Saturday 17 November 2007 à 20:25
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Comment se fait l’information</H3>

Mon post sur « Sarkozy et les musulmans » a déclenché une – petite — tempête . Cela m’a valu pas mal d’insultes et même de menaces, ce qui ne laisse pas de m’étonner – je ne parle même pas des insultes racistes que j’ai dû censurer à tour de bras. Ce sont en général les mêmes qui reprochent aux « médias » de leur cacher la vérité et aux journalistes de ne pas faire leur boulot, souvent par lâcheté qui, là, s’indignent que je puisse révéler une conversation privée du Président de la République. Il me semble qu’il est difficile de me reprocher quoi que ce soit : j’ai une information que je tiens de deux sources et qui me paraît devoir être relevée, car elle intéresse le plus grand nombre. On est loin, très loin de « l’omerta » que certains voient partout. Passons…
De même, il ne faut pas perdre de vue que ce blog est un blog de Libération et qu’il fait partie de l’offre d’information du journal. Il y a complémentarité et non opposition. Cela étant posé, je voudrais expliquer ici comment un journaliste travaille et notamment un journaliste européen. Comme vous vous en doutez, nous ne sommes pas invités à assister aux rencontres entre dirigeants : le huis clos est la règle. Que ce soit une bilatérale ou un sommet, nous sommes donc obligés de nous contenter de sources soit qui ont assisté à la réunion, soit à qui l’un des participants a raconté la réunion. La ou les sources peuvent donc être de première main, de seconde main ou de troisième main. Elle peut-être un diplomate, un membre de cabinet, un ministre voire un Premier ministre ou un chef d’État (hé oui) qui, la plupart du temps, souhaitent parler en « off », c’est-à-dire que leurs propos ne soient pas attribués. Il arrive que les sources concordent, mais aussi qu’elles se contredisent. Lorsque l’on couvre l’actualité européenne, on a la chance de pouvoir recouper assez facilement les informations en jouant sur la pluralité des nationalités et des institutions (États, Commission, Parlement, etc.). Et si certains États ont une culture de dissimulation (la France, en particulier), d’autres sont très transparents (les pays nordiques et les petits pays, notamment).
Lire la suite "Comment se fait l’information" » Rédigé le 16/11/2007 à 22:47 dans
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Commentaires (52) <H2 class=date-header>14/11/2007</H2><H3 class=entry-header>
Sarkozy et les musulmans</H3>L’histoire se raconte dans les chancelleries européennes. Nicolas Sarkozy, recevant le Premier ministre

irlandais, Bertie Ahern, le 21 septembre, puis suédois, Fredrik Reinfeldt, le 3 octobre, se serait livré à une véritable diatribe anti-musulmane devant ses invités. Selon mes sources, le chef de l’Etat (photo: Thierry Monasse) s’est lancé dans une diatribe confuse d’une vingtaine de minutes,
« dans un langage très dur, très familier, choquant pour tout dire», contre le
« trop grand nombre de musulmans présents en Europe » et leurs difficultés d’intégration. Il a aussi décrit de façon apocalyptique le « choc de civilisation » qui oppose les musulmans à l’occident. Le tout, manifestement, pour justifier son opposition à l’adhésion de la Turquie à l’Union. Mais ses interlocuteurs, qui n’en sont toujours pas revenus, ne sont même pas sûrs de l’avoir bien compris, tant le discours était décousu et surtout hors de propos avec l'objet de ces rencontres, la préparation du Sommet de Lisbonne des 18 et 19 octobre. Ils en ont, en tout cas, retiré la désagréable sensation que Sarkozy, non seulement avait un sérieux problème avec les musulmans, mais avait du mal à maîtriser ses nerfs.
Cette idée du "choc des civilisations" a déjà été développée, de façon plus policée, par le chef de l'Etat, dans une indifférence assez étonnante, le 27 août dernier, dans son discours aux ambassadeurs. Il avait alors expliqué que le
"premier défi, sans doute l'un des plus importants" auquel doit faire face la France est :
"comment prévenir une confrontation entre l'Islam et l'Occident? Ce n'est pas la peine d'employer la langue de bois : cette confrontation est voulue par les groupes extrémistes tels qu'Al Qaeda qui rêvent d'instaurer, de l'Indonésie au Nigéria, un khalifat rejetant toute ouverture, toute modernité, toute idée même de diversité. Si ces forces devaient atteindre leur sinistre objectif, nul doute que le XXIe siècle serait pire encore que le précédent, pourtant marqué par un affrontement sans merci entre les idéologies". Pour Sarkozy,
"nous aurions tort de sous estimer la possibilité" "d'une confrontation, entre l'Islam et l'Occident": "l'affaire des caricatures en a été un signe avant-coureur". Dès lors, la surprise de Bertie Ahern et de Fredrik Reinfeldt s'explique: ils n'avaient sans doute pas lu ces quelques lignes.
Rédigé le 14/11/2007 à 19:23 dans
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