Saturday 01 May 2004 à 16:41
Je pense qu’au jour d’aujourd’hui, afficher au degré premier une opinion personnelle est un art à grand risque. D’ailleurs, le second degré est partout. Comme une garde, une échappatoire, un moyen de retomber sur ses pattes, si par hasard notre avis venait à choquer. Le premier degré est celui de la Grande Cuisine, celui des idées affirmées, celui des opinions tranchées ; entre les mains du peuple, le premier degré ressemble à du Saumon Lasagnes. Des lettres d’amour cruellement idiotes de banalité, des chansons aux rimes automatiques (alors que le second degré, sans risque et toujours payant, nous offre les rimes en –ouille), le premier degré vous place en première ligne de front ; pas de filet, vous serez jugés sur le champ. Il est bien plus aisé de faire poindre son racisme dans une blagounette de fin de soirée. On vous pardonnera. Ce monde n’ose plus. Nous sommes devenus une civilisation second degré. Et ce n’est pas une complainte, juste une constatation.