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Livenet > Forum > Religion et Surnaturel
dimanche 10 février 2008 à 14:26
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Les mille visages du bouddhisme
Histoire, actualité et pratiques
Frans Goetghebeur

» À propos de l’ouvrage


Le bouddhisme trouvera certainement sa place dans le paysage spirituel et culturel de l'Europe.
Cet avènement va-t-il encore compliquer la situation sur le terrain philosophique ou constituera-t-il au contraire un facteur de cohésion et d'harmonie dans une société où les rapports entre individus demandent souvent à être redéfinis?
Frans Goetghebeur a réuni une dizaine de rédacteurs qualifiés - pratiquants et connaisseurs du bouddhisme -et propose ici un ouvrage de fond, peut-être le premier du genre, qui sera utile à un très large public désireux d'approfondir le sujet. Une histoire socioculturelle - qui fait souvent défaut dans les ouvrages sur le bouddhisme - introduit une série de contributions sur les différentes traditions du bouddhisme, sa psychologie, ses rapports avec la science et ses apports tant dans le secteur économique, thérapeutique que dans ceux de la politique internationale et de l'enseignement. L'originalité de cet ouvrage se situe aussi dans la troisième partie qui propose un florilège de textes de pratiques appartenant à toutes les traditions bouddhistes ainsi que d'extraits de publications internationales sur l'acculturation du bouddhisme en Occident. Une contribution majeure à la compréhension d'une tradition aux mille visages, aux mille portes d'entrée et dont l'expression plurielle est déjà partout présente sur le sol européen. Le bouddhisme pourrait nous aider à retrouver le contact avec ce que les premiers philosophes nous enseignaient sur l'art de vivre heureux et sur la redécouverte et l'estime de soi au travers de la relation compassionnelle à l'autre. Assurément, un écrit qui vient du coeur, qui passe par un savoir précis et clair pour rencontrer l'esprit du temps et répondre à un besoin desociété...



En vente à partir du 15/01/08


dimanche 10 février 2008 à 14:35
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toi tu as regardé les infos a 13h lol smile.gif
dimanche 10 février 2008 à 14:49
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module
dimanche 10 février 2008 à 14:35
toi tu as regardé les infos a 13h lol smile.gif




Exact .

Bonne journée Module .

lundi 11 février 2008 à 12:27
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Régis Debray sur les pas de Jésus



LE MONDE DES LIVRES


Le livre porte une double dédicace. A François Maspero d'abord, et c'est logique, puisque l'ancien éditeur d'extrême gauche a eu l'idée de ce voyage "sur les pas de Jésus". A Jacques Chirac ensuite, et c'est plus surprenant : flagornerie à retardement ? Non, bien sûr. L'ancien président de la République avait confié à Régis Debray une étude sur les coexistences ethno-religieuses au Proche-Orient. Voici, en quelque sorte, le rapport que l'auteur n'a pas eu le temps de lui remettre, même si le projet a été modifié en cours de route : centré au départ sur les chrétiens, il s'est élargi peu à peu aux juifs et aux musulmans.


"Je ne suis ni enquêteur ni journaliste, et encore moins spécialiste du Proche-Orient, écrit Régis Debray. Chrétien d'éducation, je n'ai plus d'autre religion que l'étude des religions." Normalien, agrégé de philo, le promoteur de la médiologie a pratiqué dans sa jeunesse une religion du salut temporel (le socialisme révolutionnaire), qui lui a valu quatre années de détention dans les prisons boliviennes. Au fil du temps, il s'est intéressé de plus en plus aux croyances, au point de passer aujourd'hui pour un spécialiste des religions. Il affirme néanmoins s'être engagé dans ce vagabondage laïque en Terre sainte avec "la candeur de l'ignorant".

Sur les pas de Jésus... Mais où exactement ? Les Evangiles sont d'une imprécision remarquable. De toute façon, les lieux ont beaucoup changé en vingt siècles. Régis Debray a fini par se faire une raison : du pays de Jésus, il reste au moins les collines, les roseurs de l'aube, le même lac de Tibériade, et le doux clapotis des vaguelettes sur ses rives...

Mais on n'est pas là pour faire du tourisme, fût-il spirituel. Si le plan du livre s'inspire de la vie du Christ, commençant à Bethléem pour finir au Golgotha, il n'était pas possible au voyageur-enquêteur d'entreprendre le parcours présumé en une seule fois. On ne se déplace pas aisément dans cette région qui a hérité des rideaux de fer européens. Jérusalem est "parcellisée, barricadée, délimitée, barbelée, quadrillée, cloisonnée" comme aucune autre ville au monde. Après des déambulations angoissantes dans ce labyrinthe, le médiologue se demande s'il ne devrait pas se mettre à la "murologie"...

Le nombril du monde a un faux air d'unité, avec ses maisons en pierre de Judée et la limpidité éblouissante de son ciel. Pour le reste... Ne parlons même pas de la coupure entre la ville juive et la ville arabe : ce sont deux planètes différentes, avec une mortalité infantile qui varie du simple au double. Les chrétiens eux-mêmes, divisés en de multiples Eglises, se partagent le Saint-Sépulcre en copropriétaires procéduriers.

Régis Debray a un "oeil", comme on dit, et un sens de la formule qui fait mouche. Il a écrit un livre parfaitement iconoclaste et passionnant, susceptible de déplaire à beaucoup de monde. Sa plume redoutable nous entraîne successivement à Nazareth, Bethléem, Gaza, Jérusalem, en Jordanie, en Syrie et au Liban, à travers la Galilée, la Judée et la Samarie... Il manque "la fuite en Egypte", et c'est dommage. Beaucoup de choses méritaient d'être dites sur les coptes, qui forment la plus grande Eglise du monde arabe, et sur leurs rapports complexes avec les musulmans.

"J'entends des horreurs sur les moeurs palestiniennes quand je parle avec les uns, et des horreurs sur les moeurs israéliennes quand je parle avec les autres, écrit-il. Dans les deux cas, et neuf fois sur dix, ce sont des vérités." En Israël, il voit "la plus dense concentration d'individualités attachantes au mètre carré", une proportion hors du commun de "justes", attentifs au sort des Arabes, mais aussi des intégristes qui donnent froid dans le dos. Il voit une nation toujours en chantier, ne cessant de "subjuguer la terre" et de repousser ses frontières à coups de bulldozer ; un Etat qui pratique la politique du fait accompli, avec un écart constant "entre ce qui est dit, parce que nous souhaitons l'entendre et ce qui est fait sur le terrain, et que nous répugnons à voir".

