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Saturday 02 February 2008 à 10:59
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chronique du prime kevin moulback yahoo



Ce soir encore, une foule de vedettes entourent Nikos : le sautillant Christophe Maé, la douce Hélène Segara, le gonflant Florent Pagny et l'ancienne idole des années Yéyé, Sheila. Quelques artistes internationaux sont également présents : les Plain White T's (où plutôt leur chanteur Tom Higgenson, les autres membres du groupe étant apparemment restés à Chicago) et les performers masqués du Blue Man Group.
Au vu de cette affiche détonnante, les mots qui vous viennent sans doute à l'esprit sont "Encore eux !". Ce programme a en effet comme un goût de déjà vu : Christophe Maé était sur le plateau du prime le 30 novembre, Hélène Segara le 28 décembre, Florent Pagny le 7 décembre et à nouveau le 11 janvier. Pour rappel, lors de la première apparition du sieur Pagny, les aimables téléspectateurs de TF1 ont eu droit à pas moins de SEPT de ses chansons, ce qui est largement suffisant pour faire saigner les oreilles. Par chance, sa deuxième apparition, quoique pesante, ne fut pas chantante. Pas étonnant que les audiences de la Starac sombrent si l'on nous ressert sans cesse les mêmes plats avariés.

Et puisqu'on parle de "stars" qui devraient enchanter nos soirées plutôt que nous pousser à zapper d'un doigt vengeur, revenons un instant sur la rumeur qui a couru cette semaine, selon laquelle Michael Jackson et Barbra Streisand seraient les parrains de la prochaine saison de Star Academy. Il s'avère finalement qu'il ne s'agissait que d'une plaisanterie de Nathalie André, la programmatrice des primes, qu'un journaliste aurait mal interprétée. Eh oui, ils sont comme ça chez Endemol : leur émission se prend une claque par M6 chaque semaine et eux, ils font des blagues. C'est si bon de rire parfois...

Mais oublions cette énorme déception pour nous concentrer sur le spectacle de ce soir. La demi-finale enfiévrée entre Bertrand et Mathieu est l'occasion de retrouver Alexia Laroche-Joubert, qui reprend fermement en main les commandes de l'émission après avoir mis bas. Dès le début, on sent d'ailleurs que l'imagination est au pouvoir et que les idées nouvelles affluent... En fait non, Nikos ressort son sempiternel numéro de présentateur de match de boxe avec le micro suspendu. On a beau dire que c'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleures soupes, il arrive un moment où les pots sont usés et où il faudrait peut-être se décider à les jeter...

Aujourd'hui, contre toute attente, la Starac abandonne tout alibi artistique. La soirée est placée sous le signe de l'affrontement permanent entre les deux demi-finalistes, qui sont jugés par les membres du jury à l'occasion de cinq "défis" successifs : Florent Pagny, Interprétation, Visuel imposé, Progression et Duo artiste. Cinq épreuves où la créativité et la spontanéité n'ont pas leur place. On se croirait aux Jeux olympiques plutôt qu'à un concours de chant.

Mais si ces épreuves sont déjà contestables en leur principe, leur cadre est encore bien plus déplaisant. Là, on se croirait plutôt à Intervilles : rappelez-vous, le jeux avec les vachettes landaises où Armentières affronte Saint-Amand-les-Eaux en combat singulier. Il faut choisir son camp. À droite, les fans de Bertrand, en jaune ; à gauche, les fans de Mathieu, en bleu. Les anciens élèves de la promotion qu'on a fait revenir pour l'occasion doivent choisir eux aussi. Noémie et Yaëlle sont du côté de Bertrand ; Jérémy, Lucie et Pierre dans celui de Mathieu. Ces derniers, notamment Pierre, affichent leur soutien de la façon la plus vulgaire qu'on puisse imaginer, à tel point qu'on pourrait croire leur comportement désordonné inspiré par l'intoxication éthylique.

