dimanche 24 février 2008 à 12:15
L'alcoolisme est vraiment une maladie immonde... il n'existe que peu de moyens médicaux à tenter, et le reste est bien abstrait...
Personnellement, ma mère est alcoolique et dépressive aussi, depuis bien longtemps. Elle a eu des hauts et des bas, des périodes où elle a arrêté et où elle a refait surface... mais à chaque fois, quelque chose a fait qu'elle a été conduite à reboire et à s'enfoncer de nouveau dans son désespoir (perte de son frère, indifférence de son père, garde de ma petite soeur à son père, manque d'argent, etc).
Ma grand-mère et moi ne savons absolument plus quoi faire. Moi, j'ai à peu près "tiré un trait" sur elle. Je sais au fond de moi qu'on a déjà tout tenté (cures, prise en charge d'elle par ma grand-mère et moi-même, aide financière, etc) et qu'il n'y a plus grand chose à faire tant que ce n'est pas elle qui se déclenche et qui veut réellement retrouver une vie convenable. Je n'ai pas vécu longtemps avec elle depuis que je suis petite, seulement quelques mois ou années par-ci par-là, quand ça allait... ce qui fait que nous n'avons que peu de relations mère-fille. Je l'ai vue la semaine dernière (elle vit à Marseille et moi en Corse), et son état m'a abattue. Sa peau est dans un sale état, ses yeux ne renvoient plus grand chose à part la fatigue et la détresse... j'en suis venue à avoir honte d'elle, sur le moment. Et autant dire que ça fait très mal d'avoir honte de sa propre mère... et de plus, j'ai eu l'impression de prendre un café avec une inconnue. :/
Je pense lui poser un nouvel ultimatum en lui disant que tant qu'elle n'aura pas repris sa vie en main je ne veux plus la revoir, mais ça a déjà été fait tant de fois que je doute de l'utilité que ça aura... (si je veux faire ça, c'est surtout pour ma grand-mère qui, elle, n'arrive pas à lâcher ma mère, à ne plus rien faire pour elle... donc malgré tout, je me dois de faire quelque chose, au moins pour elle qui m'a élevée)
Bref, parfois, il n'y a rien d'autre à faire que de subir si on s'en sent le courage ou bien de laisser couler et de fermer les yeux parce que ça fait trop de mal, même si c'est dur également parce qu'on a l'impression d'abandonner la personne... mais il faut se dire qu'on a pas à s'en vouloir, qu'on a fait tout ce qu'on pouvait et qu'on ne peut pas non plus sacrifier toute notre vie et toute notre personne comme ça... en sachant pertinemment qu'il y a peu de chance que ça porte ses fruits.
Ce message a été modifié par La fille de l'air - dimanche 24 février 2008 à 12:17.