Saturday 21 May 2005 à 11:55
La Renaissance carolingienne Charlemagne, qui n’avait pourtant rien d’un empereur romain à sa naissance va peu à peu acquérir la volonté de restaurer un ordre culturel. Sensibilisé à la culture latine, chose fort rare à une époque où le roi doit avant tout savoir manier une épée. Charlemagne va se fonder sur la culture latine pour lancer son ambitieux projet.
L'objectifLe roi est conscient que son royaume ne peut atteindre le niveau qu'il s'est fixé sans
l'enseignement et l'éducation. Il se lance donc dès les premières années de son règne dans une entreprise démesurée pour former une
élite cultivée et compétente. Une grande série de mesures sont promulguées et l'histoire nomme ce mouvement la "renaissance carolingienne" en rapport avec le terme de
renovatio que les lettrés du temps utilisaient pour nommer ce mouvement.
Car il s'agit bien d'une renaissance au regard de la carence culturelle du royaume, comme au regard de l'état de délabrement moral de l'Eglise, résultats d'un
laissé allé durable. A l’image du gouvernement, tout est à faire : les religieux ignorent le latin, langue culturelle par excellence, ignorent les sermons à réciter à la messe, s’adonnent à des actes contraires à la moralité chrétienne (concubinage, vente d'indulgences).
Pourtant, certains religieux gardent précieusement la culture antique dans leur
monastères, en Italie, dans le nord de la Loire, en Angleterre, c’est là que Charlemagne va puiser la source de sa réforme. C’est avec elle que le roi va pouvoir s'assurer un organe décisionnel et gouvernant. Il faut donc retrouver l'antique, ses valeurs, ses auteurs, ses textes. Mais ce rapport à l'antique n'est pas une fin absolue en soi. Charlemagne souhaitait
dépasser la valeur d'une culture profane et païenne par l'apport du christianisme.
Les moyens Pour ce faire, Charlemagne s’entoure très tôt de grands savants, hommes de lettres, érudits qui connaissent la culture antique pour l’avoir préservée et étudiée. Ces artisans de la "renaissance carolingienne" viennent de toute l’Europe pour lui prêter main forte : Paulin d’Aquilée, Pierre de Pise, Agobard sont les premiers représentants de ce mouvement. De la Lombardie, le roi fait venir Paul Diacre, moine bénédictin et grammairien de talent : en tant que tel, il reprend la grammaire romaine pour le bienfait d’un
latin juste, également historien, il écrit une Histoire des Lombards.
D'Espagne, Charlemagne fait appel à Théodulf, un Wisigoth, qui devient en 775 évêque d’Orléans. Poète, ses vers, quoi que parfois d’une qualité médiocre, reflètent fort bien cette volonté de renouveau culturel. Mais Théodulf est surtout un théologien et s’oppose face à Constantinople, autre lieu d'importance du christianisme, sur la question de
l'iconoclasme. Ce débat conflictuelle repose sur l'autorisation ou non de représenter les Saints, la Vierge ou le Christ par des images. Tandis que Constantinople s'y oppose, Charlemagne y est favorable. Ce
conflit théologique contribue beaucoup à fragiliser les relations entre les deux puissances mais surtout à propulser Charlemagne comme défendeur d'une conception de l'Eglise.
Trouver des maîtres à penser ne suffit pourtant pas. Charlemagne légifère alors à travers des
capitulaires fondamentaux (décisions royales mise à l'écrit) où à travers les instructions données aux envoyés du roi où il est question de l'importance des lettres ou de la musique. Ainsi en 789, un capitulaire intitulé "exhortation générale" impose un comportement et un savoir aux prêtres : ils doivent connaître les prières et les sacrements de base. Parmi les décisions prises, la création d'écoles est souvent retenue et ceci a contribué à pérenniser son souvenir. En fait,
il n'a pas inventé l'école, il n'a fait que développer un principe déjà existant qu'il promut tant au niveau de son royaume qu'au sein de son entourage.
Source : ICI
Ce message a été modifié par Maharet - Monday 23 May 2005 à 23:52.