Cette compétition échevelée donne lieu à des prestations assez bizarres : le duo avec Florent Pagny sur "Savoir aimer" est commencé par Mathieu et achevé par Bertrand, à raison de deux couplets chacun. Pour le défi d'interprétation, les malheureux adversaires doivent chanter "Je suis malade" de Serge Lama, chacun juché sur des plate-formes mobiles, qui s'élèvent quand c'est leur tour. Ils sont accompagnés au piano par Alice Dona : celle-ci a en effet composé la musique (accessoirement, elle a aussi enfanté Raphaëlle Ricci, le professeur d'expression scénique mal embouché, mais personne n'est parfait). La chanson correspond parfaitement à l'idée qu'on se fait de l'interprétation avec un grand I à la Starac : il faut que ce soit grave, lourd, "chargé" comme dit Nikos. Mission accomplie : les prestations pèsent au moins cent tonnes.

Le troisième défi, c'est le "visuel imposé", c'est-à-dire la danse, sur "La voix des sages" de Yannick Noah. Un décor de lianes, quelques percussions africaines et une chorégraphie paresseuse. Comment souvent à la Starac ces derniers temps, les élèves se trémoussent vaguement d'une façon pataude tandis qu'autour d'eux, un bataillon de danseurs costumés et grimés dansent vraiment. De loin, ça peut faire illusion...

Le quatrième défi est censé mesurer la progression des deux élèves depuis leur entrée au château. Mathieu interprète "Sorry Seems to be the Hardest Word" d'Elton John, dans la version mollassonne du groupe Blue. "Sublime chorégraphie" pour Nikos. "Génial" pour Kamel Ouali, le plus grand chorégraphe de France, toujours aussi content de lui. En fait, on a droit à une vague pantomime sans aucun rapport avec le rythme de la chanson. Pour combler le vide, quelques danseuses ondulent en ombres chinoises avant de se dévoiler aux regards lubriques, vêtues de combinaisons couleur chair et équipées de strings et de soutien-gorges dorés. Un nouvel exemple de la sensualité à bon marché auquel Kamel a parfois recours. On retrouve d'ailleurs les mêmes danseuses, affublées de mini-shorts rouges et de soutien-gorges aux couleurs du drapeau américain, pour accompagner Bertrand sur "I Feel Good" de James Brown. Apparemment, Kamel trouve donc son inspiration dans les clubs de strip tease (sauf le décor de ring de boxe qu'il a emprunté à Rocky IV).

Le dernier défi, "Duo Artiste", donne lieu, comme son nom l'indique, à des duos : Mathieu sautille avec Christophe Maé et Bertrand ânonne avec Tom Higgenson des Plain White T's (il se trompe dans le découpage comme auparavant avec Florent Pagny). Je n'abuserai pas de votre patience en vous indiquant les appréciations du jury pour chacune de ces épreuves fastidieuses. Il suffit de dire que, pour le premier des défis, ce qui était affiché à l'écran ne correspondait même pas à ce que racontaient les doctes juges. C'est vous dire tout le sérieux de l'entreprise.

Mais en dehors de ces défis ridicules, il y eut d'autres grands moments, comme la merveilleuse interprétation de "Elle tu l'aimes" par Hélène Segara, Bertrand et Claire-Marie. À mon avis, c'était de l'improvisation et les élèves découvraient la chanson en la lisant sur le prompteur. Ou bien c'était une farce cruelle faite à la pauvre Hélène. Claire-Marie chante faux d'un bout à l'autre, en suivant le rythme avec peine, et Bertrand, les yeux écarquillés comme dans un film expressionniste allemand, bêle plus qu'il ne chante. Chacun fait de son mieux pour détourner l'attention de ces machines à son mal réglées : Hélène affiche un sourire crispé, des danseuses tournoient dans les airs, des musiciennes à perruque jouent du violon... Mais rien n'y fait : ça fait toujours mal aux oreilles. Avec son sens de l'à-propos habituel, Nikos pose à Hélène la question qui tue : "ils t'ont bien accompagné ?". Mais celle-ci sait trouver une réponse pleine de miséricorde : "Je crois qu'ils ont beaucoup de pression ce soir, et c'est très difficile de chanter quand on a la pression". Elle est quand même sympa, cette Hélène Segara.

