Sunday 02 September 2007 à 10:36
En fouinant , je retrouve ce topic de Grenouille Verte .
Il n'a pas eu un grand succès , à l'époque la partie religion était envahie par les mystiques de tous bords.
Pour relancer le débât , j'ai pas fait un gros effort , j'ai trouvé un article de "La Libre Belgique" datant de fin 2005 .
Darwin et les religions
Monique Baus
12/12/2005
Alors que le débat fait rage aux Etats-Unis, la question de la création de l'homme agite les écoles belges. Des professeurs de biologie se frottent aux discours extrémistes religieux.
Quand la science se heurte au manque d'instruction.
Toute la corporation est interpellée», rapporte Gérard Cobut, vice-président de l'Association des professeurs de biologie (Probio). «Cette question remonte à une vingtaine d'années mais elle connaît une percée particulière, en liaison avec la montée de certains discours intégristes religieux.»
D'où vient l'homme? Les religions et les sciences apportent des réponses fondamentalement différentes. Sans verser dans l'excès du débat américain (lire page suivante), la question suscite la réflexion chez nous. Dans les écoles.
Pour les professeurs de biologie, en effet, enseigner la théorie de l'évolution de Darwin à des élèves dont les convictions religieuses prônent le créationnisme, peut s'avérer fort délicat. «Ce qui a changé, par rapport à la génération précédente, confirme Gérard Corbut, c'est une opposition plus importante de la part de familles qui ont une vision littérale des textes religieux. Quelle que soit la religion. Le catholique moyen ne s'oppose pas à la théorie évolutionniste. Ni le musulman instruit. Les lectures littérales sont le fait de milieux moins instruits qui préfèrent le repli identitaire à l'ouverture.»
Jean-Pierre Oeyen enseigne la biologie dans le second degré à l'Athénée Charles Janssens (réseau officiel, Ixelles). «J'ai perdu deux élèves à cause de ce problème», confirme-t-il. «Leurs parents, témoins de Jéhovah, les ont retirés de l'école.»
Bien sûr, la discussion ne débouche pas toujours sur cette extrémité. «J'ai récemment eu un débat très vif avec une jeune fille. Très catholique, on lui a toujours dit que c'est Dieu qui a créé l'homme et elle ne pouvait pas admettre la théorie de Darwin, elle non plus. Nous avons discuté. Je lui ai exposé mes arguments en douceur. C'est une élève suffisamment intelligente. Si elle n'a pas changé d'avis, elle a néanmoins étudié son cours de biologie et passé avec succès son examen.» C'est certain, réaffirme le prof, les gros problèmes ne surviennent qu'avec les gens moins instruits. «Je remarque une grosse différence entre les élèves qui choisissent une section générale à option scientifique et certains autres dans l'enseignement qualifiant.»
Manque d'instruction
Le caractère social du problème semble se confirmer avec le témoignage de Madeleine Demonty. Egalement professeur de bio, elle enseigne dans la même commune que son confrère (Ixelles), mais dans le plus prestigieux Institut Saint-André (réseau libre).
«Les élèves pour lesquels le cours sur Darwin pose problème viennent me trouver discrètement, en tête-à-tête. La question, assez rarement abordée, n'a jamais fait l'objet d'un débat dans la classe.» Ici, les théories qui s'opposent ne conduisent pas à l'affrontement. «Les élèves qui sont perturbés viennent me le dire. Je leur réponds que je connais les positions de leur religion et que mon but n'est pas de leur imposer quoi que ce soit. Que c'est une question de connaissances et pas de croyances.» Mais elle précise: «Cette école est facile, je le sais. Pas mal d'élèves savent déjà beaucoup de choses. L'accès au raisonnement est compliqué en soi. Tous ceux qui arrivent chez nous, qu'ils soient issus de familles aisées ou pas, viennent pour le niveau des études.»
Le débat, plus ou moins virulent selon les établissements, fait-il des vagues jusque dans les salles de profs? Est-il de nature à opposer, plus ou moins ouvertement, les professeurs de biologie et leurs collègues enseignant les religions? Ce témoin, dont nous préserverons l'anonymat, nous parle de son collègue de religion musulmane. «Il dit à sa classe, à mes élèves, que je raconte des idioties!» Et de mettre le doigt sur le noeud du problème, selon lui: le manque d'instruction de certains jeunes enseignants «loin d'être aussi cultivés que des théologiens.»
Problème ou pas, pas question de modifier le contenu des matières enseignées, confirment nos interlocuteurs. «Face à ceux qui considèrent qu'on ne peut pas discuter», explique Jean-Pierre Oeyen, «j'essaie de maintenir une porte ouverte, de ménager les susceptibilités.» Dur, dur, avec parfois une seule heure d'intervention par semaine! «C'est la raison pour laquelle je trouve qu'il faudrait introduire un cours de philosophie pour tous les élèves. Comme une ouverture sur le monde. Alors que la religion est une chose privée.»
La conclusion au vice-président de Probio:
«On dit que quand Pasteur entrait dans son laboratoire, il disait qu'il laissait sa religion au portemanteaux...»
Ce message a été modifié par Okomarac - Sunday 02 September 2007 à 10:37.