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vendredi 07 mars 2008 à 11:50
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Bouquins

Mis en ligne le 06/03/2008


Le Cheval de Troie

Nous l’avions annoncé en novembre dernier, le livre «Le Cheval de Troie –Sectes et lobbies religieux à l’assaut de l’Europe» du Liégeois Marcel Conradt est enfin dans les librairies. L’auteur l’a d’ailleurs présenté ce jeudi 6 mars, à l’occasion de l’ouverture de la Foire du Livre de Bruxelles. Alors qu’initialement l’ouvrage qui tombe à point nommé dans une époque où les religions, les sectes de toutes obédiences font le forcing vers une société mondialisée et en rupture de relais, devait être édité par les éditions Labor, ce sont les Editions du Grand Orient de Belgique qui publient ce nouvel ouvrage de ce Liégeois bien connu en Cité ardente.

Bien que ne l’ayant pas encore lu, mais connaissant le style très vivant et souvent agréablement interpellant de l’auteur, nous ne pouvons que vous le recommander, d’autant qu’il se situe dans une sphère d’analyse qui correspond à ce que nous souhaitons.
Voici, en attendant d’en reparler plus en détails, une présentation de l’auteur et ce qu’en disent les éditeurs.

L’auteur

Marcel Conradt est, depuis 2001, assistant parlementaire au Parlement européen.
Il se passionne pour l’histoire locale et en particulier, celle de sa ville : Liège. Il est l’auteur de : «Histoire illustrée de la Place Saint-Lambert de Liège» (1997), «Les quais de la Meuse et de sa dérivation» (Editions du Molinay 1998), «La vraie vie du Grand Bazar de la Place Saint-Lambert» (Editions Luc Pire 1999), «Histoires des théâtres de Liège», trois tomes (Editions du Céfal 2005-2007). «Histoires des grands hôtels de Liège» est en préparation.

Il anime depuis 2006 une rubrique historique dans l’émission Vivacité sur la RTBF Liège.
Instituteur de formation (1964), il s’est spécialisé durant vingt ans dans le handicap. Un secteur dans lequel il a travaillé en tant que chargé de mission auprès de nombreux ministres belges et de la DG V de l’Union européenne. Il est co-auteur du « Dictionnaire de la langue des signes de la Communauté française » Ministère des Affaires sociales de la Communauté française, huit volumes, « Gestuario » dictionnaire de la langue des signes du Portugal, Ministère des Affaires sociales du Portugal, quatre volumes, «La Commune, lieu de vie de la personne handicapée», Ministère des affaires sociales de la région wallonne de Belgique.

Le livre

Durant plusieurs années, Marcel Conradt a observé, étudié et analysé le travail des religions des associations religieuses et de leurs lobbies non seulement au sein du Parlement européen où il travaille comme assistant parlementaire, mais aussi dans deux autres grandes institutions de l’Union européenne : la Commission et le Conseil.

Présente dès l’origine de la construction européenne à travers ses pères fondateurs, la religion catholique n’est plus seule à dialoguer avec les décideurs européens. Les autres religions monothéistes, mais aussi les sectes ont graduellement acquis droit de cité dans les enceintes européennes au point de constituer une force non négligeable consultée en amont des grandes orientations politiques adoptées. La laïcité n’a pas suivi la même trajectoire et les associations philosophiques qui la représentent font souvent figure de parentes pauvres, qu’on oublie volontiers dans le débat européen. Sans tomber dans la thèse du complot, Marcel Conradt, partisan de la laïcité structurelle de l’Union européenne, s’interroge sur cette asymétrie. Il nous livre une description objective et précise des situations qu’il a observées, des jeux qu’il a décortiqués et des manoeuvres et réactions des uns et des autres.
Observateur privilégié, il nous livre une analyse historique extrêmement complète et sans concession de la situation et nous invite à tirer chacun nos conclusions.

Gaston LECOCQ


"Le Cheval de Troie. Sectes et lobbies religieux à l’assaut de l’Europe" (2008) - Editions du Grand Orient de Belgique - 14 X 20 – 300 pages. ISBN : 978-2-87430-050-9 – 23 €

http://www.proxiliege.net/index.php?page=a...03&idrub=26



mardi 11 mars 2008 à 00:19
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L’antéchrist s’appelle Prosper !


En 2005 ressortait de l’ombre, après une éclipse de près de cinquante ans, le nom de Prosper Alfaric. C’est à l’initiative du philosophe Michel Onfray que l’on devait alors la réédition, aux éditions Coda, de certains de ses textes critiques sur le christianisme et la figure de Jésus, dans un recueil intitulé "Jésus a-t-il existé?". Sa thèse essentielle décoiffe: Jésus n’aurait jamais existé.

Jésus a-t-il existé ? La question peut paraître saugrenue. Déplacée. Tordue. Douter de la réalité du personnage fondateur de notre civilisation, n’est-ce pas pure folie ? C’est pourtant la question que nous pose Prosper Alfaric, et à laquelle il a répondu, pour sa part, de la manière la plus radicale : non, Jésus n’a pas existé. Son existence se réduit à celle d’un pur mythe.

Mais qui est donc cet étrange M. Alfaric, aux idées si peu convenables ? Né en 1876 dans une famille de paysans de l’Aveyron, il grandit dans la foi catholique, et devient prêtre dès l’âge de vingt-trois ans. Sa carrière au sein de l’Eglise s’annonce des plus prometteuses. Mais voici qu’au contact de la philosophie, sa foi s’effrite. Jusqu’à s’évaporer totalement. Il a alors trente-deux ans. Bientôt, il délaisse ses fonctions sacerdotales, entame des études de philosophie, avec l’aide de quelques sommités - Lévy-Bruhl, Brunschvicg et Delbos - et, en 1919, obtient la chaire d’histoire des religions de l’université de Strasbourg. En 1933, il publie Le Problème de Jésus et les origines du christianisme, qui lui vaut son excommunication de l’Eglise. Devenu l’un des piliers de l’Union rationaliste, il ne cessera, jusqu’à sa mort en 1955, dans un dialogue constant avec les catholiques, son travail d’exégèse biblique.

Un demi-siècle plus tard, ses livres ne se trouvent plus, n’ont jamais été réédités, son nom ne dit plus rien à personne, son travail semble n’avoir jamais eu lieu... Enterrement discret d’une œuvre majeure, écrit Michel Onfray dans la préface de Jésus a-t-il existé ?. C’est, en effet, à l’auteur du Traité d’athéologie que nous devons la réédition, en 2005, de ce recueil de textes oubliés. Onfray ne s’étonne d’ailleurs guère du lourd silence qui a fini par ensevelir le nom de Prosper Alfaric : On ne s’attaque pas impunément aux mythes... On ne reste pas sans punition d’avoir pensé, écrit ou dit que le roi est nu... Démontrer qu’une fiction sert de socle à une culture presque deux fois millénaires, voilà une information trop violente pour qui a été ondoyé physiquement et mentalement depuis le plus jeune âge.

A la recherche de traces...

Trois textes présentent les arguments de notre sympathique « antéchrist » : Jésus a-t-il existé ?, Comment s’est formé le mythe du Christ ?, et Le problème de Jésus. Ils datent respectivement de 1932, 1947 et 1954. Erudits, mais écrits dans un style d’une grande clarté, ils nous préviennent d’emblée - très honnêtement - qu’en cette matière fort épineuse, nous nous mouvons dans le domaine du vraisemblable, et devons renoncer à toute certitude.

D’abord, Alfaric remarque qu’aucun auteur non chrétien du premier siècle, contemporain de celui qui aurait été Jésus, ne l’a cité dans ses écrits. Pas une seule allusion chez des Juifs comme Philon d’Alexandrie ou Juste de Tibériade, pas plus que chez des païens comme Suétone, Sénèque ou Pline l’Ancien. Dans l’œuvre monumentale de l’historien juif Flavius Josèphe, on ne trouve que quelques lignes consacrées au Christ ; et chez le Latin Tacite, on ne relève qu’une très brève allusion. Mais ces passages, soumis à la critique, s’avèrent très probablement apocryphes (rajoutés, au fil du temps, par des copistes chrétiens). Nous ne possédons pas davantage d’acte officiel de Rome, rendant compte du procès de Jésus par Ponce Pilate. Ces silences sont pour le moins perturbants.