Bethléem compte encore 40 000 chrétiens, mais en perd un millier chaque année, qui préfèrent s'exiler plutôt que d'avoir peur - et peur d'avoir peur - ou d'être humiliés. La ville natale de Jésus s'islamise chaque jour un peu plus, constate Régis Debray, tandis que les chrétiens de Jérusalem subissent les misères des autorités israéliennes. L'avenir passe sans doute par les orthodoxes, qui ont maintenant la Russie avec eux.

Mais tout conspire à l'éradication des chrétiens au Proche-Orient : l'islamisme, le déclin démographique, la division des Eglises, l'immobilisme doctrinal, la politique américaine, les relations suspectes avec l'Occident... Tant que la région était fédérée par l'arabité, les chrétiens pouvaient y jouer un rôle de premier plan. A partir du moment où le lien est l'islam, ils n'y trouvent plus leur place. "La défaite du nationalisme arabe, c'est aussi et d'abord celle des chrétiens."

Ces autochtones, qui passent régulièrement pour une cinquième colonne ou un cheval de Troie, n'ont pas seulement pour ennemi la charia, mais la démographie électorale, le one man one vote : la théocratie et la démocratie. "On se fait tout petit et l'on en rajoute pour mieux se faire accepter, on s'agrippe au radeau de Mahomet avec l'espoir de ne pas se faire couper les mains."

Les chrétiens d'Orient méritent d'être défendus, et pas seulement pour des raisons morales, "humanitaires", souligne Régis Debray. Sans eux, le monde musulman se condamnerait à l'étiolement et à la stérilité : "Ils sont à l'islam ce que furent les juifs à la chrétienté d'antan : des catalyseurs de la modernité et des ouvreurs de fenêtres."

Régis Debray tient à se placer à égale distance des trois monothéismes. Poussé dans ses retranchements, il avouera une plus grande proximité avec "la religion de sa nourrice", mais on ne trouvera pas en lui un apôtre du dialogue interreligieux, "cette invention hypocrite et lénifiante de la fatigue d'être soi". Dialogue et religion sont, pour lui, "des mots qui jurent". Il est trop lucide - ou trop honnête - pour entonner le chant du grand rassemblement. La Terre sainte lui apparaît plutôt comme le miroir de notre barbarie et de nos divisions. Par son exiguïté, elle révèle au grand jour ce qui, ailleurs, reste caché. "Avant-poste d'Occident en Orient et coin d'Orient enfoncé dans la chair d'Occident, cette terre pas comme les autres et qui les contient toutes, c'est notre métaphore, à nous croyants et incroyants, et qui faisons l'autruche. Soyons-lui reconnaissants de nous sortir la tête du sable." Le candide refuse l'optimisme de commande, au risque d'ajouter un peu à notre désespérance.

UN CANDIDE EN TERRE SAINTE de Régis Debray. Gallimard.


http://www.lemonde.fr/livres/article/2008/...08405_3260.html
mardi 12 février 2008 à 17:18
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Figures du libertinage en société chrétienne
Didier Foucault tire les fils d’un phénomène socioculturel pluriséculaire qui brasse les moeurs, idées, textes et faits d’une déviance peu ordinaire.



Histoire du libertinage, des goliards au marquis de Sade

par Didier Foucault. Éditions Perrin.



La vogue du libertinage, amorcée au XIXe siècle contre une présentation trop sage du siècle dit classique (vive l’ordre…), ne faiblit pas ! Didier Foucault se propose d’aborder en historien cet apanage des spécialistes ès idées et littérature. Que faut-il entendre par là ? Une extension décidée du champ : toute l’Europe, du XIIe au XVIIIe siècle ; toutes les infractions aux normes culturelles du christianisme, des controverses théologico-philosophiques aux pratiques sexuelles, des poèmes aux blasphèmes. Défilent les universités médiévales, Aristote et les Arabes, des mystiques féminines, des hérésies, des sectes, des centaines de personnages, la Renaissance, la Réforme et la Contre-Réforme, le flambeau libertin passé d’Italie en France en fin de XVIe siècle, la répression monarchique sous Louis XIII, qui contraint les « esprits forts », après 1625, à une clandestinité prudente, etc. Étymologiquement et conceptuellement, il faut donc entendre par libertinage (le mot apparaît en 1606 chez saint François de Sales, bien après celui de libertins, traduit au Moyen Âge du latin) des postures composites, à cheval sur l’idéologie et les moeurs. Bref, est dit libertin, comme pour les contemporains, tout ce qui s’affranchissait trop du cadre chrétien, fermement revigoré après les crises du XVIe siècle.
Cette précieuse synthèse, claire et précise, sans pédantisme, appuyée sur des citations éclairantes, trace-t-elle une approche propre aux purs historiens ? Il ne me semble pas, dans la mesure où l’ouvrage reste, en toute logique, dans l’orbite d’une histoire des idées apte à saisir la complexité souvent hétérogène des pensées et des comportements comme des situations historiques et des milieux sociaux. En fait, deux positions peuvent se tenir devant le libertinage, sans dessiner une séparation entre disciplines. La première, très dominante, consiste à le considérer comme un phénomène socioculturel pluriséculaire brassant moeurs et idées, textes et faits. Didier Foucault, sans discuter, la porte à son comble au nom de l’histoire. On débouche alors sur une histoire des déviances en société chrétienne (de l’adultère à l’athéisme), objet et vrai titre du livre.
La seconde se demanderait pourquoi choisir de l’intituler Histoire du libertinage, et y inscrire le nom de Sade en couverture. Force serait de conclure que le prestige du libertinage a à voir avec un mythe littéraire, construit au XVIIIe siècle, de Crébillon, son inventeur, à Laclos, et renouvelé au XIXe siècle par Musset dans sa superbe Confession d’un enfant du siècle. Il faudrait dès lors distinguer des types d’écritures « libertines » : pure idéologie, habillée de mille façons ; fictions érotiques ou érotico-philosophiques ; poèmes épicuriens ; satires ; romans « comiques » du XVIIe siècle ; stricts romans libertins à la Crébillon-Laclos ; et d’autres formes encore, dont celles de Sade, etc. Se poserait enfin et surtout la question de l’utilité d’un concept aussi gigantesque, passé tel quel des théologiens à l’université.


http://www.humanite.fr/2008-01-25_Tribune-...iete-chretienne

vendredi 15 février 2008 à 09:36
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Les fantômes vont mourir
en Écosse

Christophe Mercier
14/02/2008
http://www.lefigaro.fr/livres/2008/02/14/0...r-en-ecosse.php
John Burnside, l'auteur de «La Maison muette» invoque les superstitions qui hantent un village de pêcheurs pour ciseler un roman poétique envoûtant.

