samedi 21 avril 2007 à 13:37
Asian Dub FoundationAsian Dub Foundation est non seulement un groupe de musique électronique ultra inspiré, mêlant avec brio dub, ragga, breakbeats, rock, dancehall et jungle à des sonorités puisées dans les musiques orientales et traditionnelles indiennes, mais c’est aussi un collectif politiquement très engagé, et qui ne mâche pas ses mots dès lors qu’il s’agit de dénoncer le racisme et l’intolérance en général, la Grande Bretagne n’ayant pas toujours une attitude particulièrement ouverte vis à vis de la communauté asiatique. Quant à leurs concerts, ce sont de vraies bombes musicales énergiques et euphorisantes, à découvrir absolument si vous n’avez pas encore eu l’occasion de voir ADF sur scène.
L’aventure sonore d’Asian Dub Foundation démarre à Londres en 1993, quand Aniruddha Das dit Dr Das, responsable d’un atelier musical au sein de l’organisation « Community Music », décide de monter un sound-system avec l’un de ses élèves, Deeder Zaman dit Master D et le DJ John Pandit dit Pandit G. Un an plus tard, le guitariste Steve Chandra Savale alias Chandrasonic rejoint le collectif qui sort en 1994 un premier EP, « Conscious ». La Grande Bretagne ignore Asian Dub Foundation mais pas la France, qui s’entiche du son engagé, de la géniale et inventive mixture électro de ce groupe sans concession.
Mais c’est avec l’album « Fact and Fictions » et le single « Rebel Warrior », sortis en 1995, qu’ Asian Dub Foundation va véritablement cartonner. Entre temps, le groupe s’est agrandi, avec l’arrivée d’un autre DJ, Sun J, et d’un danseur, Bubble-E. La France est toujours fan d’ADF, du coup, l’album suivant, « R.A.F.I », ne paraît en 1997 que dans les bacs hexagonaux (il sortira plus tard dans le monde entier), tout comme le live « Community Party ». Un an après, Asian Dub Foundation met en boîte « Rafi’s Revenge », et c’est à cette époque que le groupe explose enfin en Grande Bretagne. Cette soudaine renommée permet alors au collectif de développer une association similaire à « Community Music », « ADFE » (Asian Dub Foundation Eduction »), qui a pour but d’enseigner aux jeunes la musique et les nouvelles technologies. Puis en 2000, ADF publie un troisième opus, « Community Music », et enchaîne avec « Frontline : 1994-97 » l’année suivante, malgré le départ de l'excellent Deeder Zaman à l'aube du nouveau millénaire. En 2002, Asian Dub Foundation revisite « Le Haine » (le film de Mathieu Kassovitz) en musique, présentant le film pendant leurs concerts, et jouant simultanément leur B.O perso. ADF renouvellera l'expérience avec un autre film, « La Bataille d'Alger » de Gillo Pontecorvo.
En 2003, Asian Dub Foundation continue à multiplier les sorties d’album, de « Enemy Of The Enemy » (où l'on peut retrouver les participations de Sinead O'Connor et de Ed O'Brien du groupe Radiohead) au « Live Tour 2003 » (CD + DVD live aux Eurockéennes de Belfort édition 2003) en passant par « Bangin’ on the Walls ». ADF revient ensuite en 2005 avec une nouvelle galette, « Tank ».