Pour février mars 2008 ,l année 1980 fut à l honneur
les comliviens ont élu l' apparition d internet comme l' évènement le plus marquant pour eux de cette année!
INTERNET 1961-2006 : 45 ans d'histoire
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Né d'un rapport stratégique de 1961 sur la vulnérabilité des télécommunications américaines en cas de conflit, le réseau Internet a donné naissance des décennies plus tard au Web. De 4 machines connectées en 1969, le réseau a d'abord connu une croissance modérée jusqu'en 1981. La fin des années 80 a marqué une courbe de croissance exponentielle pour atteindre les sommets de la bulle financière de mars 2000. Connaître cette évolution, qui nous a conduit aux modèles d'affaires actuels, permet d'envisager les années futures avec plus de clairvoyance.
Naissance et Origines du réseau
En 1961, à l’apogée de la guerre froide, la RAND Corporation (Research ANd Development) dépose un rapport sur la sécurité des réseaux de télécommunication et leur vulnérabilité en cas de conflit armé. En d’autres termes, si une bombe tombe sur un ordinateur central, toute communication avec les périphériques serait coupée.
En 1962, l’ARPA (Agence des projets de recherche avancée, créée en 1958 pour assurer la supériorité militaire et technologique des Etats-Unis) confie aux chercheurs le développement d’un réseau qui répondrait aux besoins exprimés dans le rapport RAND. Les chercheurs, grâce aux travaux de Paul Baran du MIT (qui a eu l’idée de créer un réseau sous forme de grande toile) orientent leur travail sur la construction d’un réseau de communication décentralisé, fondé sur le principe d’un maillage de nœuds, tel qu’il a été élaboré dans l’ouvrage sur la commutation de paquets rédigé par Leonard Kleinrock du MIT en Juillet 1961. Cette théorie a été retenue comme la base théorique du fonctionnement d’Internet.
Dans le même temps, Joseph C.R. Licklider (MIT) expose, dans une série de mémos, son concept de «Réseau Galactique». Sa vision est celle d’un ensemble d’ordinateurs interconnectés à partir desquels chacun pourrait accéder rapidement aux données et programmes depuis n’importe lequel des sites.
Le 2 septembre 1969, l’ARPANET est officiellement créé. 4 ordinateurs sont alors connectés au réseau : NMC (Network Measurement Center) à UCLA, SRI (Stanford Research Institute), Université de Californie Santa Barbara et Université d’Utah .
Son fonctionnement sera officiellement présenté par Bob Kahn lors de la conférence internationale de Washington en Octobre 1972.
Les Evolutions et le Développement du réseau
Dès 1971, ARPANET est constitué par 23 ordinateurs répartis sur 15 sites différents reliés par des liaisons à 50 kb/s. il faut attendre Mars 1972, pour que Ray Tomlinson envoie le premier message électronique (qui se serait résumé à la première ligne d’un clavier QWERTY). La même année, en s’inspirant des travaux de Tomlinson, Lawrence Roberts conçoit le premier logiciel de courrier électronique qui permet d’envoyer, de recevoir, de répondre et de gérer les messages.
En 1973, Bob Kahn (MIT) et Vinton Cerf (Stanford), réalisent un nouveau protocole d’échange, permettant de relier les réseaux, dénommé TCP/IP. Dorénavant ARPANET est avant tout un projet universitaire et se nomme « Arpa-Internet » (le volet militaire étant désormais indépendant et nommé MILNET). A ce moment 35 machines sont connectées au réseau. Dans le même but d’améliorer les échanges de données, le protocole de transfert de fichiers (FTP) est créé en 1975.