Les romans du poète écossais John Burnside (né en 1955), qui, depuis The Hoop (1988), a publié neuf recueils récompensés par de nombreux prix, sont-ils des «romans de poète»? Ils sont tout au moins, sans aucun doute, les «romans d'un poète», et Les Empreintes du diable (2006), le cinquième qu'il ait écrit depuis The Dumb House (1997 ; La Maison muette , 2003), et le troisième traduit en français, a les qualités musicales d'un écrivain habitué à manipuler les silences autant que les mots.

En soi, le prologue du roman constitue un long poème en ­prose. Il commence comme un conte: «Voilà bien longtemps, à Coldhaven, petit port de pêche de la côte est de l'Écosse, les gens s'éveillèrent un matin dans l'obscurité de la mi-décembre pour découvrir non seulement que leurs maisons étaient ensevelies sous une couche de neige épaisse et irréelle comme il ne s'en voit qu'une ou deux fois par génération, mais aussi qu'une chose étrange s'était produite pendant leur sommeil… »

L'épaisse couche de neige, en effet, est trouée de larges traces noires, des traces de pas, sans doute, mais de pas étranges, franchissant les haies, les murets, les venelles. Dans cette région re­culée, encore hantée par les vieilles légendes, on imagine aussitôt que c'est le diable qui, la nuit, a fait le tour du village. Car le diable est très présent dans les superstitions de ces marins un peu frustes, qui vivent repliés sur eux-mêmes, d'une vie qui n'a pas changé depuis des générations. Trente ans plus tard, Michael, le narrateur, qui habite à l'écart du village, dans une vieille maison dominant la mer et les rochers où nichent les oiseaux, en fera l'expérience : Moira, une jeune mère de famille, s'imaginant que son mari est une réincarnation du Malin, décide, pour lui échapper, de s'immoler, avec ses deux petits garçons, dans sa voiture, sur une route de campagne, abandonnant au bord du chemin sa fille Hazel, adolescente.

Un lyrisme nostalgique

Quinze ans plus tôt, Michael a eu une liaison avec Moira, après avoir été, enfant, le souffre-douleur de son frère. De cette souffrance de ses douze ans il n'a jamais parlé à ses parents, eux-mêmes victimes de l'ostracisme et de l'obscurantisme des habitants du village, qui voyaient d'un mauvais œil un photographe à la mode et sa jeune épouse américaine venir s'installer parmi eux. Depuis, les parents de Michael sont morts, et il occupe leur maison, en compagnie d'Amanda, sa femme, qu'il n'aime plus. La mort de Moira, l'existence de Hazel ressuscitent en lui les moments les plus douloureux de son passé, et le font s'interroger sur ce qu'il est.

L'écriture de Burnside se caractérise par ce qu'on ne peut appeler autrement que son moelleux (et l'image de la neige, qui ouvre le livre, en donne la clef musicale et poétique) : elle est précise, mais d'une précision assourdie, sans aspérités, dans laquelle, tout naturellement, s'insinue une forme de lyrisme nostalgique, qui parvient à amortir les événements les plus cruels. Résumée en quelques mots, la vie de Michael comporte une bonne part d'événements tragiques, mais la façon dont il les évoque leur ôte une part de leur violence.

C'est avec un ton à mi-chemin du rêve, que, dans la deuxième partie des Empreintes du diable, Burnside passe d'un roman immobile, le roman des souvenirs, à une sorte de road-movie, où il reprend mais sans douleur, sans folie, sans rien d'exacerbé, en se contentant de l'effleurer une situation à la Lolita.

Très différent d'Une vie nulle part (Living Nowhere, 2005), qui tenait du constant social, dans laquelle l'Écosse urbaine d'aujourd'hui était très présente, Les Empreintes du diable est un roman intime, intemporel, un bilan douloureux, mais apaisé. Et un très beau livre.
Les Empreintes du diable de John Burnside traduit par Catherine Richard Métailié, 220p., 18€.
jeudi 21 février 2008 à 10:16
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Pérégrination dans un Moyen-âge des mythes
Les superstitions au Moyen-Âge
Jean Verdon
Éditeur : Perrin
318 pages / 19,95 € sur
Résumé :Un ouvrage de vulgarisation intéressant sur les superstitions au Moyen-Âge.
Arnaud FOSSIER
Dans un contexte d’ultra-spécialisation de la recherche et de l’écriture, Jean Verdon appartient à cette catégorie d’historiens souvent décriée par les plus érudits d’entre eux : celle des vulgarisateurs. Par aigreur peut-être, les grincheux leur reprochent manque de rigueur, simplisme, généralisations abusives et autres artifices romanesques. J. Verdon, professeur honoraire d’histoire médiévale – il a pendant plusieurs années travaillé sur l’histoire des femmes au Moyen Age –, n’en est certes pas à son premier ouvrage "grand public" (Rire au Moyen Age, Boire au Moyen Age, L’Amour au Moyen Age etc.). Son savoir est de seconde main mais l’exploitation qu’il fait et de la bibliographie et des sources, abondamment citées, attestent le sérieux de sa recherche mais aussi ses talents de conteur.

Le sujet d’étude, s’il est loin d’être vierge, n’en demeure pas moins attractif. Les "superstitions" médiévales surprendront les moins avertis qui croient encore à un Moyen Age culturellement archi-dominé par une Église manipulant les consciences et imposant avec aisance à tous la religion chrétienne ; elles séduiront les curieux qui savent déjà que dissidences et résistances aux pouvoirs locaux passaient par les pratiques magiques du quotidien ; enfin, elles rappelleront aux férus de la question ces vieux débats qui traînent encore dans les tiroirs de l’historiographie : l’histoire des mentalités est-elle bel et bien morte ? Que vaut l’opposition schématique entre culture "populaire" et culture "savante" ? Comment articuler normes et pratiques ? Comment décrire les liens entre gestes et croyances ? Il est clair que J. Verdon ne pose pas frontalement ces questions, car son lecteur (potentiel) n’est pas historien de métier. Mais on les devine derrière chaque exemple, si bien que ce livre constitue aussi un bon mémento pour le plus savant des lecteurs.

