dimanche 28 octobre 2007 à 13:49
dimanche 28 octobre 2007 à 12:32 J'ai rarement entendu parler d'Algériens repêchés au large des côtes espagnoles et africaines.
Les familles de 11 Algériens émigrés clandestinement vers l’Espagne prétendent que leurs proches seraient détenus au Maroc.
Les autorités marocaines entretiennent le silence sur l’affaire.
Alger cherche ses clandestins
M. Izddine
Ce ne sont pas moins de 17 familles qui viennent d'adresser un courrier revendicatif au président algérien Abdelaziz Bouteflika. Autant de familles qui réclament à être éclairées sur le sort de leurs enfants, au nombre de 11, portés disparus depuis leur départ en août 2006 des côtes de Ghazaouet (port à 75 km de Tlemcen, nord-ouest algérien) alors qu'ils cherchaient à joindre clandestinement l'Espagne via le Maroc à bord d'embarcations de fortune.
Les familles de ces immigrés clandestins disent avoir reçu des informations émanant d'un des compagnons de voyage de leurs enfants, aujourd'hui porté disparu, selon lesquelles leurs fils auraient été arrêtés par les autorités marocaines alors qu'ils tentaient de pénétrer dans l'enclave espagnole de Melilla, puis incarcérés dans les geôles marocaines. Ayant demandé en vain l'aide du ministère des Affaires étrangères algérien en février dernier, les familles concernées ont fini par faire appel à des avocats pour mener l'enquête. L'un de ces intercesseurs se serait rendu au Maroc. Ne disposant pas d'autorisation en bonne et due forme de l'ambassade marocaine à Alger pour mener à bien son investigation sur place, il aurait toutefois appris de manière informelle que 250 harragas algériens croupiraient dans les prisons du Royaume.
Les 11 disparus figurent-ils parmi ces détenus? Pour les défenseurs des familles de ces derniers, il est en tout cas évident qu'ils ne se trouvent pas en Espagne.
Dans l'attente d'une réponse du Croissant Rouge algérien (CRA), censé leur fournir la liste des détenus de nationalité algérienne incarcérés au Maroc, les familles des victimes partagent leur quotidien entre folle espérance et angoisse sourde. De quoi faire les choux gras d'une presse algérienne pas franchement pro-marocaine.
Ou comment une certaine propagande instrumentalise le désespoir d'une partie de la jeunesse algérienne et la souffrance de leurs proches pour casser du sucre sur le dos du voisin. Un voisin qui, à son tour, reproche à Alger son manque de fermeté et de coopération évident dans la lutte contre la migration clandestine.
Ceci dit, où sont donc passés les 11 clandestins en question? Réfugiés en Espagne? Morts, noyés dans les eaux traîtres de la Méditerranée? Expulsés secrètement, laissés en proie au désert hostile du Sahara par les autorités marocaines, ou jetés en prison par ces dernières sans autre forme de procès? En supposant que cette ultime hypothèse soit vraie, pourquoi, près d'un an après leur arrestation, n'ont-ils pas été extradés vers leur pays d'origine, en vertu de l'accord de coopération judiciaire signé entre l'Algérie et le Maroc en 1963? Ou du moins, pourquoi l'ambassade d'Alger à Rabat n'a-t-elle pas été mise au courant de l'arrestation de onze de ses ressortissants? Enfin, que gagne le Maroc à garder des immigrés étrangers dans ses cellules, déjà surpeuplées?
Ce qui est sûr en tout cas, c'est que le mutisme de la direction de l'administration pénitentiaire à Rabat, contactée à ce sujet, n'est pas pour arranger l'image du “Maroc des droits de l'homme et d'ouverture” dans cette affaire.