A voir sur Livenet :

Derniers Sujets

Pages : < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > dernière » 
Livenet > Forum > Sorties et voyages
samedi 29 juillet 2006 à 22:05
Citer +Citer
huh.gif !!!

samedi 29 juillet 2006 à 22:09
Citer +Citer
La Guerre du Rif

Entre 1921 et 1926, le Rif se révolte contre l'Espagne, puis contre la France. En 1921, ils ont écrasé les forces espagnoles dans la fameuse bataille d'Anoual. Même le chef suprême des forces espagnoles, le général Silvestre a été tué, de grandes quantités d'armes et de munitions ont été confisquées. Et en 1922, Abd el-Krim proclame la République confédérée des Rifains . Madrid et Paris ont alors recours à des armes chimiques pour mater la rébellions. Les armées rifaines se sont rendues en mai 1926.Abd el-Krim est exilé sur l'île de la Réunion jusqu'en 1948









dimanche 30 juillet 2006 à 21:07
Citer +Citer
QUOTE (adan123 @ 20 Jul 2006 à 21:59)
salut, azul ,

pour les comliviens qui veulent connaitre la richesse de la langue et la culture Amazigh, nous vous invitons à partager avec nous les connaissansces de tous les amazighs de tamzghat


tanmirt atas ghef topic aguiy
dimanche 30 juillet 2006 à 21:08
Citer +Citer

dimanche 30 juillet 2006 à 21:09
Citer +Citer

dimanche 30 juillet 2006 à 21:11
Citer +Citer

dimanche 30 juillet 2006 à 21:13
Citer +Citer
imazighen
afus de afus
afus-inu deg afus-enim,bach ssut yywedh
lundi 31 juillet 2006 à 12:08
Citer +Citer
tamazight en algerie:c'est une langue nationale reconnu apres les manifestations des amazigh aux pays des kabylies

ils ya differents dialectes en tamazight: mais je vais citer les essentiels dialectes

taqbaylit: parlée à la grande kabylie (tizi ouzou ,beajaia(bgayat),bouira(tbouirt),alger(lzayer),et setif)

tachawit: parlée en region est d'algérie les auress(batna,oum bouaghi,khenchla,et ain el baidha,et assez en tebessa ,et assez en kef(tunisie))

tachnwit:parlée dans la region ouest d'alger(chelef,et tipaza)

mouzabit:parlé a oued mizab sud d'algerie (ghardaia)

tachelhit:parlée en sud-ouest d'algerie(bechar,et tindouf)

tergui:parlé au sud d'algerie(tamenrast+janet,ain guezzam)
mardi 08 août 2006 à 12:57
Citer +Citer
les dialectes de la langues amazigh parlés au Maroc sont:

- Tarifite, parlée dans le nord ( le Rif)
- Tchelhite parlée dans le moyen Atlas
- Tassousite parlé au Sud du Maroc ( Souss)

Ce message a été modifié par adan123 - mardi 08 août 2006 à 13:22.
Fichier(s) joint(s)
Fichier joint  images_3_.jpg ( 0 octets ) Nombre de téléchargements: 0
 
mardi 08 août 2006 à 13:39
Citer +Citer

le bijou amazigh
Ce n'est pas par «folklorisation» que nous avons choisi de vous présenter le bijou amazigh, mais parce que depuis l'antiquité dans tout son art, il reflète l'histoire de notre grande civilisation. Nous le présentons dans cet exposé pour mieux le faire connaître à tous. En effet, a fabrication s'est toujours faite selon deux techniques. La première consiste en le moulage et le découpage du bijou ; elle est répandue dans toute l'Afrique du Nord. La deuxième, la bijouterie émaillée, introduit les pierres (ambre, corail, verroterie, etc.) ; on ne la trouve que dans trois régions : A Tiznit, en grande Kabylie et enfin à Moknine et à Djerba (Tunisie).

L'orfèvrerie nord-africaine, s'étant d'abord développée dans le monde rural, a principalement utilisé l'argent. A l'origine un choix économique, l'argent est devenu la caractéristique du bijou amazigh. On définit généralement un bijou comme étant un «petit objet précieux» (Petit Robert), mais le bijou amazigh se distingue à tel point qu'il ne rentre pas dans cette définition. Il est effectivement souvent de grande taille et frôle parfois l'exagération. D'ailleurs certaines pièces sont d'autant plus appréciées qu'elles atteignent des dimensions considérables. Par exemple les fibules (Tizêrzâi) souvent «triangulaires, ont une tête démesurément élargie» et peuvent peser plus de un kilogramme. «Les broches circulaires de Kabylie (Tabzimt) ont [un très grand diamètre] et pèsent jusqu'à huit cents grammes» (Berbères aux marges de l'histoire, G. Camps).

Les pierres dans le bijou ne viennent pas seulement pour le rehausser, mais elles en constituent parfois la pièce principale, c'est notamment le cas des pierres d'ambre (Luban) dans les colliers. Les femmes amazighes se parent de la tête aux pieds. Elles portent presque toujours les bijoux par paires. Ainsi la démesure n'est pas seulement dans la dimension mais également dans la quantité. On le remarque chez la jeune mariée, dont le trousseau peut renfermer jusqu'à plusieurs coffre de bijoux. A la quantité s'ajoute la diversité. Il est vrai qu'il existe plusieurs sortes d'accessoires. Les boucles d'oreilles, que l'on retrouve dans toutes les civilisations, ont une grande importance chez les Imazighen. La femme les porte a différents niveaux de l'oreille, d'où les différents types : Douah, Boukanat, Tixrsin... Les bracelets se portent toujours par paires. Ce sont soit des simples anneaux d'argent (Abzg), soit des anneaux plus larges, incrustés de pierres et se fermant par une chaînette (Tanbailt). Chez les Touaregs, l'héritage de leurs ancêtres est plus marqué. Les bracelets sont ainsi en une pierre, la stéatite. Dans la région de l'Adrar Air, les hommes travaillent la pierre quasiment sur son lieu d'extraction. Quant aux colliers, ils sont d'une grande beauté ; très chargés, ils recouvrent toute la poitrine. Au Maroc, ils se composent de grosses pierres d'ambre (Luban) qui leur donnent encore plus de force et de lourdeur. Ils peuvent également être constitués de clous de girofle ou de pâtes parfumées. Les fibules (déjà citées) et les chevalières (axellal) sont des bijoux typiquement amazighes. Le front est lui garni par tazra qui met en valeur les yeux comme le visage




















mardi 08 août 2006 à 13:59
Citer +Citer
quelques proverbes Amazighs:

- Les dents ont beau rire, le coeur sait la blessure qu'il porte

- L'arbre suit sa racine

- Les voiles des coeurs sont déchirés quand les coeurs se regardent en face

- Celui qui a levé la main, c'est comme s'il avait frappé

- Celui qui possède un métier est comme celui qui possède un château-fort.

- Si la chance veut venir à toi, tu la conduiras avec un cheveu ; mais si la chance veut partir, elle rompra une chaîne

- Si tu as de nombreuses richesses donne ton bien ; si tu possède peu, donne ton coeur

- J'ai donné une rose à un ane, il l'a mangé

- -Argaz iga-t walli d-ittâyn adif zegh tzêdyin n taruct
Le vrai homme est celui qui extrait de la moelle des piquants du porc-épic

- Argaz iga zund azreg: ar izzâd timerzîgin ula timmimin
L'homme est comme un moulin: il moud et ce qui est doux et ce qui est amer

- Uktuber ix°cen yan gi-s ittellin
Il est mauvais de faire le touriste au mois d'octobre (le mois des labours)

- Tagrest ijjân ay iskarn awilan ijjan
Après un hiver de "mauvaise odeur" (difficile) vient un été de "bonne odeur" (facile

- Ur illi kra bla kra
Il n'y a rien sans rien

- Ay-nna tekrezt, temgert-t
Tout ce que tu laboures, tu le moissonnes

- Seksu igh-as ur tbikset, ur rad t-id-ghlin iragg°en
Si tu ne "ceins" (pour rendre étanche) pas bien la couscoussière, la vapeur ne passera pas à travers le couscous.