La plaisanterie se poursuit de plus belle lorsque Mathieu et Quentin interprètent "I Feel Love" de Donna Summer avec le Blue Man Group, "le plus créatif et le plus fou des groupes actuels" selon Nikos. Les membres du groupe ont la peau peinte en bleu et portent des masques bleus et des uniformes noirs. Leur activité se limite à tambouriner sur des tuyaux ou des bidons, ces derniers ayant l'intéressante propriété de pouvoir projeter de la peinture, d'où de jolis effets colorés qui doivent beaucoup impressionner dans les écoles maternelles. Ils sont accompagnés par une chanteuse en robe rouge, qui minaude en agitant la langue. Toujours le mot pour rire, Nikos demande en anglais aux hommes en bleu : "Vous savez que vous ressemblez à Fantomas ? Fantomas, hein ?" Apparemment, ils ne savent pas. Et ils n'ont pas l'air de trouver ça drôle non plus. Il est vrai que l'humour de la comparaison est difficile à saisir à moins d'avoir vu les films d'André Hunebelle des années 60, ce qui doit être assez peu fréquent pour des Américains.

Dès fois que le public se soit mépris sur le Blue Man Group, Nikos insiste encore : il s'agit d'"un groupe un peu surréaliste... mais de qualité". Peut-être... mais ce qui est vraiment surréaliste, c'est le petit numéro ricanant de Nikos avec Florent Pagny. Ça commence avec une petit démonstration de Florent sur un skateboard pour les nuls venu des États-Unis et ça se termine par du bavardage. Un peu de promo, une vague reprise de "N'importe quoi" a cappella, quelques boutades. Les deux compères se tapent la discute sur le plateau comme s'ils étaient au bistrot. Ils ont apparemment oublié qu'il y a quand même quelques millions de gens qui les regardent.

Cela étant dit, il faut quand même bien admettre qu'entre le skateboard et le bavardage, il y a "Vesoul" de Jacques Brel, chantée par Florent Pagny avec Quentin, et que c'est réussi. La chanson est difficile : il faut de la mémoire, du rythme et du souffle et pourtant aucun des deux interprètes ne semble à la peine. Quentin se débrouille également fort bien sur "La moitié de nous" avec Hélène Segara, qui peut enfin retrouver le sourire après l'affreux fiasco de son duo précédent.

Mais le meilleur moment de la soirée, c'est sans doute quand Bertrand est rejoint sur scène par son groupe, les Pipaz, avec lequel il interprète "Let the Sunshine In". J'ignore si la prestation est improvisée ou non mais il est clair qu'elle recèle plus de vie et d'énergie que ces défis formatés et stériles qu'on nous a infligés toute au long de la soirée. C'est quand même bizarre qu'un élève qui a plutôt régressé depuis le premier prime puisse retrouver instantanément son éclat au contact de son groupe, dès qu'il peut échapper au carcan des règles de la Starac. Ces quelques minutes de liberté ont résumé tout l'apport pédagogique des professeurs du château, c'est-à-dire rien.

C'est finalement Mathieu, le cancre devenu bon élève, nominé six fois avant d'être porté au nues par le jury unanime, qui ira en finale. L'avis des téléspectateurs rejoint celui des juges. Après avoir remporté quatre des cinq défis débiles, Mathieu reçoit 61 % des suffrages du public. La semaine prochaine, la seconde demi-finale opposera Claire-Marie à Quentin.





Saturday 02 February 2008 à 11:11
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Langue2vip
Saturday 02 February 2008 à 10:59
Mais le meilleur moment de la soirée, c'est sans doute quand Bertrand est rejoint sur scène par son groupe, les Pipaz, avec lequel il interprète "Let the Sunshine In". J'ignore si la prestation est improvisée ou non mais il est clair qu'elle recèle plus de vie et d'énergie que ces défis formatés et stériles qu'on nous a infligés toute au long de la soirée. C'est quand même bizarre qu'un élève qui a plutôt régressé depuis le premier prime puisse retrouver instantanément son éclat au contact de son groupe, dès qu'il peut échapper au carcan des règles de la Starac. Ces quelques minutes de liberté ont résumé tout l'apport pédagogique des professeurs du château, c'est-à-dire rien.