Au fond, tout ce que nous savons de Jésus vient des Evangiles. Or, ces textes ont été rédigés longtemps après l’époque qu’ils décrivent, après l’an 70, puisqu’ils font tous référence à la destruction du Temple de Jérusalem qui eut lieu cette année-là. Alfaric situe même leur élaboration dans la première moitié du deuxième siècle. Les narrateurs ne sont donc en rien des témoins de la vie de Jésus. Et tous semblent étrangers à la Palestine, qu’ils connaissent manifestement fort mal. Et puis, ils se contredisent, d’un évangile à l’autre, sur des points cruciaux, n’hésitent pas non plus à orner leurs récits des prodiges les plus étranges. C’est que ces récits n’ont pour but que de servir une certaine théologie, qui varie d’un auteur à l’autre, chacun ayant sa propre conception de la nature du Christ. Il n’est dès lors pas étonnant que Jésus apparaisse davantage comme un fantôme abstrait ou une idée qui marche, que comme un homme réel de chair et de sang.

Alfaric se penche aussi sur les textes chrétiens antérieurs aux Evangiles, qui peuvent, par leur archaïsme, leur proximité avec les origines, constituer des sources encore plus décisives. Il s’agit de l’Apocalypse, des Epîtres de Paul, et de l’Epître aux Hébreux. Or, tous ignorent Jésus de Nazareth. Certes, Jésus (dont le nom même signifie « Iahvé sauve ») y est présent, mais jamais sous la forme d’un personnage historique. Toujours sous la forme d’un être purement spirituel - mythique.

La formation d’un mythe


La réflexion d’Alfaric, passionnante de bout en bout, s’avère exaltante, lorsqu’elle s’efforce de reconstituer la manière dont a bien pu se former le mythe du Christ, quel état d’esprit a présidé à cette fabrication, et quels matériaux y ont pu être employés. Ainsi, à l’époque où nous ramènent les Evangiles, la Palestine est sous domination romaine, le peuple juif a perdu son indépendance, et a la conviction d’une intervention divine imminente. On cherche alors dans la Bible, qui passe pour être une grande prophétie messianique, l’annonce de la venue d’un Christ sauveur (ou « messie »), qui régnera sur l’univers et rétablira la justice. Et on la trouve ! Dans un oracle - librement interprété - de Jacob : Le sceptre ne s’éloignera pas de Juda, ni le bâton de commandement d’entre ses pieds, jusqu’à ce que vienne Schilo, et que les peuples lui obéissent. Texte fondamental, selon Alfaric, puisqu’il servit à déterminer la date à laquelle devait apparaître le Christ : avant la fin de la monarchie d’Hérode.

Alfaric nous montre comment l’image de Jésus s’est nourrie de certaines figures de l’Ancien Testament et d’autres textes anciens, proprement esséniens : une personnalité transcendante appelée « fils de l’homme » dans le Livre d’Hénoch ; un élu de Dieu, humble et méprisé, souffrant et mourant pour le rachat de nos péchés, et qui apportera la justice aux nations, dans le recueil d’Isaïe ; ou encore, dans les Psaumes, un pieux Israélite persécuté, soumis à d’innombrables maux, qu’on entend notamment lancer cet appel au secours qui en rappelle un autre : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?.

Si la figure du Christ se forme initialement dans le monde judaïque, elle n’en fait pas moins des emprunts à d’autres cultures. Alfaric remarque, en effet, d’étonnantes ressemblances entre le messie des chrétiens et d’autres hommes-dieux, plus anciens : Osiris en Egypte, Attis en Asie Mineure, Adonis en Syrie, ou Mithra en Perse. Tous ces dieux sauveurs passent pour avoir souffert, pour être morts de façon tragique, afin de ressusciter et d’assurer à leurs fidèles une éternité de bonheur. Guérisons miraculeuses, cène, naissance au 25 décembre, trahison d’un familier, soins pieux d’une femme éplorée... Autant de détails que l’on peut retrouver dans les récits de leurs vies - bien loin des Evangiles.

Un doute raisonnable

Au terme de la lecture des analyses de Prosper Alfaric, la thèse d’un Jésus mythique a perdu de son extravagance. Alfaric n’est, d’ailleurs, pas le premier à l’avoir soutenue. On la fait couramment remonter à Bruno Bauer (vers 1840). En réalité, il faut remonter beaucoup plus loin. A la Bible elle-même ! Dans la deuxième Epître de Jean, on peut lire, en effet, ceci : Car plusieurs séducteurs sont entrés dans le monde, qui ne confessent point que Jésus-Christ est venu en chair. Les sceptiques étaient là dès l’origine. Il est remarquable, aussi, de noter que deux papes du XVIe siècle ont affirmé le caractère légendaire de Jésus : Léon X et Paul III. Le premier confia à son secrétaire, le cardinal Bembo : On sait de temps immémorial combien cette fable de Jésus-Christ a été profitable à nous et à nos proches. Quant au second, il déclara au duc Mendoza, ambassadeur d’Espagne : N’ayant pu découvrir aucune preuve de la réalité historique de Jésus-Christ de la légende chrétienne, j’étais dans l’obligation de conclure à un dieu solaire mythique de plus.

Les papes eux-mêmes ont douté. Mais pas mon dictionnaire... En ouvrant au mot « Jésus » mon Dictionnaire Hachette encyclopédique, qui ne date pas du Moyen Age, mais de l’année 1994, j’ai pu lire cette révélation : La Résurrection n’est pas un fait historique directement constatable. C’est indirectement seulement qu’elle nous est connue : le tombeau est vide le dimanche matin... Ciel ! Qu’ai-je donc perdu mon temps à lire Prosper Alfaric ! Puisque mon petit dictionnaire illustré m’assure, non pas seulement que Jésus a existé, mais qu’il est ressuscité ! Indirectement connue, la résurrection est néanmoins... connue. Fichtre !

On le voit, le temps fait les croyances, lourdes et inébranlables, il érige, par son travail patient, les plus incertaines réalités en massives évidences. Le temps - par l’habitude, par la coutume - endort les consciences, les rend insensibles au bon sens. Les textes de Prosper Alfaric sont précisément de ceux qui réveillent les consciences, les ébranlent, les remettent en état de marche. Leur intelligence scrupuleuse mérite d’être ressuscitée ! Pour donner vie à d’autres travaux, plus actuels, mais animés du même esprit. A l’orée d’un siècle qui s’annonce « religieux », il est du devoir de chacun de prendre à bras le corps toutes ces questions avec liberté et rigueur.

Signalons enfin que l’ouvrage Jésus a-t-il existé ? couvre un champ beaucoup plus vaste que le seul titre ne le laisse entrevoir ; il étudie, en effet, outre le problème de Jésus, les origines sociales du christianisme, le mythe de Marie, les origines et l’histoire de l’excommunication, la façon dont se faisaient autrefois les papes, la croyance en Dieu, et d’autres sujets encore


http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=17596

samedi 15 mars 2008 à 12:52
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APPARITIONS & MAISONS HANTÉES

de Pascale Catala

Editions Presses du Châtelet, avril 2004






Aujourd'hui encore, les histoires de revenants, d'apparitions (qu'elles soient religieuses ou non), d'esprits frappeurs (poltergeists) ou de maisons hantées fascinent et inquiètent.

Suis-je en train de devenir fou ?
C'est la question que nous nous posons lorsque dans notre réalité quotidienne nous sommes subitement mis en contact avec l'Etrange, lorsque nos sens nous font percevoir des événements pourtant considérés comme impossibles. Comment réagir ? Qu'il s'agisse d'apparitions de fantômes, de visions mystiques de la Vierge, ou de troubles suscités par de mauvais "esprits frappeurs", ne sommes-nous pas fortement déstabilisés par cette irruption d'êtres qui semblent appartenir à un autre monde ? Peut-on encore faire confiance à nos sens ou bien tout cela ne relève-t-il que de l'illusion pure et simple ? Ces phénomènes présentent-ils un danger ? A qui s'adresser pour obtenir des conseils ?

L'histoire des légendes et croyances relatant de ce type de "visites" remonte à la plus haute antiquité. L'auteur nous propose dans cet ouvrage de retracer l'épopée de ces êtres venus de l'invisible, à travers le temps et l'espace, dans les croyances, les religions, la littérature ou le cinéma. Puis, en confrontant ces histoires aux témoignages modernes et aux études scientifiques, elle dégage l'image actuelle de ces phénomènes, acceptés comme naturels ou surnaturels par certains, rejetés comme inexistants ou diaboliques par d'autres.

