vendredi 08 octobre 2004 à 20:58
Le président français Jacques Chirac est arrivé vendredi soir à Chengdu, dans l'ouest de la Chine, première étape d'une visite d'Etat de quatre jours qui vise à donner à la France une plus grande part du marché chinois, en pleine expansion.
L'avion présidentiel a atterri à 22HOO (14HOO GMT) sur l'aéroport de la capitale de la province du Sichuan.
M. Chirac, dont c'est la troisième visite en Chine depuis son accession à la présidence en 1995, et son épouse Bernadette ont été accueillis par le vice-président de la République, Zeng Qinghong.
Le président français entend aider les entreprises françaises à rattraper leur retard sur ce marché de 1,3 milliard d'habitants qui devait connaître une croissance de 9% en 2004.
A Chengdu, M. Chirac devrait inciter les entreprises françaises à s'implanter en Chine en soulignant que, loin d'accroître les risques de délocalisation, cela favoriserait la croissance et l'emploi en France, selon son entourage.
De nombreuses entreprises françaises sont déjà présentes dans cette ville de 10 millions d'habitants, comme l'usine de maintenance de moteurs d'avions du groupe français SNECMA qu'il devait visiter samedi matin.
Mais, avec cette étape inhabituelle pour un chef d'Etat étranger, il apporte aussi son soutien à la politique de développement de l'ouest du pays que tente de favoriser Pékin afin d'équilibrer une croissance qui bénéficie surtout aux régions côtières.
Jacques Chirac devait ensuite se rendre à Pékin pour ses premiers entretiens politiques avec le président Hu Jintao après une cérémonie officielle d'accueil place Tiananmen. Le président français a déjà déclaré dans une interview à la presse chinoise qu'il appellerait de nouveau à la levée de l'embargo européen sur les ventes d'armes à la Chine.
En fin de journée, toute une série de contrats et d'accords de coopération devaient être signés dans trois secteurs privilégiés: le nucléaire, les transports terrestres et l'aéronautique.
Après Pékin, il devait se rendre lundi à Shanghaï et mardi à Hong Kong avant de regagner la France.
Vendredi, à l'issue de sa visite au Vietnam, le président français s'est félicité des "perspectives extrêmement positives" de coopération entre la France et son ancienne colonie, bien que sa place soit modeste dans le domaine économique. Deuxième bailleur de fonds bilatéral, la France n'est que le 7ème investisseur dans ce pays de 80 millions d'habitants où sa part de marché est de 1,9%.
Lors d'un point de presse, M. Chirac a loué la forte croissance du Vietnam due notamment, selon lui, à sa "stabilité politique" et a souhaité que la France "soit associée au développement important du Vietnam".
Dès son arrivée mercredi, il avait présidé à la signature de plusieurs accords, dont une convention d'achat par la compagnie aérienne Vietnam Airlines de dix avions Airbus A-321 pour une somme allant de 450 à 750 millions de dollars selon les sources.
La France et le Vietnam, pays membre de la Francophonie, ont également décidé la création de pôles universitaires français à Hanoï et Ho Chi Minh-Ville (sud) et d'accroître le nombre d'étudiants vietnamiens en France.
Jacques Chirac a aussi indiqué avoir évoqué le dossier des droits de l'homme avec les dirigeants vietnamiens.
Ce sont des "critiques que je formule plus aisément devant les représentants de ces pays et à huis clos que sur les estrades", a-t-il dit toutefois, en soulignant que la publicité pouvait être contre-productive, en particulier pour les cas individuels.
Dépèche AFP