dimanche 28 mai 2006 à 01:57
| QUOTE (Nuage Blanc @ 28 May 2006 à 01:03) |
| QUOTE (Full Master On The Rox @ 27 May 2006 à 02:29) | 1. Tu dis : "La fin (= le terme) de la vie est incontestablement la mort". En réalité la mort ce n'est rien d'autre qu'une notion humaine, qui au mieux indique le processus physiologique selon lequel ton corps change d'état. Donc quand tu emploies le mot "terme" c'est plus dans un sens imagé que dans un sens réel.
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La mort n'est pas une notion humaine : tout être vivant meurt. Et "le terme" veut dire "l'achèvement" (dans le sens : "le moment où ça se termine"). Il ne s'agit donc pas d'un sens imagé.
Ce préjugé est loin d'être universel; mais d'accord.
Ce n'est pas pour ça que tout le monde est obligé d'être d'accord avec lui.
Savoir suppose d'abord croire. S'il a voulu prouver rationnellement l'existence de Dieu (quelles que soient les choses qu'il mettait là-dessous), c'est qu'il y croyait. Spinoza était peut-être "a-religieux" mais sûrement pas athée.
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1. Tu dis : "Savoir suppose d'abord croire".
Soit, seulement la méthode en science consiste à dépasser ces hypothèses qui ne sont pas des croyances définitives, dans le but de les confirmer ou de les infirmer. La croyance n'est pas une forme aboutie de savoir. D'un point de vue épistémique, la croyance est inférieure au savoir. Le Dieu de Spinoza ne fait pas l'objet d'une croyance mais d'une connaissance.
2. Tu dis : "Spinoza était peut-être "a-religieux"
C'est une erreur que tu commets en prétendant que Spinoza est "a-religieux". Que ce soit dans l'Ethique ou dans le Traité Théologico Politique (TTP), Spinoza parle bien d'une vraie Religion raisonnable qui crée des liens sociaux entre les hommes et qui consiste en "justice et charité", et il l'oppose à la superstition qui divisent les hommes. Il prend d'ailleurs le Christ comme modèle de vie éthique.
3. Tu dis : Spinoza est "sûrement pas athée".
Sache tout d'abord que Spinoza a été accusé d'athéisme (lire ses correspondances) et qu'il a été excommunié de la synagogue où il étudiait. Spinoza montre que l'existence d'un Dieu transcendant ayant les traits d'un Monarque doué de sentiments humains (anthropomorphisme) est une théorie fausse dont la base est l'Imagination galopante et incontrôlée des hommes. Donc de ce point de vue épistémologique il est "athée", car ce qu'il nomme Dieu c'est la Nature, et cela contredit les thèses monothéistes. Je te rappelle que Spinoza s'est réapproprié tout un lexique issu de la Bible et de la théologie pour leur donner un sens rationnel. Par conséquent, bien que lui-même se défende d'être athée dans sa correspondance, ce qu'il entend par le terme d'athée c'est celui qui a un comportement immoral. Car en réalité "Dieu" pour Spinoza en plus de désigner la Nature (la Substance, les Attributs et ses Modes), signifie aussi une métaphore pour qualifier ce qu'il y a de mieux en l'homme, c'est-à-dire un comportement raisonnable, honnête et joyeux. C'est ce qui est "sacré" ou "divin" comme il le dit dans le TTP.
Au regard de ce que tu écris, on constate sans difficulté que tu ne possèdes pas de sérieuses connaissances sur la philosophie de Spinoza. Je t'invite donc à le découvrir attentivement tout comme ses nombreux commentateurs qui l'ont admirablement éclairci.
Ce message a été modifié par Full Master On The Rox - dimanche 28 mai 2006 à 02:00.