Que peuvent nous apprendre les scientifiques aujourd'hui sur ces problèmes ? À partir d'études de cas, parmi les plus célèbres, et en s'appuyant sur les études les plus récentes, anglo-saxonnes pour la plupart, Pascale Catala propose, par une approche rationnelle fondée sur diverses disciplines scientifiques, une grille de lecture pour mieux appréhender ces intrusions de l'" Invisible " dans notre quotidien. Elle expose les différentes hypothèses permettant d'expliquer ces phénomènes (spirites, matérialistes, sceptiques, parapsychologiques…).

Ce n'est qu'en replaçant cette problématique sous l'éclairage à la fois de la fiction et de la réalité des vécus psychologiques ainsi que des observations scientifiques, qu'un tableau général peut être dressé.

L'auteur nous met également en garde contre les marchands d'illusion qui tenteraient de tirer profit de notre désarroi vis-à-vis de ces faits déroutants.

Un lexique, une bibliographie, un index et un cahier photo de huit pages complètent cet ouvrage.


samedi 29 mars 2008 à 10:54
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Voyage en religion, un beau livre à découvrir jeudi 27 mars 2008, par NPL Editeur

Nous vous proposons de découvrir un beau livre d’exception : Voyage en religions. Histoire des lieux de culte en Languedoc et Roussillon, de Patrick Cabanel.

Architecture, arts, doctrines et spiritualités : ce spécialiste d’histoire des religions et du protestantisme décrypte les sens cachés des bâtiments sacrés du Sud de la France , toutes religions ou croyances confondues.

Un parcours savant étalé sur plusieurs millénaires (dolmens, temples, églises…), sublimé par les photographies d’Henri Conte, pour découvrir ou redécouvrir le patrimoine exceptionnel du Languedoc-Roussillon. Pour mieux comprendre les mystères de l’architecture religieuse et des relations entre l’homme et son dieu.

http://www.spcm.org/Journal/spip.php?article16030
samedi 12 avril 2008 à 09:07
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Le schisme de Mgr Lefebvre a bien plus de vingt ans


Alors qu'approche l'anniversaire de la rupture intégriste de 1988, Nicolas Senèze met au jour ses soubassements historiques et idéologiques dans son livre "La Crise intégriste", qui vient de paraître aux éditions Bayard

LA CRISE INTÉGRISTE Vingt ans après le schisme de Mgr Lefebvre, de Nicolas Senèze
Bayard, 193 p., 15 €

Nicolas Senèze, chef adjoint du service Religion de La Croix, ne cherche pas à polémiquer dans le débat délicat autour du lefebvrisme, mais à comprendre. Avec sagacité, il remonte aux sources de la crise intégriste et explique comment on en est arrivé au blocage actuel. La grande pédagogie de l’auteur permet de démêler un écheveau des plus complexes.

L’ouvrage montre comment la crise est le fruit de la rencontre entre l’histoire singulière d’un homme, Marcel Lefebvre, et d’un certain nombre de rancœurs présentes dans la société française. Mgr Lefebvre subit l’influence de la pensée de Maurras et de l’Action française au Séminaire français de Rome, par l’intermédiaire du supérieur, le P. Le Floch.

Son départ en mission en Afrique, où il fait merveille, explique également son éloignement de ce que la France va vivre dans les années 1930, lors du second conflit mondial et dans l’après-guerre. C’est donc tout naturellement que vont se rallier à lui différents courants : partisans de l’intransigeantisme catholique en réaction à la Révolution française, militants et activistes déçus, passés par le pétainisme et l’Algérie française. L’opposition au Concile, identifié comme « l’effondrement catholique », cristallisera cette dérive intégriste.

Pas d’abord une affaire de messe en latin dite dos au peuple
L’abondante documentation du livre permet de comprendre que l’intégrisme n’est pas d’abord une affaire de messe en latin dite dos au peuple. Tirés à la fois de la biographie de Mgr Lefebvre par l’abbé Tissier de Mallerais et des études historiques universitaires, les documents accumulés dévoilent une position de fond. Elle comprend une certaine idée de la Révélation de Dieu, ainsi qu’une position de l’Église à l’égard du monde moderne qui ne peut accepter la liberté religieuse et la reconnaissance d’une dignité humaine autonome.

On le mesure bien dans l’échec de toutes les tentatives de conciliation lancées par les papes, de Paul VI à Benoît XVI. Par des extraits de lettres, des minutes de conversation entre Mgr Lefebvre ou ses successeurs et les papes, Nicolas Senèze montre comment se durcit la logique d’enfermement sur une base d’opposition à Vatican II.

L’auteur n’en conclut pas que l’opposition à la réforme liturgique n’a joué aucun rôle. Mais il montre comment elle a plutôt servi de bannière de ralliement au début des années 1970, et non lors du Concile. On découvre aussi combien nombre de fidèles qui avaient soutenu Mgr Lefebvre, pour sa volonté de restaurer la messe de saint Pie V, s’écarteront finalement de lui : mesurant les soubassements idéologiques, ils ne le suivront pas dans l’opposition radicale à Rome et dans le schisme. L’attachement à la « messe de toujours » ne suffit pas pour être intégriste.

On est vite passionné par ce livre où se déploie largement la narration mais où l’auteur, en bon informateur, distille les notices théologiques : qu’est-ce que la Tradition ? Peut-on laisser les fidèles choisir leur rite ? Peut-on en appeler à la Tradition contre le pape ? Quiconque cherche des repères pour voir clair dans ces difficiles questions y trouvera son compte… et des éléments de discernement.
Laurent VILLEMIN


Ce message a été modifié par sandie72 - samedi 12 avril 2008 à 09:07.
mardi 15 avril 2008 à 07:46
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Le dieu cosmique : en quête de la «vraie religion»
http://www.cyberpresse.ca/article/20080413...4/1050/CPARTS02

Daniel Lemay

La Presse

Albert Einstein, le plus grand physicien du XXe siècle, incarne, encore aujourd'hui, la Science moderne. Dans la seule année 1905, il a défini la lumière, prouvé l'existence de l'atome, démontré la «relativité» du couple espace-temps et établi la plus célèbre équation de la physique (E=mc2), base, entre autres domaines, de toute la science nucléaire.




Ces découvertes, fruits d'allers-retours incessants entre l'infiniment petit et l'infiniment grand, confortaient le savant dans son pressentiment que le monde avait un sens qui pouvait être compris. Par la force de la Raison. Par ailleurs, la démarche scientifique, au même rythme qu'elle faisait reculer la superstition, rapprochait l'être profondément religieux qu'était Einstein de «la foi de la raison». Cette «religion cosmique», comme il l'appelait, trouvait son assise «dans son émerveillement devant l'intelligence supérieure qui se dévoile dans les lois et l'ordre du cosmos». Cette religiosité du cosmos, écrira-t-il, «ne connaît ni dogme ni Dieu à l'image de l'homme et, donc, aucune Église n'enseigne la religion cosmique».

La religiosité «cosmique, naturelle, rationnelle et intérieure» représente «l'ultime degré de la religion», lit-on dans Le Dieu cosmique - À la recherche du Dieu d'Einstein que viennent de lancer au Éditions Le Jour (Quebecor) le «chercheur» Jacques Languirand et le philosophe et théologien Jean Proulx. L'ouvrage se veut le prolongement de la série du même nom, commandée par Radio-Canada et diffusée en 2005-06 dans le cadre de l'émission Par quatre chemins, animée depuis toujours par M. Languirand à la Première Chaîne.

À l'heure où, à l'échelle planétaire, les religions institutionnelles vivent maints tiraillements et où, ici, un certain vide spirituel semble ajouter à la crise identitaire du Québec traditionnel, voici une lecture obligatoire pour quiconque s'intéresse plus vastement à l'Homme et à sa relation moderne avec l'idée de Dieu.

Moderne parce la «foi de la raison» trouve son origine dans l'humanisme spirituel de la Renaissance (XVe et XVIe siècle) qui, avec la Réforme protestante, constitue la base philosophique de la modernité. En même temps que Copernic, Galilée et Gutenberg font avancer la science et la technique, les penseurs humanistes comme Érasme affirment «la dignité de l'être humain». Ses assises: conscience autonome, libre volonté.

