dimanche 20 juin 2004 à 16:40
Il y a des choses qu'on adore dans la vie grâce à quelqu'un (ou à cause de quelqu'un)
Combien d'enfants aiment le foot parce que papa en a fait dans son enfance ?
Je n'ai pas eu la chance ou la malchance d'être une soeur Williams, encore moins dêtre le fils de Louis Chédid, mais plutôt d'un fan d'Arno.
Mais qui est cet Arno me demanderaient-vous. Très bonne question à laquelle je vais essayer de répondre.
Arno Hintjens (mais on l'appelle seulement Arno, pour les intimes...) nait en Belgique flamande à Ostende le 21 mai 1949. Oui, ce chanteur n'est plus tout jeune mais ne croyez pas qu'on parle ici de Sardou ou d'un vieux chanteur has been. Lui, à bientôt 54 ans, il est toujours dans le coup, il assure toujours autant qu'à ses débuts, toujours aussi rock'n'roll.
Il fait son premier concert en 69, lors d'un festival d'été à Ostende. En 72 il intègre le groupe Freckle Face où il taquine l'harmonica, instrument qu'il utilise souvent dans ses albums et en concert, entre deux couplets. Le groupe sort un album auto-produit en 75, mais malgré cela ça n'empêche pas Arno de se barrer aller voir si il fait meilleur là haut sur la colline. La colline c'est Tjens Couter (eh ouais c'est space comme nom mais c'est made in Belgium, faut suivre!!). Ce groupe est seulement composé de Paul Decouter et d'Arno, et le genre est rythm'n'blues, type anglo-saxon, rien de très original, mais attendez ça va venir.
En 77 Arno et Decouter forment avec Ferre Baelen et Rudy Cloet, TC Band, qui deviendra plus tard en 80 TC Matic après la sortie de Decouter et l'arrivée de Jean-Marie Aerts.
Ils connaissent un certain succès, tournant dans toute l'Europe, notamment en première partie de Simple Minds en 85. Je dis "certain succès" parce que c'est pas non plus des stars, sinon tu les connaitrais toi ami lecteur et j'aurais pas besoin de faire une si pitoyable chronique !
Attention là c'est le moment d'émotion : TC Matic se splitte en 86...
Mais Arno n'arrête pas pour autant (et il a bien raison) et se lance dans une carrière solo.
Le premier album d'Arno est moyen moyen, donc je n'en parle pas.
Mais en 88, le second album "Charlatan" est un très bon opus, dans lequel se trouve "Le bon dieu" une superbe reprise de Brel.
Deux ans plus tard sort "Ratata", dont la chanson "Lonesome zorro" est un délice, mon dieu...elle vous fouttra l'émotion à vous aussi vous verrez.
Le 26 juin 90, Arno monte sur la scène parisienne de la Cigale, eh ouais quand même, il se fout pas de nous le gonze.
Ensuite il sort un album au sein de Charles et les lulus. Cet album est composé de reprises blues de Willie Dixon, Sonny Boy Williamson ou Rufus Thoma notamment.
Mais en 93 il part direct pour Nashville, carrément, la classe, pour enregistrer "Idiots savants", un de ses meilleurs albums à mon goût, où figure "Les filles du bord de mer", une reprise d'Adamo. Alors les sceptiques me diront qu'Adamo c'est ringard, mais je leur certifie que la version d'Arno ne l'est pas et qu'elle est d'une beauté...d'une grande beauté. Mais bien sûr c'est pas du Nashville pussy...
Le 16 février 1994, c'est sur la scène de l'Elysée Montmartre qu'Arno fait une escale parisienne, encore une belle salle pour le belge qui monte qui monte qui monte.
En 94 sort aussi le meilleur album d'Arno, enregistré avec les Subrovnicks, une production très rock, plus que les autres en tout cas, avec des titres comme "Hot head", "I couldn't get up", "The smell of roses" (où on se croit dans Braveheart) ou "Rock them out". Je conseille aux lovers de faire le franck Sinatra sur "Mathilda" mais c'est seulement un conseil...
Cet album est de plus enregistré dans cette belle région qu'est le sud ouest de la France.
En 95 Arno sort "A la française", un album intégralement enregistré en français, où figurent des titres connus comme "Les yeux de ma mère", un des tubes d'Arno.
On y trouve aussi "Comme à Ostende" écrite par Léo Ferré et Jean-Roger Caussimon, ainsi qu'une chanson signée Charlélie Couture "Elle pense à lui".
Le 13 décembre Arno squatte le Bataclan, avant de commencer une tournée en France, mais aussi en Suisse et même aux States, à New York et Autin notamment.
Le 7 Octobre 96 il est à l'Olympia, suite à l'album "A la française" et à la tournée il sort un album live "Arno (en concert à la Française)" où il montre qu'en concert il est encore meilleur qu'en studio.
En 99 il sort "La fille du père Noël" reprise de Jacques Dutronc, interprêtée en duo avec Beverley Joe Scott, qui fera un tabac (je l'ai même entendu sur RTL!!).
Suivra aussi la même année "A poil commercial", mettant bien en valeur son attachement au style blues rock et à son timbre de voix façon "chanteur whisky-clopes".S'en suit une tournée de 170 dates en 2000.
Puis sort un best of, qui résume ses quelques années de vol avec toujours autant de pêche.
Mais l'arrivée d'un best of est souvent mauvais signe...pas pour Arno, qui sort en 2002 "Charles Ernest", cd à tendance plus acoustique qu'electrique, où figure un titre que vous connaissez peut-être, "Elisa", en duo avec Birkin. Personellement je n'aime pas cette chanteuse et encore moins cette chanson donc je préfère vous citer "Lola", "Honky tonk" ou "Je veux nager" qui sont largement plus sympathiques à mon goût.
Enfin, je peux vous dire qu'après tant d'années Arno assure toujours, car il y a quelques semaines je suis allé le voir à Ramonville et il nous a tous impresionné par son envie et sa hargne pour le mic !
Alors oui, Arno on l'aime ou on l'aime pas, sa voix très éraillée est assez spéciale, mais il ne laisse personne indifférent, et ça c'est un signe.
Merci papa.