mercredi 17 mai 2006 à 19:13
Histoire véridique d'Hélène Gillet - Dijon XVIIè siècle - celle-ci fut condamnée pour infanticide
« Entre les trois et quatre heures après midi, elle fut menée au Morimont assistée de deux jésuites et de deux capucins. Le bourreau qui s’était communié le matin dans la prison, tremble, s’excuse au peuple sur une fièvre qui le tenait depuis trois mois, le prie de lui pardonner où il manquerait son devoir.
Cependant qu’on exhortait la patiente à souffrir constamment la mort, il donne toute les marques d’une grande inquiétude, il chancelle, il se tord le bras, il les élève au ciel avec les yeux, il se met à genoux, se relève, puis se jette à terre, demande pardon à la patiente, puis la bénédiction aux prêtres qui l’assistaient.
« Enfin le bourreau, après avoir souhaité d’être à la place de la condamnée, qui tendait le col pour recevoir le coup, il hausse le coutelas ; il se fait une huée du peuple ; les jésuites et les capucins criaient : Jésus, Maria. La patiente se doute du coup, porte les mains à son bandeau, découvre le coutelas, frissonne, puis se remet en même assiette qu’auparavant. Le bourreau, qui n’entendait pas son métier, lui pensant trancher le col, porte le coup dans l’épaule gauche : la patiente tombe sur le côté droit : le bourreau quitte son épée, se présente au peuple, et demande à mourir.
Le peuple s’émeut, les pierres volent de tous côtés, la femme du bourreau, qui assistait son mari en cette exécution releva la patiente, qui en même temps marcha d’elle-même vers le poteau, se remit à genoux et tendit de rechef le col.
Le bourreau éperdu, reprend le coutelas des mains de sa femme, et décharge un coup sur la tête de la patiente, glissant au col, dans lequel il entra du travers du doigt, duquel coup, elle serait tombée, ce qui augmenta la colère du peuple plus fort qu’auparavant.
Le bourreau se sauve en la chapelle qui est au bas de l’échafaud, les jésuites après , puis les capucins.
La femme du bourreau demeure seule auprès de la patiente, qui était tombée sur le coutelas, duquel assurément, elle se serait servi si elle l’eut vu : elle prit la corde avec laquelle la patiente avait été menée et la lui mit au col.
La patiente se défend et jette sa main sur la corde ; cette femme lui donne des coups de pied dans l’estomac et sur les mains, et la secoue cinq ou six fois pour l’étrangler : puis, se sentant frappée à coups de pierres, elle tire ce corps demi mort, la corde au col, la tête devant à bas de la montée de l’échafaud.
Comme elle fut au-dessous, proche des degrés qui sont de pierre, elle prend les ciseaux qu’elle avait apportés pour couper les cheveux à la condamnée. Avec ces ciseaux, qui étaient longs de deux pieds, elle lui veut couper la gorge ; comme elle n’en peut venir à bout, elle les lui ficha en divers endroits ».
Tome onzième du Mercure de France Paris, 1629 (Tiré d'Infernalia et autres contes de Charles Nodier)
cette anecdote se termine par le lynchage du couple d executeurs par la foule revoltee par tant de cruaute...helene gillet sera finalement sauvee!
source:Inquisitor