Ailleurs, Luther et Calvin rallient ceux qui veulent se libérer de l'autoritarisme de l'Église catholique; là aussi, la raison critique contribue à l'essor de la science, des techniques et du capitalisme. Plus tard, toutefois, les protestants les plus purs viendront fonder «l'Israël américain de Dieu» et leur pratique d'une lecture littérale des Livres empêchera leurs héritiers les plus stricts de vivre dans la modernité.

Parallèlement, la religion naturelle, seule «vraie religion», se développe et des penseurs comme Spinoza (1632-1677) invitent l'homme à «tenter de vivre à la hauteur de son essence». Plus tard, d'autres savants emprunteront le chemin de la «connaissance intuitive» de Dieu. Ainsi, le philosophe allemand Emmanuel Kant (1724-1804) - on lui doit la formule Sapere aude: «Ose penser par toi-même, la base philosophique des Lumières»- invitera l'homme à «reconnaître comme commandement divin ce que la raison affirme être un devoir».

Puis viendra Friedrich Hegel (1770-1831) qui récupérera les mythes de la religion historique pour «les intégrer au potentiel spirituel intérieur de chacun». On comprendra ici que le «Dieu d'Einstein» est le Dieu de tous ces savants et philosophes modernes qui aspirent à une Église universelle où le seul culte est de «monter vers l'essence de son propre esprit fini pour y rejoindre l'Esprit cosmique infini».

Une religion «naturelle»... Sans révélation historique, sans dogme précis, sans mythologie, sans rituel, sans Église institutionnelle. Soustraite, donc, aux «dieux sanguinaires».

On ne vous dira pas que le livre de M. Languirand se lit comme un roman mais les fruits sont là, à portée de toute bonne volonté. Par contre, pas besoin d'être un Prix Nobel de physique pour comprendre que répondre à l'«impératif cognitif inné» ne se fait pas dans un après-midi.

LE DIEU COSMIQUE

Jacques Languirand et Jean Proulx Éditions
Le Jour
280 pages
27,95$


Ce message a été modifié par sandie72 - mardi 15 avril 2008 à 07:47.
mercredi 16 avril 2008 à 14:16
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Sept leçons sur le Dieu des chrétiens


Le Figaro -11/04/08
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Dans un nouvel essai, Rémi Brague, spécialiste de la pensée médiévale juive, chrétienne et arabe, distingue sept caractéristiques de la divinité dans le christianisme. Entretien.

Le Figaro Magazine - Les trois monothéismes, les trois religions d'Abraham, les trois religions du Livre : dans votre nouveau livre *, vous dénoncez ces expressions passées dans le langage courant...

Rémi Brague - Je commence en effet par attaquer ces trois expressions, qui dominent le discours médiatique. Elles sont d'autant plus dangereuses qu'elles partent d'une excellente intention. Mais elles produisent de la confusion, cachent la vérité et empêchent de penser. Ce n'est pas de la même façon que les trois religions comprennent l'unicité de Dieu, le rôle d'Abraham, la place de leur Livre sacré. Le rapport du christianisme au judaïsme n'a rien à voir avec le rapport du christianisme à l'islam. Le christianisme a en commun avec le judaïsme un livre, celui que les chrétiens appellent l'Ancien Testament, et l'histoire qu'il raconte. L'islam, en revanche, ne croit pas que l'Ancien et le Nouveau Testament, tels que les lisent aujourd'hui juifs et chrétiens, soient les textes authentiques qui ont été confiés à Moïse et à Jésus. Ils auraient été trafiqués, mais heureusement remplacés par le Coran, seul resté intact, et donc seul nécessaire.

Les deux religions bibliques, judaïsme et christianisme, ont en commun l'idée d'une alliance de Dieu avec l'homme : Dieu entre dans l'Histoire pour le libérer. Il délivre Israël de la captivité en Egypte ; pour les chrétiens, Il délivre l'humanité du péché dans une autre Pâque. La spécificité du christianisme est qu'il pousse l'idée d'alliance jusqu'à l'incarnation : dans une seule et même personne s'allient les deux natures, divine et humaine. L'islam ne reconnaît pas l'incarnation : pour lui, Jésus est un prophète, rien de plus. Mais c'est que, déjà, il ne connaît pas l'idée biblique d'alliance et d'histoire du salut.

Quelles sont les conditions d'un dialogue entre chrétiens et musulmans ?

D'abord, les mêmes que celles, très évidentes, de tout dialogue vrai entre qui que ce soit : respect, confiance, bonne volonté, etc. Ensuite, il faut une bonne connaissance mutuelle. Avec le judaïsme, le dialogue est facilité par le fait qu'il existe des chrétiens qui connaissent bien le judaïsme, et des juifs qui connaissent bien le christianisme, au point d'en enseigner l'histoire. Avec l'islam, il y a jusqu'à présent un déséquilibre : l'Occident a produit depuis le XVIe siècle des islamologues très compétents, juifs et chrétiens ; en revanche, les musulmans qui connaissent bien le christianisme sont encore peu nombreux.

La condition principale est de placer le débat sur le terrain où il peut être fécond. Paradoxalement, ce n'est pas le terrain religieux. Celui-ci est piégé, car l'islam se comprend comme un post-judaïsme et un post-christianisme. Il se voit d'une part comme la religion primitive, la seule religion d'Abraham ; il se voit d'autre part comme la religion définitive, destinée à remplacer judaïsme et christianisme, tous deux périmés. Reste pour le dialogue le terrain de l'humanité commune, de la raison, de la civilisation.

Le Dieu des chrétiens, vous le rappelez, pardonne les péchés. Mais que se passe-t-il dans une époque qui ne croit plus au péché ?

Le Dieu de la Bible, et donc aussi des chrétiens, n'est pas le seul à pardonner. Celui de l'islam est le Miséricordieux. Le Dieu des chrétiens ne se contente pas de passer l'éponge. Il cherche à guérir de l'intérieur la liberté blessée de l'homme. Ce pourquoi il doit monter un dispositif assez raffiné, ce que l'on appelle l'histoire du salut. Croire au péché ? Quelle horreur ! Ce n'est pas au péché que croient les chrétiens. C'est au pardon des péchés. Un « péché », ce n'est pas une faute plus grave qu'une autre ; c'est une faute, quelle qu'en soit la gravité, vue sous l'angle du pardon. En termes techniques : sous l'angle de la rémission. Cela veut dire que Dieu non seulement nous pardonne et nous redonne sa confiance, mais qu'il peut réparer notre liberté. Elle avait été blessée, ankylosée par les mauvais choix passés. Il s'agit de la retourner de l'intérieur, de libérer la liberté, si l'on peut dire.

Quand on ne croit plus au pardon des péchés, la faute reste entière. On la camoufle sous divers noms : dysfonctionnements, erreurs, problèmes, complexes, etc. Et sous diverses explications : cerveau reptilien, exploitation, souvenirs de nursery, etc. Notre société s'épuise dans une confession de ses fautes ou plutôt des fautes de ses ancêtres, c'est plus confortable. Mais cette confession ne débouche sur aucune absolution. Elle ne produit donc qu'un sentiment de culpabilité écrasant, paralysant, suicidaire. Finalement, j'aurais bien envie de retourner votre constatation : s'il y a une époque qui croit au péché, et dur comme fer, c'est bien la nôtre ! L'ennui, c'est que nous ne croyons plus qu'à cela...

L'Europe occidentale est tout à la fois sécularisée et multiculturelle. Quel avenir voyez-vous pour la foi chrétienne dans notre société ?