Tout commence autour du Vème siècle avec les prémices de l’évangélisation de l’Europe. Une christianisation très lente, qui prendra plusieurs siècles, passera par "l’assimilation", parfois la prohibition, des pratiques païennes, mais aussi par la conquête (la guerre menée par Charlemagne contre les Saxons entre 772 et 802 reste un modèle du genre...). En témoignent le droit romain, les lois "barbares", les législations conciliaires gauloises, italiennes ou anglaises, mais aussi et surtout les fameux "pénitentiels", ces incroyables listes de péchés, importées d’Irlande sur le continent au VIème siècle. A chaque péché les clercs ou les moines assignent un "tarif", autrement dit une pénitence proportionnelle à la faute qui a été commise. Dans ces listes, on trouve notamment tous les comportements religieux illicites, les croyances infondées, les traces résiduelles du paganisme. Au début du XIème siècle encore, l’évêque et juriste Burchard de Worms impute aux femmes des pouvoirs magiques censés attiser le désir sexuel. L’Église rend donc compte de ce qu’elle estime être des écarts aux nouvelles normes chrétiennes qui peinent tant à s’imposer. Le documentation très riche, qui mérite les comparaisons qu’établit J. Verdon, atteste la vigueur des rites funéraires païens, des croyances dans les rêves, dans les astres, et dans la magie, même après les titanesques efforts carolingiens d’uniformisation religieuse de l’Empire. Dans un monde essentiellement rural, aux communautés humaines réduites et closes, cette culture religieuse hybride résiste assez bien jusqu’au XIIème siècle et ne rencontre finalement l’opposition farouche que d’une poignée de théologiens agacés (saint Augustin le premier).

Mais avec "l’explosion" démographique et le renouveau des villes, l’Europe change au XIIème siècle. Le fossé culturel entre villes et campagnes se creuse, et les secondes font l’objet d’une stigmatisation intellectuelle croissante. La ville devient le centre de production des normes (politiques, religieuses, juridiques) ; la campagne, elle, est associée à l’ignorance, et les superstitions sont un signe de "déficience culturelle". J. Verdon choisit le titre un peu provocateur de "Folklore", peut-être pour mieux indiquer à quel point les différentes déviances religieuses sont désormais sujettes à moqueries, dans les exempla par exemple, ces micro-récits que les prédicateurs des ordres mendiants notamment (XIIIème siècle) insèrent dans leurs sermons. L’anthropologie historique menée par Jacques Le Goff puis Jean-Claude Schmitt guide J. Verdon dans l’interprétation de cette littérature si spéciale, qui oscille entre fascination et condamnation de la magie, et qui hésite sans cesse entre schèmes sacrés et codes profanes. Comment imaginer que l’Église tolère la sanctification d’un animal, par exemple ? C’est le très fameux exemple du tombeau de saint Guinefort le lévrier, sur lequel les femmes amenaient leurs enfants malades pour qu’ils guérissent, et dont J.- C. Schmitt a donné les clés de compréhension. L’Inquisition implantée dans le diocèse de Lyon condamne sans appel cette superstition. Car si le détournement des pratiques légitimes fait parfois sourire les clercs et les laïcs lettrés, il ne faudrait pas négliger pour autant l’inquiétude croissante face à une instance qui jusqu’ici s’était faite discrète dans les textes : le Diable. J. Verdon semble situer la rupture au début du XIVème siècle, avec la naissance de la démonologie, cette science qui tâche de décrire les différentes manifestations de Satan. Mais la chronologie mériterait d’être révisée, dans la mesure où la papauté et l’Inquisition commencent à qualifier "d’hérésies" les atteintes à la majesté divine et s’emploient à lutter contre leurs nouvelles cibles dès le début du XIIIème siècle.

Dans une troisième et dernière partie, J. Verdon s’attache donc aux différentes mises en accusation de la magie et de ses "soeurs" : astrologie ou sorcellerie. Aux XIV-XVèmes siècles, croyances et pratiques hétérodoxes sont en effet marquées du sceau de la sorcellerie et mises en scène dans le cadre de grands procès politiques intentés par la papauté mais aussi par le roi de France. Guichard, l’évêque de Troyes, est ainsi accusé, en 1308, de s’adonner à la sorcellerie et "d’offenser la majesté divine", parce qu’il faut bien trouver un coupable à l’assassinat de la reine Blanche de Champagne. Dans leurs manuels, les inquisiteurs comme Bernard Gui, et même certains laïcs, font de la sorcellerie le crime de lèse-majesté par excellence. La "chasse aux sorcières" commence donc bien avant le XVIème siècle, soutenue qu’elle est par de solides traités comme Le Marteau des sorcières (1487), par une procédure d’enquête pour le moins efficace, et par la complicité du bras séculier et de l’Église. J. Verdon avance sur un terrain extrêmement bien balisé par les médiévistes français, Alain Provost, Franck Mercier, Pierrette Paravy ou encore Jacques Chiffoleau, tous ayant cerné les contours de la sorcellerie et saisi la signification éminemment politique des hérésies. En 1459, des hommes et des femmes de la ville d’Arras sont accusés de se rendre à la "vauderie", c’est à dire au sabbat. L’enquête est menée par l’Inquisition, mais les accusés seront déférés au pouvoir séculier et brûlés. En 1491, la justice royale fera cesser toute poursuite afin de se concilier les bonnes grâces d’une ville qui jusqu’ici s’était trouvée sous la coupe du duché de Bourgogne.

L’atout majeur de l’ouvrage est aussi sa limite. Tout au long de ce livre, J. Verdon prend soin de citer des traductions accessibles, qu’il s’agisse de la documentation la plus "juridique" (le Décret de Burchard de Worms, le manuel de l’inquisiteur Jacques Fournier), de sermons, de chroniques ou de traités médicaux. Parfois, l’auteur s’efface même totalement derrière de longues citations, qui du coup nous entraînent loin des interprétations délicates et des polémiques historiographiques... Or J. Verdon, même s’il semble à bon droit se moquer des étiquettes, pratique ce que d’aucuns dans les années 1980 auraient taxé d’histoire "des mentalités". Il arrive par conséquent qu’il cherche derrière les comportements et les croyances des structures cognitives sous-jacentes, et qu’il généralise ces structures à des collectifs tout entiers, découpés en fonction de leur degré d’illettrisme. Certes, on ne saurait nier les énormes dissymétries existantes au Moyen Age sur le plan culturel ! Mais le trait ici esquissé continue d’opposer superstitions et religion, dogme et folklore, culture populaire et culture lettrée. Bien entendu, J. Verdon prend soin de donner quelques exemples de recoupement de ces "zones" de représentations et de pratiques. Ainsi Charles V que l’on sait grand collectionneur de livres d’astrologie dès la fin des années 1350. Mais cette démarche ponctuelle suffit-elle ? On est en droit d’attendre des médiévistes qu’ils appréhendent autrement la question des croyances, en cessant de les autonomiser par rapport aux gestes quotidiens, au travail, à la sexualité etc., d’attendre aussi d’eux qu’ils revisitent à nouveaux frais les rapports des normes religieuses aux pratiques profanes. Ici, les vieilles rengaines de Van Gennep sur le "folklore" ressortent, et le concept de "superstition" paraît finalement bien mal choisi et comme titre et comme axe structurant ! Car a-t-il finalement jamais existé autre chose que des "hybrides" ? Est-il encore besoin de ces catégories "rationnel" / "irrationnel", "culturel" / "naturel", "magique" / "logique" ? Bref de ces Grands Partages qui ne disent déjà pas grand chose de la modernité (si ce n’est de sa propre mythologie), et qui en disent encore moins sur les mondes dits pré-modernes ou pré-critiques.

