Comme vous l'avez sans doute remarqué, depuis maintenant une bonne année, la fin de la civilisation occidentale, des USA, sont à l'ordre du jour. Ils le sont dans ma façon de penser personnelle, mais pas seulement. On les retrouve dans la presse à toutes les rubriques malgré les tentatives de cette dernière pour occulter le vrai diagnostic.
Pour ma part, tout a commencé avec la justice.
Vers l'été 1995, déjà deux ans que la procédure de divorce de mes parents est lancée (il en faudra 7 en tout) mon frère se fait chopper dans une rue avec un copain par un groupe de 4 types, maghrébins. Ils se font dévaliser et rouer de coups, couteau sous la gorge, etc ... mais mon frère a regardé la télé, il a le reflexe de noter le n° d'immatriculation de la voiture et de la donner à la police. Police qui après avoir consulté le fichier des immatriculations décidera de ne pas y aller, car le quartier est trop dangereux. Et lui dira en face

Été 2000 au cours d'une rixe de rue, 3 maghrébins (bourrés, venus en voiture volée à 70km de là) tabassent un de mes amis, lui mettant des coups de pieds dans la tête, à terre. Les flics arrivent sur place, tabassent les mecs dans le fourgon, la justice refusera de les poursuivre et enverra un médiateur qui proposera aux 3 mecs d'écrire une lettre d'excuse à la place.
Automne 2002, je suis en voiture avec un ami et sa femme, sur la bretelle de l'autoroute A13 vers A12 en direction de Trappes. Une VW Polo toute neuve conduite par des jeunes manifestement bourrés de fric se colle à mon pare-chocs et accélère me faisant passer de 100 à 140. Je relève à nouveau le n°, et je dépose plainte, le flic me dit qu'avec Sarkozy à l'intérieur (il ne le nomme pas) ça ne va pas trainer et les sanctions vont tomber. Les faits sont qualifiés 1 an plus tard par le tribunal de Versailles de "délit de fuite", le suspect ne sera jamais convoqué.
Hiver 2002 un type me pique une roue de voiture, 15 jours plus tard il revient se garer devant chez moi avec ma roue volée sur sa voiture, je relève son immatriculation, les flics détruisent sa voiture, le collent en garde à vue, aucune poursuite.
A l'époque ma conviction est faite que la justice est massivement inefficace, le diagnostic se limitant alors à ça.
Depuis la situation a évolué.
Tout d'abord il y a le 11/9 qui engendre la crise psychologique majeure de notre temps.
Les services secrets orphelins depuis l'effondrement de l'URSS reprennent la main après la période de flottement 1991-2001 contre un ennemi fantôme invisible et immatériel, après 2001 ils deviennent tout-puissants ont le budget qu'ils veulent, le matériel qu'ils veulent, les accès qu'ils veulent. Ils ont tout.
C'est d'une certaine manière la réalisation ultime de l'idéal de puissance, concentrer tous les pouvoirs dans les mêmes mains sans aucun contrôle d'aucune sorte.
Ce qui nous fait remonter à 1991 et la chute de l'URSS, à l'époque les services secrets ont vu leur aspect primordial disparaitre ainsi que leurs budgets, leurs libertés d'action ...
L'idéologie de l'époque était que la force était un concept du passé, que l'intelligence la remplaçait sous forme technologique, que les Japonais allaient dominer le monde des années 2000, que l'URSS et les USA étaient des reliques de la préhistoire.
Et la chute de l'URSS le confirmait, il fallait trouver un nouveau combat. Dans un premier temps, évidemment il y aura l'Irak qui tombait à point, puis la Somalie qui marquera l'interventionnisme de ridicule durablement. Et enfin la Yougo qui marquera l'armée americaine d'impuissance et la diplomatie d'infamie.
C'est aussi le temps du capitalisme. Le communisme défait, le capitalisme reste seule en lice, et des deux superpuissances, il ne reste qu'une "hyperpuissance" et son nom est capitalisme. Mais il est lui aussi confronté à des bornes qui l'empêchent d'irradier toute sa puissance libérale. L'état a trop de pouvoir, les politiques refusent de se soumettre à la toute puissance capitaliste, de privatiser l'ensemble des infrastructures nationales. Incompréhensible, pourtant "on a gagné", le communisme a perdu. Donc l'état doit disparaitre au profit des corporations. Le pouvoir politique est donc "anti-américain".
En 2001, la conjonction des moyens, ambitions et idéologies des services secrets et de l'élite financière aboutira d'une manière ou d'une autre au 11/9 qui aboutira lui-même à la réalisation de cet idéal. Vraisemblablement à travers ce qu’on appelle le « conglomérat militaro-industriel » qui conjugue les aspects militaro-technologiques et industriels-capitalistes.
L'idéal ou le gouvernement se soumet, donne les pleins pouvoirs aux services secrets tout en les privatisant, dérégule tout, ouvre les parcs nationaux à l'exploitation pétrolière, se dépouille de ses pouvoirs, de son contrôle et de sa légitimité.
En Europe, on est du côté des USA depuis la seconde guerre mondiale, et on est parfois plus royalistes que le roi. L'idéologie unique est l'américanisme et donc le "libéralisme".
Les grandes entreprises doivent régner... le problème c'est qu'il n'est pas précisé sur quoi ni sur qui.
Quoi qu'il en soit, maintenant que le capitalisme a gagné, ses adversaires doivent se soumettre. Ceux que le serment d'allégeance au drapeau américain désigne comme "les ennemis de l'intérieur et de l'extérieur".
Tous les pouvoirs non capitalistes comme la justice, le parlement, les services publics (santé, police, armée ...), les démocrates, les journalistes ... et aussi les pays qui se veulent non-alignés.