Et quel avenir voyons-nous pour notre société ? Si le christianisme était en recul dans une Europe vigoureuse, confiante, entreprenante, ce ne serait pas si grave. Mais je n'ai pas tellement l'impression que l'Europe ait de bonnes joues roses... Je m'amuse parfois à donner du mot « séculier » une étymologie grinçante. Comme vous le savez, « séculier » vient de « siècle », c'est une sorte de doublet de « séculaire ». Je dirais donc : est séculier celui qui croit que l'horizon ultime de la vie humaine est un siècle, et qui, par ses comportements, fait en sorte que cela soit vrai. L'avenir de la foi chrétienne, c'est justement la foi en l'avenir.
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dimanche 20 avril 2008 à 09:09
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Une religion made in U.S.A (en marge de la visite du pape)



Les éditions Tempora publient un livre intitulé “Une religion Made in U.S.A. - Le fondamentalisme évangélique”. L’auteur est Karl Keating. Le livre est résumé ainsi par l’éditeur: C’est essentiellement aux Etats-Unis que les groupes appartenant à la mouvance évangélique fondamentaliste se sont multipliés à l’infini et ont imprégné profondément la société allant, parfois, jusqu’à s’identifier à elle. Or, aujourd’hui, le nouvel Empire, répandant jusqu’aux extrémités de la terre la civilisation de Coca-Cola et de Microsoft, diffuse aussi sa religion ! Mille nouveaux lieux de culte évangélique se seraient ouverts en France depuis trente ans (il y en a aussi beaucoup en Suisse, y compris dans les communautés étrangères qui sont ciblées selon leur provenance). Quel que soit le nom qu’on lui donne, « évangélisme », christianisme « vrai » ou « authentique », « fondamentalisme protestant », etc., cette religion made in USA devient celle des « yuppies » mondialisés. Des chefs d’État, des sportifs, des stars de cinémas ne font plus mystère de leur « christianisme ». Il n’est donc pas déraisonnable d’imaginer qu’il s’agisse là de la « nov-religion » du siècle commençant. Et, plutôt que de se contenter d’analyses politiques ou sociologiques parfois caricaturales et réductrices, cet ouvrage propose une présentation non seulement de l’histoire religieuse de ce mouvement, mais aussi des mécanismes de pensée qui le conduisent. Karl Keating est le fondateur de « Catholic Answer », mouvement américain d’évangélisation. Son ouvrage Catholicism and Fundamentalism: The Attack on “Romanism” by “Bible Christians”, publié en 1988 par la maison d’édition Ignatius Press, a rencontré un véritable succès et est régulièrement réédité aux Etats-Unis. Karl Keating est également l’auteur, de nombreux autres articles et livres publiés en langue anglaise.


Nombre de pages : 384

http://religions.blog.lenouvelliste.ch/200...visite-du-pape/
samedi 26 avril 2008 à 23:10
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Les bonnes raisons de Dieu


LE MONDE DES LIVRES | 24.04.08 | 17h30

La vocation du philosophe, c'est de nous aider à approcher la vérité. Par voie de conséquence, elle consiste aussi à pointer les erreurs, à analyser leurs origines et leurs méfaits, afin de nous en détourner. Surtout quand ces erreurs sont bien chevillées aux esprits, qu'elles circulent, se répandent, finissent par faire autorité, discours, arguments. C'est pourquoi, en matière de religion, l'exercice de la raison est vital, toujours actuel. Aucun consentement à une foi ne saurait le tenir à l'écart.

Le dernier livre de Rémi Brague, qui enseigne à la Sorbonne la philosophie arabe et médiévale, répond avec rigueur et clarté à cette vocation. Il s'agit en premier lieu de tailler à grands coups de serpe dans trois idées reçues qui, au fil du temps, se sont figées en expressions courantes. La première tâche sera donc de démontrer en quoi parler des "trois monothéismes", des "trois religions du livre" et des "trois religions d'Abraham" est aussi généralement admis qu'irrecevable. En une quarantaine de pages, l'auteur dénonce cette "harmonie de surface" qui cache bien des raccourcis et des abîmes de confusion. Qui justifie de faux dialogues et de vraies, de sanglantes querelles. Si l'on néglige par exemple les conceptions radicalement différentes que le judaïsme, l'islam et le christianisme se font du Dieu unique, ou du Livre, ou du rôle d'Abraham, si l'on imagine l'identité établie sur l'essentiel, on se condamne à un simplisme déprimant. Quel dialogue, quelle entente peut-on établir sur des bases aussi mouvantes ?

Poursuivant son travail de démystification, et donc d'éclaircissement, Rémi Brague traite ensuite de la conception chrétienne de Dieu : connaissance et unité de Dieu, Dieu un et trin, paternité de Dieu, son attente à notre endroit et la nature (ou l'objet) de son pardon. A chacune des étapes qui permettent d'approcher, sans le dénaturer ou le caricaturer, le contenu de la foi, des questions légitimes sont soulevées. A chaque question correspond une réponse proposée à notre entendement, et donc à notre liberté. Etant entendu que cette liberté ne saurait s'exercer valablement si on lui présente des objets biaisés, des arguments fallacieux, de doctes sottises.

Comment, par exemple, en une époque où le pluralisme "bénéficie d'un préjugé favorable", où la tolérance est perçue comme une vertu éminente, faire droit à une religion qui confesse absolument un "seul vrai Dieu", qui introduit à un mystère où la mesure n'est pas fixée par l'homme ? "Concevoir Dieu sur le modèle du monde créé" et des catégories de la pensée humaine, c'est se condamner "à rester à la surface des choses", à instrumentaliser le divin.

La grande qualité du livre de Rémi Brague, c'est d'ouvrir l'esprit, au-delà de tous les préjugés, à cette mesure et à ce mystère qui nous invitent hors de nous-même.

Du Dieu des chrétiens et d'un ou deux autres, de Rémi Brague. Flammarion, 256 p., 19 €.

Signalons également un autre essai de Rémi Brague, sur l'imaginaire baudelairien, Image vagabonde (Editions de la Transparence, www.latransparence.fr, 138 p., 14 €).

Patrick Kéchichian
lundi 05 mai 2008 à 11:34
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Posté par Nanny21
Topic : Vampires entre peur et fascination.

Je vais me contenter de vous donner quelques livres de références sur les vampires et leurs mythes :
Le musée des vampires de Rolland de Villeneuve et Jean -louis Degaudenzi
Bran Stoker de Alain Pozzuoli
A la recherche des vampires de Francois Ribadeau Dumas
Les métamorphoses de Dracula: Denis Buican
Loups Garous et vampires de Rolland Villeneuve

Et il y en a tellement d'autres ...Ne pas oublier le dictionnaire du Diable de (encore) Rolland Villeneuve. Excellent livre regroupant tous les mythes sur les sorcières , diable, vampires et autres.
Et pour finir un petit article sur la Strige , vu comme l'une des première figure mythologique vampirique
mercredi 07 mai 2008 à 08:42
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Les laïcités dans le monde
de Jean Baubérot

Catégorie(s) : Sciences humaines et exactes => Economie, politique, sociologie et actualités



Une tendance lourde

Si la Communauté internationale est laïque, dans ses institutions, la laïcité a gagné du terrain, même là où la religion est en pratique toujours très présente, comme sur le continent américain. Ce phénomène se base sur une tendance lourde, l'occidentalisation du traitement de la question, la laïcité pouvant être perçue comme un élément de modernité.
A côté de cela, l'Europe, continent démocratique par excellence, la pratique peu, au profit du concordat ou de la religion d'Etat, comme au Royaume-Uni, en Grèce ou en Belgique.

Il est délicat d'en exposer plus, au risque de déflorer trop l'apport de ce livre court, qui s'avère être fort clair, et qui classe les régimes par continent. Je regrette juste que l'Europe, où la sécularisation est une question historiquement lourde, ne fasse pas l'objet de plus amples développements.
Voilà, tout de même, de quoi trouver des éléments pour pouvoir discuter en société, et c'en est bien le but.


Presses Universitaires de France - PUF
Que sais-je ?


http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/16675

mardi 20 mai 2008 à 10:50
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Le grand livre des fantômes
de Dominique Lormier


le 18 mai 2008




Ghost story

Sans être un grand livre sur le sujet, l'ouvrage de Dominique Lormier "Le grand guide des fantômes" (titre un peu prétentieux selon moi, surtout que ce 'grand guide' ne fait que 210 pages, mais bon) est assez intéressant.

Des apparitions mariales (Lourdes, Bernadette de Soubirous, Fatima) aux maisons hantées, en passant par les dames blanches, les médias servant de relais pour les fantômes (les fameuses TransCommunications Instrumentales, ou TCI), les légendes, les mauvaises réputations de lieux, les spirites...Tout y passe, ou presque, avec plus ou moins de bonheur.
A noter un chapitre sur les fantômes et les artistes, où on apprend que Michel Sardou a, une fois (il n'est pas indiqué quand, mais je pencherais pour plusieurs dizaines d'années, qui sait, peut-être même dans la jeunesse du chanteur), été en présence de phénomènes étranges. Et il n'y à pas que lui : Joan Crawford, Bob Hoskins, Telly Savalas eux aussi.

