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vendredi 20 octobre 2006 à 14:20
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Voyou poete ou poete voyou(voyant!),l enfant prodige de Charleville,l homme aux semelles de vent nous entraine dans son bateau ivre vers un univers a la fois noble et decadent

Al occasion de son anniversaire je cree ce topic hommage pour en parler et poster ses plus beaux textes!


A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,
Je dirai quelque jour vos naissances latentes :
A, noir corset velu des mouches éclatantes
Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,

Golfes d'ombre ; E, candeurs des vapeurs et des tentes,
Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d'ombelles ;
I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;
U, cycles, vibrement divins des mers virides,
Paix des pâtis semés d'animaux, paix des rides
Que l'alchimie imprime aux grands fronts studieux ;
O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,
Silences traversés des Mondes et des Anges :
- O l'Oméga, rayon violet de Ses Yeux !


(voyelles)


a vous!


Ce message a été modifié par sandie72 - vendredi 20 octobre 2006 à 14:30.
vendredi 20 octobre 2006 à 14:29
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Aube
J'ai embrassé l'aube d'été.

Rien ne bougeait encore au front des palais. L'eau était morte. Les camps d'ombres ne quittaient pas la route
du bois. J'ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent, et les ailes
se levèrent sans bruit.

La première entreprise fut, dans le sentier déjà empli de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit son nom.

Je ris au wasserfall blond qui s'échevela à travers les sapins : à la cime argentée je reconnus la déesse.

Alors je levai un à un les voiles. Dans l'allée, en agitant les bras. Par la plaine, où je l'ai dénoncée au coq.
A la grand'ville elle fuyait parmi les clochers et les dômes, et courant comme un mendiant sur les quais de marbre,
je la chassais.

En haut de la route, près d'un bois de lauriers, je l'ai entourée avec ses voiles amassés, et j'ai senti un peu
son immense corps. L'aube et l'enfant tombèrent au bas du bois.

Au réveil il était midi.


















vendredi 20 octobre 2006 à 14:35
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"Jadis, si je me souviens bien, ma vie était un festin où s'ouvraient tous les cœurs, où tous les vins coulaient.
Un soir, j'ai assis la Beauté sur mes genoux. − Et je l'ai trouvée amère. − Et je l'ai injuriée.
Je me suis armé contre la justice.
Je me suis enfui. Ô sorcières, ô misère, ô haine, c'est à vous que mon trésor a été confié!
Je parvins à faire s'évanouir dans mon esprit toute l'espérance humaine. Sur toute joie pour l'étrangler j'ai fait le bond sourd de la bête féroce.
J'ai appelé les bourreaux pour, en périssant, mordre la crosse de leurs fusils. J'ai appelé les fléaux, pour m'étouffer avec le sable, le sang. Le malheur a été mon dieu. Je me suis allongé dans la boue. Je me suis séché à l'air du crime. Et j'ai joué de bons tours à la folie.
Et le printemps m'a apporté l'affreux rire de l'idiot.
Or, tout dernièrement m'étant trouvé sur le point de faire le dernier couac ! j'ai songé à rechercher la clef du festin ancien, où je reprendrais peut-être appétit.
La charité est cette clef. − Cette inspiration prouve que j'ai rêvé !
"Tu resteras hyène, etc...," se récrie le démon qui me couronna de si aimables pavots. "Gagne la mort avec tous tes appétits, et ton égoïsme et tous les péchés capitaux."
Ah ! j'en ai trop pris : − Mais, cher Satan, je vous en conjure, une prunelle moins irritée ! et en attendant les quelques petites lâchetés en retard, vous qui aimez dans l'écrivain l'absence des facultés descriptives ou instructives, je vous détache ces quelques hideux feuillets de mon carnet de damné.
(....)"
vendredi 20 octobre 2006 à 20:38
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Chanson de la plus haute tour

Oisive jeunesse
A tout asservie,
Par délicatesse
J'ai perdu ma vie.
Ah ! Que le temps vienne
Où les coeurs s'éprennent.

Je me suis dit : laisse,
Et qu'on ne te voie :
Et sans la promesse
De plus hautes joies.
Que rien ne t'arrête,
Auguste retraite.

J'ai tant fait patience
Qu'à jamais j'oublie ;
Craintes et souffrances
Aux cieux sont parties.
Et la soif malsaine
Obscurcit mes veines.

Ainsi la prairie
A l'oubli livrée,
Grandie, et fleurie
D'encens et d'ivraies
Au bourdon farouche
De cent sales mouches.

Ah ! Mille veuvages
De la si pauvre âme
Qui n'a que l'image
De la Notre-Dame !
Est-ce que l'on prie
La Vierge Marie ?