Même réflexion sur Bertrand, c'est drole mais quand on enlève les candidats du concepts, ils sont tout de suite beaucoup plus intéressants...
Saturday 02 February 2008 à 11:17
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Génial cet article
Le positif est seulement pour Quentin, yes !!!
Et pour Bertrand avec son groupe !!!
Enfin un journaliste honnête .......
Saturday 02 February 2008 à 11:35
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Langue2vip
Saturday 02 February 2008 à 10:59
chronique du prime kevin moulback yahoo



Ce soir encore, une foule de vedettes entourent Nikos : le sautillant Christophe Maé, la douce Hélène Segara, le gonflant Florent Pagny et l'ancienne idole des années Yéyé, Sheila. Quelques artistes internationaux sont également présents : les Plain White T's (où plutôt leur chanteur Tom Higgenson, les autres membres du groupe étant apparemment restés à Chicago) et les performers masqués du Blue Man Group.
Au vu de cette affiche détonnante, les mots qui vous viennent sans doute à l'esprit sont "Encore eux !". Ce programme a en effet comme un goût de déjà vu : Christophe Maé était sur le plateau du prime le 30 novembre, Hélène Segara le 28 décembre, Florent Pagny le 7 décembre et à nouveau le 11 janvier. Pour rappel, lors de la première apparition du sieur Pagny, les aimables téléspectateurs de TF1 ont eu droit à pas moins de SEPT de ses chansons, ce qui est largement suffisant pour faire saigner les oreilles. Par chance, sa deuxième apparition, quoique pesante, ne fut pas chantante. Pas étonnant que les audiences de la Starac sombrent si l'on nous ressert sans cesse les mêmes plats avariés.

Et puisqu'on parle de "stars" qui devraient enchanter nos soirées plutôt que nous pousser à zapper d'un doigt vengeur, revenons un instant sur la rumeur qui a couru cette semaine, selon laquelle Michael Jackson et Barbra Streisand seraient les parrains de la prochaine saison de Star Academy. Il s'avère finalement qu'il ne s'agissait que d'une plaisanterie de Nathalie André, la programmatrice des primes, qu'un journaliste aurait mal interprétée. Eh oui, ils sont comme ça chez Endemol : leur émission se prend une claque par M6 chaque semaine et eux, ils font des blagues. C'est si bon de rire parfois...

Mais oublions cette énorme déception pour nous concentrer sur le spectacle de ce soir. La demi-finale enfiévrée entre Bertrand et Mathieu est l'occasion de retrouver Alexia Laroche-Joubert, qui reprend fermement en main les commandes de l'émission après avoir mis bas. Dès le début, on sent d'ailleurs que l'imagination est au pouvoir et que les idées nouvelles affluent... En fait non, Nikos ressort son sempiternel numéro de présentateur de match de boxe avec le micro suspendu. On a beau dire que c'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleures soupes, il arrive un moment où les pots sont usés et où il faudrait peut-être se décider à les jeter...

Aujourd'hui, contre toute attente, la Starac abandonne tout alibi artistique. La soirée est placée sous le signe de l'affrontement permanent entre les deux demi-finalistes, qui sont jugés par les membres du jury à l'occasion de cinq "défis" successifs : Florent Pagny, Interprétation, Visuel imposé, Progression et Duo artiste. Cinq épreuves où la créativité et la spontanéité n'ont pas leur place. On se croirait aux Jeux olympiques plutôt qu'à un concours de chant.

Mais si ces épreuves sont déjà contestables en leur principe, leur cadre est encore bien plus déplaisant. Là, on se croirait plutôt à Intervilles : rappelez-vous, le jeux avec les vachettes landaises où Armentières affronte Saint-Amand-les-Eaux en combat singulier. Il faut choisir son camp. À droite, les fans de Bertrand, en jaune ; à gauche, les fans de Mathieu, en bleu. Les anciens élèves de la promotion qu'on a fait revenir pour l'occasion doivent choisir eux aussi. Noémie et Yaëlle sont du côté de Bertrand ; Jérémy, Lucie et Pierre dans celui de Mathieu. Ces derniers, notamment Pierre, affichent leur soutien de la façon la plus vulgaire qu'on puisse imaginer, à tel point qu'on pourrait croire leur comportement désordonné inspiré par l'intoxication éthylique.