Un livre assez bon, sans pour autant être parfait. Pour les néophytes voulant en savoir un peu plus, il y à sûrement de meilleurs ouvrages, mais ce "Grand guide des fantômes" reste assez sympa !

Trajectoire Editions
mardi 20 mai 2008 à 12:51
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Les Lieux De L'au-Delà - Guide Des Fantômes, Dames Blanches Et Auto-Stoppeuses Évanescentes En France, Belgique Et Suisse
Audinot, Didier


Résumé :

Partout en France, dans les villages, les grandes villes ou sur des routes de campagne, il se produit des phénomènes étranges : apparitions de fantômes, de Dames blanches... Parfois on trouve des maisons hantées ou des bruits mystérieux qu'on ne peut expliquer. Ce sont aussi d'étranges auto-stoppeuses qui apparaissent à l'endroit où elles ont eu un accident et s'évanouissent aussi mystérieusement qu'elles sont apparues. Véritable guide, cet ouvrage de référence est écrit par un spécialiste de ces phénomènes inexplicables. II a enquêté dans les brigades de gendarmerie, interrogé les témoins. Ce livre recense tous ces lieux mystérieux que vous trouverez classés par ordre alphabétique de ville avec, pour chaque cas, le genre auquel il se rapporte : fantôme, Dame blanche, manifestation étrange, auto-stoppeuse fantôme, etc. En fin d'ouvrage, un index par département vous aidera à localiser parfaitement les lieux mystérieux de votre région parmi les 399 répertoriés.

vendredi 23 mai 2008 à 07:50
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Amour et haine en religion
LE MONDE | 20.05.08 | 16h51 • Mis à jour le 20.05.08 | 16h51


En dépit de son approche assez ardue, voilà un ouvrage qui mériterait d'être mis entre les mains de tous ceux qui défendent une lecture littérale des textes sacrés, y lisant volontiers la haine, la violence, l'ostracisme contenu dans la Bible ou le Coran.

Trois hommes de foi, un juif, un catholique et un musulman, ont entrepris une lecture critique de leurs textes respectifs pour tenter d'expliquer ce que le rabbin David Meyer, à l'origine de ce projet, a appelé les "versets douloureux". Cette formule donne son titre à l'ouvrage qu'il cosigne avec le jésuite Yves Simoens et le théologien musulman Soheib Bencheikh : Les Versets douloureux. Bible, Evangile et Coran entre conflit et dialogue.



Leur tentative d'expliquer la présence de tels écrits dans des textes censés défendre l'amour ne va pas sans difficultés. Chacun cherche à les justifier par le contexte, les minimise en assurant que les passages les plus bellicistes n'ont jamais véritablement été "mis en oeuvre" ou rappelle que les textes sacrés contiennent avant tout des messages de "paix" et de "pardon". Ils se refusent toutefois, comme le résume M. Meyer, à "ignorer ces versets alors que nous croyons dans la nécessité absolue d'une autocritique des religions".

Composé de trois parties conclues par un échange entre les trois spécialistes, l'ouvrage est inégalement accessible. Riche et relativement limpide pour la partie consacrée au judaïsme, il suppose une bonne connaissance de l'Evangile de Jean et des pratiques exégétiques pour apprécier le propos d'Yves Simoens sur les tensions entre juifs et chrétiens. Iconoclaste pour certains de ses coreligionnaires, le travail fourni par Soheib Bencheikh propose une analyse théologique de l'image du judaïsme et du christianisme dans les textes coraniques et tend à mettre en évidence la temporalité du Coran. Il met aussi en cause la "paresse intellectuelle" et la méconnaissance des "sciences coraniques" dans l'enracinement de certaines interprétations erronées du Coran au fil des siècles.

S'attachant à décrypter les textes les plus violents contenus dans la Torah ou le Talmud, M. Meyer prend l'exemple du livre de Josué, qui contient, selon lui, une résonance dans le conflit actuel entre Israéliens et Palestiniens. Dans ce passage de la Bible qui se déroule au moment de la conquête de la Terre promise par le successeur de Moïse, "nous lisons avec effroi les commandements divins nous enjoignant de mettre à mort tous les habitants des sept nations, hommes, femmes, enfants et bétail, dans une violence inouïe et un bain de sang généralisé", rappelle l'auteur. Pourtant, au fil des siècles, "en réduisant le périmètre de l'horreur", les spécialistes du Talmud auraient, selon M. Meyer, exclu de ce déferlement de haine les chrétiens et les musulmans. Quant aux "païens"...

Même tentative d'explication et de distinguo chez M. Bencheikh, à l'heure où une certaine lecture du Coran justifie les violences au nom de l'islam. Le verset de l'Epée dans lequel il est recommandé de "frapper les incroyants" et dont se réclament les djihadistes du XXIe siècle ne concernerait que les tribus bédouines qui avaient transgressé leur pacte avec la nation musulmane naissante. M. Bencheikh plaide une nouvelle fois pour que "toute tentative de réformer l'islam passe par un travail de désacralisation, par une relecture des textes à la lumière de l'intelligence moderne".

On conserve de la lecture de cet ouvrage la conviction que les textes sacrés comportent indubitablement des passages emplis de haine, mais qu'il est de la responsabilité des hommes de foi d'aider croyants et non-croyants à mieux les comprendre pour, s'ils le souhaitent, les dépasser. Car, ainsi que le résume M. Meyer, "considérer la Loi comme un refuge, sans la questionner et sans oser la transgresser, cela s'appelle du fanatisme".

"Les Versets douloureux" dirigé par David Meyer, Soheib Bencheikh, Yves Simoens. Ed. Lessius, 208 pages, 22 €

Stéphanie Le Bars


Ce message a été modifié par sandie72 - vendredi 23 mai 2008 à 07:51.
dimanche 25 mai 2008 à 09:28
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Le grand livre des fantômes
de Dominique Lormier

Catégorie(s) : Sciences humaines et exactes => Scientifiques , Sciences humaines et exactes => Spiritualités

critiqué par Bookivore, le 18 mai 2008




Ghost story

Sans être un grand livre sur le sujet, l'ouvrage de Dominique Lormier "Le grand guide des fantômes" (titre un peu prétentieux selon moi, surtout que ce 'grand guide' ne fait que 210 pages, mais bon) est assez intéressant.

Des apparitions mariales (Lourdes, Bernadette de Soubirous, Fatima) aux maisons hantées, en passant par les dames blanches, les médias servant de relais pour les fantômes (les fameuses TransCommunications Instrumentales, ou TCI), les légendes, les mauvaises réputations de lieux, les spirites...Tout y passe, ou presque, avec plus ou moins de bonheur.
A noter un chapitre sur les fantômes et les artistes, où on apprend que Michel Sardou a, une fois (il n'est pas indiqué quand, mais je pencherais pour plusieurs dizaines d'années, qui sait, peut-être même dans la jeunesse du chanteur), été en présence de phénomènes étranges. Et il n'y à pas que lui : Joan Crawford, Bob Hoskins, Telly Savalas eux aussi.

Un livre assez bon, sans pour autant être parfait. Pour les néophytes voulant en savoir un peu plus, il y à sûrement de meilleurs ouvrages, mais ce "Grand guide des fantômes" reste assez sympa !

vendredi 13 juin 2008 à 07:49
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Livre : «Internet et religion»

Jean-François Mayer vient de publier aux éditions Infolio, un ouvrage intitulé Internet et religion.
Présentation de l’éditeur : Les nouvelles technologies ont aussi un impact sur les religions. Internet a déjà transformé nos manières de travailler et de communiquer. Changera-t-il demain les pratiques religieuses et les croyances ?

