Thursday 24 April 2008 à 16:29
Wednesday 23 April 2008 à 16:04 C'est effectivement un débat compliqué que de savoir à partir de quand peut-on s'octroyer le droit d'ingérence dans la vie de l'autre pour "l'aider".
Voilà pourquoi je souhaite savoir si l'altruisme est nécessairement compassionnel - s'il n'existe pas un autre mode de réflexion qui mène à la bienveillance envers autrui.
Si j'envois un texto pour les victimes du Tsunami - c'est un acte de compassion (envers les autres ou envers soi-même) ? si oui pourquoi ? et pourquoi ça ne peut qu'être de la compassion ?
Dans ce cas de figure, il faut prendre en compte le sentiment de supériorité quasi permanent des pays riches (ou dits civilisés

) face aux pays pauvres. Nous utilisons ces pays comme des sortes de faire valoir et concentrons une pitié surjouée envers eux. Par exemple, tes parents t'ont peut-être souvent répété lorsque tu ne voulais pas manger "pense aux gens qui n'ont pas à manger dans le monde", ou quelque chose de similaire. Quel est l'intérêt d'une telle réflexion ? Manger son assiette ne fera pas remplir la leur. Il me semble donc que cette obsession de la pitié envers les pays pauvres n'a en réalité pour but que de se conforter dans sa richesse et son confort, une sorte de moyen d'auto-élévation.
Toujours est-il qu'il existe, naturellement, des gens qui sont particulièrement sensibles aux sorts des pays pauvres et qui agissent concrètement au quotidien pour leur rendre la vie moins pénible, quitte à abandonner tout leur propre confort... et encore, parmi les gens qui s'engagent dans des organisations humanitaires par exemple, beaucoup le fond sur un coup de tête, ou par exemple, après un une difficile peine de coeur, et là encore, c'est uniquement un moyen de se mettre en valeurs, ne serait-ce que pour se sentir "utile" (ah ! l'utilité, c'est bien le leitmotiv des pays riches ça !).
Donc compassion, certes, encore faut-il savoir de quel bois elle est faite.
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ce qui voudrait dire que toute aide apportée est toujours emotionnellement intéressée ?
J'en suis persuadée. C'est comme lorsque tu entends des gens dire des choses comme : "non mais arrête de ne penser qu'à toi, ton vote (pour les présidentielles par exemple) peut peser beaucoup dans la balance, et tu te dois de penser au plus grand nombre, pas seulement à toi, t'es franchement égoïste". Ces paroles peuvent passer pour très humanistes, mais en y regardant de plus près, elles sont totalement absurdes. Il est évident qu'on vote pour les candidats qui sont à même de nous fournir une satisfaction sur des points qui nous tiennent à coeur, peu importe lesquels. Si ce point se révèle être l'amélioration des conditions de vies des plus démunis en France (ceux qu'on appelle "les autres" dans l'exemple, hein

), même si ces conditions ne sont pas les nôtres, les voir s'améliorer nous apportera de la satisfaction, parce que c'est important pour nous.
En définitive, peu importe si nous intérêts sont à portée personnelle ou humanistes, la satisfaction qui en résultera sera la même, et elle sera, elle, personnelle.
Je ne sais pas si tu comprendras ce que je voulais démontrer avec mon exemple, enfin si tu as besoin de précision n'hésite pas à me demander.