Mais ce n’est qu’en 1980, qu’a lieu la véritable avancée vers l’Internet global , avec la jonction entre les deux grands réseaux : l’ARPANET et le CSNET. Au cours des années 80, les bases de l’Internet sont bien établies, et de nombreux réseaux viennent s’y joindre (1981 : 213 machines connectées ; 1989 : 600 000 machines connectées). C’est au cours de cette période que l’on voit apparaître les prémices du Web tel que nous le connaissons maintenant.La naissance du WEB
La première avancée en ce sens a lieu en 1984 avec l’apparition du système d’adresses numériques par domaines (DNS, Domain Name Server) qui simplifie grandement les échanges. La révolution a lieu entre 1989 et 1991. C’est en effet à cette période que Tim Berners-Lee (chercheur au CERN de Genève), conçoit pour la première fois un navigateur qu’il nomme « World Wide Web ». Celui-ci permet de naviguer sur Internet à l’aide de liens hypertextes. Il en fera la première démonstration officielle en Décembre 1990. L’année 1991 marque le vrai tournant du web.
Le « World Wide Web » développé par le CERN propose à cette date une nouvelle interface graphique incorporant des textes, des images et des sons. C’est la naissance de la navigation telle que la connaissons aujourd’hui. A partir de cette date les avancées vont se succéder à un rythme phénoménal, avec par exemple l’apparition des premiers navigateurs tels que Gopher mis au point en 1991, à l’université du Minnesota, ou Netscape doté d’une interface graphique spectaculaire, créé en 1994. Dès lors le « World Wide Web » connaît une explosion extraordinaire avec plus de 18 millions de machines connectées en 1994, 2,5 millions de sites en ligne, et plus de 800 millions de mails échangés par jour.
La fin des années 90, verra l’apparition des grandes sociétés de l’Internet comme Yahoo (94), Altavista (94), Amazon (94) ou Google (98), mais surtout le développement du concept de « NetEconomie », qui va amener la création de ce que l’on a appelé la « Bulle Internet ».
La « Bulle Internet » : Naissance et décadence
Selon de nombreux experts, l’apparition de la bulle est directement liée à l’entrée en Bourse de Netscape, le 9 Août 1995. En effet, la société fondée en 1994 par Marc Andreesen, a créé le « navigateur web » éponyme. Pour bien comprendre, les origines de cette bulle spéculative, il suffit de remonter un peu dans le temps. Depuis l’invention de la machine à vapeur, les avancées technologiques ont toujours intéressé les investisseurs, attirés par les profits potentiels, créant ainsi une forte spéculation. Or, au milieu des années 90 tout comme aujourd’hui Internet représente une avancée technologique majeure, qui remet en cause la façon de produire, de travailler et d'échanger. Les investisseurs se sont alors intéressés de très près à l’Internet.
Attirés par le développement exponentiel du nombre de connectés, de nombreux jeunes diplômés américains tentent l’aventure, et décident eux aussi de fonder leur propre société. C’est par exemple à cette période qu’apparaissent Yahoo !, eBay et Amazon. Mais avec l’explosion d’Internet, c’est tout un secteur qui profite de l’arrivée des capitaux. Le secteur des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication et Internet sont intimement liés dans leur développement respectif.
C’est donc un nombre extraordinaire d’entreprises qui sont concernées par cet engouement soudain, et les opportunités de développement pour les jeunes entrepreneurs sont extraordinaires.
À mesure qu'Internet devient populaire, les introductions en Bourse se multiplient, et les cours s'envolent. Le Nasdaq, l'indice qui rassemble la fine fleur des entreprises technologiques américaines, monte jour après jour et atteint un sommet de 5 048,62 points le 10 mars 2000, alors qu'il était encore à 2 192,69 points fin 1998. En 1999, eBay est ainsi valorisé à hauteur de 8 600 fois le montant de ses bénéfices annuels. Le but ultime des investisseurs à cette période était la recherche du monopole. En effet, c’est en situation de monopole que les marges opérationnelles sont les plus importantes (jusqu’à 80% pour Microsoft par exemple). Les levées de fonds, à cette époque, avaient donc pour but final l’augmentation de la puissance financière des entreprises afin d’effectuer des concentrations d’activités qui amènent à un monopole, et donc à la possibilité de fixer librement les marges.
