Thursday 29 November 2007 à 11:17
Longtemps laissée à l’abandon, la ville de Safi a fini par perdre son lustre d’antan. Le Souverain y a lancé des projets socio-économiques structurants qui la sortiront de sa marginalité.
Safi fait peau neuve
M.Bourakkadi
SM le Roi Mohammed VI devant la maquette de la zone d'urbanisation nouvelle.
Safi, la ville qui fut l’un des ports les plus importants du Royaume, celle qui a allié la civilisation andalouse à la culture des tribus arabes du Maroc profond. Celle qui a été un exemple de convivialité entre les différentes confessions. Enfin, celle qui était un des principaux pôles industriels du Maroc indépendant avait besoin d’une cure de jouvence.
En fait, elle est l’un des chefs-lieux de la région de Doukkala Abda. Elle a connu, du 9 au 11 novembre, une visite royale de trois jours. Cette visite a été une occasion pour le lancement de plusieurs projets structurants. La ville, dont le nom dérive probablement du mot berbère Assif qui signifie “cours d’eau”, est sans doute l’une des plus anciennes cités du Maroc. Son existence dans l’Antiquité n’est pas encore prouvée. Cependant, sa situation stratégique sur la côte atlantique lui a valu une grande importance depuis les premières conquêtes islamiques du Maroc. Son nom fut cité pour la première fois au XIème siècle. Elle est, ainsi, devenue le premier port de la capitale Marrakech pendant les grandes périodes de l’Histoire du Maroc.
La visite royale a permis à la ville de refaire peau neuve. Premier grand projet, une zone d'urbanisation nouvelle, des programmes d'aménagement et de mise à niveau urbaine de la ville pour un coût global de 4,8 milliards de dirhams. Ce projet cible une population estimée à 20.000 personnes et comporte la construction de 4.000 unités de logement réparties sur les logements économiques, les villas économiques et les immeubles.
Dans le souci de préserver le patrimoine architectural et culturel de Safi, le Souverain a lancé le projet de réhabilitation de la vieille cité, d'un coût global de 63 millions de dirhams. C’est en fait un projet intégré de réhabilitation de l'ancienne médina de Safi, bâtie au 12ème siècle sur 10 ha, qui reflète tous les aspects de cohabitation entre les civilisations et les religions. Dans le même ordre d’idée, un autre projet socioculturel, le réaménagement du musée national de poterie Dar Soltane, a nécessité un coût de 2,56 millions de dirhams, financé par le ministère de la Culture.
Par ailleurs, cette visite aura permis de mettre en marche l'aménagement et la réorganisation du port de Safi. Ce projet a bénéficié de crédits de 310,2 millions de dirhams, dont 160 millions pour la mise à niveau et l'équipement du port de pêche, en vue de répondre aux besoins de la région et des exigences du marché mondial. Le port de Safi constitue une plate-forme stratégique du transport maritime international. Depuis 90 ans, il ne cesse de contribuer au développement économique national, dans la mesure où il dispose d'un littoral riche de ressources halieutiques et d'un espace terrestre qui regorge de ressources naturelles et énergétiques.
Sur un autre volet du développement intégré de la région, un autre projet lancé, la construction de l'Institut de formation aux carrières de santé. Ce projet nécessitera une enveloppe de 10,8 millions de dirhams. En définitive, la visite royale aura eu l’effet d’une bouffée d’oxygène pour cette région, qui a eu ses moments de gloire, mais qui a aussi subi les contrecoups de la marginalisation.