Ben - hur

la folie hossein, c'est bon

dimanche 24 septembre 2006 à 15:58
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La folie "Ben-Hur" au Stade de France



Vendredi 22 septembre, autour de 21 heures, à Saint-Denis, première des cinq représentations de Ben-Hur, plus grand que la légende dans un Stade de France plein. Aux deux tiers du spectacle surgissent quatre chevaux blancs équipés de colliers, sanglons et pommeaux noirs : les chevaux de Ben-Hur. Les quatre chevaux de l'ennemi juré de Ben-Hur, Messala, sont noirs parés de rouge. Les chevaux, dans un spectacle, ça plaît. Dans le spectacle de Robert Hossein écrit par Alain Decaux, vieil attelage, ils sont au moment de la course vingt-huit, pour sept chars au grand galop, sur la pelouse du Stade de France couverte de terre rouge. Messala, casaque rouge, est battu à la régulière dans le dernier virage de la course en neuf tours.


Qui va voir Ben-Hur, plus grand que la légende (60 000 personnes par soir, en couple, en triolet, en groupe, en comité, en famille, en char : mais, s'il vous plaît, pas seul !) s'attend à la course de chars. S'attend au reste aussi. La question n'est pas là. Elle n'est pas non plus dans la démesure dont on s'ébaudit, chiffres à l'appui, partout, notamment les 13 millions d'euros de budget. La question, c'est le réglage, la minutie, la précision des éclairages et du son : l'obsession rend toute folie spectaculaire. Et la folie de Robert Hossein, né en 1927, est aussi touchante que sa voix. Sa voix de rocaille, sculptée par une carrière de belle gueule, à prendre ou à laisser, sert - en tant que récitant - de fil conducteur à l'histoire du Judéen qui aurait triomphé du mal.

Les contrôleurs de billets portent des tuniques romaines. Mon voisin a mis son carré rouge de 40 × 40 cm autour du cou ("Stade de France. Ben-Hur. J'y étais"). Avec ses jumelles, il a tout d'un amiral aux fêtes de Dax. Ni kitsch ni loupé. Parfois, tant de grandeur amuse : c'est autre chose. Défilé devant l'empire. Retrouvaille des amis d'enfance (Ben-Hur et Messala). Une tuile qui déclenche la haine. Le nommé Jésus donne à boire au galérien Ben-Hur. Des pirates éperonnent la galère de Quintus Arius, prise d'assaut par des furies venues on ne sait d'où. Combat de gladiateurs avec un aboyeur qui nous fait sortir nos mouchoirs. "Aucune vie ce soir ne sera mise en péril !" Ouh, râle la foule sans y croire. Les rouges perdent (mauvais signe pour les élections). Course de chars. Ben-Hur donne à boire à Jésus dans la vallée des lépreux. 1 h 32 au total : salut final.

Hossein, "l'homme de tous les records", dit le programme, lui-même pratiquement de la taille d'une affiche Decaux (12 euros). On peut égrainer les centaines de figurants, compter les 280 000 billets vendus sur 300 000. Circulez sur Internet, vous verrez, c'est une figure imposée. Chacun se défend. De quoi, grands dieux ? Ça ne sert à rien. Ben-Hur n'existe dans sa puissante fable au-delà de la légende que par excès.


HUMBLEMENT GRANDIOSE


Ce qui suit cette folie ? Une satisfaction paisible, pacifiée par des réglages justes, la grâce de l'artisanat, des idées humblement grandioses : la bataille navale de la galère sous la soucoupe du Stade de France (tableaux réussis), les tonitruants "Sois remercié, ô Tibère !" tandis qu'un hélicoptère survole le stade encerclé par la rumeur du périphérique. Un rien d'ennui parfois. Une simple ambition qui rejoint (version piquante) certain côté Intervilles, ou (version touchante) les fêtes des écoles publiques en province, dans les années 1950.

Mais tout de même, à l'échelle du mythe : avec les meilleurs décorateurs (Christian Vallat), les meilleurs cascadeurs (Mario Luraschi), les meilleures costumières (Martine Mulotte), les meilleurs chorégraphes (Bruno Agati) et pour le son et la lumière, les meilleurs encore (Claude Warnier, André Serré, Christian Bréan, Jacques Rouveyrollis). Le tout, sur une musique retrouvée du père du metteur en scène, Aminollah Hossein (1907-1983). Bref, une histoire d'amour filial. Quel mal à ça ?



Ben Hur, plus grand que la légende, de Robert Hossein et Alain Decaux. Stade de France, les 23, 26, 29 et 30 septembre à 20 h 45. De 30 € à 90 €. Sur Internet : http://www.benhur.fr/



samedi 26 avril 2008 à 00:24
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Celui-là aussi je le up, tiens !

Et hop. Remonte en surface petit topic ! happy.gif

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