- Walli ign gh umalu igh tergha tfukt, rad t-yagh usemmîd gh tegrest
Celui qui dort à l'ombre quand le soleil est chaud, souffrira du froid pendant l'hiver.

- Izimmer ur ar t-zzûzyen waskiwen-ens
le bêlier n'est pas dérangé pas le poids de ses cornes

- Imik s imik a s ikcem uràem agdur
C'est morceau par morceau que le dromadaire est mis dans la jarre

- Ur illi usenfu gh ddu usawen
Il n'y a pas de repos au pied de la montagne

- Yuf yan ak-imlan yan ak-ifkan
Vaut mieux celui qui te montre que celui qui te donne

- Iqqan-d ungâz yan iran ad yaru
Il n'y a pas moyen d'échapper aux souffrances de l'accouchement pour celle qui veut avoir des enfants

- Wanna ittemmaghn ur ar ittehâsab tukkimin
celui qui se bat ne compte pas les coups de poing

- Afullus iran ssuq, gh yîd ay itteyukrif
Le coq qu'on va vendre au marché, c'est la veille qu'on l'attache

- Ut uzzal sul irgha
Martèle le fer tant qu'il est encore chaud


- Inna wuccen i yiwi-s: "Ghay-nna ad gi-k ran wid gi-tengh zzânin"
le chacal a dit à son petit: "C'est ça ce qu'ils veulent de toi ceux qui nous pourchassent" (En réponse à son petit qui lui a demandé de s'arrêter se reposer sous un arbre, alors qu'ils étaient pourchassés par une meute de chiens)

- Amettul nna gh ur tendert, ur rad gi-s temgert
le champs où tu ne gémis pas de douleur, tu n'y moissonneras pas.

- Yan iran tid mmimnin, izzîdr i tid rzîgnin
Celui qui veut les "douces" doit d'abord supporter les "amères"

- Kra izdâ uzreg, rad t-tessaf tallunt
Tout ce que le moulin a moulu, le tamis le criblera

- Wanna ibennan kra n tgemmi, issemghur-t. Ad ur imil tga tins.
Que celui qui construit une maison l'agrandisse. Peut-être, qu'elle serait la sienne.

- Mad tgit d igenwan? Ad talt allen
Qui te sépare des cieux? Le fait de lever les yeux

- Wanna yugin a tt-yasi igh tfessus, rad tt-yasi igh tezzây
Celui qui refuse de la "porter" (assumer une responsabilité) alors qu'elle est encore légère, la "portera" lorsqu'elle sera plus lourde.

- Tafullust nna ur isguttîn f teglay, ur rad tnurzûm ikeyyawen
La poule qui ne couve pas les oeufs, n'aura pas de poussins.

- Gh°an iga zund aydi igmern tammurghi: tanna igh°i irzêm-as, igh°i tayyâd.
Celui-là est comme le chien qui chasse des sautrelles: dés qu'il attrappe une, la relâche pour attrapper une autre.

- Gh°anna zund walli ikrezn s tfullust: igh-tt yut ingha-tt, igh-tt yudja ar as-tgerru amud.
Celui-là est comme celui qui laboure avec une poule: s'il la frappe,il la tue, s'il la laisse, elle lui mange les grains.

- Turawt n tizzewa tuf acwariy n izan
Vaut mieux une poignée d'abeilles qu'un grand panier de mouches

- Yan d-iqqan ad yak°i, yak°i gh teddângiwin. Ad ur yak°i gh imik n waman, rîzen-d fell-as.
Celui qui doit sauter, qu'il saute au moins dans des vagues. Qu'il ne saute pas dans un endroit où il y a peu d'eau qui se troublera à son contact.

- Ira uhaqqay ay isker tawada n tsekkurt: tejlu-yas tawada-ens ula tin tsekkurt.
Le corbeau a voulu imiter la marche du perdrix: il a oublié et sa marche et celle du perdrix. C

- Wanna ihûcen ur ar issental tamart
Celui qui danse ne cache pas sa barbe.

- Adâd imyarn tamment ur sar yughd
Le doigt habitué au miel ne se redressera jamais (le corrompu le restera toujours)

- Mra ikrez uydi, ur ra icetta ilammen
Si le chien avait labouré, il ne mangerait pas le son.

- Amuc n ger snat tg°emma, ar iggan bla tiram
Le chat qui se déplace entre deux maisons dort sans manger

- Yuza-t ar ameggêrd ifl-t
Il l'a écorché jusqu'au cou et l'a laissé.

- kar a bou yfaden a thkhadmed kh bou thfadin "

"le faible sert le fort

- wenni ytrajan war ytriZ . "

"Celui qui attend, n'aura pas faim ."
Celui qui espère, ne sera jamais malheureux.

- "Fardh mani gharthawdhidh."

Ce qu'on peut traduire par:
"balayes là où tu veux tomber.";

Autrement dit il faut réflechir avant de faire quelque chose d'important.

- " Ij u baw ur ytegg thamriqth . "

Ce qu'on peut traduire par:
"Avec une seule fève ne peut pas préparer la soupe de fève ."
L'union est nécessaire pour réaliser n' importe quel projet... .



Ce message a été modifié par adan123 - mardi 08 août 2006 à 14:26.
mardi 08 août 2006 à 14:19
Citer +Citer
Bonjour tout le monde c joli le topic !!! rolleyes.gif
est-ce que vous pouvez nous écrire les antiennes comptes des amazigh comme "Tighaline" wink.gif
miam j'adore ce genre des comptes original.gif
mardi 08 août 2006 à 14:47
Citer +Citer
QUOTE (indaaa @ 08 Aug 2006 à 14:19)
Bonjour tout le monde c joli le topic !!! rolleyes.gif
est-ce que vous pouvez nous écrire les antiennes comptes des amazigh comme "Tighaline" wink.gif
miam j'adore ce genre des comptes original.gif

avec plaisir, aller les rifaisn de comlive; les chleuhs les soussi, les kabyles .... a vos contes et proverbes!!! laugh.gif
mardi 08 août 2006 à 14:51
Citer +Citer
Le conte de Zahra l'Orgueilleuse

On raconte - et il n'est aucune parole qui ne se raconte ni aucune histoire qui ne se récite - qu'au temps jadis des eaux courantes, lorsque la rose et les coquelicots envahissaient toutes les vallées, dans un pays du couchant régnait un homme sage et avisé.

Cet homme, après avoir sillonné monts et forêts, s'était installé en rase campagne. Il avait construit une tour si haute qu'on disait qu'elle blessait le ciel. Les hommes et les femmes de ce peuple, reconnaissant là la ténacité et la force des hommes libres, en firent leur roi. L'homme s'installa au sommet de sa tour et, des années durant, il promena son regard sur les êtres et les choses, régnant équitablement sur tout et sur tous.
Ce roi vieillit. Quand fut proche la fin de son voyage terrestre, il eut une fille. Mais quelle fille !
Jamais dans les terres du Nord, du Sud, de l'Est et de l'Ouest, dans les cieux et dans les entrailles mêmes de la terre, l'on ne vit fille plus belle, plus gracieuse, plus élégante, plus sage. Jamais femme ne fut plus habile dans le maniement des armes - elle rivalisait avec les plus braves - et dans le maniement de l'esprit et du coeur des hommes.


