Friday 11 April 2008 à 20:00
The Kills - No Wow.
S'asseoir et ne rien faire d'autre qu'écouter.
"Telephone Radio Germany", ou comment "VV", Alison Mosshart, nous ouvre les portes d'un garage poussiéreux, sale, étouffant.. "Hotel", Jamie Hince, se veut plus discret, peut-être gêné, intimidé par l'épatante présence au micro de sa chanteuse. Plus tard, on le devinera bête de scène..
Se laisser entrainer par cette saturation, ce son de guitare tendu comme un string, ce métronome discret mais néanmoins efficace..
Se rendre compte que les Kills n'est pas forcément qu'un trip momentané mais qu'ils présentent de la matière, substance pour devenir une vraie, grosse et bonne découverte musicale.
Les Kills, serait-ce donc du Rock moderne ? Ou serait-ce donc une faille temporelle qui a amené ce duo du New-York lugubre, bruyant des années 70 sur le devant de notre scène indépendante actuelle ?
"Love is a deserter" et bordel... On aurait cru à un "Love is a disaster", ce qui n'aurait, au fond rien changé, tant l'énergie et la sauvagerie demeurent omniprésentes. Belle descente aux enfers, vive les artistes malsains, n'est-ce-pas Monsieur Lou Reed ?
Et l'on se plait à penser à travers ce "Dead Road 7" qu'Alison "VV" Mosshart pourrait incarner à merveille la Patti Smith du vingt-et-unième siècle, ou la PJ Harvey de la décennie..
Savoir admirer cette simplicité, ce minimalisme qu'arbore la musique d'un duo. Simplicité qui se veut, au fond complexe. A ne rien comprendre.
La recette du duo de ces chers Jack&Meg a encore réussi à faire merveille. En tout cas, qualité ne rime pas forcément avec abondance d'instruments.. Les Kills le prouvent.
"The Good One", "I Hate The Way You Love", bienvenue dans un show privé, tu parles d'un show... VV respire la bestialité encore une fois, mais osons le dire, au fond c'est un coté glamour presque punk qui semble en émaner..
Et l'on s'éclate la gueule contre un gros et épais mur de son !
Délires aux parfums posts-stoogiens sur "At The Back Of The Shell".. Ne manque plus que les clochettes et l'on se croirait sur un "No Fun".
Encore un traumatisme à la limite du post-punk avec ce caverneux "Sweet Cloud", quels sont donc les esprits mystiques qu'invoque VV dans ce titre ? Ainsi soit-elle, VV, merçi pour la magie du morceau. "Sweet Cloud", est-ce du génie ou est-ce un trop-plein d'excitation éléctrique qui déferle dans notre cavité cranienne ? Quoi qu'il en soit, Alison, incisive, est décisive une nouvelle fois.
"Rodeo Town" nous ramène, et malheureusement, à la véritable réalité des choses. Malgré un son plus popeux (et assez pompeux, il faut l'avouer), une mélodie et une structure assez répétitive, elle n'en demeure pas moins une agréable promenade aux parfums plus urbains, plus propres... Comme une ballade dans une campagne verdoyante et luxuriante tant le morceau éclaire le contenu malsain de l'album. Un indispensable en quelque sorte.
Introduction sépulcral d'un "Murdermile", qu'accompagne une batterie peut-être trop légère dans ce miteux milieu qu'est le sous-sol Killsien... Malgré cela, c'est râpeux, agressif et c'est bon.
VV se dévoile encore un peu plus dans ce "Ticket Man", en solo, sur trois notes basses de piano acoustique. Découverte d'un étroit couloir sombre, angoissant.. où l'auditeur se sent prisonnier.
Bruits de pas, toussotements, claquement de porte. Fin.
"No Wow" sonne comme un album pris sur le vif, peu travaillé par les tables magiques des ingés-sons. Ca transpire le bon vieux Velvet et c'est tant mieux.