jeudi 30 novembre 2006 à 15:08
La lutte contre la pollution est au centre des débats pour les élections de 2007. Mais pour l'instant on parle surtout de sauvegarder l'environnement, ce qui est très important, mais on parle peu de l'impact de la pollution sur notre corps. On nous rabâche que le tabagisme passif tue nos voisins car il respire une fumée toxique, mais on vend allègrement des maisons située à proximité d'un périphérique ou d'un incinérateur de déchets. J'ai été touché par un lymphome (cancer des ganglions), maladie quasi inexistante en France il y a 20 ans et dont les spécialistes voient le nombre de cas augmenter chaque année! Peut-être avez-vous regardé le journal de 13h sur france 2 ce jeudi, ils ont diffusé un reportage sur l'étude selon laquelle vivre à côté d'un incinérateur augmente de 8.4% les chances d'avoir un lymphome pour ne parler que de cette maladie. Une étude actuelle portant sur 4 départements (tarn, isere, haut-rhin, bas-rhin) prouve que le risque d'avoir un cancer du poumon ou du sein augmente considérablement si vous vivez à proximité d'un incinérateur.
Bref, la lutte pour sauvegarder l'environnement est très importante, elle nous touche peut-être plus qu'on ne le croit. On s'attend à une augmentation des cancers. Qui dans sa vie n'aura pas un proche touché par cette maladie? Il faut donc préserver l'environnement aussi pour préserver notre santé!
Voici un article publié sur doctissimo, parlant de l'impact de la pollution sur les risques de cancer...
Diesel, champs électromagnétique, cadmium… Ces polluants ont souvent été accusés d'entraîner des cancers. Entre a priori et conséquences irréfutables, quelle est la part de vérité ? De nouvelles études font le point.
Le diesel responsable de cancers du poumon
A l'occasion du congrès Eurocancer, une table ronde fut consacrée aux relations entre le cancer du poumon et l'exposition à des fines particules issues principalement de la pollution automobile. Longtemps suspectée, l'automobile est aujourd'hui accusée d'un effet dans la survenue du cancer du poumon. Plus que la confirmation de cette relation, c'est par l'ampleur des résultats que les études récentes se sont distinguées1.
Ainsi, dès 1993, une étude portant sur le suivi pendant 14 à 16 ans de 8 111 individus dans six grandes villes américaines avait pu souligner les effets délétères des particules d'un diamètre inférieur à 10 micromètres2. Les habitants de la ville la plus polluée présentaient 26 % de risque supplémentaire de mourir jeunes et une augmentation du risque de cancer du poumon de 37 % par rapport à ceux de la ville la moins polluée. De telles estimations ont été confirmées plus tard par une étude de la société américaine du cancer (ACS)3. Selon les 6 études de grande ampleur, une augmentation de 8 à 15 % du risque de cancer du poumon serait lié à la pollution. A Eurocancer, A.J. COHEN a présenté une synthèse avec des chiffres en diminution : 5 % des cancers du poumon seraient dus à la pollution de l'air et il est très vraisemblable que ces effets s'additionnent à ceux du tabac. En Europe plusieurs études sont en cours, très centrées sur le trafic automobile. Une grande étude dans le cadre d'EPIC a démarré il y a quelques années. Les premiers résultats sont attendus l'année prochaine.
Les moteurs diesel sont responsables de près de 80 % des particules dégagées par les véhicules à moteurs. Et dans ce domaine, la France s'est toujours distinguée par un très fort taux d'équipement en motorisation diesel… Mais au-delà de ce type de pollution, c'est bien le tabac qui reste le premier responsable du cancer du poumon.
Le cadmium augmenterait le risque de cancer du sein
Publiée en avance sur le site de la prestigieuse revue Nature Medicine, l'étude américaine de l'équipe du Pr. Mary Beth Martin constitue la première preuve in vivo d'un lien entre cadmium et cancer du sein4. Ce contaminant environnemental mime les effets des hormones sexuelles féminines (estrogènes) et pourrait perturber ainsi les systèmes reproductifs des animaux évoluant dans des environnements contaminés. Des études épidémiologiques ont permis de lier ce métal lourd à une augmentation des cancers hormonodépendants (dont le développement est directement lié à ces hormones comme le cancer du sein ou de la prostate). Mais désirant dépasser ces simples liens statistiques, les chercheurs ont voulu vérifier ces effets in vivo.
Exposées à de faibles doses de cadmium, des rates ayant subi une ablation des ovaires (et ainsi non-sujettes à des fluctuations hormonales) ont présenté une augmentation de la densité de la glande mammaire et du poids de l'utérus, ainsi qu'un changement de la muqueuse endométriale. Autant d'éléments connus pour augmenter le risque de cancer du sein.