Le but de J. Verdon n’était évidemment pas de faire un livre d’historiographie, encore moins d’épistémologie. Saluons donc un livre plutôt bien documenté, dans la lignée des Annales, et qui pourrait surprendre ceux qui associent naïvement le Moyen Age aux fées, aux sorcières et aux revenants...

http://www.nonfiction.fr/article-701-pereg..._des_mythes.htm

samedi 23 février 2008 à 02:34
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j'aurais jamais le temps de lire tout ca !!!


Ce message a été modifié par Namsiko - samedi 23 février 2008 à 02:34.
samedi 23 février 2008 à 02:37
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Namsiko
samedi 23 février 2008 à 02:34
j'aurais jamais le temps de lire tout ca !!!



J'ai pas le temps de lire les conneries , les hs et consors .

dimanche 24 février 2008 à 13:51
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Histoires de fantômes : Anthologie (Broché)
de Collectif (Auteur), Véronique David-Marescot (Traduction)



Sujet : Treize histoires d'ici et d'ailleurs, peuplées de spectres et de fantômes, dans une atmosphère captivante et parfois burlesque. Les fantômes écossais du château de Lord Mac Gregor s'y disputent la vedette avec le Hollandais volant, la Dame de neige et bien d'autres créatures mystérieuses.

Commentaire : Contes traditionnels et classiques pour la plupart, ces récits captivants ne sont heureusement pas aussi sinistres que le laisse présager la couverture. La réalité et le bon sens finissent toujours par l'emporter sur le surnaturel. Les illustrations sont nombreuses et de qualité. Un beau livre de contes plus que d'épouvante à lire ou à raconter... de préférence de jour. --Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.

Présentation de l'éditeur
La littérature anglaise est célèbre pour accorder une place de choix aux fantômes. Pour cette anthologie, l'auteur a rassemblé neuf chefs-d'oeuvre méconnus qui dégagent chacun à sa manière, une magie originale et un dénouement inattendu.

mardi 26 février 2008 à 11:29
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Le combat contre le temps est la seule activité digne d'un écrivain écrivit par une nuit noire le maître de Providence Howard Phillips Lovecraft, mais se doutait-il qu'au même moment, un jeune homme du nom de Claude Seignolle s'attelait avec grande ferveur à combattre ce temps qui passe ? Il recueillait inlassablement les contes et légendes de nos contrées en proie à l'impitoyable modernisation, bête hurlante, Diable plus dangereux, oh combien que celui de nos légendes, détruisant impitoyablement de ses griffes acérées nos traditions et coutumes ancestrales.

Sous l'impulsion de son mentor Arnold Van Gennep, père du monumental manuel du folklore français contemporain ( Disponible aux Editions Bouquins ), Claude Seignolle malgré la disparition de son frère en 1936 allait donner naissance à huit ouvrages, huit colonnes soutenant un temple de savoir, sauvé de l'oubli par son inépuisable et éternel talent de conteur.

* 1937 - Le folklore du Hurepoix
(avec son frère Jacques Seignolle), G.P. Maisonneuve
* 1945 - Les fouilles de Châtenay et Robinson, G.P. Maisonneuve
* 1945 - En Sologne, G.P. Maisonneuve
* 1959 - Le Diable dans la tradition populaire, G.P. Maisonneuve
* 1960 - Le folklore du Languedoc, G.P. Maisonneuve
* 1963 - Le folklore de Provence, G.P. Maisonneuve
* 1964 - Les Evangiles du Diable, G.P. Maisonneuve
* 1969 - Le Berry Traditionnel, Maisonneuve et Larose


Les Anthologies signées par Claude Seignolle


Mais la force périgourdine qui coule dans les veines de Claude Seignolle ne s’arrête pas là. Par un incroyable tour de force il est aussi l'un de ces trop rares écrivains fantastiques Français. En s'appuyant sur la masse encyclopédique de renseignements qu'il récolta, vampires, loup-garous, démons et leur puissant maître le Diable vont enfin trouver un ultime repos dans ses romans et contes fantastiques, échappant à tout jamais à l'oubli des hommes de ce monde.

Claude Seignolle, de sa plume magique, donnera naissance à une oeuvre unique dans les annales de la littérature fantastique. Une oeuvre terrifiante à souhait où désormais le Diable perd son rôle de dupé. Comme dans la danse du Sabbat, Seignolle prend à rebours le lecteur, les puissances maléfiques retrouvent leurs pouvoirs et nous entraînent vers les racines du mal, le véritable, celui qui fit trembler tant de nos aïeux lors des anciennes veillées au coin du feu.

Anecdotes, légendes et anciennes peurs sont sauvées par Seignolle dans ses périples à travers les provinces et donneront naissance à huit romans et près de 70 contes - nouvelles.


(source:Inquisitor)
mercredi 27 février 2008 à 04:35
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André Comte-Sponville : "La morale existe bien et pour l'essentiel nous est commune"


Le philosophe se réjouit de la réhabilitation de la morale mais juge que Nicolas Sarkozy doit « faire de la politique, pas parler de morale à tout bout de champ »

ENTRETIEN

André Comte-Sponville, philosophe


La Croix : L’école a-t-elle oublié l’éducation morale ?
André Comte-Sponville : Jamais complètement, mais elle en a longtemps sous-estimé l’importance. Les enseignants faisaient des cours d’éducation civique, mais se sentaient souvent mal à l’aise pour parler de morale. C’est ainsi que nos enfants en savaient plus sur la différence entre le conseil général et le conseil régional, par exemple, qu’entre le bien et le mal.

