2 ans
Autre pays d'Amérique du sud
mercredi 17 mai 2006 à 13:25
Trois années après les attentats terroristes de Casablanca (5/16/2006)
Il y a encore péril en la demeure
Il y a trois ans, jour pour jour, Casablanca était secouée par d¹horribles attentats terroristes qui ont fait plusieurs dizaines de victimes. Malgré les quelques efforts entrepris par le Maroc et la coordination internationale, les observateurs n¹excluent pas l¹éventualité d¹actes terroristes au Maroc, comme ailleurs.
C¹est le ministre de l¹Intérieur qui a tiré la sonnette d¹alarme. Dans un entretien à l¹agence Reuters, Chakib Benmoussa a prévenu contre le risque de voir le Sahel devenir un lieu de transit des terroristes potentiels pour «commettre des attentats suicide» au Maghreb et en Europe.
Le ministre de l¹Intérieur a appelé à une « extrême vigilance » de la part de tous les pays concernés.
Le Sahel, qui s¹étend de la Mauritanie au Tchad, en passant par le nord du Mali et du Niger, est parcouru, selon les observateurs, par des bandits, des contrebandiers et des immigrants clandestins. C¹est une région que les terroristes infiltrent à cause de son milieu diversifié et la couverture qui peut être utilisée.
Selon Chakib Benmoussa, cette région pourrait être utilisée par des activistes pour faire passer des kamikazes et des armes en Europe et au Maghreb.
Des responsables de la sécurité disent soupçonner l¹existence de camps d¹entraînement improvisés dans la région.
Mais le ministre, s¹il évoque la menace externe, n¹aborde pas les risques qui peuvent émaner de l¹intérieur, surtout que, malgré le démantèlement d¹une cinquantaine de cellules terroristes depuis le 16 mai 2003, rien ne peut assurer d¹une éradication du phénomène terroriste au Maroc.
L¹encadrement fait
encore défaut
De nombreux observateurs et spécialistes n¹ont pas écarté la persistance de menaces terroristes sur le Maroc, surtout avec la pertsistance du langage qui ne s¹en départit pas clairement. D¹ailleurs les dirigeants d¹Al Qaïda et leurs affidés marocains ou maghrébins citent à tout bout de champ le Maroc dans leurs plans terroristes.
Pour Ahmed Herezni, président de l¹Appel citoyen, «la sagesse dicte de ne pas exclure qu¹il n¹y aura pas répétition d¹actes terroristes. Le risque est toujours réel parce que les conditions qui nourrissent le terrorisme existent toujours. Une exception étant faite en matière de relogement où l¹effort a été appréciable». Il ne s¹agit pas seulement des menaces externes qui guettent le monde entier, dont le Maroc. Mais également d¹ordre interne et qui, malheureusement, ont été timidement abordées. «Il s¹agit de la marginalisation des jeunes, du manque de perspective, du sentiment d¹insécurité», estime Ahmed Harezeni avant d¹ajouter : «certains jeunes sont toujours pris au piège par le discours religieux qui promet le paradis» aux kamikazesŠ
«Nous n¹avons pas fait assez» dans la prévention des actes terroristes et dans la lutte contre les raisons profondes qui ont donné le 16 Mai. «L¹encadrement politique et social, psychologique et sportif des jeunes des quartiers périphériques dans les grandes villes reste dérisoire. Il faudra que l¹Etat et la société civile, et surtout les partis politiques, s¹investissent plus dans la mission de prévention du terrorisme et d¹encadrement des jeunes», conclut le président d¹Appel citoyen.