemple, à aimer le son de Coltrane, ou non.

J'ai souvent essayé de ressentir, en écoutant une oeuvre quelle qu'elle soit, que je connaisse depuis longtemps, ou non, de me débarasser d'une de ces deux couches pour pouvoir mieux analyser celle qui restait, mais ce que je ressentais, à quelques exceptions près, était toujours très flou. Mais je crois pouvoir dire qu'on y parvient quelquefois: quelque chose d'imperceptible échappant à ce que l'on a l'habitude d'aimer nous donne une idée de ce que peut être ce goût naturel. A titre d'exemples récents, j'ai été saisite par une chanson jouée live par Tim Buckley, d'une façon qui dépassait mon affection pour le rock et la musique folk en général, qui allait remuer quelque chose de bien plus profond. Ces minutes me sont apparues comme extraordinaires, sans que je soit capable de dire pourquoi.
Si cette notion de goût naturel me plait beaucoup, l'experience que l'on gagne au cours des années n'en est pas moins indispensable pour pouvoir le découvrir pleinement; une musique que l'on apprend à apprécier n'est pas moins ressentie par l'auditeur, et peut le toucher aussi profondément et intensément qu'une musique dont il connait le sens depuis longtemps, et le goût, la soif de musique plus ou moins intense que l'on tient de notre experience nous pousse vers de nouvelles sonorités.


Ce message a été modifié par stardust - jeudi 14 juin 2007 à 18:17.
jeudi 14 juin 2007 à 19:06
Citer +Citer

stardust
jeudi 14 juin 2007 à 18:16
C'est sidérant, ça... J'espère que ce ne sera pas le cas trop longtemps.

Pour ce qui est du sujet, d'abord merci pour ces interventions passionnantes que je lis et relis avec plaisir.
Je me suis déjà demandée de nombreuses fois d'où venaient les critères qui déterminaient mes goûts et ceux des autres pour en venir à cette même conclusion que deux "couches" se superposaient, celle du goût naturel, et l'influence du monde dans lequel nous vivons.
Au moment où j'écris cela (je vais peut-être changer d'avis aussi vite), j'ai l'impression que l'influence du monde dans lequel nous vivons nous aide à développer des critères de choix, une sorte de filtre qui éliminerait, d'après l'experience que nous avons acquis, ce qui a peu de chance de nous plaire (parfois à tort) tout en favorisant d'autres choses que nous pourrions apprécier, compte tenu de ce que nous aimons déjà. Tandis que le goût naturel serait une sorte d'instinct qui nous prédestinerait, par exemple, à aimer le son de Coltrane, ou non.

J'ai souvent essayé de ressentir, en écoutant une oeuvre quelle qu'elle soit, que je connaisse depuis longtemps, ou non, de me débarasser d'une de ces deux couches pour pouvoir mieux analyser celle qui restait, mais ce que je ressentais, à quelques exceptions près, était toujours très flou. Mais je crois pouvoir dire qu'on y parvient quelquefois: quelque chose d'imperceptible échappant à ce que l'on a l'habitude d'aimer nous donne une idée de ce que peut être ce goût naturel. A titre d'exemples récents, j'ai été saisite par une chanson jouée live par Tim Buckley, d'une façon qui dépassait mon affection pour le rock et la musique folk en général, qui allait remuer quelque chose de bien plus profond. Ces minutes me sont apparues comme extraordinaires, sans que je soit capable de dire pourquoi.
Si cette notion de goût naturel me plait beaucoup, l'experience que l'on gagne au cours des années n'en est pas moins indispensable pour pouvoir le découvrir pleinement; une musique que l'on apprend à apprécier n'est pas moins ressentie par l'auditeur, et peut le toucher aussi profondément et intensément qu'une musique dont il connait le sens depuis longtemps, et le goût, la soif de musique plus ou moins intense que l'on tient de notre experience nous pousse vers de nouvelles sonorités.