Sans vouloir tout mettre sur le dos de 1968, il faut dire que l’idéologie permissive et libertaire de ces années-là ne favorisait pas un discours moral. Toute morale passait pour oppressive, répressive, castratrice…

Peut-on enseigner les valeurs ?
Il le faut bien, puisqu’elles ne sont pas innées ! Rappelons toutefois que le meilleur enseignement, en matière de morale, est encore de donner l’exemple. Quant à l’école, sa fonction principale n’est pas l’éducation (la transmission des valeurs) mais l’instruction (la transmission des savoirs).

Pour la famille, c’est l’inverse : sa fonction principale est d’éduquer, non d’instruire. C’est sans doute parce que les parents ont plus de mal à assumer leurs responsabilités qu’on en demande plus à l’école. Mais si les parents ne font pas leur travail, qu’ils ne comptent pas sur les enseignants pour le faire à leur place !

Que vous inspire la réhabilitation décomplexée du mot «morale » par l’actuel pouvoir ?
Il est toujours mieux d’appeler les choses par leur nom, et de ne pas avoir de complexes. Cela dit, le rôle d’un homme d’État, c’est de faire de la politique, pas de parler de morale à tout bout de champ. J’aimerais que Nicolas Sarkozy fasse les réformes nécessaires plutôt que de lancer sans arrêt des débats de civilisation.

La morale commune qu’évoquait Jules Ferry existe-t-elle encore aujourd’hui ?
La morale n’est pas une chose qui existerait indépendamment de nous ; elle n’existe que pour autant que nous le voulons. Si vous trouvez que les Évangiles, c’est dépassé, que les droits de l’homme, c’est du vent, je ne peux pas vous prouver le contraire… Mais la vérité, c’est que vous ne le pensez pas, que presque personne, en France, ne le pense.

Donc la morale existe bien, et, pour l’essentiel, elle nous est commune. C’est ce que j’ai essayé d’expliquer dans mon Petit Traité des grandes vertus (1). L’essentiel de la morale s’y trouve, et je peux le dire sans immodestie : je n’ai fait que prendre au sérieux vingt-cinq siècles de tradition gréco-latine et judéo-chrétienne (sans m’interdire d’ailleurs quelques détours par l’Orient).

Vous vous présentez comme athée. Comment envisagez-vous une éducation morale dans un cadre strictement laïque ?
Vous avez besoin de croire en Dieu pour respecter votre prochain ? Bien sûr que non ! La morale est laïque par essence. Kant l’a bien montré. Ce n’est pas parce que Dieu me commande quelque chose que c’est bien ; c’est parce que c’est bien que je peux éventuellement imaginer que ce commandement vient de Dieu. Ce n’est pas la morale qui a besoin de religion ; c’est la religion qui a besoin de morale.

Que pensez-vous du recours aux maximes et lesquelles proposeriez-vous aux élèves ?
On ne peut pas enseigner la morale sans formuler certaines règles. Et, pour des enfants, il faut que ces règles soient à la fois concises, fortes et faciles à mémoriser : c’est ce qu’on appelle une maxime ! Donc, oui, bien sûr, il en faut. Mais, encore une fois, la meilleure maxime du monde ne dispense ni de donner soi-même l’exemple de la moralité, ni, le cas échéant, de sanctionner les transgressions.

Pour tout vous dire, je crois que la discipline, à l’école, est un problème plus important – encore plus important ! – que la morale. Relisez Freud. Pas de morale sans interdits ; pas d’interdits sans sanctions.

À des écoliers, je proposerais par exemple cette citation qui est d’Alain : « La morale consiste à se savoir esprit et, à ce titre, obligé absolument ; car noblesse oblige. Il n’y a rien d’autre, dans la morale, que le sentiment de la dignité. » Ou cette autre, qui est de Kant : « La dignité, c’est la valeur de ce qui n’a pas de prix. »

Recueilli par Bernard GORCE

(1) PUF, 1995, rééd. Points-Seuil. L’auteur publie, le 15 mars, Le miel et l’absinthe (Poésie et philosophie chez Lucrèce), Éd. Hermann, 210 p., 22 €.
mercredi 27 février 2008 à 04:42
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André Compte-Sponville...ah, que de bons souvenirs. Je me rapelle l'avoir étudié en philo, ainsi que son oeuvre "le bonheur désespérement".
mercredi 27 février 2008 à 04:58
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L'économie religieuse dévoilée


A l'aide de l'archéologie, Israel Finkelstein et Neil Asher Silberman avaient joyeusement démantibulé les mythes de l'âge d'or hébreu, de la conquête de la Terre promise et du temple du roi Salomon, dans leur Bible dévoilée (Bayard, 2002).

Toutes proportions gardées, Philippe Simonnot, journaliste économique (naguère au Monde) et auteur de nombreux ouvrages d'histoire, se livre à la même entreprise de mise en pièces des trois religions dites du Livre, dans son Marché de Dieu, mais d'un point de vue économique et avec pour maître Adam Smith.

Car "le marché" conclu avec Abraham instaure le monothéisme, c'est-à-dire un monopole de la foi en un Dieu jaloux, ce qui est plus facile pour prélever les dîmes, dons et offrandes qui aident le personnel religieux à prospérer.

Philippe Simonnot décrit comment la religion juive, puis la chrétienne et, enfin, la musulmane ont pris le pouvoir, à cinq cents ans de distance chaque fois.

Mais comment un monothéisme entre-t-il sur le marché religieux où existent déjà deux monothéismes ? "En se prétendant plus aîné que l'aîné, plus proche de la source, plus pur, plus monothéiste." La nouvelle croyance doit apparaître comme à la fois très nouvelle (puisqu'il faut changer de foi) et très ancienne ("La valeur d'une religion, comme le bon vin, augmente avec l'âge").

Le problème est que le monopole religieux, comme tout monopole, s'efforce de tuer la concurrence, et, pour y parvenir, s'adosse très vite à l'Etat. Et là, tout se détraque : la qualité du service religieux n'est plus ce qu'il était ; le clergé augmente ses "prix"... et une nouvelle religion concurrente se présente sur le marché qui rafle la mise jusqu'à ce que, etc.

Philippe Simonnot s'intéresse plus aux personnages secondaires qu'aux fondateurs, à Paul de Tarse qu'à Jésus et à Omar ou à Abd Al-Malik plutôt qu'à Mahomet, car ce sont eux qui structurent la nouvelle foi et organisent ses conquêtes.

Au fil des siècles et avec des lunettes fortement économiques, on y apprend que l'inceste d'Abraham était dû au manque de terres, que le temple de Jérusalem était le plus grand accumulateur de capitaux de l'Antiquité - et aussi le plus "liquide", puisqu'il ne possédait pas de terre -, que la chasteté chrétienne permettait à l'Eglise de s'approprier les patrimoines orphelins, que l'aumône islamique est depuis toujours un quasi-impôt.

