Tuesday 15 August 2006 à 10:46
The Moody Blues : In search of the lost chord.
Et bien voilà, le vieillard maniaque frappe à nouveau avec ses archives.
Les Moody Blues se sont formés en 1964 et ont tout d'abord pratiqué une sorte de rythm'n blues à la sauce anglaise (malgré le hit "go now", rien de mémorable).
Mais en 1967, ces messieurs opèrent un changement radical en sortant un "concept-album" :
"the diary of a day".
Il s'agit d'un disque tout à fait remarquable, d'abord parcequ'il est un des premiers concept-album, un des premiers aussi enregistré avec un orchestre symphonique, un des premiers enfin à introduire des changements de rythme et de mélodie à l'intérieur d'un seul titre.
L'album contient un titre "night in white satin" qui restera, à tout jamais, un des plus grands classiques du slow.
"In search of the lost chord" sort en 1968 : l'orchestre symphonique a été abandonné (un peu couteux, peut-être...)mais est "remplacé" par un usage intensif du mélotron...ah, le mélotron, un instrument à clavier aujourd'hui disparu qui est un peu l'ancêtre du synthétiseur et qui permettait d'imiter (assez imparfaitement, mais c'est peut-être là qu'est le charme) les cordes, la flûte, les choeurs.
Les deux albums suivants "On a threshold of a dream" et "To our children's children's children's" sont un peu moins réussis mais les Moody Blues réalisent à nouveau un album de tout premier plan en 1970 "A question of balance"; les deux albums suivants sont encore intéressants mais plus faibles "Every good boy deserves favour" et "Seven sojourn".
Les disques qui suivront ne présentent par contre aucun intérêt.
Les Moody Blues sont incontestablement un des groupes à l'origine du "rock-progressif" : autant dire que les amateurs de punk (la réaction à ce type de musique), de post punk, garage, grunge, metal...considèreront les Moody Blues comme l'archétype du groupe ringard, soporifique, ennuyeux à périr.
Si par contre, vous n'êtes pas allergiques aux disques pop-rock un peu sucrés, aux mélodies imparables, aux harmonies vocales parfaites, à une certaine recherche, alors "In search of the lost chord" est un "arrêt obligatoire".
La composition des 12 titres du disque est partagée entre les 5 membres du groupe et tous les titres sont enchainés.
Le disque débute par la récitation d'un petit "poème" (Departure) : la voix se fait de plus en plus aiguë, laisse place à un rire démentiel sur lequel embraie le titre "rock" de l'album ("Ride my see-saw").
Suit alors "Dr. Livingstone, i presume", très guilleret et on commence les choses vraiment sérieuses avec "House of four doors" : le thème musical est entrecoupé de grincements et claquements de porte suivi chaque fois d'un court passage instrumental en rupture totale avec la mélodie (un petit passage de guitare acoustique, un petit duo clavecin-violoncelle, un petit passage de piano).
"Legend of a mind" reflète bien l'influence de la musique indienne qui était à la mode à l'époque.
"Voices in the sky" est une jolie petite chanson soutenue par la flûte sur laquelle s'enchaine "the best way to travel", titre d'un peu plus de trois minutes qui reprend le système des thèmes multiples et ruptures de rythme avec un bruitage ressemblant vaguement à un grillon (et si vous voulez tester la stéréo de votre chaîne, c'est le moment).
"Vision of paradise" et "The actor" reprennent le même principe de collage; "The word" est, à nouveau, une petite récitation qui introduit "Om", autre titre influencé par la musique indienne avec sitar, flûte, tabla).
Même s'il a un peu vieilli (bref si plus personne ne fait ce genre de disque depuis des années), l'album est vraiment un indispensable de l'histoire du pop-rock.
J'espère que Express ne lira pas ma petite bafouille

mais "In search of the lost chord" vaut très largement "Sergeant Pepper....". Si si.