Artaud Le Momo, Sa Vie, Son Oeuvre

jeudi 07 juin 2007 à 12:23
Citer +Citer
Je suis actuellement en train de lire l'oeuvre (sic) d'Artaud et j'aurai aimé en discuter. En effet, je trouve son style assez imperméable et je pense qu'il y'a sujet à débat.

J'avais trouvé pas mal de solutions à mes questions dans des reportages trouvés sur Dailymotion.





Et pour le fun :





Ce message a été modifié par 100% - jeudi 07 juin 2007 à 12:25.
jeudi 07 juin 2007 à 19:06
Citer +Citer

100%
jeudi 07 juin 2007 à 12:23
Je suis actuellement en train de lire l'oeuvre (sic) d'Artaud et j'aurai aimé en discuter. En effet, je trouve son style assez imperméable et je pense qu'il y'a sujet à débat.

J'avais trouvé pas mal de solutions à mes questions dans des reportages trouvés sur Dailymotion.




Bon déjà je ne peux lire aucune de tes vidéos ...ça commence mal...
Mais ce n'est pas grave j'ai bon nombre d'enrégistrements aussi...

Heu le style est ce qu'il est mais il y a un point fondamental à ne jamais négliger quand on veut essayer de comprendre Artaud ...c'est que toute sa vie il s'est passionné d'ésotérisme et que toute son oeuvre en est baignée...mieux ..Artaud a toujours vécu en occultiste (un peu comme August Strindberg d'ailleurs ) et ce n'est pas vraiment évident non plus....on sait comment la société lui a fait payer son "originalité" rolleyes.gif

Donc si tu veux bien comprendre ses livres tu dois aussi (d'abord?) étudier en parrallele l'alchimie,l'astrologie,la cabale le symbolisme etc etc...


Ce message a été modifié par lavienrose - jeudi 07 juin 2007 à 19:13.
jeudi 07 juin 2007 à 23:13
Citer +Citer
Aha. Et bah c'est pas gagné.

En fait, je lis un recueil génial publié chez Quarto qui regroupe tous ses plus grands textes, sa correspondance etc. C'est assez vaste (presque 1800 pages) mais complétement fascinant. Ce que je me demande toujours, c'est si je comprends bien la portée de ce qu'il dit. Là, dans ma lecture, j'en suis p. 240, période 1926-28, lorsqu'il quitte (sic ?) le mouvement surréaliste.

Ce que j'ai compris, pour l'instant, à travers entre autres sa "Correspondance avec J. Rivière", "L'Ombilic des Limbes", "Le Pèse nerfs" etc, c'est qu'il est atteint d'une maladie qui fait que sa raison n'est pas totalement mure, qu'elle lui est incertaine et qu'il ne peut pas compter sur elle. Dès lors, il en appel à son corps, à sa sensibilité, pour atteindre le vrai.

Les trucs que je me demande c'est :
- Est ce que cette maladie lui est propre ou est ce qu'elle touche l'humanité toute entière ?
- Nietzsche, dans "Le Gai savoir", dit que la raison est en cour d'évolution et qu'il faut suivre son instinct : Est-ce la même message que celui d'Artaud ?
- En quoi sa vision du corps est elle différente de celle que propose les phénomenologistes avec le "corps sémantique" ?
- Est-ce que, faire parler son corps, ca revient pas aux théses surréalistes ?

J'en ai surement beaucoup d'autres mais elles ne me viennent pas à l'esprit. J'espère que tu pourras m'éclairer ! Merci.
vendredi 08 juin 2007 à 06:24
Citer +Citer
...Précurseur d'Albert Dupontel (un tout petit peu, hein, j'aime bien Dupontel mais pas forcément ce gars). J'ai aussi un pote qui écrit un peu comme ça.
mercredi 13 juin 2007 à 10:56
Citer +Citer

100%
jeudi 07 juin 2007 à 12:23
Ce que j'ai compris, pour l'instant, à travers entre autres sa "Correspondance avec J. Rivière", "L'Ombilic des Limbes", "Le Pèse nerfs" etc, c'est qu'il est atteint d'une maladie qui fait que sa raison n'est pas totalement mure, qu'elle lui est incertaine et qu'il ne peut pas compter sur elle. Dès lors, il en appel à son corps, à sa sensibilité, pour atteindre le vrai.