La concurrence religieuse, qui s'appelle en fait "laïcité", est-elle bénéfique ? Oui, et d'autant plus qu'il existe une foultitude d'Eglises se disputant les faveurs des croyants, répondent Philippe Simonnot et Adam Smith. Mais si l'entrée sur le marché religieux est totalement libre, "les prédateurs vont se multiplier jusqu'au point où il n'y aura plus assez de proies pour les nourrir", écrit Philippe Simonnot. D'autant plus que les religions "low cost", les petites sectes qui récupèrent pour pas cher les principes des grandes, se mettent à fleurir dans l'hypermarché des croyances.

Que l'Etat ne se croit pas dédouané pour autant ! Il est "une pseudo-Eglise qui a pour religion, ou plutôt pour pseudo-religion, la laïcité, tout à fait capable elle aussi de violence et d'intolérance. En d'autres termes, il n'est pas au-dessus des religions, mais en concurrence avec elles, sur le plan économique comme sur celui de la "direction des âmes" (...). En bridant les ardeurs religieuses, c'est son domaine fiscal qu'il cherche à préserver".

L'idéal ? "Avoir des communautés libres d'accès et désarmées, l'Etat gardant le monopole de la violence légitime", conclut l'auteur de cet essai rigoureux et décousu, débordant d'érudition et de parti pris, et qui ne laisse évidemment pas indifférent.

"Le Marché de Dieu" de Philippe Simonnot. Denoël, 338 pages, 22 €
dimanche 02 mars 2008 à 00:51
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La nuit dernière au XVe siècle


Didier Van Cauwelaert
Edition Albin Michel




Les romans de Didier van Cauwelaert sont des invitations à penser la vie autrement. Dans un univers aseptisé, morne, où le poids du quotidien a essoré les rêves de grandeur et d'aventure de personnages fracassés par l'existence, soudain, un événement bizarre survient. Bizarre, vous avez dit bizarre? Oui. A moins que vous ne trouviez banal le face-à-face avec une factrice en surcharge pondérale qui se met subitement en transe pour jouer les entremetteuses entre le monde invisible et vous.

Voilà ce qui arrive à Jean-Luc Talbot. Gamin, il rêvait de devenir médecin sans frontières ou ambassadeur sous les tropiques. Aujourd'hui, il est contrôleur des impôts à Châteauroux. Le genre rationnel à qui on ne la fait pas, Jean-Luc Talbot. Il croit aux chiffres et, plus précisément, à ceux que dissimulent ses concitoyens. Mais les contribuables de ce Berry profond où il vient d'être muté sont de drôles de paroissiens; ici, les mânes de George Sand et du Grand Meaulnes se mêlent à ceux des diables et des sorcières. A l'occasion d'une visite, notre contrôleur se retrouve propulsé dans une histoire à dormir debout. Voilà que les occupants du fief lui apprennent qu'il est... un chevalier du xve siècle ayant guerroyé contre les Anglais pendant la guerre de Cent Ans qui se serait permis d'honorer la jeune épouse de l'occupant des lieux, la conduisant ainsi à la mort. On attend de lui, désormais, qu'il délivre l'âme de la jeune innocente, répare les catastrophes causées par ce tombeur du Moyen Age. Bref, Jean-Luc Talbot «arrive en contrôleur du fisc, il se retrouve en chevalier cocufieur».

Sur cette intrigue abracadabrantesque, Didier van Cauwelaert construit un roman formidable, plein de rebondissements mais aussi d'interrogations sur le sens de la réincarnation ou les voyages dans l'astral. Talbot est-il le jouet d'une bande de cinglés? Est-il manipulé par d'ingénieux escrocs ayant fait du paranormal leur fonds de commerce? L'ésotérisme, ici, cède la place à la puissance de la pensée. Habile et fin, Cauwelaert convoque le curé, le psychanalyste et le comptable pour explorer les zones méconnues de l'amour. Une satanée réussite!

François Busnel

dimanche 02 mars 2008 à 12:12
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Titre :
Sorcières et sorcellerie sur le chemin de Compostelle
Auteur : Juan Patlapin, Alexandre Hurel (Traducteur)
Paru le : 29/06/2007
Editeur : PIMIENTOS


RESUME de Sorcières et sorcellerie sur le chemin de Compostelle

Voici une sélection de légendes incroyables saisies sur le chemin de Compostelle, parfois en relation directe avec le pèlerinage, d'autres fois simplement entendues sur des lieux que la route traverse depuis des millénaires.
Ce sont des légendes sans censure ni manipulation d'aucune sorte, relatées telles qu'elles nous ont été transmises, telles qu'elles circulent parfois depuis des siècles, telles qu'elles sont racontées le soir dans les cuisines, devant la cheminée, à la veillée, quand les enfants dorment, quand ils écoutent derrière la porte... Il y en a pour tous les goûts et pour tous les dégoûts, des anciennes et des plus récentes, des légères et des inquiétantes, des morales et des amorales...
mercredi 05 mars 2008 à 12:58
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Cinéma

ROSEMARY'S BABY

Le retour .....

L'article DVDRAMA



MANGA

L'actualité du livre et du DVD

Parutions.com - France

Les frasques de ce Chevalier d’Éon schizophrénique alimentent un scénario fantasque, qui mêle sans complexe magie noire, satanisme et références bibliques à ...

L'article


Ce message a été modifié par Okomarac - mercredi 05 mars 2008 à 13:03.
mercredi 05 mars 2008 à 17:24
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La maison hantée

Histoire des Poltergeists

Tapage nocturne, jets de pierres ou d'ordures, vaisselle brisée, claquement des portes et des fenêtres, grognements sourds, incendies spontanés, agressions, apparitions..., telles sont les curieuses manifestations du poltergeist, « esprit frappeur » qui hante une maison, et sème, sur son passage, trouble, désordre et surtout effroi chez ses habitants.

Claude Lecouteux rassemble, dans cet ouvrage, les sources diverses relatant ces phénomènes insolites - des textes antiques jusqu'aux faits divers contemporains - et constitue un corpus inédit qu'il analyse avec rigueur et pertinence. En spécialiste de la petite mythologie et des représentations de l'au-delà, il rapproche les poltergeists des démons et des génies, des fantômes et des revenants, et nous offre ainsi, à travers l'étude de ces invisibles voisins, une brillante contribution à l'histoire des croyances et des mentalités.

