mardi 23 janvier 2007 à 10:53
J'pense qu'avant d'être un mouvement politique, c'est avant tout un mouvement social, et qu'y a autant d'anar qu'il existe d'individus désireux de s'accomplir et de s'affranchir de tout système, de tout ordre ou de toute autorité immuable.
Après viennent à mon avis les problèmes de méthodes, en tout cas historiquement (au XIXème siècle). On trouve la tendance communiste-libertaire (celle qui domine la première AIT après le départ des Marxistes à New York) qui opte pour les mêmes fins que les cocos autoritaires (égalité, fin de l'Etat) mais sans en partager les moyens (autoritarisme, dictature "provisoire" du prolétariat). Les communistes-libertaires ou "anti-autoritaires" veulent la destruction pure et simple de l'Etat et de toute oppression, favorisant l'association libre et renouvelable selon les volontés et les possibilités de chacun (Proudhon, Bakounine, Kropotkine...).
On peut relever aussi la tendance individualiste (Max Stirner, repris par Emile Armand), qui, tout en donnant le primat à l'individu, n'en refuse pas moins l'idée d'une certaine vie sociale (seule garantie pour l'épanouissement de chacun) à condition qu'elle soit en permanence réévaluée.
Certains individualistes anarchistes- ou se revendiquant comme tels- n'hésitent cependant pas à commettre des actes désespérés (attentats de Ravachol ou d'Emile Henry, militants "sincères", ou la Bande à Bonnot "militants égarés", qui réprouveront toutes leurs idées)
Puis apparaît l'anarcho-syndicalisme (bien représenté par la CNT espagnole, mais historiquement on peut aussi remonter pour la France à la Fédération des bourses du travail et à la Charte d'Amiens de 1906 constitutive, après le congrès de Limoges, de la CGT. Celle-ci est fortement axée sur le domaine économique et sociale, et refuse toute alliance ou inféodation politique). La cellule syndicale devait devenir le foyer des idées anarchistes et de la future société libertaire (thèse d'un Pelloutier ou d'un Emile Pouget) qui aboutirait à l'issue d'une grève générale et révolutionnaire.
En définitive, les anarchistes ont historiquement posé de nombreuses problématiques sociales débattues encore de nos jours (mode d'association, principe des fédérations solidaires, croyance et athéisme, autonomie de l'individu dans la famille dans la société, au travail, place de la femme, union libre, éveil et accomplissement de l'individu etc...). Certes ils n'étaient pas les seuls(et nombreux étaient ceux qui, parmi les anarchistes, ont porté haut les idées de la Révolution 1848, de la "Sociale" comme on l'appelait ), mais ils ont réuni, enrichi et porté parfois maladroitement, mais sincèrement (je pense) ces idées au nom de la liberté et contre toute forme d'oppression (économique, politique ou morale)
Ce message a été modifié par tatatin - mardi 23 janvier 2007 à 11:07.