Ce pur joyau avait pour nom Zahra.
Or, peu de temps après sa naissance - quelques années tout au plus -, les villages, les villes, les hommes, les animaux même de ce royaume entrèrent en ébullition, saisis tous par la folie d'amour pour la belle.
Car belle, elle l'était, Zahra ! Ô combien ! Belle comme la lune, belle comme est beau le chant d'une mère, éclatante comme les premières neiges, gracieuse comme la perdrix, fragile comme la colombe et odorante comme le jasmin des belles années. Belle à en perdre le souffle.
Et Zahra connaissait la juste mesure de son éclat et de l'attirance - ensorcelante, disaient certains - qu'elle exerçait sur tout être et sur toute chose.

Par un jour de grand froid, elle décida de mettre la terre entière à l'épreuve de son amour : elle se cloîtra dans une petite cabane de bois vieilli, isolée parmi les cailloux du levant, et attendit.
Tous les jeunes hommes en âge de prendre femme se retrouvèrent à sa porte. Certains venaient des confins du Sahara lointain, drapés de tissus lourds et montés sur des chamelles centenaires, pour avoir le privilège d'entendre sa voix, s'ils ne pouvaient rencontrer son regard.
Il faut vous dire une fois encore que Zahra parait les montagnes, les vallées et les cieux mêmes de ses rires ; qu'elle illuminait les nuits et les chemins de son regard droit et clair. Tous étaient donc là. Une joute fut décidée entre les prétendants pour déterminer lequel de ces jeunes audacieux mériterait d'entrer dans le coeur de Zahra et de partager sa couche. Ainsi, saison après saison, année après année, grands et petits, riches ou pauvres, beaux ou laids, les hommes se succédèrent au seuil de la cabane.
Au premier qui frappa à la porte - Qui est-ce?

Au premier qui frappa à la porte - Qui est-ce? demanda la voix. - C'est moi, ton aimé ! - Laisse-moi ton nom et va-t'en!
Et l'homme s'en alla pendant que la belle Zahra s'attelait à une tâche énorme autant que vaine : tisser une couverture de laine et broder le nom de ses prétendants. Quand le deuxième vint :

- Qui est-ce?

- C'est moi, ton aimé !

- Laisse-moi ton nom et va-t'en!

Et l'homme s'en fut tandis que Zahra brodait son nom d'une aiguille d'or sur la couverture de laine.
Un troisième homme vint frapper à la porte, puis un autre et un autre encore. Le quatre-vingt-dix-neuvième homme à son tour vint.

- Qui est-ce?

- Est-ce moi, ton aimé?

Un long silence accueillit ces paroles. Tous les prétendants semblaient pétrifiés dans l'attente d'une réponse qui, cette fois peut-être, serait différente. Tous prêtèrent l'oreille.

- Laisse-moi ton nom et va-t'en!

Et le quatre-vingt-dix-neuvième homme s'en alla comme les autres. Et le millième quitta les lieux, le désespoir plein les tripes. Et le trois millième laissa éclater la folie qui l'envahit lorsque à son tour il se vit repoussé cependant que Zahra brodait son nom sur la couverture de laine.

Les jours succédèrent aux jours, les saisons chassèrent les saisons, la sécheresse laissa la place aux pluies diluviennes. Les années passèrent et Zahra l'Unique vit sa beauté se flétrir au même rythme que s'allongeait l'infinie couverture de laine.
Moktar était un homme simple. Attiré seulement par la vie. Dégoûté des hommes de sa terre, de son ciel, de son eau, de sa poussière et de son air même, il avait décidé de suivre les pas de ses rêves. Il entreprit le voyage qui l'amena au pays de Zahra.
Intrigué par l'histoire, devenue légende, de cette femme que les hommes avaient fini par surnommer la Folle Orgueilleuse, il décida de lui rendre visite. Il arriva devant la cabane de bois vieilli, déposa son baluchon, se rafraîchit le visage à l'eau claire d'un puits proche. Il vint, le coeur battant, frapper trois fois à la porte.
Qui est-ce? demanda la voix.

- C'est toi, mon aimée, répondit Moktar.

La porte de bois, close depuis des dizaines d'années, lança un faible cri continu avant de s'écarter pour laisser le passage à une vieille femme, petite et menue, fripée, ridée, tremblante, enfouie sous sa couverture de laine. Moktar fut ébloui par l'éclat d'une beauté qu'il était assurément le seul à voir. Il saisit la couverture, tira sur les fils d'or brodés.

Pendant sept jours et sept nuits, au fur et à mesure que les noms s'éteignaient sur la couverture, des oiseaux envahirent le ciel. Au bout de ce temps, trois mille oiseaux décrirent un cercle immobile dans les airs.

Au premier battement de leurs ailes fines et à mesure que l'horizon les avalait, les rides de Zahra disparurent, laissant apparaître l'énergie de son regard et la délicatesse de son teint.

C'est ainsi, raconte-t-on dans certaines contrées du Sud lointain, que Zahra l'Orgueilleuse retrouva sa jeunesse et l'éclat de sa beauté.

Fin

"Récits des hommes libres" de Hamadi
mardi 08 août 2006 à 14:53
Citer +Citer
J'éssairai de transcrire d'autres contes parmi d'autres:
L'histoire des bagues enchantés
La légende du phoque modie
Histoire du lion et du chacal
Le chacal et l'hérisson
Imma Meimouna Thaguenoauth
Brouzi et le vizir du roi
L'homme qui épousa une méchante femme et devient l'ami du Makhzen
Histoire de la belle femme et son époux pauvre et d'un riche marchand.
Les aventures de Moussa et du roi
mardi 08 août 2006 à 14:55
Citer +Citer
Le récit du lion, du chacal et du renard

Un lion, un chacal et un renard reviennent de la chasse ensemble. Ils y ont attrappé une gazelle, un lièvre et une chouette. En direction de la maison; ils arrivèrent à hauteur d'un cacaoyer, puis le lion demanda: "lequel d'entre vous fera le partage (de la chasse)?"
"C'est moi qui le ferai", répondit le chacal.
"Vas-y commence le partage", rétorqua le lion.
Le chacal commenca donc le partage. Il dit: "la gazelle est pour moi, la chouette est pour le renard, et toi, 'monsieur' le lion, tu auras le lièvre".
Le lion coupa aussitôt la tête du chacal et la pendit au cacaoyer.
Puis il se retourna vers le renard et lui dit: "commence, le renard".
Le renard lui répondit: "'monsieur' le lion, la chouette sera pour ton petit-déjeuner; le lièvre sera pour ton déjeuner; et enfin, la gazelle sera pour ton dîner".
"Qui t'a donc appris à si bien partager, 'monsieur' le renard?", demanda le lion.
"C'est la tète du chacal, pendue au cacaoyer, qui me l'a apprit", répondit le renard

mardi 08 août 2006 à 15:00
Citer +Citer
Une célèbre légende du Rif: Le Héros fils de Héros
On raconte qu'il était un roi qui n'avait qu'un seul fils qu'il nourrissait avec soin, il avait recommandé à sa serveuse:
-Donne_lui ce qu'il veut ne refuse rien!
La serveuse se leva un jour, laissa le père partir au marché, puis elle donna au fils son copieux comme il faut.
L'enfant lui dit:
-Pourquoi as-tu modifié ma nourriture aujourd'hui? Elle lui répondit:
-Nous sommes comme le monde (qui change d'aspect)! L'enfant se leva, refusa de manger et se rendit au marché, le père