Cette compétition échevelée donne lieu à des prestations assez bizarres : le duo avec Florent Pagny sur "Savoir aimer" est commencé par Mathieu et achevé par Bertrand, à raison de deux couplets chacun. Pour le défi d'interprétation, les malheureux adversaires doivent chanter "Je suis malade" de Serge Lama, chacun juché sur des plate-formes mobiles, qui s'élèvent quand c'est leur tour. Ils sont accompagnés au piano par Alice Dona : celle-ci a en effet composé la musique (accessoirement, elle a aussi enfanté Raphaëlle Ricci, le professeur d'expression scénique mal embouché, mais personne n'est parfait). La chanson correspond parfaitement à l'idée qu'on se fait de l'interprétation avec un grand I à la Starac : il faut que ce soit grave, lourd, "chargé" comme dit Nikos. Mission accomplie : les prestations pèsent au moins cent tonnes.

Le troisième défi, c'est le "visuel imposé", c'est-à-dire la danse, sur "La voix des sages" de Yannick Noah. Un décor de lianes, quelques percussions africaines et une chorégraphie paresseuse. Comment souvent à la Starac ces derniers temps, les élèves se trémoussent vaguement d'une façon pataude tandis qu'autour d'eux, un bataillon de danseurs costumés et grimés dansent vraiment. De loin, ça peut faire illusion...

Le quatrième défi est censé mesurer la progression des deux élèves depuis leur entrée au château. Mathieu interprète "Sorry Seems to be the Hardest Word" d'Elton John, dans la version mollassonne du groupe Blue. "Sublime chorégraphie" pour Nikos. "Génial" pour Kamel Ouali, le plus grand chorégraphe de France, toujours aussi content de lui. En fait, on a droit à une vague pantomime sans aucun rapport avec le rythme de la chanson. Pour combler le vide, quelques danseuses ondulent en ombres chinoises avant de se dévoiler aux regards lubriques, vêtues de combinaisons couleur chair et équipées de strings et de soutien-gorges dorés. Un nouvel exemple de la sensualité à bon marché auquel Kamel a parfois recours. On retrouve d'ailleurs les mêmes danseuses, affublées de mini-shorts rouges et de soutien-gorges aux couleurs du drapeau américain, pour accompagner Bertrand sur "I Feel Good" de James Brown. Apparemment, Kamel trouve donc son inspiration dans les clubs de strip tease (sauf le décor de ring de boxe qu'il a emprunté à Rocky IV).

Le dernier défi, "Duo Artiste", donne lieu, comme son nom l'indique, à des duos : Mathieu sautille avec Christophe Maé et Bertrand ânonne avec Tom Higgenson des Plain White T's (il se trompe dans le découpage comme auparavant avec Florent Pagny). Je n'abuserai pas de votre patience en vous indiquant les appréciations du jury pour chacune de ces épreuves fastidieuses. Il suffit de dire que, pour le premier des défis, ce qui était affiché à l'écran ne correspondait même pas à ce que racontaient les doctes juges. C'est vous dire tout le sérieux de l'entreprise.

Mais en dehors de ces défis ridicules, il y eut d'autres grands moments, comme la merveilleuse interprétation de "Elle tu l'aimes" par Hélène Segara, Bertrand et Claire-Marie. À mon avis, c'était de l'improvisation et les élèves découvraient la chanson en la lisant sur le prompteur. Ou bien c'était une farce cruelle faite à la pauvre Hélène. Claire-Marie chante faux d'un bout à l'autre, en suivant le rythme avec peine, et Bertrand, les yeux écarquillés comme dans un film expressionniste allemand, bêle plus qu'il ne chante. Chacun fait de son mieux pour détourner l'attention de ces machines à son mal réglées : Hélène affiche un sourire crispé, des danseuses tournoient dans les airs, des musiciennes à perruque jouent du violon... Mais rien n'y fait : ça fait toujours mal aux oreilles. Avec son sens de l'à-propos habituel, Nikos pose à Hélène la question qui tue : "ils t'ont bien accompagné ?". Mais celle-ci sait trouver une réponse pleine de miséricorde : "Je crois qu'ils ont beaucoup de pression ce soir, et c'est très difficile de chanter quand on a la pression". Elle est quand même sympa, cette Hélène Segara.