Pour répondre à cette question, l’auteur de ce livre explore depuis des années les recoins les plus étonnants du Web. Découvrez avec lui les réactions des grandes religions face à Internet, les cérémonies en ligne, le succès des cyberfatwas chez les internautes musulmans, les évangélistes du cyberespace, l’émergence de communautés à travers des forums, les guerres de religion virtuelles et les défis lancés par les innovations technologiques à des mouvements religieux. Ce livre n’est pas un guide des sites religieux sur Internet, mais une analyse originale et de lecture aisée pour découvrir ces développements et leurs enjeux.
Présentation de l’auteur par l’éditeur : Jean-François Mayer, historien, a été responsable d’un projet de recherche du Fonds national suisse de la recherche scientifique et a enseigné la science des religions à l’Université de Fribourg. Il est le directeur de Religioscope, qui est à la fois un site créé en 2002 et un nouvel institut de recherche sur les facteurs religieux. Il a consacré aux courants religieux contemporains de nombreux livres et articles. Ses ouvrages ont été traduits en plusieurs langues.
vendredi 13 juin 2008 à 07:54
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Encyclopédie du Fantastique et de l'Etrange


Le surnaturel fait vendre ! De nombreux marchands d'imaginaire l'ont bien compris mais souvent aux dépens de la qualité.


Or, Maison-Hantee.com qui traque la plupart des nouveaux livres de fantômes s'efforce de mettre de l'ordre dans toute cette avalanche littéraire. Après les anthologies, le temps serait à présent aux encyclopédies. Il y en a pour tous les âges et tous les goûts. Récemment, Erick Fearson a mis la main sur le troisième tome* d'une série d'albums illustrés, publiés chez Casterman sous le titre Encyclopédie du Fantastique et de l'Etrange. Destiné aux jeunes lecteurs, soucieux de cultiver leur goût du mystère et du merveilleux, le nouveau livre de Béatrice Bottet n'hésite pas à sacrifier le mythe des fantômes sur l'autel des idées reçues et à puiser son inspiration dans la besace du "déjà-vu". Malgré des illustrations d'ambiance plutôt soignées, l'ouvrage ne s'impose pas, faute de motivation. Itinéraire d'une déception.

Par Erick Fearson

Un vent spectral souffle actuellement sur le monde de l’édition. Et pas le plus inspiré ! À croire que les fantômes sont en odeur de sainteté puisque, ces derniers temps, les ouvrages sur le sujet se multiplient et envahissent les rayons, rendant l’offre totalement illisible. C’est le cas ici avec la parution, chez Casterman, du troisième tome d’une collection illustrée, intitulée pompeusement Encyclopédie du Fantastique et de l’Etrange. Or, oser définir cet album d’encyclopédie est un peu exagéré car, d'après moi, le sujet est largement survolé.

Mais avant de jeter la pierre, voyons de quoi il s’agit. Bien que commerciale, la couverture sous-titrée Fantômes et mystères et représentant un spectre dans un cimetière est fort alléchante mais trompeuse. Car, autant vous prévenir maintenant, seuls deux chapitres parmi les six proposés abordent la mythologie des fantômes et des maisons hantées. Le reste du livre flirte avec les vampires, les extra-terrestres et les phénomènes fortéens. Bref, un vrai "fourre-tout", compilation de ce qui a déjà été dit maintes et maintes fois sur le sujet. Je soupçonne l’auteur d’avoir lu quelques ouvrages de vulgarisation sur les fantômes et exploré les arcanes du web pour trouver matière à écrire. Mais la faute est à moitié pardonnée puisque ce livre s’adresse au grand public et, en particulier, aux jeunes lecteurs. Néanmoins...

Là n’est pas le motif de fâcherie : je ne suis pas d’accord lorsque l’auteur campe dans le champ des idées reçues. Avant de parler librement d’un sujet, encore faut-il l’avoir creusé en profondeur, au risque de véhiculer des clichés voire des erreurs auprès d’une cible qui recherche le grand frisson. Ce qui aura, pour effet négatif, de contraindre leur esprit critique et de soutenir des inepties dans leur vie d’adulte.

Pour preuve, quand vous apprenez qu’un revenant est agressif, méchant et effrayant (sic), que le but d’un fantôme est de revenir embêter les vivants et de les empêcher de dormir ou encore que le spectre est la forme perceptible du revenant et du fantôme (!?), vous vous demandez où Béatrice Bottet a puisé ses sources. On est aussi en droit de s’interroger sur le parti-pris de l’auteur quand on lit : "malgré tout, les personnes sérieuses ne se posent pas longtemps la question : d’un point de vue scientifique, rien de ce qui se déroule dans le domaine du paranormal n’est possible" ou bien encore "…les personnes sérieuses se bornent à affirmer que tout contact entre notre monde et des extra-terrestres est totalement impossible". Que doit-on comprendre par là ? Que les chercheurs qui ont étudié ces phénomènes en profondeur et qui affirment que ces choses incroyables sont possibles ne sont pas sérieux ? Que ce sont des illuminés à enfermer ? Voici encore une fois, une conclusion hâtive qui risque d’alimenter la tendance au scepticisme agressif et de sous-entendre que les professionnels qui étudient, qui croient ou qui expérimentent ces phénomènes sont de doux dingues juste bons à s’allonger sur le divan du psy !

Néanmoins, reconnaissons qu’en tant qu’album, ce livre est richement illustré par des représentations picturales fantomatiques de qualité, permettant à l’imaginaire de voyager. Cet ouvrage laisse aussi une petite place au doute, offrant à l’enfant la possibilité de rêver (ou de cauchemarder !) plus facilement. Et ce malgré les regrettables erreurs qui parsèment l’ouvrage…

En conclusion, voici donc un énième livre qui sent la commande, ouvrage de vulgarisation qui ne fait que revisiter des histoires et anecdotes trop souvent ressassées sur ce thème. Je serais tenté de le conseiller aux jeunes néophytes qui voudraient s’initier aux mystères de l’autre dimension mais je m’en abstiendrai. Au risque de me rendre complice de l’auteur et d’accréditer un positionnement bancal. Les jeunes lecteurs, en mal de merveilleux, méritent mieux que ça !

E. F.

* Encyclopédie du Fantastique et de l'Etrange, Tome 3 : Fantômes et mystères, Béatrice Bottet (collectif), Casterman, 2005



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Ce message a été modifié par sandie72 - vendredi 13 juin 2008 à 11:52.
samedi 14 juin 2008 à 08:59
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Camille Tarot : les cultures et des cultes
LE MONDE DES LIVRES | 13.06.08 | 12h08



A l'heure où l'on nous serine que - tout bien réfléchi - le XXIe siècle sera bel et bien "religieux" (à défaut de "n'être pas", ce qui paraît mal engagé), il convient de se demander si cet adjectif a vraiment un sens. Car quoi de commun entre les cultes des ancêtres polynésiens et le brahmane sans qualités de l'hindouisme, entre le totémisme des tribus australiennes et la lapidation de Satan ? Et comment élaborer une notion unifiée de la "religion" sans sombrer dans un ethnocentrisme faisant de nos formes cultuelles le canon universel du religieux, ou, inversement, diluer la notion en traitant comme phénomène religieux tout ce qui a à voir avec la production du sens et du lien social ?



Camille Tarot affronte la difficulté. Arguant que "s'il faut abandonner le mot religion parce qu'il est ethnocentrique (...), il faudra aussi abandonner les mots de chimie et de démocratie qui ne le sont pas moins", il montre qu'il est possible de lui conserver une consistance, à la condition de ne plus définir la religion "par en haut" (par les croyances dans les dieux, les esprits, les âmes...) mais plutôt "par en bas" (par les pratiques rituelles, sacrificielles...).

Selon Tarot, une telle refonte de la science des religions nécessite de faire la synthèse entre, d'une part, la notion de "sacré" héritée d'Emile Durkheim (comme acte de mise à part d'une catégorie déterminée d'objets ou d'êtres vécus comme intouchables, impurs ou séparés), et, d'autre part, celle d'"ordre symbolique", particulièrement élaborée par Marcel Mauss, comme capacité proprement humaine de représenter l'expérience concrète à travers des systèmes d'images, de signes...

Mais sa référence majeure est l'anthropologie de René Girard : il reprend l'idée que toute société trouve son origine dans le mécanisme du "bouc émissaire", par lequel la violence collective est conjurée en étant projetée sur une victime expiatoire. "Si derrière la religion et le sacré il y a bien la violence de l'homme, la question est de savoir comment il a pu la maîtriser", affirme Tarot, qui cherche à montrer que loin d'être un instrument de domination, comme le voudrait Pierre Bourdieu (lu ici de manière fort partiale), la religion est d'abord un remède symbolique contre la violence inhérente aux désirs humains : la science des religions n'est alors rien de moins qu'une archéologie de la violence.

