samedi 02 juin 2007 à 08:07
vendredi 01 juin 2007 à 00:35 Et je te réponds, phacochère, en disant que le strict présent, c'est à dire un instant, ne suffit pas à l'élaboration d'une pensée. Une pensée nécessite des mouvements dans le cerveau et ne peut donc pas se faire en un instant.
En conclusion, ce que je suis à un instant t est en relation avec ce que j'étais à un instant t-1. L'instant t+1 d'après est lié à l'instant t, donc indirectement à l'instant t-1. On peut ainsi remonter à l'instant de conception de notre embryon (mettons instant t-10^20). Peux-tu me dire que ta conscience établit la condition initiale de cette instant? Non. Considérant que ta vie commence ici, tu n'es en aucun cas responsable de chaque instant qui suit, tous étant lié depuis le premier.
Dire qu'on est libre de penser revient à dire que nous sommes indépendant du monde pour forger notre pensée. Or ce qu'est ton cerveau à chaque instant dépend du monde matériel, car il y est inclut. Donc à chaque instant l'environnement agissant sur le cerveau (à l'extérieur les perceptions, à l'interieur l'alimentation en sang et que sais-je) détermine en partie ma pensée, ceci étant en relation avec ma mémoire, qui s'est forgée en chaque instant précédent.
Dire qu'on est indépendant du monde matériel pour penser revient donc à dire que l'immatériel agit sur notre pensée. Mais attention, matériel au sens où ce qui est matériel existe (et non palpable) dans l'univers. C'est donc une cause qui n'existe pas qui détermine le pensée. Ceci est simplement une réfutation du principe de causalité.
Mais de plus pour dire que chacun détermine sa pensée, c'est dire que ce que je suis a été voulu par moi, ce dernier moi ayant été créé par ce que je suis, ce dernier par ce que j'ai voulu, ce dernier par.. ainsi de suite comme une boucle. A moins que notre conscience soit atemporelle, c'est impossible.
Juday : t'es un véritable héros, ma parole. 8/10
Inco :
(Je le rappelle au cas où : on partage le même avis quant à l'idée absurde de liberté)
Si la liberté était balayable aussi facilement, crois-moi, on n'en serait plus là.
Ton argument peut être retourné, tout simplement.
Tu dis en effet (et c'est là l'argument principal, celui qui manquait dans ton premier post) à peu de chose près qu'il y a un décallage dans le temps entre le traitement de l'information par le cerveau et la venue de celle-ci à la conscience. Tu en déduis que la liberté ne peut pas exister, de ce seul fait.
Ce qui est contestable, car tu pars du principe que le cerveau n'opère pas de choix ni de sélection active dans ce traitement de l'info au moment où celle-ci accède à la conscience. Tu dis, pour prouver cela, que chaque instant passé détermine l'instant présent.
Un libertaliste ne manquera pas de te rétorquer que cela ne prouve pas l'inexistence du choix ou de la liberté. On pourrait reprendre le raisonnement et dire que chaque instant est le résultat d'un choix antérieur, le décallage ne prouvant rien et pouvant même correspondre au processus du choix.
(Je jouais l'avocat du diable, tracasse : mais strictement logiquement l'argument n'était pas recevable)
Il serait plus intéressant de souligner ceci, de répondre à ceux qui prônent la liberté : certes, mais dans ce cas, puisque vous prônez une entité que vous ne prenez pas la peine de définir si ce n'est de manière abstraite, à vous de montrer où, dans le fonctionnement du cerveau et le traitement de l'info, le phénomène de liberté intervient.
A priori, postuler ce phénomène de liberté, s'il n'est pas localisé, s'il n'est pas explicité en détail, reviens alors à postuler l'existence d'une entité abstraite et immatérielle et en définitive, à renouer avec une forme de dualisme. Jusqu'à preuve du contraire, ce n'est donc qu'une croyance et à ce titre il convient de la mettre de côté.