La plaisanterie se poursuit de plus belle lorsque Mathieu et Quentin interprètent "I Feel Love" de Donna Summer avec le Blue Man Group, "le plus créatif et le plus fou des groupes actuels" selon Nikos. Les membres du groupe ont la peau peinte en bleu et portent des masques bleus et des uniformes noirs. Leur activité se limite à tambouriner sur des tuyaux ou des bidons, ces derniers ayant l'intéressante propriété de pouvoir projeter de la peinture, d'où de jolis effets colorés qui doivent beaucoup impressionner dans les écoles maternelles. Ils sont accompagnés par une chanteuse en robe rouge, qui minaude en agitant la langue. Toujours le mot pour rire, Nikos demande en anglais aux hommes en bleu : "Vous savez que vous ressemblez à Fantomas ? Fantomas, hein ?" Apparemment, ils ne savent pas. Et ils n'ont pas l'air de trouver ça drôle non plus. Il est vrai que l'humour de la comparaison est difficile à saisir à moins d'avoir vu les films d'André Hunebelle des années 60, ce qui doit être assez peu fréquent pour des Américains.

Dès fois que le public se soit mépris sur le Blue Man Group, Nikos insiste encore : il s'agit d'"un groupe un peu surréaliste... mais de qualité". Peut-être... mais ce qui est vraiment surréaliste, c'est le petit numéro ricanant de Nikos avec Florent Pagny. Ça commence avec une petit démonstration de Florent sur un skateboard pour les nuls venu des États-Unis et ça se termine par du bavardage. Un peu de promo, une vague reprise de "N'importe quoi" a cappella, quelques boutades. Les deux compères se tapent la discute sur le plateau comme s'ils étaient au bistrot. Ils ont apparemment oublié qu'il y a quand même quelques millions de gens qui les regardent.

Cela étant dit, il faut quand même bien admettre qu'entre le skateboard et le bavardage, il y a "Vesoul" de Jacques Brel, chantée par Florent Pagny avec Quentin, et que c'est réussi. La chanson est difficile : il faut de la mémoire, du rythme et du souffle et pourtant aucun des deux interprètes ne semble à la peine. Quentin se débrouille également fort bien sur "La moitié de nous" avec Hélène Segara, qui peut enfin retrouver le sourire après l'affreux fiasco de son duo précédent.

Mais le meilleur moment de la soirée, c'est sans doute quand Bertrand est rejoint sur scène par son groupe, les Pipaz, avec lequel il interprète "Let the Sunshine In". J'ignore si la prestation est improvisée ou non mais il est clair qu'elle recèle plus de vie et d'énergie que ces défis formatés et stériles qu'on nous a infligés toute au long de la soirée. C'est quand même bizarre qu'un élève qui a plutôt régressé depuis le premier prime puisse retrouver instantanément son éclat au contact de son groupe, dès qu'il peut échapper au carcan des règles de la Starac. Ces quelques minutes de liberté ont résumé tout l'apport pédagogique des professeurs du château, c'est-à-dire rien.

C'est finalement Mathieu, le cancre devenu bon élève, nominé six fois avant d'être porté au nues par le jury unanime, qui ira en finale. L'avis des téléspectateurs rejoint celui des juges. Après avoir remporté quatre des cinq défis débiles, Mathieu reçoit 61 % des suffrages du public. La semaine prochaine, la seconde demi-finale opposera Claire-Marie à Quentin.





j'adore et j'adhère comme dab...... rolleyes.gif
Saturday 02 February 2008 à 11:50
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Oauip, une 1/2 finale chiaaaaaaaante comme rarement j'en ai vu. NUL de chez NUL. Le seul truc qui m'a retenu devnt l'écran, c'est de voir jusqu'ou irait la mauvaise foi du jury





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