Oisive jeunesse
A tout asservie,
Par délicatesse
J'ai perdu ma vie.
Ah ! Que le temps vienne
Où les coeurs s'éprennent !
vendredi 20 octobre 2006 à 20:55
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Mai 1872, ultime poème de la langue française, personne n'ira au-delà:

L'ÉTERNITÉ

Elle est retrouvée.
Quoi ? - L'Éternité.
C'est la mer allée
Avec le soleil.
Âme sentinelle,
Murmurons l'aveu
De la nuit si nulle
Et du jour en feu.
Des humains suffrages,
Des communs élans,
Là tu te dégages
Et voles selon.
Puisque de vous seules,
Braises de satin,
Le Devoir s'exale
Sans qu'on dise : enfin.
Là pas d'espérance,
Nul orietur.
Science avec patience,
Le supplice est sûr.

Elle est retrouvée.
Quoi ? - L'Éternité.
C'est la mer allée
Avec le soleil.
vendredi 20 octobre 2006 à 21:00
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Le dormeur du val
C'est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.
vendredi 20 octobre 2006 à 21:05
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Ma bohème

Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées ;
Mon paletot aussi devenait idéal ;
J'allais sous le ciel, Muse ! et j'étais ton féal ;
Oh ! là ! là ! que d'amours splendides j'ai rêvées!

Mon unique culotte avait un large trou.
- Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
- Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou

Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;

Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques,
De mes souliers blessés, un pied près de mon cœur !
vendredi 20 octobre 2006 à 21:50
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SENSATION

Par les soirs bleus d'été j'irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l'herbe menue :
Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.
Je ne parlerai pas ; je ne penserai rien:
Mais l'amour infini me montera dans l'âme,
Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, -heureux comme avec une femme.
Mars 1870.
vendredi 20 octobre 2006 à 22:13
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QUOTE (sandie72 @ 20 Oct 2006 à 22:00)
Le dormeur du val
C'est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

Mon premier Poéme de Rimbaud en Primaire, je m'en rapelle encore crying.gif j'en suis toute ému c'est vrai qu'il écrivait bien ce poéte voyou.
vendredi 20 octobre 2006 à 22:22
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Un autre estampillé été 71... là c'est Rimbaud au lance-flamme, franc-tireur ardennois (et encore inconnu de la capitale! mais ça ne saurait tarder...). La cible? Victor Hugo lui-même... rien n'est dit mais tout est suggéré.

Le crime de l'auguste vieux poète? ne pas avoir compris la Commune...

Le Voyant, le Maudit Arthur va se charger de l'exécution finale, tous aux abris... (on peut regretter qu'Hugo, "barbe de la famille et poing de la cité", n'ait jamais pu, selon toute vraisemblance, lire ce poème, une réponse alexandrine n'aurait pas manqué de piquant!)

L'homme juste

Le Juste restait droit sur ses hanches solides :
Un rayon lui dorait l'épaule ; des sueurs
Me prirent : « Tu veux voir rutiler les bolides ?
Et, debout, écouter bourdonner les flueurs
D'astres lactés, et les essaims d'astéroïdes ?


« Par des farces de nuit ton front est épié,
Ô Juste ! Il faut gagner un toit. Dis ta prière,
La bouche dans ton drap doucement expié ;
Et si quelque égaré choque ton ostiaire,
Dis : Frère, va plus loin, je suis estropié ! »


Et le Juste restait debout, dans l'épouvante
Bleuâtre des gazons après le soleil mort :
« Alors, mettrais-tu tes genouillères en vente,
Ô Vieillard ? Pèlerin sacré ! Barde d'Armor !
Pleureur des Oliviers ! Main que la pitié gante !


« Barbe de la famille et poing de la cité,
Croyant très doux : ô coeur tombé dans les calices,
Majestés et vertus, amour et cécité,
Juste ! plus bête et plus dégoûtant que les lices !
Je suis celui qui souffre et qui s'est révolté !


« Et ça me fait pleurer sur mon ventre, ô stupide,
Et bien rire, l'espoir fameux de ton pardon !
Je suis maudit, tu sais ! Je suis soûl, fou, livide,
Ce que tu veux ! Mais va te coucher, voyons donc,
Juste ! Je ne veux rien à ton cerveau torpide.


« C'est toi le Juste, enfin, le Juste ! C'est assez !
C'est vrai que la tendresse et ta raison sereines
Reniflent dans la nuit comme des cétacés !
Que tu te fais proscrire et dégoises des thrènes
Sur d'effroyables becs de cane fracassés !


« Et c'est toi l'oeil de Dieu ! le lâche ! Quand les plantes
Froides des pieds divins passeraient sur mon cou,
Tu es lâche ! Ô ton front qui fourmille de lentes !
Socrates et Jésus, Saints et Justes, dégoût !
Respectez le Maudit suprême aux nuits sanglantes ! »


J'avais crié cela sur la terre, et la nuit
Calme et blanche occupait les cieux pendant ma fièvre.
Je relevai mon front : le fantôme avait fui,
Emportant l'ironie atroce de ma lèvre...
- Vents nocturnes, venez au Maudit ! Parlez-lui !


Cependant que, silencieux sous les pilastres
D'azur, allongeant les comètes et les noeuds
D'univers, remuement énorme sans désastres,
L'ordre, éternel veilleur, rame aux cieux lumineux
Et de sa drague en feu laisse filer les astres !