Mais la religion est paradoxalement une "protection dangereuse", car elle ne peut opérer qu'en retournant, dans le sacrifice, la violence contre la violence, de sorte qu'une société court toujours le risque d'être pervertie par ses propres défenses immunitaires. Cette ambivalence des cultes aussi bien que de la culture avec laquelle ils font corps, nous rappelle, conclut l'auteur, "que la bête rôde et que notre dernier fétiche, la culture, que nous sommes fiers de démocratiser, offre un faible rempart, car le ver est toujours déjà dans le fruit".
LE SYMBOLIQUE ET LE SACRÉ. THÉORIES DE LA RELIGION de Camille Tarot. La Découverte, "Textes à l'appui", 912 p., 39 €.

Stéphane Legrand


Ce message a été modifié par sandie72 - samedi 14 juin 2008 à 08:59.
samedi 14 juin 2008 à 09:03
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Les "treize fantômes" d'un agent secret



Comment passe-t-on des services secrets britanniques à la chasse aux fantômes ? Auteur de l’excellent recueil d’histoires surnaturelles, Treize fantômes, publié en 1971 chez Albin Michel et disponible aujourd’hui uniquement sur le marché d’occasion, George Langelaan, dont le nom signifie "longue vie", s’est consacré au paranormal, après avoir été agent secret pendant la seconde guerre mondiale.
Aux côtés de Jacques Bergier, autre amateur d’insolite, il est devenu apôtre du réalisme fantastique dans les années 60.
Au cinéma, son nom reste indissociable du film de 1958, La Mouche noire de Kurt Neumann, avec Vincent Price, et de son remake par David Cronenberg, en 1986, tous deux adaptés de sa nouvelle éponyme.

Mettre la main sur Treize fantômes chez un bouquiniste spécialisé dans le fantastique fut une bénédiction. Trente cinq ans plus tard, ces treize histoires "vraies", mélange de légendes, d’expériences, de visites et de rencontres, menées essentiellement en Grande-Bretagne et en Irlande, par Langelaan, sont toujours diaboliquement efficaces, vous empêchant de dormir, tant leur lecture est prenante. Surtout, je retrouve beaucoup de la démarche éditoriale de Maison-Hantee.com dans la méthodologie de l’auteur. Il enquête sur des lieux de mémoire, hantés par des siècles de croyances populaires, d’êtres surnaturels et de mystères enfouis, les exhumant pour son plus grand frisson… et pour le nôtre !

De père anglais et de mère française, George Langelaan est né à Paris en 1908. On sait très peu de choses sur son enfance à l’exception de sa première rencontre avec le surnaturel, à l’aube de ses neuf ans, alors que sa mère avait été effrayée par un fantôme dans la salle de bain du grand-père. Il relate d’ailleurs cet épisode quasi freudien dans la préface de son Treize fantômes : « Etant d’un naturel curieux, cet incident déclencha chez moi un accès de questions mitrailleuses, du genre de celles qu’utilisent les policiers et qui font que même des innocents finissent par avouer tout ce que l’on veut. »

Faut-il y voir les prémices de ses futures obligations militaires ? Lorsqu’il rejoint le MI5 (services britanniques de contre-espionnage) sous le matricule PP 751, code Pompadour, dès l’ouverture des hostilités de 1939, il était journaliste. Or, ce n’est pas le fantôme qu’il fait parler mais l’ennemi de la couronne, sous les traits maquillés de l’agent Langdon, français pétainiste, parachuté en France pour entrer en contact avec les forces libres de la résistance. Il aurait même changé son visage de jeune officier anglais pour tromper l’adversaire : oreilles recollées, double menton, petite moustache et mèche sur le côté. Il ne manquait plus que le béret et les lunettes, et le tour était joué !

Après les hostilités, il s’installe en France et épouse à nouveau son métier de journaliste et d’écrivain, publiant des mémoires de guerre, dignes des romans de Ken Follett. Très actif au sein du journal Pilote de 1960 à 1963, Langelaan transmet aux enfants ses souvenirs d’agent secret. De juillet 1970 à février 1971, il devient collaborateur de la revue mensuelle Espionnage de Jacques Bergier.

Ne croyant pas en Dieu, lui préférant le concept de la réincarnation, George Langelaan n’a pas oublié ses souvenirs de jeunesse. Il se spécialise dans la chasse aux fantômes, sans doute hanté par l’horreur de la guerre, de ses morts, ses veuves et ses espoirs de vie meilleure dans un autre monde, un "Anti-Monde" comme il l’appellera dans le titre d’un recueil de nouvelles publié en 1962 chez Robert Laffont.

Un demi-siècle après l’épisode de la salle de bain hantée, il écrit : « …depuis les trente et quelques années que je chasse le fantôme, mes conclusions n’ont pas tellement changé. Mes terrains de chasse favoris sont, naturellement, l’Angleterre, l’Irlande et l’Ecosse où, comme chacun sait, les fantômes sont légion (…). Mes chasses ont consisté en nombreuses visites de lieux réputés hantés, et j’ai souvent couché dans des chambres et même des lits hantés. Je n’ai pas, hélas ! encore vu de fantôme, mais je ne désespère pas. Il se peut que j’aie vu des fantômes sans m’en rendre compte, bien sûr, car contrairement à la légende, les fantômes n’ont pas pour habitude de se promener sous des draps sanglants, à traîner les chaînes du pont-levis de leur arrière-grand-père ; ils sont le plus souvent habillés comme vous et moi. »

Fuyant ainsi les clichés, il use de ses relations et de sa formation de journaliste et d’agent secret pour sillonner l’Europe du Nord, à la recherche "d’extraordinaires histoires". « Le plus souvent, un endroit est hanté sans que l’on sache pourquoi ou à la suite de quels événements. Parfois, on a la chance de trouver, de dénicher l’histoire ; j’ai trouvé là, je l’avoue, un objectif autrement passionnant que la vue d’un quelconque fantôme. Certaines de ces histoires sont si surprenantes, si intéressantes, amusantes même, que j’ai sélectionné les treize qui semblent les plus étranges et que voici. »

George Langelaan nous entraîne alors dans un voyage au pays de l’étrange, faisant vœux d’authenticité, d’objectivité et d’émotivité face au mystère. « Je n’ai rien inventé. Ces histoires sont, pour la plupart, connues par un petit nombre de chercheurs et ce sont souvent celles que racontent les gens habitant à proximité de certains endroits hantés. Je ne saurais dire quelle est la part de légende, d’enjolivement apportée par les conteurs successifs, mais je suis certain qu’à l’origine, elles sont toutes authentiques. »

Passé minuit, j’entame alors les premières lignes de "La femme de pierre", malgré les mises en garde de l’auteur contre une lecture tardive. La lumière vacillante tiendra-t-elle le coup ? Mes yeux fatigués seront-ils assez fiables pour ne pas me perdre en route sur les chemins de Morphée ? Je les ferme quelques instants, non pour succomber au sommeil, mais pour laisser mon esprit s’évader jusqu’à la pointe bretonne, sur l’île de Ouessant ou, de son vrai nom, l'île d’Ushant qui, d’après l’auteur, signifie "île de la peur". Et, comme le disaient les vieux Bretons à Langelaan, "qui voit Ouessant, voit son sang". Brrr…

Se succèdent alors une litanie d’histoires d’amour impossible, de mère éplorée, de querelle fratricide, de duel fatal, de jalousie tragique, de trahison impitoyable, de vengeance sournoise, de traditions cruelles, de croyances aveugles, de folie meurtrière, de défi contre l’au-delà et de tentation mortelle. Avec le talent du conteur, George Langelaan nous transporte dans la Bretagne de Le Braz, dans l’Irlande de Sheridan Le Fanu, dans le Londres de Dickens, dans l’Ecosse de Walter Scott et aux Pays-Bas où, des canaux aux moulins, la méchanceté l’emporte sur la raison. Flirtant avec Poe, Stevenson ou Bulwer-Lytton, ses histoires sont tantôt tragiques, tantôt comiques. Chacune d’elles laisse un goût étrange dans la bouche, curieux mélange de sucré et d’amer. Elles nous glacent le sang mais livrent en même temps un message de paix et d’espérance, comme si les morts ne l’étaient pas pour rien.

L’auteur a été les chercher au plus profond des folklor