houuuu Stardust !!!!!
tu ne serais pas en train de nous faire une tit crise identitaire ? rolleyes.gif
faire des découvertes, être curieux, apprécier ce qu’on appréciait pas forcement avant
et de ne pas comprendre ce qui se passe.
tu ne serais pas tout simplement en train de prendre de la bouteille ? biggrin.gif

jeudi 14 juin 2007 à 21:31
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Pour moi le formatage, ou si vous préférez la difficulté d'ouverture à d'autres cultures, à la différence, mème quand on est de bonne volonté, est dut au fait qu'on a été socialisé dans un habitus donné qui nous a "transmis" ce qu'était la "normalité", en terme de musique notamment (hé oui cours de sociologie de terminale!). A propos de ça feneck a dit a peu près exactement ce que je pense!

Moi aussi je crois que la musique africaine, chinoise ou indienne est certainement plus écouté en tout que la somme de toutes nos musiques, et pourtant, de par le manque d'exposition d'abord, et puis du fait que nos oreilles ne sont pas "formés" pour les apprécier, on les méprise carrément, mème pour les gens dits électiques.

Bref tout ça pour dire que je pense que nos gouts sont dut au moins pour 50% au milieu social duquel on vient et puis dans lequel on vit. Je dit 50% car je pense qu'il est toujours possible de se former "tout seul", ou en partie, une culture musicale (et la je pense à tous les acteurs de la musique alternative ou de la contre culture).


Ce message a été modifié par rafael - jeudi 14 juin 2007 à 21:35.
jeudi 14 juin 2007 à 22:24
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On s'en branle

Merci, @ +
vendredi 15 juin 2007 à 01:21
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interessant tout ça…
encore que je me demande si je suis pas cinglé… ben oui.
si, effectivement, nos gouts musicaux sont liés à notre envirronement culturel, alors je devrais apprécier la variété française de merde, la musique classique, le "r'n'b" pour ne pas dire "soupe" ou le rock.
hé ben non… ma 1ère amour musicale, c'est le reggae. pas n'importe lequel, le jamaicain, old school, brut de décoffrage avec ce son particulier très chaleureux et surtout une bonne grosse basse. et j'ai bien écouté uniquement ça pendant 5 ou 6 ans, sans la moindre envie d'éacouter aut'chose malgré les remarques de mon entourage pour qui j'étais fermé… mais bon, on va pas non plus se forcer à s'ouvrir pour le principe mais contre soi même.
et puis j'ai commencé à écouter un peu de funk et découvert l'afrobeat de fela.
et puis je suis parti en teuf, où j'ai enfin compris l'interet de la hardtek et du hardcore que je connaissais depuis longtemps pour en avoir entendu chez des potes à petit volume.
maintenant, j'écoute pas mal de choses : toujours du bon vieux reggae, de la soul, du jazz, du funk (mais j'y trouve pas svt mon compte vu que j'aime pas trop la guitare whawha cliché de "Shaft"), du hip hop, du dub, du trip hop, de la drum'n'bass, de la jungle, hardtek, hardocre, breakcore, du break… enfin bref…

c'est grave, docteurs ?
pour conclure même si c'est sans fin, je crois que, dans le fond, peu importe le pourquoi du comment. la musique c'est un peu comme les McCain… c'est ceux qui en parlent le plus qui en profite le moins. La musique n'a pas à être intellectualisée, c'est quelque chose qui nous touche quand ça parle à notre inconscient.
alors je vais citer de belles paroles de Bob Marley (dont l'oeuvre a malheureusement été aseptisée par un connard de producteur anglais qui voulait l'occidentaliser), une citation qui mettra tout le monde d'accord :
"Let me tell you one good thing about music :
when it hits, you feel no pain.
So, hit me with music, hit me with music, brutalise me with music !"
vendredi 15 juin 2007 à 08:40
Citer +Citer
ça vient de mon PC où il se passe vraiment des choses étranges ici? J'ai des citations qui ont disparu dans un de mes posts et à côté d'une de mes citations apparait l'avatar de Feneck wacko.gif C'est à n'y rien comprendre...
vendredi 15 juin 2007 à 09:56
Citer +Citer
désolé Claude-Louis pour ce dernier point (pour le 1er, je n'y suis hélas pour rien...), il s'agit d'une erreur de ma part, j'ai pourtant bien fait attention de remplacer "Feneck" par "Claude-Louis" dans la balise "quote" mais ça n'a malheureusement pas suffit... il faut que je m'habitue aux techniques propres à "comlive" que je ne maîtrise pas encore suffisamment !! smile.gif


