Friday 16 October 2009 à 23:07 J'ai 18 ans. Voici ma petite histoire. Il y a quatre ans, j'ai perdu mes trois meilleurs amis. Il y a eu deux suicides et une leucémie. A dire vrai, depuis cela, je ne vis plus. Je n'ai plus l'impression d'avoir les pieds posés par terre. J'ai fais une TS. bien faible en vérité les somnifères de ma grand mère, mis j'étais à bout ce soir là. Et quand il n'y a plus qu'un échappatoire. A présent je suis suivie. J'ai des médicaments. Mais s'il est possible de la passer sous silence pendant la journée, la douleur revient m'assaillir le soir. Ca revient par vague. La fatigue d'abord. Physique et morale. Je n'en peux plus. Les souvenirs ensuite. La douleur après. Vous savez, la douleur qui serre le cœur et met un nœud au ventre. Celle qui nous fait pleurer des larmes de verre tant elles semblent douloureuses. Et après je m'effondre. Mes pieds ne me portent plus. Je tombe. La douleur est si forte que pour la laisser échapper de mon corps je dois y pratiquer des incisions. Des mutilations parcourent mon corps sur tous les endroits invisibles.
Je souffre d'un terrible sentiment de culpabilité lorsque je souris. Pensant qu'ils n'ont pas pu vivre cet instant de bonheur à ma place. Dur de vivre, lorsqu'on à plus de raison d'être en vie...
Je me sens si seule. Quelqu'un à un remède contre ca? Je prend tout...
Déjà, il faut que tu comprennes qu'on est tous seuls, même ceux qui ont des ami(e)s, des fiancé(e)s, etc...
Lorsqu'une tragédie comme tu as vécu "frappe" quelqu'un, personne ne peut réellement l'aider.
C'est à toi de décider ou de comprendre que la mort de tes amis, tu n'y es pour rien.
Ils sont morts, pas toi et c'est tant mieux pour toi.
T'empêcher d'e^tre heureuse parce qu'ils sont morts est la pire chose que tu puisse décider, car oui, tu peux décider d'être heureuse, et même de rendre heureux des personnes autour de toi.
Tes amis avaient décidé de mourir, toi tu as choisis de vivre.
Bon, il y a ton amie qui est morte d'une leucémie, et là, évidemment, elle n'a pas choisit.
Il n'y a aucun remède contre le sentiment de solitude, puisque chaque personne est de toute façon seule, surtout lorsqu'on vit ce genre d'évènements.
Tu apprendras que peu de choses se partagent vraiment.
Il faut que ton psy t'accompagne et t'aide à faire ton deuil ; si tu continues de vivre dans "les possibles", tu vas laisser passer ta vie, en rendant malheureux au passage des personnes de ton entourage, et là, c'est toi qui aura choisis de "faire la morte" en refusant de vivre.
Mais la vie, c'est aussi la mort, qu'elle soit décidée, subit ou naturelle.
Alors il peut te paraître vain de vivre, mais si tu es encore en vie, c'est que tu as envie de vivre, seulement, tu ne te l'autorises pas.
Pourquoi serais-tu plus malheureuse que les parents de ces enfants morts ? ils ont perdu plus que toi, et pourtant, ils continuent à vivre, sourire, rire, se souvenir, et ils avancent. Qui es-tu pour te poser en plus malheureuse ?
Donc tu vois bien que les évènements que tu as vécu, même s'ils sont traumatisant, ne sont pas forcément responsable de ton ressenti, de ton mal être ; ça, c'est quelque chose qui t'est beaucoup plus personnel, et il faut que le psy t'aide à aller chercher profondément d'où ça vient.
Seulement, même si tu sais d'où ton malaise provient, ce ne sera peut être pas pour ça que ça ira mieux.
Tu peux choisir de vivre, de sourire, de rire, de tomber amoureuse, ou tu peux choisir de te comporter en boulet.
Il faut oser tout simplement.
Tu peux continuer à vivre, à te souvenir, à aimer tes amis morts sans culpabiliser.
Ce n'est pas facile, mais il faut le faire.
Fais confiance à ton psy pour réussir à faire ton deuil, mais il y a aussi d'autres choses à "régler" chez toi, notamment il faut que tu comprennes que tu as le droit de vivre et de bien vivre même, que tu as de valeur, que tu es une personne importante ; il faut que tu apprennes à prendre soin de toi, à te faire plaisir, c'est primordial.
Si tu ne décides pas maintenant d'être positive et enthousiaste, tu seras un boulet pour ton entourage, et tu le gaveras avec ton "spleen".