(l'apercevant) vint vers son fils qu'il trouva fâché, il lui demanda Qu'as-tu, mon fils, pourquoi es-tu fâché? L'enfant lui

répondit:
-Moi ô mon père, je ne puis rester toujours à la maison où je suis comme en prison! Le père lui dit:
-Mon fils, lorsque tu étais petit j'ai pris Soin de toi, maintenant si tu es assez fort pour sortir dehors, sors il sortit,

son père lui dit:
-Choisis parmi les chevaux!
- Mon père! lui dit l'enfant, tu ne me donneras pas d'autre cheval que celui qui est né en même temps que moi!
-Non, mon fils, lui réponditson père, le cheval qui est né en même temps que toi mord les gens! L'enfant répliqua :
-Moi je cherche précisément un cheval qui morde les gens!
-Personne ne pourra te le seller, lui dit son père.
- Donne-le moi, dit l'enfant, je le sellerai moi-même! Le père lui donna le cheval; l'enfant prit la selle, lorsqu'il se

dirigea vers l'écurie le cheval se mit à hennir; l'enfant le sella et sortit avec lui hors de la ville, là il se mit à jouer

à la pelote avec les enfants de âge. Il bouscula une vieille femme qui portait un plateau en alfa tressé, elle lui dit:
-Comment Mohamed! tu bouscules une pauvre femme!
11 dépassait ses partenaires en force et se montra meilleur joueur qu'eux. La vieille femme leur dit « Combien me donnerez-vous pour que je vous en dé barrasse?- Nous te donnerons cent douros si tu le renvoies!- Elle leur

réponditites-lui de venir demain jouer avec vous! Les joueurs envoyèrent dire au fils du roi, de revenir; il vint jouer

avec eux, la veille femme vint elle aussi, elle s'assit au même endroit que la veille. Les enfants se mirent à jouer, il joua

lui aussi et leur enleva la pelote; il passa près de la vieille femme, celle-ci lui dit: « Ah! Serait-ce vrai que ton père

t'a enlevé Haddzin? Lorsqu'elle lui eut dit ces paroles, il s'en alla chez lui, s'assit et refusa de manger et de boire, il

était fâché, son père lui dit: «Qu'as-tu, mon fils, pourquoi es-tu fâché?
- Mon père! lui répondit-il, il faut que me maries!
- Non, mon fils! lui dit son père, tu es encore trop jeune!

- Si tu ne me maries pas, lui dit-il, je m'en irai!

Son père fit chercher un crieur public il l'envoya au marché pour dire : Par Dieu!Qui a une fille? Voici, mon fils cherche à

prendre femme!

Son fils resta, le lendemain tous ceux qui avaient des filles les réunirent, le fils du roi alla pour faire son choix, il

n'en trouva point parmi elles qui lui plaisent, il refusa de se marier, le lendemain il retourna jouer avec ses camarades,

la vieille femme vint, il la bouscula, elle lui dit : Ah! Tu croyais! il lui répondit
-Maintenant si me l'indiques, c'est bien; si non,je te couperai en morceaux et j'anéantirai le sol sur lequel tu marches!

Elle se leva pour la lui montrer en allant chez elle et lui dit:
-J'indiquerai où elle se trouve lorsque tu arriveras (chez moi)!
Il lui dit:
-Indique-moi seulement où elle se trouve!
- Voici, lui répondit la vieille femme, elle est sur la montagne Ouaq Ouaq!

Il revint à la maison et dit à sa mère Ma mère! prépare-moi des provisions de route...
- Où vas-tu? mon fils!lui demanda sa mère.
- Prépare-moi seulement des provisions!

Elle lui prépara les provisions et il partit. Il marcha longtemps et parvint à un endroit désert, il trouva un coupeur de

route qui lui dit:
- Holà! D'où arrives-tu?
Le fils du roi lui dit:

- Viens, viens, mettons notre nourriture en commun; L'autre vint à lui, lorsqu'ils eurent mangé ensemble, ce dernier demanda

(au fils du roi:
- Comment t'appelle tu?
- Moi,je m'appelle Héros fils de héros!lui répondit-il
L'autre dit:
- Moi, je suis le magicien du continent
Ils s'en allèrent tous deux, le dernier dit à l'autre:
- Moi,je serai ton compagnon.
Ils allèrent ensemble, s'arrêtèrent repartirent et marchèrent jusqu'à ce qu'un coupeur de route les arrêta et leur Cria:
- Eh! où allez-vous?
-Viens!lui répondit-il
Le brigand vintàeux, ils prirent leur repas en commun, puis ce dernier se leva en les interrogeant, ils firent connaître

qui ils étaient et l'un d'eux dit:
-Moi! je suis le Héros parmi les héros!
L'autre dit:
-Moi, je suis le magicien de la terre!
Le premier leur dit :
-Moi,je suis le magicien de la mer! et il ajouta :
- Allons je serai votre compagnon!
Ils s'en allèrent tous trois; ils s'arrêtèrent, repartirent et parvinrent jusqu'à un coupeur de route qui leur dit:
- Halte-là! Eh bien! Où allez-vous?
Ils lui répondirent:
-Viens, viens ici! Comment l'appelles tu?
Le brigand vint à eux; ils s'assirent, mangèrent en commun puis ils se levèrent; alors le brigand leur demanda : Qui
êtes-vous?
-Ils se nommèrent, l'un d'eux dit:
-Moi je suis le Héros parmi les héros!
Un autre réponda:
- Moi je suis le magicien dela terre!
- L'autre dit: « Moi je suis le magicien de la mer!
Le quatrième leur dit:
-Moi je comprends le langage des oiseaux du ciel.
Ils partirent tous les quatre, ils s'arrêtèrent repartirent et parvinrent chez une Stout qui se trouvait dans une plaine.

Elle ne possédait qu'un fils; ils lui dirent:
-Nous offres-tu l'hospitalité?
Elle leur répondit:
-Je n'ai rien où je puisse attacher vos chevaux!
-Emmène les seulement,lui dirent-ils, donne-leur à manger.
Elle emmena les chevaux. Le fils du roi donna des louis d'or à la vieille femme qui fut très contente et leur fit la fête,

elle leur acheta des vivres et des provisions pour eux-mêmes et leurs chevaux.
Ce soir-là, au moment de dîner, ils l'interrogèrent et lui dirent:
-Qu'est-ce qui pâture dans la forêt?Il n'ya qu'une lapine qui paisse là-bas! leur dit-elle.
-Qui habite dans cette maison-la? lui demandent ils.
- Mes enfants leur dit elle, voila il y a là-bas un monstreux criminel coupeur des têtes, on n'a plus de nouvelles de tous

ceux qui pénètrent chez lui.
-Le courageux se leva et dit:
-Taisez-vous, mes enfants! moi je me rendrai chez lui.
Il rentre la forêt, pénétra (dans la maison du monstre) et trouva ce dernier endormi; avec, lui étaient trois jeunes filles,

l'une d'elles prit la parole et dit :
- Où vas-tu, fils de mon maître? Qui t'amène ici? vous craigniez pas pour votre vie?
- Montre-moi ce monstre! lui dit-il.
- Le voici! lui réponditelle, il dort
Le jeune homme alla vers lui et le trouva couché sur le lit avec deux jeunes filles une de chaque côté de lui;

