mardi 18 décembre 2007 à 22:54
Arche de Zoé : les démêlés judiciaires se poursuivent en France pour la journaliste de France 3LEMONDE.FR | 18.12.07 | 20h26 • Mis à jour le 18.12.07 | 20h35 L e syndicat de journalistes SNJ-CGT s'est déclaré "scandalisé" mardi 18 décembre par la mise en examen de la journaliste de France 3 Marie-Agnès Pèleran, décidée le 3 décembre par les juges Yann Daurelle et Martine Vezant, dans le cadre de l'enquête sur l'affaire de L'Arche de Zoé. Le syndicat demande "l'abandon des poursuites".
La journaliste, interpellée le 25 octobre à Abéché en compagnie des membres de l'association, avait été remise en liberté le 4 novembre, avec ses confrères Marc Garmirian, reporter de l'agence Capa, et Jean-Daniel Guillou, photographe de l'agence Synchro.
"SOUS DEUX CASQUETTES"
Les trois journalistes ont été entendus par la brigade des mineurs à leur retour, dans le cadre d'une information judiciaire ouverte à Paris, mais Mme Pèleran est la seule à être mise en examen pour avoir refusé de livrer à la police ses enregistrements tournés au Tchad fin octobre, ce que les juges ont considéré comme une "entrave à l'action de la justice".
L'agence Capa avait elle aussi refusé de remettre à la justice les images tournées par son reporter, lors d'une perquisition menée par les juges le 9 novembre dans les locaux de l'agence. Aucune poursuite n'est cependant engagée contre Capa et Marc Garmirian.
Pour Jean-François Téldi, représentant France Télévisions du syndicat SNJ-CGT, le fait que seule Marie-Agnès Pèleran soit mise en examen "n'est pas un hasard". "Nous n'avons pas d'explication claire, poursuit celui-ci, mais cela pourrait tenir à la situation particulière qu'elle avait là-bas."
Mme Pèleran s'était en effet rendue au Tchad "sous deux casquettes" : comme journaliste de la chaîne publique et comme potentielle famille d'accueil pour l'un des 103 enfants que l'association voulait ramener en France.
LA JOURNALISTE DEMANDE "L'AIDE JURIDIQUE" DE SA CHAÎNE
Pourtant, poursuit Jean-François Téldi, "la direction de la chaîne était parfaitement au courant que Marie-Agnès partait avec une caméra de France 3, dans l'idée de faire un documentaire sur le vécu de son expérience, dans une démarche journalistique".
La journaliste vient d'ailleurs de terminer le montage d'un documentaire de 52 minutes, dont la diffusion, initialement prévue vendredi soir dans le cadre de l'émission "Pièces à convictions", a finalement été repoussée par la chaîne au 6 janvier, lorsque le procès des membres de l'association à N'Djamena sera terminé.
"Contrairement à Capa qui a pesé très fort pour soutenir son journaliste, il n'en est pas de même pour la direction de France 3", dénonce la SNJ-CGT, qui demande en outre à la direction de la chaîne d'apporter à Marie-Agnès Pèleran "l'aide juridique" prévue par la convention collective.
Mme Pèleran a demandé cette aide par écrit à sa direction, sans obtenir pour l'instant de réponse positive. Contacté par Le Monde.fr, France 3 n'a pas souhaité commenter la requête de la journaliste.
Le Monde.fr
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-...1-963882,0.html