stardust
jeudi 14 juin 2007 à 18:16
Au moment où j'écris cela (je vais peut-être changer d'avis aussi vite), j'ai l'impression que l'influence du monde dans lequel nous vivons nous aide à développer des critères de choix, une sorte de filtre qui éliminerait, d'après l'experience que nous avons acquis, ce qui a peu de chance de nous plaire (parfois à tort) tout en favorisant d'autres choses que nous pourrions apprécier, compte tenu de ce que nous aimons déjà. Tandis que le goût naturel serait une sorte d'instinct qui nous prédestinerait, par exemple, à aimer le son de Coltrane, ou non.



c'est parfaitement bien dit, et ça rejoint les propos antérieurs qui ont été tenus ici... "l'influence du monde" incluant les amis et leurs avis (l'opinion de SON milieu), les choses lues ici ou là, le milieu professionnel (quelqu'un qui travaille dans un milieu intimement lié à la culture n'aura pas le même "regard" que quelqu'un qui travaille dans un restaurant ou un pressing, j'ai plusieurs exemples en tête de ce type : notamment un érudit extrême d'origine pourtant extrêmement modeste mais qui a développé une culture hallucinante et à peine croyable non seulement grâce à un réseau de relations tissés au sein d'un milieu urbain et aussi grâce au fait qu'il travaille depuis plusieurs années à la Bibliothèque nationale de France et bénéficie de gros avantages culturels liés à son nouveau job)
vendredi 15 juin 2007 à 10:08
Citer +Citer

Claude-Louis
mercredi 13 juin 2007 à 16:19
ça vient de mon PC où il se passe vraiment des choses étranges ici? J'ai des citations qui ont disparu dans un de mes posts et à côté d'une de mes citations apparait l'avatar de Feneck wacko.gif C'est à n'y rien comprendre...



oui, il y a eu un bug hier en fin d’après midi sur comlive
mon ordi à aussi afficher des pages étranges

vendredi 15 juin 2007 à 20:31
Citer +Citer
Petit grain de sel personnel.
Dans ce foissonnement de réflexions pertinentes, j'ai retenu, notamment le passage relatif à John Zorn.
Effectivement, une composition musicale, de quel que genre qu'elle soit, demande parfois plusieurs écoutes avant de se faire une opinion (qui restera toujours subjective).
Effectivement aussi, les goûts évoluent en fonction de divers critères dont notamment l'âge (je fais partie de la catégorie de ceux qui ont débuté par Deep Purple pour arriver progressivement à du rock plus "élaboré" et puis franchir les passerelles qui mènent vers d'autres types de musique (sans pour autant, loin de là, me désintéresser de la production pop-rock actuelle).
Mais, il y a également un élément qui me parait important, c'est d'être attentif au "goût des autres" et comlive est un outil très précieux; je remercie de multiples intervenants de m'avoir fait découvrir des groupes ou oeuvres.
Je regrette profondément par contre que l'enseignement général soit tellement nul, timide, et au mieux très tiède en matière musicale (même problème dans les arts plastiques); de plus, il y a souvent une totale inadéquation (quand ce type d'enseignement est au programme) entre les oeuvres présentées et les étudiants; faut-il parler de Wagner à des étudiants en mécanique? Pourquoi ne pas leur faire réentendre des musiques qu'ils connaissent déjà parce qu'elles sont utilisées dans des publicités : le déclic se fera peut-être plus aisément.


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