il vaincra héroïquement le criminel, il le frappa d'un coup de sabre, il le coupa en deux, puis il

revint vers ses compagnons et leur dit:
- J'ai tué ce monstreux criminel de la forêt! voilà, il y a là-bas dans la maison trois jeunes filles. fis se rendirent dans

la maison et il maria ses trois compagnons avec les trois jeunes filles

1l revint interroger la vieille femme:
- Ne sais-tu pas où se trouve la montagne Ouaqouaq?lui demanda-t-il a la dame.
- Mon fils, lui répondit-elle,j'en ai seulement entendu parler!
- Où est le chemin qui y conduit? lui demanda t il.
- Va par le chemin du milieu, lui dit-elle.
Le jeune homme alla retrouver ses compagnons:
-Que Dieu nous protège! leur dit-il.
-Mon ami, lui répondirent-ils, nous partons aussi!
-Non! leur dit-il, je vais vous planter un figuier, chaque jour vous ferez vos ablutions auprès de lui le jour ou vous le trouverez sec cela vous indiquera que je serai mort!
Il partit là-dessus, il marcha longtemps et renconaitera une vieille femme qui lui dit:
- Qu'est-ce qui t'amène jusqu'ici?
- Voici lui répondit-il, je cherche la montagne Ouaqouaq! Ne sais-tu pas où elle se trouve? et la vieille lui dit:
- La voici; elle est visible d'ici.
Il partit, se dirigea vers la montagne, il s'arrêta à ses pieds; le lendemain lorsque le jour se leva Haddzin apparut, elle aperçut le jeune homme en train de jouer avec son cheval occupé à le faire courir, elle lui dit :
- Eh! tu crois que je ne sais pas pourquoi tu es venu! Si tu es un homme courageux! arrive jusqu'à moi! Le jeune homme bondit vers elle avec son cheval, elle était avec ses quatres frères tous a cheval, elle était avec ses quatres frères tous des génies, elle lui dit :
- Lorsque mes frères viendront, je te cacherai.
Ses frères vinrent, elle le cacha et lui dit Lorsque:
- tu les entendras dire : Au nom de Dieu, dis-leur : Je suis l'hôte de Dieu!Lorsque tu t'approcheras du plat pour manger, en prenant le premier morceau de pain dis-leur : Voici! Je vous demande par Dieu, la main de votre soeur! s'ils posent sur la table le pain qu'ils tiennent à la main, tu sauras qu'ils refusent, si au contraire ils continuent à manger c'est signe qu'ils acceptent.
Le jeune homme fit ce qu'elle lui avait dit; les frères de la jeune fille lâchèrent le pain qu'ils tenaient à la main elle dit au jeune homme :
- Ne te l'avais-je pas dit?
Il resta pendant trois jours avec eux, puis les quatres frères partirent chasser; le troisième jour Haddzin dit au jeune homme :
- Maintenant va-t-en, cela vaut mieux; si tu ne pars pas, ils te tueront.
-Ils ne pourront me faire aucun mal, lui répondit-il, mais toi, tes frères ne te brulleront-ils pas?
Elle lui dit:
-Ils ne me feront rien de plus qu'à toi-même
Les quatres frères revenaient de la chasse, le jeune homme se porta à leur rencontre et leur dit :
-Vous allez me marier avec votre soeur.
- Le plus jeune des quarante prit la parole et dit à ses frères :
- Laissez-moi faire, jevais le dévorer!
- Val lui répondirent-ils. il se précipita sur le jeune homme mais celui-ci le frappa et le coupa en deux, les autres se précipitèrent sur lui, mais il se jeta sur eux et à grands coups de sabres trak! trak! il les tua tous, puis il revint vers la maison et dit à leur soeur.
- Donc tes frères ne te feront aucun mal!
-Ils ne m'en feront pàs plus qu'à toi! lui répondit-elle. Il resta avec elle, il fit une noce qui dura pendant deux fois sept jours soit quatorze jours et il habita dans la maison. Au bout de quelques jours il alla à la chasse, une vieille femme vint vers sa femme et lui dit:
- Vois donc si tu aimée de lui et pour cela demande lui de t'indiquer où est son âme! La vieille femme avait apporté un miroir, elle dit à Haddzin:
- Regarde Voici la femme qu'il veut te donner comme coépouse, Haddzin regarda dans le miroir la vieille lui répéta:
-Voici celle qui va t'amener!
Haddzin vit son image dans la glace et crut ce que lui disait la vieille. Lorsque son mari rentra il la trouva fâchée, il lui demanda:
-Qu'est-ce qui te fâche?
Elle lui répondit:
- Tu ne seras mon mari que si tu m'indiques où se trouve ton âme!; II se refusa à le lui dire, le lendemain il partit à la chasse, il rentra et trouva sa femme en pleurs, il dit :
-Qu'as-tu pour pleurer ainsi
Elle lui dit :
-Tu ne seras mon mari que si lu m'indiques le lieu où se trouve ton âme!
Il le lui indiqua disant:
-Moi, mon âme se tient dans la poignée de mon sabre!
Le lendemain, la vieille vint trouver sa femme celle-ci lui dit:
Enfin, il m'a indiqué où se trouve son âme!
La vieille femme lui dit :
Ce soir, je viendrai chez vous, nous causerons! Sois la bienvenue! lui répondit la jeune femme.Son mari rentra de la

chasse, elle lui dit:
-Voici, ma tante va venir me voir, nous causerons ensemble.
-Bien! lui répondit le mari.
Le soir la vieille femme vint frapper à la porte de la maison, Haddzin cria:
-Qui est-ce?
-Ouvre moi la porte; répondit la vieille, je suis ta tante.
Elle lui ouvrit la porte et la vieille s'assoi avec eux et causa. Ils parlèrent longtemps et s'attardèrent, le mari se leva

et alla se coucher, la vieille prit le sabre et le lança dans la rivière, le lendemain on trouva le jeune homme mort. La

vieille femme emmena avec elle la jeune femme ; elle lui ôta ses bracelets et les posa sur la poitrine du cadavre du mari,

puis elles s'en allèrent. Elles marchèrent longtemps et arrivèrent à une plage un port des chrétiens qui passaient par là

enlevèrent la jeune femme et l'emmenèrent jusqu'à une île , abandonnant la vieille sur la plage
Revenons maintenant aux compagnons du jeune homme. Ceux-ci en se levant le lendemain du jour de la mort de leur ami trouvèrent le figuier sec, ils se dirent entre eux:
Notre camarade est mort! Ils se mirent en route avec leurs femmes, emportant ce qu'ils possédaient, ils marchèrent longtemps, ils parvinrent à la maison dans laquelle était mort leur ami, ils pénétrèrent dans la maison et trouvèrent le cadavre dans une chambre, ils s'interpelèrent dirent au magicien de la terre :

- Rends-toi compte si son sabre se trouve sur le continent!
- Il n'est pas sur la terre ferme! leur répondit-il.

- Ils dirent à celui qui comprenait le langage des oiseaux des cieux:

- Et toi, vois-lu le sabre!
- Non! leur répondit le magicien, il n'est pas chez les oiseaux des cieux!

Ils dirent au troisième tu reste seul, ô magicien de la mer, à donner ton avis!
Celui-ci leur répondit:
-Patientez, je vais plonger dans les eaux!

Il plongea, remonta à la surface et leur dit :
-Le voici, il est dans la mer!

-Ils lui dirent :
-C'est là tout ce que tu fais!