Les conditions optimales étaient réunies pour la création d’une bulle spéculative sans précédent aux Etats-Unis : une situation géopolitique stable, une activité économique performante, et un optimisme général dans la population. De plus, cette période correspond à l’envolée de l’excédent mondial d’épargne financière expliqué, entre autre, par la préparation de leur retraite par les « baby-boomers ». La politique monétaire très conciliante des Etats-Unis et du Japon a largement participé au développement des investissements boursiers. Enfin, ce qu’Alan Greenspan (Président de la Réserve Fédérale Américaine) a appelé « l’exubérance irrationnelle » des marchés a largement incité l’arrivée des capitaux. L’éventualité d’un gain financier important surpasse la raison. Dès lors, on n’achète plus une action d’une entreprise après avoir analysé ses comptes, mais parce qu’on pense que celle-ci suivra une tendance collective.
La bulle spéculative liée à l’Internet était donc basée sur la potentialité et non sur la réalité : une petite entreprise aussi connue qu’une grande, avec la communication d’une grande et un site Internet à la hauteur des espérances, ne pouvait être qu’une entreprise sous-côtée, et donc les investissements affluaient dans le perspective d’une très forte plus-value.
Mais cet engouement commença à ralentir au printemps 1999, avec la remontée brutale des taux d’intérêt à long terme. Les investisseurs ont commencé à s’apercevoir que les bénéfices ne seraient pas au rendez-vous à long terme, car les sociétés utilisaient trop vite le capital pour pouvoir atteindre ce long terme. Le retrait quasi simultané de très nombreux investisseurs a donc fait éclater cette bulle le 9 mars 2000, car les sociétés, ne disposant d’aucun moyen d’autofinancement, elles ne pouvaient fonctionner que grâce aux levées de fonds. La plupart d’entre elles ont donc fait faillite, faute de financement, entraînant avec elles de nombreux petits actionnaires et une récession globale du secteur et même de l’économie en général.
Les années 2000 : apparition d’un nouveau modèle de Business
Pendant toute cette période, le nombre de personnes connectées n’a cessé d’augmenter de façon exponentielle. En Janvier 2006, il y avait dans le monde plus de 315 millions d’internautes à domicile contre 117 millions en 2001. Le comportement et le profil des internautes ont beaucoup changé en 10 ans. D’une population de spécialistes (chercheurs, informaticiens…), nous sommes passés à une généralisation de l’utilisation d’Internet quels que soient l’âge et la profession des personnes. Son utilisation étant devenue obligatoire dès l’école dans de nombreux pays, les utilisateurs sont de plus en plus performants, et les attentes évoluent.
Que ce soit dans des domaines aussi variés que la culture, les loisirs, l’économie ou la communication, Internet a largement modifié nos habitudes. De nos jours, pour rechercher une information, le premier réflexe n’est plus de se précipiter dans le dictionnaire, l’encyclopédie ou à la bibliothèque, mais bien de se connecter à Internet. Mais ce nouvel outil a aussi largement influencé les comportements quant à l’achat. Ce que l’on appelle « commerce électronique » ou « e-commerce » a bouleversé les habitudes d’achat de milliers, puis de millions de personnes.
Ce phénomène, qui a vu le jour aux Etats-Unis en 1994 avec l’ouverture du site Amazon, a connu un développement sensationnel. De quelques dizaines de sites à la fin des années 90 (pour la plupart américains), l’offre s’étend à plusieurs dizaines de milliers aujourd’hui. Deux profils s’opposent dans ce domaine : les entreprises dont l’activité ne se situe que sur Internet (appelés pure-players), et celle pour qui Internet est une source supplémentaire de profit, mais qui dispose d’un vrai magasin (click and mortar). Ces deux philosophies se sont développées parallèlement sans qu’aucune des deux ne prenne réellement l’avantage sur l’autre. Très souvent des sociétés issues des deux modes de fonctionnement se retrouvent en concurrence directe sur un même marché, sans qu’on puisse, une fois de plus, affirmer qu’une solution est préférable à une autre. Les années actuelles, sous le signe d'une certaine matûrité, devraient nous apporter des éclairages sur la pérennité des différents modèles. Wait & see...