Je me souviens avoir entendu la poète Christian Prigent évoquer, à propos d'Artaud, le fait que son entreprise aurait visé à se "déposséder" de la langue qui, chez lui comme chez tout le monde, formerait une sorte d'écran qui nous empêche de nous ressaisir nous-mêmes (pour le dire autrement, si je comprend bien - ce qui est loin d'être sûr -, l'ensemble des représentations véhiculées par la langue s'interposerait entre nous et le réel, nous interdisant d'y accéder.) Dans cette perspective, la singularité du "mal" dont Artaud disait souffrir aurait été plutôt liée à la conscience qu'il en avait plutôt qu'à cette possession elle-même, qui serait notre lot commun.

Mais encore une fois je suis loin d'être sûr de la pertinence de ce que je viens de dire (en plus, je connais très mal Artaud.)
jeudi 21 juin 2007 à 04:02
Citer +Citer

100%
jeudi 07 juin 2007 à 12:23
Ce que j'ai compris, pour l'instant, à travers entre autres sa "Correspondance avec J. Rivière", "L'Ombilic des Limbes", "Le Pèse nerfs" etc, c'est qu'il est atteint d'une maladie qui fait que sa raison n'est pas totalement mure, qu'elle lui est incertaine et qu'il ne peut pas compter sur elle. Dès lors, il en appel à son corps, à sa sensibilité, pour atteindre le vrai.

Les trucs que je me demande c'est :
- Est ce que cette maladie lui est propre ou est ce qu'elle touche l'humanité toute entière ?
J'en ai surement beaucoup d'autres mais elles ne me viennent pas à l'esprit. J'espère que tu pourras m'éclairer ! Merci.




heu pour t'éclairer vraiment il faudrait qu'un "spécialiste" d'Artaud passe ici.....mais bon je vais juste essayer de te donner mon avis d'amateur sur sa "maladie"

Dans sa correspondance avec Rivière il explique sa souffrance en tant que "phénomène spirituel" :"Je souffre d'une effroyable maladie de l'esprit.Ma pensée m'abandonne à tous les degrés .Depuis le fait simple de la pensée jusqu'au fait extérieur et sa matérialisation dans les mots...il y a donc quelque chose qui détruit ma pensée".

Dans la pluapart des ouvrages qui suivront, Artaud va retranscrire avec le plus de fidélité possible cette "étrangeté" qui l'habite,cherchant à soumettre,en les déterminant par le verbe ,ces "formes informulées" qui l'assiegent: en les localisant ainsi, il s'en désolidarise, échappant ainsi au risque de se laisser totalement submerger par elles.

On retrouve toujours Artaud l'ésotériste qui va tenter de rendre compte de ses troubles grâce à la magie d'une savante transcription évocatoire et obtenir ainsi de ses lecteurs une reconnaissance de leur existence et sortir ainsi de ce néant où la monstruosité psychique veut le placer en le bannissant du monde des humains.

Sa grande contradiction sera de vouloir "se déterminer ,comme si ce n'était pas lui qui se déterminait,se voir avec les yeux de son esprit sans que ce soient les yeux de son esprit,conserver le bénéfice de son jugement personnel en aliénant la personnalité de ce jugement,se voir et ignorer que c'est lui-même qui se voit"(oeuvres posth)

Artaud ne pourra jamais se délivrer de l'emprise de cette maladie psychique, de cette possession en fait....

source: Philippe Faucher


Ce message a été modifié par lavienrose - jeudi 21 juin 2007 à 04:06.

Repondre  Fast ReplyUp