Il leur dit:
-O amis, patientez! Il fabriqua un boulet en fer et l'utilisa pour plonger jusqu'au fond, il y séjourna un certain temps, prit le sabre, et le remonta à la surface.

Ses amis lui dirent :
- Louanges à Dieu qui nous a fait retrouver notre ami!

Ils rapportèrent le sabre à la maison de leur camarade et le déposèrent aux côtés du mort, celui-ci ressuscita.

Ils lui dirent:
- Où étais-tu, ô ami?
-Je dormais! leur répondit-il!

Ils restèrent pendant trois jours avec lui, à la fin du troisième jour, il leur dit :
- C'èst là tout ce que vous pouvez faire?

Il dit au magicien de la mer:

- Où est ma femme?
- Voici, lui répondit celui-ci, elle est dans une île avec des chrétiens!

- Use de tes pouvoirs de magie pour me la ramener! lui demanda le jeune homme.

- Comment ferai-je?Lui dit-il et le magicien lui répondit :

- Prends ce bracelet, quand tu arriveras où elle se trouve cache-toi parmi les chèvres et lorsqu'elle viendra vaquer à ses occupations donne-le lui, si elle voit seulement ce bracelet elle le reconnaltrai.

Le magicien fit ce que lui disait le jeune homme, il alla cacher parmi les chèvres, lorsque Haddzin vint traire les chèvres, il se leva et lui donna le bracelet, dès qu'elle l'aperçut elle le reconnut et lui dit: -Demain matin je viendrai vers toi I n Le magicien resta et coucha avec les chèvres, le lendemain à l'aurore Haddzin vint vers lui, il la prit sur son dos et traversa (la mer) avec elle, il l'amena à son ami dans sa maison et lui dit :

- O ami! Voici je m'acquitte de ce que je te dois, le voici!

Le jeune homme abandonna sa maison à ses compagnons et partit pour revenir chez son père en emmenant sa femme. Il parvint chez son père, celui-ci se porta à sa rencontre accompagné de tambours et de fifres et célébra en son honneur des noces qui durèrent deux fois sept jours c'est-à-dire quatorze jours.

Fin
mardi 08 août 2006 à 15:02
Citer +Citer
L'histoire de la bague enchantée

Une femme sans histoire, avait un fils, le trouvant étrange, comme il aiguisait un sabre, elle demanda :
-A qui servira ce sabre?
-Je couperai la tête d'un homme à moins que tu me donne 100 douros (unité de monnaie anciens chez les Rifains ), lui répondait.
Elle lui donna cent douros.
Son fils se rendit au marché, et y trouvant un pigeon, il dit à celui qu'il le détenait :
- Combien le pigeon? O ami?
L'autre lui répondait:
Combien en offres-tu ?
Il lui répondit :
- Tiens cent douros!
Le maitre du pigeon lui dit :
- Marché conclu!

L' homme s'en retourna chez lui, sa mère lui dit:
- Pourquoi as-tu apporté ce pigeon.
- Il lui répondit:
Nous étions ici deux, maintenant nous serons trois!

Une autre fois il se remit à aiguiser un sabre, sa mère lui demanda:
- Pourquoi l'aiguises-tu?
Il lui répondit:
-Je couperai la tête d'un homme si tu ne me donne pas cents douros.
Sa mère lui donna cent douros, et il se rendit au marché. il y trouva un chat à vendre, il dit a son propriétaire:
- Combien celui-ci?
Il lui répondait:
- Achète, offre un prix!
- L'homme répondait :
-Voici je t'offre cent douros.
L'autre lui répondit:
-Le marché est conclu !

L'homme rentera chez lui, et le jour du marché suivant venu, il recommença à aiguiser le sabre, sa mère lui dit :
- Pourquoi fait-tu ceci ?
Il lui répondit:
-Je vais couper la tête un homme. Elle lui donna cent douros et il alla au marché; Il y trouve un chien lévrier, il dit a son maitre:
- Quel est le prix de celui-ci? L'autre lui répondit:
-Achète offre un prix toi-même!
-Voici cent douros lui dit il.
Le maitre de lévrier lui dit :
- Marché est conclu! L'autre s'en alla emmenant le lévrier.

Il alla au marché suivant, et trouva un chien qu'un homme frappait; il dit à cet homme:
-Pourquoi frappes-tu ce chien? L'autre répondit:
- S'il t'est cher achète lui donc un morceau de viande et donne-la lui!
Il acheta de la viande, la donna au chien et s'en retourna chez lui.
En chemin il recontera ce chien qui s'était métamorphosé en homme et qui lui dit:
- Toi tu es mon amis! et ajouta: - Ferme les yeux!
Aussitôt le sol s'entrouvrit et ce génie et son ami entrèrent sous terre et parvinrent chez la mère du génie. Celui-ci dit à son ami:
- Emporteras-tu l'argent ? En voici ! Prendras-tu des luis d'or? En voici!.
L'autre répondit:
- Donne-moi la bague ! et le génie lui donna la bague.

Il la mit à son doigt ( tout désir manifesté en tournant la bague enchantée est aussitôt accompli par les génies), la tourna et aussitôt les génies le transportèrent sur terre auprès de sa mère.
Il dit a celle-ci:
- Tu vas me marier avec une fille du roi!
Sa mère alla chez le roi et lui dit:
- Tu feras marier mon fils avec une de tes filles!; Le roi répondit:
- Il faut qu'il réussit une épreuve, si ton fils galope à cheval sur des oeufs sans les briser ayant en outre sur sa tete un plat sans le faire tomber, alors je lui donnerai ma fille!

La mère de l'homme revient vers lui et lui rapporta ce qu'avait dit le roi.

Il se rendit chez le roi, il tourna sa bague, monta sur un cheval et se mit a tourner sur les oeufs avec un plat sur la tete.
Le roi alors accompli sa promesse, lui donna sa fille et la noce fut faite. Il tourna sa bague et les génies lui bâtirent une maison dans laquelle il habita avec sa femme. Il remit la bague à sa femme.

Une fois un marchant de bijoux se presente à sa femme dit à la femme:
- Donne-moi cette bague et je te donnerai tous les bijoux que tu veux.
Elle lui donna la bague, il la tourna sur son doigt en disant:
- Jetez-nous là-bas au-delà des sept mers!, et les génies accomplissent le veaux en y les transportèrent.
Le mari de cette femme vint et ne retrouva ni sa maison, ni sa femme, il se mit à pleurer. Le lévrier, le pigeon et le chat qu'il avait achetés le voyant pleurer lui demandèrent :
- Pourquoi?
-Un marchand de bijoux a pris la bague à ma femme et celle-ci est allée avec lui au-delà des sept mers!

Voyant leur maitre pleurer les 'animaux' partirent.

Le chat découvrit la ville des rats, ceux-ci lui dirent:
-Que te manque-t-il que tu nous manges sans cesse? il leur répondit:
-si vous me rapportez la bague enchantée de chez le marchand de bijoux je ne vous mangerai plus.

Trois rats allèrent à la recherche du marchand de bijoux, ils le trouvèrent portant la bague dans sa bouche. L'un d'eux souffla sur la bougie, un autre chatouilla de sa queue le nez du marchand, celui-ci éternua la bague fut projetée hors de sa bouche, et le troisième rat la saisit et l'emporta en s'en fuyant; il l'apporta au chat et lui dit:

- Est-ce ceci que tu cherchais? Le chat lui répondit:
-Voici ce que je cherche !

