Quand Sarkozy dépasse les bornes en apparaissant… tel qu’il est !
Bas les masques ! En avouant ses options biopolitiques et génético-idéologiques, Nicolas Sarkozy s’affiche en chef de file des « Néo-Cons » à la française... A droite, droite ! Sans tabou mais avec trompettes ...Hors du champ des valeurs proclamées de la République et du système culturel français!
« Sarko fascho ! »… Ce raccourci, trop chanté « à la gauche de la gauche », m’a toujours rebuté. Scandalisé et révolté, même. Ne serait-ce que par souci de la vérité et par respect d’un homme qui secrète suffisamment d’antipathies légitimes et de peurs fondées sans qu’on éprouve le besoin de le couvrir de défauts qu’il n’a pas. Ne serait-ce, enfin et surtout, que parce qu’il ne faut pas banaliser des mots chargés de sens et d’Histoire et teintés du sang de millions de victimes.
« Sarko fascho ! » : c’est une connerie…Qui arrange d’ailleurs le banlieusard de Neuilly, en lui permettant de jouer ce rôle de victime et d’incompris dont il sait si bien profiter. Il adore ce grand fauve se transformer en gentil chaton de salon brimé… posé là comme pour émouvoir Bernadette, Momone et toutes les Marie-Ségolène de droite. Ou en "bon répubicain" qui donne des leçons de patriotisme et des cours sur l'identité nationale en oubliant que la france est d'abord une terre d'humanisme et d'humanité.
Restons sérieux : Sur l’échelle de Richter des idéologies qui portent en elles des séismes d’inhumanité, le Prince de Neuilly est un nain, surtout comparé à bien des géants de l’antihumanisme.Son ambition pathologique, son ego hypertrophié, sa course éperdue après le temps ou « de vivre dans un temps qui n’existe pas », sa soif maladive « d’être aimé » peuvent en faire un petit Napoléon (avec Waterloo mais sans Austerlitz) non un h***** aux petits pieds.
Mais un fait est là, peu contestable : au fil de cette campagne (commencée, par lui, voilà cinq ans dans des habits ministériels), les masques sont tombés. En dépit de ses efforts souriants, de ses postures calmes, de ses maquillages de démocrate serein, de ses déclarations d’amour à Simone Veil, de ses promesses (trop) généreuses, Nicolas Sarkozy apparaît tel qu’en lui-même : l’incarnation des « Néo-Cons », des « Neo-conservateurs » à la française ! A droite, droite ! Philosophiquement. Ontologiquement. Viscéralement.
A droite de la droite, même ! Plus à droite même les « penseurs » de la "nouvelle droite" (paganiste et naturaliste) du Club de l’Horloge des années 70, du GRECE, de la revue Elements et d'autres chapelles en métapolitique... Ces esprits qui buvaient aux fontaines du pré-nazisme n’avaient pas attendu que des universitaires américains prennent le contre-pieds de la « pensée 68 » (si mal comprise par Luc Ferry) , battent en brèches la « tentation d’innocence » (si bien décryptée mais si mal combattue par Pascal Bruckner) et exhortent le « national-républicanisme » (chant impérial reaganien repris par les chœurs de l’Armée de nos penseurs rouges devenus blancs, de Régis Debray à Max Gallo en passant par André Glucksmann).
Néo-conservatisme !>>>Ce n’est pas qu’une expression politique qu’incarne si bien Bush junior devant lequel Sarkozy s’est incliné tel un enfant de chœur devant un évêque, un fidèle devant le Pape, un courtisan devant l’Empereur,
un esclave devant le Maître…

>>>Ce n’est pas qu’une doctrine économique, conceptualisée par « l’Ecole de Chicago » et fondée sur un hyper-libéralisme qui trahit le mot « libéral », un hyper-capitalisme qui est une forme de cannibalisme et une loi de la jungle financière ou de l’économie-casino qui cantonne le mot « valeur » dans le lexique boursier…
>>>Ce n’est pas qu’une attitude qui privilégie le langage et les pratiques guerrières, les instincts d’une animalité drapée dans des voiles de la religiosité des Croisés mais qui est d’abord « le degré zéro de l’humanité »
>>>C’est d’abord et surtout une métaphysique, une mystique, une pensée, une morale. Si Leo Strauss nous était conté… Dans le texte et dans les interprétations qui en sont faites. Dans la lettre et surtout dans l’esprit.