Le premier moyen est la privatisation, en faisant de chaque acteur de la vie de la nation une société à but lucratif, toute autre logique est dissipée. Et à l'intérieur de la privatisation, la bureaucratie.
Ceci permet de concentrer l'ensemble du pouvoir décisionnel d'un pays dans une poignée de mains indépendantes du pouvoir politique, et donc de priver ce dernier de tout moyen d'action sur la société qu'il est censé régir. Le politique devient l’instrument de cette politique au lieu d’en être l’initiateur, il s’agit de la voie hiérarchique adaptée à tous les niveaux de la société, le capital en étant le sommet.
Cette logique est certes en place, mais elle n’a pas de légitimité, les peuples n’y consentent pas, et on affiche plus que jamais les étiquettes « démocratie » afin de les maintenir sous contrôle.
Malgré tout, l’autoritarisme domine et n’a aucun compte à rendre, l’apparition de cette idée est due en France à Georgina Dufoix qui, pour se défendre dans l’affaire du sang contaminé, employa en 1991 la formule devenue célèbre « responsable mais pas coupable ». C’est cette absence de responsabilité du pouvoir qui domine aujourd’hui. Quoi qu’il fasse, le responsable, le donneur d’ordre n’est jamais inquiété par les conséquences de ses décisions. Evidemment face à cette éternelle réussite caractérisée par une absence d’échec, il s’enhardit, il prend plein de décisions, parfois bonnes, souvent absurdes, et aucun écho ne lui revient jamais.
On le voit bien aujourd'hui dans tous les secteurs, les salariés sont des exécutants en quête de sens qui obéissent sans comprendre ce qu'ils font, pourquoi ils le font et qui généralement ont une conscience aigüe de faire de la merde.
On confine toute une société dans ce modèle : Chacun doit obéir à un chef qui obéit à un chef qui obéit à un chef. Si tout le monde respecte bien la procédure, personne ne peut-être inquiété quoi qu’il arrive. Dans le cas contraire, seul celui qui ne respecte pas la procédure portera le poids des conséquences.
Nous sommes aujourd’hui dans un système, chacun peut le voir en allumant sa télé, en lisant les journaux, ou les poursuites judiciaires ne sont plus qu’un moyen de financement, ou les pauvres sont inquiétés sans raison valable à seule fin de financer le train de vie des élus tandis que les sont riches dispensés de toute responsabilité, et peuvent même vous narguer. C’est devenu tellement naturel qu’ils ne se cachent même plus d’enfreindre la loi, de dilapider l’argent du contribuable pour des gadgets perso. Et à la fois, ils semblent n’avoir comme seul pouvoir que de taxer davantage les pauvres pour donner aux riches.
Ce modèle de société ne peut pas s’imposer durablement car le contrat social n’est plus respecté. Le peuple consent aux élus le pouvoir de les diriger en vertu d’un certain nombre de principes, le peuple est éduqué dans cette façon de penser, on lui enseigne à l’école qu’il est libre, qu’il est dans « un état de droit » or dès qu’il regarde autour de lui, aucune loi n’est respectée. Il est devenu impossible de croire dans le modèle qu’on nous affiche, et c’est bien pourquoi les gens n’y croient plus.
Je citerai cet article que j’ai lu ce matin :
Cry for you America Dans cet article, il est cité un certain Joe nous fait part de son désarroi face à ce que sont devenus les USA depuis 2001 un « fascist nightmare » il envisage de partir à l’étranger et de ne jamais revenir car pour lui les USA sont perdus, ils ne lui offrent plus les chances de réussir, de vivre sa vie comme ils l’ont promis pendant sa jeunesse, et ils sont devenus « inhumains ». Lui, comme tant d’autres en occident, cherche un travail qui soit sensé, il cherche à voir ses droits respectés, être fier de ce qu’il accomplit, être fier d’appartenir à une société juste. Autant de choses qui lui ont été promises et soufflées sous le nez.
Un peu plus loin une personne de 60 ans lui répond :
« The game is over. The rescue isn't coming. The America that was is no more. It won't be coming back. I am sorry. I am sorry Joe. I am sorry that you know. It makes it unbearable. It makes your young life a misery. I am sorry. I am so truly sorry. »Nous avons donc "la fin de l'histoire" c'est à dire de la guerre froide, où le capitalisme l'emporte, où la matière triomphe, mais pour autant il reste l'humain qui aspire à la justice, qui malgré la pub ne peut se plier, se contenter, s'accoutumer au paradoxe de voir sa dignité et ses droits baffoués au nom de la démocratie.
L'esprit ne serait donc pas vaincu, et c'est cet esprit qui a provoqué la chute de l'URSS qui va de nouveau frapper comme le présentent la presse, Joe, et à peu près tous ceux qui ne se voilent pas la face. Les USA étant tellement intimement liés à l'idéologie du capitalisme incontrolé, la chute de ce système à la fois économique et de pensée, provoquerait également celle du gouvernement fédéral, et donc la fin des états unis d'amérique.
Les USA étant le coeur du système, et l'Europe en étant partie intégrante, elle en serait tout autant affectée et se retrouverait condamnée à l'autonomie et à la prise de décision, ce qui pour elle est sans doute plus grave qu'une invasion de vikings sur des drakkars.
J'ai lu ou entendu, que "l'occident" serait un genre d'empire romain qui tandis qu'il disparait emplit les esprits du monde entier comme un idéal. Parce que la Chine s'est occidentalisée en devenant capitaliste. Parce que les arabes veulent le même mode de vie, tout simplement prospère. Parce qu'aucune civilisation ne lui est supérieure, et qu'elle a imposé sa logique dans le monde entier.