Le chat prit la bague dans sa bouche et s'en revint, parvenu au milieu de la mer il voulut mordre un poisson, la bague lui échappa et les poissons la saisirent. Le chat s'en alla vers le port en pleurant. Mais voici qu'un pécheur prenant des poissons, pêcha justement le poison qui avait pris la bague, il le jeta, le lévrier se mit à le manger et trouva la bague et la rapporta à son maitre. Celui-ci la mit à son doigt et la tourna, aussitôt le marchand de bijoux et la femme revinrent, on tua le malfrat et l'homme resta avec sa femme, il eut des enfants qu'il éleva.



Ce message a été modifié par adan123 - mardi 08 août 2006 à 15:07.
mardi 08 août 2006 à 15:15
Citer +Citer
La légende du phoque maudit

Chez les Rifains Ait Weigherel le phoque n'est pas un animal comme les autres, c'est un marin maudit des temps anciens, la nuit il s'assoit sur un rocher en milieu de la mer et guette la cote.

Mais la version qu'un conteur va conter c'est une autre celle des Ait Ibaqquiwins, celle de tisseur maudit.

"Le phoque était autrefois un homme qui tissait ( un tisseur ), il était le seul tisseur de son village, il ne voulait plus produire et servir le village, il se fâcha contre son métier à tisser et ne voulait fournir de tissus, la malédiction l'atteint il fut jeter a la mer, ou il resta et vécut.Maintenant ( de nos jours), lorsqu'un homme meurt en mer ( se noie), le phoque veille ( sur son cadavre) pendant quarante jours, puis l'abandonne. Lorsque les flots rejettent le cadavre sur les rives après le quarantième jour le phoque l'abandonne, mais si les quarante jours ne sont pas écoulés le phoque veille sur le cadre; pendant la nuit il sort des eaux et vient à ses cotés; quand le jour vient il rentre dans les flots et le surveille du milieu des eaux jusqu'à la fin des quarante jours, après quoi il se retire. Si le cadavre n'est pas rejeté sur la cote, le phoque le suit pendant quarante jours puis l'abandonne.

c'est pourkoi, Celui qui se fâche constamment nous le traitons de phoque et lui disons :Tu es comme le phoque! ce qui signifie que sa mauvaise humeur lui fera quelque sottise (dont il aura à se repentir ) comme le phoque.

Le tisserand métamorphosé en phoque sa peau servira a couvrir les hommes, il continuera a accompagner les morts de la mer les pousse du large vers le rivage afin qu'une sépulture leur soit donnée; telle était la légende.


NB


Il est noter que le phoque des cotes du Rif est le dernier de la Méditerranée.A lire:

La Rocade méditerranéenne ou l’extinction du dernier phoque moine Méditerranéen au Maroc
La construction de la route entre Tanger et Saidia sur le littoral Méditerranéen vise la promotion et le désenclavement de la cote Nord du Maroc et son intégration à l’Espace régional et national tout en contribuant au développement durable des provinces du Nord. Projet financé par le projet MEDA I au coût de 84,8 millions d’euros ; dont 80.0 millions d’euro fourni par la communauté européenne.

Les travaux de la rocade Méditerranéenne sur la portion Nador - Al-Hoceima connaît ces derniers mois un rythme très accéléré. En effet les intérêts socio économiques attendus par le rattachement de ces lieux très isolés, sont d’ordre majeur. Il est certain que sur le plan touristique, ces zones sont encore considérées comme vierge ; des plages de natures volcaniques, insolites ; et abritant du même coup une flore et une avifaune de haut intérêt biologique dont 28 espèces d’intérêt mondial et parmi elle ni plus ni moins que le phoque moine. De plus la zone d’Al-Hoceima abrite la plus grande colonie de Balbuzard au niveau du littoral Méditerranéen. D’ailleurs le S.D.A.U.L.M.O ; le mentionne très clairement (Schéma Directeur d’Aménagement Urbain du Littoral Méditerranéen Oriental) « Rapport fait par la direction de l’Urbanisme auprès du ministre délégué chargé de l’habitat et de l’urbanisme ».

L’association AZIR durant son dernier travail de terrain, visant l’estimation de l’impact des travaux de la Rocade sur le littoral ; a découvert un vrai attentat contre ce biotope par le passage de la dite Rocade à même le niveau du supra littoral.

Tel a été le sort du dernier individu du phoque moine, espèce emblématique de la méditerranée Marocaine, mis à mort en mois de mai par les décombres issus des travaux de la dite Rocade ; ou indirectement par le comblement de son habitat formé d’un réseaux de caves marines, et de petites calanques qui l’abritaient, dans la zone de Chemlala (Province de Nador). Cet habitat rare en méditerranée ; a souffert des décombres négligemment jetés via la ligne des falaises lors des déblaiements primaires de la route. On doit se rendre à l’évidence que ceci a d’autant plus de répercussion que la récupération de cette espèce s’avère pratiquement impossible, vu que son biotope est totalement anéanti.

Le moment fatidique est arrivé, et on est dans une situation historique pour l’économie du pays, mais aussi irréversible pour tout ceux qui ont une vraie préoccupation conservatrice, car ils peuvent se demander si on a réellement mis en considération un développement durable de ces zones ; si oui pourquoi assistons nous à l’absence totale d’un projet d’étude d’impact écologique du projet de la Rocade Méditerranéen sur la zone du projet.

L’absence de ce projet , explique donc le désastre écologiques qui s’est produit et se produit encore dans la zone de Chemlala, avoisinant l’Oued Kert ;importante zone humide qui aurait due être répertoriée site Ramsar ;En effet on assiste maintenant à une destruction acharnée et assidue de ce littoral . On est très étonné de cette attitude téméraire des responsables du secteur de l’environnement qui ne cessent de glorifier la grande biodiversité animale et végétale du pays, mais qui d’autre part ne se tourmentent nullement sur son sort.

Comment peut on expliquer que de tels désastres écologiques se récidivant, alors que sur le plan administratif on a suffisamment de personnel spécialisé en la matière. Toutefois si un jour on trouvera une bonne réponse à cette question, croyez nous, on sera bien avancé.

D’un autre point de vue ce malheur se fait grâce au financement de la CEE ; ces pays qui ont tellement voulu qu’on profite des erreurs qu’ils ont commises contre leurs propres littoraux ; Paradoxalement, le Maroc est en train de détruire de manière progressive son littoral ; en construisant la Rocade Méditerranéenne à même le niveau supra littoral, lui qui a signé et ratifié la convention de Barcelone.

Il est vrai que le tracé actuel ne passe pas directement dans le Parc National d’Al-Hoceima (P.A.N.H ) ;cependant il passe d’une manière aussi dévastatrice de son coté Ouest (vers Jebha) . On ne peut pas compromettre le devenir de la zone tampon du P.A.N.H à la richesse de biodiversité extraordinaire ; constituant même un habitat favorable au phoque moine .Cette zone tampon a d’autre part un rôle de riche corridor pour la sauvegarde de la biodiversité de la Méditerranée marocaine. Elle joint en effet le P.A.N.H ; et le site de Jebha considéré comme S.I.B.E (Site d’Intérêt Ecologique et Biologique) par le Plan National pour la Protection de l’Environnement au Maroc) .Sinon la raison même de la construction de la Rocade sera vidée de son vrai objectif, qui est le développement durable du littoral méditerranéen. Il faut donc que la Rocade cesse d’être une arme dévastatrice contre nos ressources naturelles et soit au contraire un outil pour en tirer profit de manière durable.