Un postulat de base : le vieux mythe de la prédestination, de l'inne est ravivé, rafraîchi, modernisé par la foi en une génétique-reine, du naturalisme biologisant ! Donc, « le Bien et le mal existent, naturellement. Ils se combattent naturellement » : « Nous naissons bons ou mauvais, et quoi qu’il arrive quoi qu’on fasse, tout est déjà réglé par la Nature ». Une Nature qu’on peut appeler Fatalité ou Destin ou Dieu. Une nature figée : Darwin interdit ! Mais le néo-darwinisme (traître à Darwin), oui… Avec retour à des utopies d’une humanité dévorée par une bestialité qu’on voulait croire hors la loi…
Conséquence n° 1 : « On naît pédophile », « on naît avec des tendances suicidaires »… On naît criminel, violent, violeur, SDF, chômeur, paresseux, handicapés, délinquants, président de la République … ? «C'est typique des thèses néo-conservatrices, qui reviennent à réduire l'humain au biologique et à dire : "On n'y peut rien'' », souligne Elisabeth Roudinesco, historienne de la psychanalyse…
Dans les déclarations de Nicolas Sarkozy dénoncées par François Bayrou avec une clarté et un courage que n’a pas jusqu’à présent Sainte- Ségolène, la Madone de « l’ Ordre juste » pillé chez Benoît XVI, le généticien André Langaney voit avec pertinence une réminiscence de « ce que voulaient faire des gens pendant la deuxième guerre mondiale ». De ce que des chercheurs, des médecins et des philosophes (français plus qu’allemands) rêvaient de faire avant qu’h***** ne diabolise leurs idées…en les expérimentant comme on sait !
« Il y a des scientifiques d'extrême droite qui pensent qu'on a tout à la naissance et qu'on ne peut plus rien changer », insiste Langaney. « Si on suit ces gens-là, il faudrait presque faire des tests génétiques à la naissance ou faire un tri des embryons pour éliminer les pédophiles avant qu'ils naissent ».
Sarkozy l’avait déjà proposé, dans son projet de loi de 2006 contre la délinquance : il n’y a visiblement pas renoncé. Ah ! Vous verrez quand il sera président…
Conséquence n°2 : Si je suis Bon et Bien, ceux qui sont contre moi sont mauvais et incarnent le Mal. Bush règne en Maître d’une grande secte, en la matière… Sarkozy le suit : il dit incarner « le camp des honnêtes gens »,( les autres « celui des fraudeurs ») ou le « camp de ceux qui travaillent »,( les autres « le camp de ceux qui se lèvent tard ou ne se lèvent pas )… Nul besoin de faire un montage de ses discours ! Dans le mode binaire,en tout et pour tout, il excelle, ce Dalton qui se prend pour Lucky Luc.
Conséquence n° 3 : Si le « grand horloger » a tout réglé, la liberté n’est rien (sauf pour ceux qui peuvent en jouir grâce à la loi du plus fort, du loup dans le poulailler, du faucheur dans le pré), l’égalité est un mythe et la fraternité un conte de fée. La scie musicale de Sarkozy : « L’individu est responsable de tout, la société de rien ». C’est ce qui fait dire à Emmanuel Todd : « Nicolas Sarkozy est sorti du système culturel français ».Européen, devrait-on dire...
Extrait :
Une « vraie droite » qui n’est pas la France (ni de France) et qui peut difficilement rassembler les Français. Une « vraie droite » qui ferait de Paris une escale entre la Washington de Bush finissant et la Varsovie des ultra-conservateurs au pouvoir.
Une « vraie droite » dont la victoire serait un signe de plus du déclin français : les Neo-Cons sont devenus des Archéo-Cons dans le Royaume de Bush à un moment où le « sarkozysme » se veut moderniste en enfilant les habits neufs d’un passéisme plus que réactionnaire : rétrograde …
Daniel RIOT
Suite :
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