Claude Lecouteux est professeur de littérature et civilisation du Moyen Âge à l'Université Paris IV-Sorbonne.


jeudi 06 mars 2008 à 11:23
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La Vie De L'autre Côté

Auteur(s) : Michèle Decker
Résumé par : JanvierQuattor

Un témoignage saisissant et émouvant d'une femme ordinaire sur sa communication avec l'au-delà. Michèle Decker, une mère de famille Belge fut en 1984 investie des pouvoirs de communiquer avec l'autre monde. Le monde invisible, mais que ceux qui en reçoivent le don peuvent sentir et assurer le lien entre les humains vivants et les trépassés. Tout commença par une apparition de son grand-père décédé et dont elle venait d'hériter la maison.Ensuite, elle put entrer en contact avec un militaire allemand tué pendant la seconde guerre mondiale dans la cave de cette habitation familiale. Michèle put libérer l'esprit de ce soldat afin de pouvoir poursuivre son chemin. Selon Michèle, certains esprits restent accrochés à ce monde et en souffrent beaucoup.C'est grâce à certains médiums que leur libération est possible. Michèle a vécu depuis lors des expériences exaltantes mais souvent difficiles. Seul l'amour envers les autres lui a aété d'un grand secours.Préfacé par Didier van Cauwelaert, spécialiste des études de l'imaginaire, ce livre a été publié par les éditions France-Loisirs en 2004. Et c'est en 2007 que Michèle a pris le chemin de l'autre côté. Son témoignage ne cesse d'interppeller les lecteurs.Non pas pour croire, mais pour savoir que ce don existe et que la science ne peut encore nous en donner des explications rationnelles.
Janvier Quattor


Ce message a été modifié par sandie72 - jeudi 06 mars 2008 à 11:23.
jeudi 06 mars 2008 à 18:50
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Le Christ philosophe

http://livres.lexpress.fr/premierespages.a...608/idR=6/idG=8

L'histoire de Jésus et le Jésus de l'Histoire
Jésus a-t-il réellement existé? Pendant dix-huit siècles, cette question ne s'est pas posée en Occident. En chrétienté, on ne s'interrogeait pas plus sur la réalité de l'existence de Jésus que sur l'authenticité et l'historicité des événements merveilleux relatifs à sa vie, enseignés au catéchisme et à la messe dominicale où tout le monde se retrouvait. À la fin du XVIIIe siècle, sous l'effet conjugué des Lumières philosophiques et du développement des sciences, l'Europe passe tous les savoirs traditionnels au crible de la raison critique. Une poignée d'exégètes et de théologiens allemands appliquent la méthode scientifique à la religion chrétienne et à ses sources bibliques. En France, malgré l'opposition de l'Église catholique, ce mouvement est relayé dans la première moitié du XIXe siècle par l'école dite de Strasbourg: des chercheurs comme Édouard Reuss (1804-1891) ou Timothée Colani (1824-1888), les futurs fondateurs de la Revue de théologie, commencent à diffuser, auprès d'un petit milieu de spécialistes, les éléments du débat allemand qu'ils alimentent avec leurs propres études. Aucune publicité n'entoure ces travaux qui suscitent la méfiance de la hiérarchie ecclésiale, alors que leurs auteurs ne cherchent pas à nier l'existence de Jésus, mais à mieux connaître un Jésus débarrassé de la gangue de la foi.

La recherche historique et critique sur les textes fondateurs du christianisme aurait pu rester confidentielle, mais c'est sans compter avec l'arrivée d'un trublion, écrivain reconnu et proche des exégètes strasbourgeois. Ernest Renan s'empare en effet du sujet "Jésus", lui offre sa plume et publie en 1863 La Vie de Jésus qui devient un best-seller malgré la double levée de boucliers, de l'Église qui l'accuse de chercher à ébranler la foi, et des exégètes qui lui reprochent de présenter un personnage trop romanesque. Le public, lui, s'arrache ce livre qui lui offre un Jésus inédit. En préface de sa treizième édition, Renan explique sa démarche d'une manière que ne renieraient pas les exégètes modernes : "Si les Évangiles sont des livres comme d'autres, j'ai eu raison de les traiter de la même manière que l'helléniste, l'arabisant et l'indianiste traitent les documents légendaires qu'ils étudient". Et il se positionne en historien qui "n'a qu'un souci, l'art et la vérité", par opposition au théologien qui "a un intérêt, c'est son dogme". Renan a ouvert une brèche dans l'esprit du public cultivé et les exégètes poursuivent leurs travaux, s'appuyant sur de nouveaux éléments de la recherche historique et archéologique et défrichant des pistes inédites.

Quand l'exégèse devient une science
Le bilan de ces deux siècles d'exégèse scientifique permet de connaître infiniment mieux le contexte dans lequel ont été écrits les récits du Nouveau Testament et l'intention de leurs auteurs. Il permet aussi, même très imparfaitement, d'essayer d'opérer un tri critique entre les passages qui ont le plus de vraisemblance historique et ceux qui semblent surtout relever du récit mythique. Les exégètes sont d'ailleurs rarement d'accord entre eux tant il est difficile de faire la part des choses. Le seul véritable consensus chez les chercheurs, de quelque horizon qu'ils soient, c'est la certitude de l'existence historique de Jésus.

Certes, nous n'avons pas de preuve scientifique absolue de son existence, comme il peut y en avoir par exemple pour Jules César, à travers des monnaies, des traces archéologiques et des textes très variés. Néanmoins, suffisamment d'éléments permettent d'affirmer l'existence bien réelle d'un Juif nommé Jésus, probablement né à Nazareth en Galilée (et non à Bethléem en Judée) quelques années avant le début de notre ère (et non en l'an 0), crucifié à Jérusalem sous Ponce Pilate, dans les années 30, après une courte vie publique dont les grandes lignes sont rapportées par des sources chrétiennes, notamment testamentaires, mais aussi par quelques sources non chrétiennes, voire des sources hostiles au Nazaréen. Aucun chercheur reconnu n'affirme la thèse inverse, qui pose en effet beaucoup plus de problèmes à résoudre pour expliquer comment une telle histoire aurait pu être inventée de toutes pièces, par autant d'acteurs différents et avoir un tel impact. Les membres de l'Union rationaliste, dernier bastion scientiste à affirmer que Jésus est un personnage mythique, ont beau pointer les contradictions contenues dans les diverses sources chrétiennes pour expliquer que tout cela n'est qu'une fable inventée par l'Église naissante, leur argument se retourne finalement contre eux. Si on avait voulu inventer une fable, on l'aurait rendue cohérente!

Avec l'aimable autorisation des éditions Plon © Plon, 2007.






Le Christ philosophe
Frédéric Lenoir
éd. PLON


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