Ah ! qu'il s'en aille, la gorge cravatée
De honte, ruminant toujours mon ennui, doux
Comme le sucre sur la denture gâtée.
- Tel que la chienne après l'assaut des fiers toutous,
Léchant son flanc d'où pend une entraille emportée.


Qu'il dise charités crasseuses et progrès...
- J'exècre tous ces yeux de Chinois à bedaines,
Mais qui chante : nana, comme un tas d'enfants près
De mourir, idiots doux aux chansons soudaines :
Ô Justes, nous chierons dans vos ventres de grès !


Juillet 1871.

samedi 21 octobre 2006 à 13:35
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Marine
Les chars d'argent et de cuivre -
Les proues d'acier et d'argent -
Battent l'écume, -
Soulèvent les souches des ronces.
Les courants de la lande,
Et les ornières immenses du reflux,
Filent circulairement vers l'est,
Vers les piliers de la forêt, -
Vers les fûts de la jetée,
Dont l'angle est heurté par des tourbillons de lumière
samedi 21 octobre 2006 à 14:53
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ça lui fait une belle jambe, à Rimbaud, que vous lui souhaitiez un bon anniversaire.


+ Message Masqué +


samedi 21 octobre 2006 à 15:33
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^^

"J'ai faim" Rimbaud
samedi 21 octobre 2006 à 18:15
Citer +Citer
QUOTE (Express @ 20 Oct 2006 à 21:55)
Mai 1872, ultime poème de la langue française, personne n'ira au-delà:

Mouais... Il me semble plutôt que c'est Char qui a mis un point final à la poésie française.
samedi 21 octobre 2006 à 19:40
Citer +Citer
QUOTE (Mister_Saltarello @ 21 Oct 2006 à 19:15)
QUOTE (Express @ 20 Oct 2006 à 21:55)
Mai 1872, ultime poème de la langue française, personne n'ira au-delà:

Mouais... Il me semble plutôt que c'est Char qui a mis un point final à la poésie française.

Bof.

Char devait tout à Rimbaud et ne manquait pas de le mentionner lui-même.

La triade sacrée Hugo-Baudelaire-Rimbaud a tout dit en matière de poésie, après ce n'a été que des variations plus ou moins heureuses.
samedi 21 octobre 2006 à 20:24
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QUOTE (julia_amgreat @ 20 Oct 2006 à 21:38)



Il est Rim-beau sm15.gif

Ce message a été modifié par systaleaz - samedi 21 octobre 2006 à 20:24.
samedi 21 octobre 2006 à 23:11
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Elle a mis sur l' mur
Au dessus du berceau
Une photo d'Arthur
Rimbaud rolleyes.gif
Avec ses cheveux en brosse
Elle trouve qu'il est beau wub.gif
Dans la chambre du gosse
Bravo


C est vrai qu il est trop mimi sur ce portrait wub.gif

Ce message a été modifié par sandie72 - samedi 21 octobre 2006 à 23:11.
dimanche 22 octobre 2006 à 11:16
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QUOTE (Express @ 21 Oct 2006 à 20:40)
QUOTE (Mister_Saltarello @ 21 Oct 2006 à 19:15)
QUOTE (Express @ 20 Oct 2006 à 21:55)
Mai 1872, ultime poème de la langue française, personne n'ira au-delà:

Mouais... Il me semble plutôt que c'est Char qui a mis un point final à la poésie française.

Bof.

Char devait tout à Rimbaud et ne manquait pas de le mentionner lui-même.

La triade sacrée Hugo-Baudelaire-Rimbaud a tout dit en matière de poésie, après ce n'a été que des variations plus ou moins heureuses.

Il y a quand même quelques grand poètes au XXème siècle : Desnos, Ponge, Michaux...
dimanche 22 octobre 2006 à 13:33
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QUOTE (Loudon Dodd @ 22 Oct 2006 à 12:16)
QUOTE (Express @ 21 Oct 2006 à 20:40)
QUOTE (Mister_Saltarello @ 21 Oct 2006 à 19:15)
QUOTE (Express @ 20 Oct 2006 à 21:55)
Mai 1872, ultime poème de la langue française, personne n'ira au-delà:

Mouais... Il me semble plutôt que c'est Char qui a mis un point final à la poésie française.

Bof.

Char devait tout à Rimbaud et ne manquait pas de le mentionner lui-même.

La triade sacrée Hugo-Baudelaire-Rimbaud a tout dit en matière de poésie, après ce n'a été que des variations plus ou moins heureuses.

Il y a quand même quelques grand poètes au XXème siècle : Desnos, Ponge, Michaux...

et Valery....... siffle.gif

édit : ...et Péguy ..... bluebiggrin.gif

Ce message a été modifié par lavienrose - dimanche 22 octobre 2006 à 13:35.
dimanche 22 octobre 2006 à 15:07
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QUOTE (sandie72 @ 20 Oct 2006 à 22:00)
Le dormeur du val
C'est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

Trouvé le point commun littéraire. biggrin.gif
J'aime beaucoup ma bohême, souvenir d'enfance aussi. happy.gif

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