Il est impardonnable de ne pas prendre pour exemple des pays Méditerranéens comme la Turquie et la Grèce qui font des efforts énormes pour la préservation du phoque moine à travers la conservation de son biotope ; et qui d’ailleurs en sont largement bénéficiers grâce à l’énorme masse de tourisme qu’il attire ; ou le tourisme de nature est considéré comme un vrai moteur du développement durable. Il est utopique de songer à réaliser le chiffre de dix millions de visiteurs, si on ne préserve pas Le patrimoine naturel de notre pays.

Nous tenons Le gouvernement Marocain pour responsable du désastre écologique perpétué sur le littoral du Rif oriental, par le mauvais plan de tracé ; du projet de la Rocade Méditerranéenne ; et nous demandons que le tracé de la Rocade soit rectifié de manière qui respecte des normes conservatrices, afin de ne plus commettre ces mêmes erreurs sur la partie restante de cette route.

* Association AZIR pour la protection De l’environnement Al-Hoceima



Ce message a été modifié par adan123 - mardi 08 août 2006 à 15:17.
mardi 08 août 2006 à 16:22
Citer +Citer
QUOTE (adan123 @ 08 Aug 2006 à 14:51)
Le conte de Zahra l'Orgueilleuse

On raconte - et il n'est aucune parole qui ne se raconte ni aucune histoire qui ne se récite - qu'au temps jadis des eaux courantes, lorsque la rose et les coquelicots envahissaient toutes les vallées, dans un pays du couchant régnait un homme sage et avisé.

Cet homme, après avoir sillonné monts et forêts, s'était installé en rase campagne. Il avait construit une tour si haute qu'on disait qu'elle blessait le ciel. Les hommes et les femmes de ce peuple, reconnaissant là la ténacité et la force des hommes libres, en firent leur roi. L'homme s'installa au sommet de sa tour et, des années durant, il promena son regard sur les êtres et les choses, régnant équitablement sur tout et sur tous.
Ce roi vieillit. Quand fut proche la fin de son voyage terrestre, il eut une fille. Mais quelle fille !
Jamais dans les terres du Nord, du Sud, de l'Est et de l'Ouest, dans les cieux et dans les entrailles mêmes de la terre, l'on ne vit fille plus belle, plus gracieuse, plus élégante, plus sage. Jamais femme ne fut plus habile dans le maniement des armes - elle rivalisait avec les plus braves - et dans le maniement de l'esprit et du coeur des hommes.


Ce pur joyau avait pour nom Zahra.
Or, peu de temps après sa naissance - quelques années tout au plus -, les villages, les villes, les hommes, les animaux même de ce royaume entrèrent en ébullition, saisis tous par la folie d'amour pour la belle.
Car belle, elle l'était, Zahra ! Ô combien ! Belle comme la lune, belle comme est beau le chant d'une mère, éclatante comme les premières neiges, gracieuse comme la perdrix, fragile comme la colombe et odorante comme le jasmin des belles années. Belle à en perdre le souffle.
Et Zahra connaissait la juste mesure de son éclat et de l'attirance - ensorcelante, disaient certains - qu'elle exerçait sur tout être et sur toute chose.

Par un jour de grand froid, elle décida de mettre la terre entière à l'épreuve de son amour : elle se cloîtra dans une petite cabane de bois vieilli, isolée parmi les cailloux du levant, et attendit.
Tous les jeunes hommes en âge de prendre femme se retrouvèrent à sa porte. Certains venaient des confins du Sahara lointain, drapés de tissus lourds et montés sur des chamelles centenaires, pour avoir le privilège d'entendre sa voix, s'ils ne pouvaient rencontrer son regard.
Il faut vous dire une fois encore que Zahra parait les montagnes, les vallées et les cieux mêmes de ses rires ; qu'elle illuminait les nuits et les chemins de son regard droit et clair. Tous étaient donc là. Une joute fut décidée entre les prétendants pour déterminer lequel de ces jeunes audacieux mériterait d'entrer dans le coeur de Zahra et de partager sa couche. Ainsi, saison après saison, année après année, grands et petits, riches ou pauvres, beaux ou laids, les hommes se succédèrent au seuil de la cabane.
Au premier qui frappa à la porte - Qui est-ce?

Au premier qui frappa à la porte - Qui est-ce? demanda la voix. - C'est moi, ton aimé ! - Laisse-moi ton nom et va-t'en!
Et l'homme s'en alla pendant que la belle Zahra s'attelait à une tâche énorme autant que vaine : tisser une couverture de laine et broder le nom de ses prétendants. Quand le deuxième vint :

- Qui est-ce?

- C'est moi, ton aimé !

- Laisse-moi ton nom et va-t'en!

Et l'homme s'en fut tandis que Zahra brodait son nom d'une aiguille d'or sur la couverture de laine.
Un troisième homme vint frapper à la porte, puis un autre et un autre encore. Le quatre-vingt-dix-neuvième homme à son tour vint.

- Qui est-ce?

- Est-ce moi, ton aimé?

Un long silence accueillit ces paroles. Tous les prétendants semblaient pétrifiés dans l'attente d'une réponse qui, cette fois peut-être, serait différente. Tous prêtèrent l'oreille.

- Laisse-moi ton nom et va-t'en!

Et le quatre-vingt-dix-neuvième homme s'en alla comme les autres. Et le millième quitta les lieux, le désespoir plein les tripes. Et le trois millième laissa éclater la folie qui l'envahit lorsque à son tour il se vit repoussé cependant que Zahra brodait son nom sur la couverture de laine.

Les jours succédèrent aux jours, les saisons chassèrent les saisons, la sécheresse laissa la place aux pluies diluviennes. Les années passèrent et Zahra l'Unique vit sa beauté se flétrir au même rythme que s'allongeait l'infinie couverture de laine.
Moktar était un homme simple. Attiré seulement par la vie. Dégoûté des hommes de sa terre, de son ciel, de son eau, de sa poussière et de son air même, il avait décidé de suivre les pas de ses rêves. Il entreprit le voyage qui l'amena au pays de Zahra.
Intrigué par l'histoire, devenue légende, de cette femme que les hommes avaient fini par surnommer la Folle Orgueilleuse, il décida de lui rendre visite. Il arriva devant la cabane de bois vieilli, déposa son baluchon, se rafraîchit le visage à l'eau claire d'un puits proche. Il vint, le coeur battant, frapper trois fois à la porte.
Qui est-ce? demanda la voix.

- C'est toi, mon aimée, répondit Moktar.

La porte de bois, close depuis des dizaines d'années, lança un faible cri continu avant de s'écarter pour laisser le passage à une vieille femme, petite et menue, fripée, ridée, tremblante, enfouie sous sa couverture de laine. Moktar fut ébloui par l'éclat d'une beauté qu'il était assurément le seul à voir. Il saisit la couverture, tira sur les fils d'or brodés.

Pendant sept jours et sept nuits, au fur et à mesure que les noms s'éteignaient sur la couverture, des oiseaux envahirent le ciel. Au bout de ce temps, trois mille oiseaux décrirent un cercle immobile dans les airs.

Au premier battement de leurs ailes fines et à mesure que l'horizon les avalait, les rides de Zahra disparurent, laissant apparaître l'énergie de son regard et la délicatesse de son teint.

C'est ainsi, raconte-t-on dans certaines contrées du Sud lointain, que Zahra l'Orgueilleuse retrouva sa jeunesse et l'éclat de sa beauté.

Fin

"Récits des hommes libres" de Hamadi

clapclap.gif merci c zentil j'adore ce genre de contes wub.gif

Pages : < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > dernière »