mardi 22 mars 2005 à 23:53
Philippe de Villiers (MPF) porte plainte devant le Conseil constitutionnel
PARIS, 22 mars 2005 (AFP) - Le président du Mouvement pour la France (MPF), Philippe de Villiers, a annoncé qu'il avait porté plainte devant le Conseil constitutionnel après avoir découvert que le courrier envoyé à tous les électeurs en vue du référendum sur le traité constitutionnel européen sera accompagné d'un texte "de nature à fausser la sincérité du scrutin".
"Conformément à l'article 60 de la Constitution, j'ai déposé plainte dès lundi auprès du président du Conseil constitutionnel et je me prépare dès que le texte sera officiellement envoyé, à saisir en référé le Conseil d'Etat", a affimé M. de Villiers dans un entretien publié mardi par Le Parisien-Aujourd'hui en France.
M. de Villiers, qui milite en faveur du non, a découvert, par des moyens qu'il n'a pas précisés, que chaque électeur recevra chez lui non seulement le texte du traité et deux bulletins de vote mais également un courrier de douze pages. "Ce qui m'a tout de suite intrigué ce sont ces douze pages (....) Il y a là le décret du 9 mars 2005, la question qui sera posée mais aussi un véritable document de propagande grossière, évidemment de nature à fausser la sincérité du scrutin", a-t-il dit.
"Je cite un exemple : "Pour une Europe plus solidaire, les politiques européennes prendront désormais en compte les impératifs sociaux". J'insiste : ce n'est pas là le texte constitutionnel, c'est de la pure interprétation. Faire pression de cette manière avec l'argent public sur les électeurs me paraît scandaleux", a affirmé le président du MPF.
"Ces pages ont été réalisées à l'Elysée et à Matignon et corrigées par une agence de communication. Les organisateurs du référendum font croire que le sommet de l'Etat est objectif et que les moyens entre les deux camps sont égaux. En réalité, le débat est déséquilibré puisque tous les foyers français vont recevoir ce document biaisé dont l'envoi total va coûter rien qu'en impression 70 millions d'euros", a encore accusé Philippe de Villiers.