Aimé Césaire Dans Le Texte Et Parmi Les Siens

jeudi 01 mai 2008 à 23:51
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AIMÉ CÉSAIRE: TOUJOURS DANS LE TEXTE ET, À JAMAIS,

PARMI LES SIENS !



. Comment un apprenti poète procède-t-il pour dissiper le vertige de la page blanche ?

- Il lui faut lire après avoir renoncé à écrire, momentanément ! C’est, en tout cas, la méthode qui a la faveur d’un certain Gando, personnage principal de « Après les nuits, les années blanches », roman paru chez l’Harmattan à Paris en 1993.





Extraits :



"Les nuits suivantes, [Gando] allait se résoudre à tomber dans les bras du désespoir pour se consoler quand il fit une dernière trouvaille : dans l’état où étaient les choses pourquoi ne songerait-il pas à ses lectures classiques ? Elles lui murmureraient sans aucun doute les sons, les mots, les images, les tournures de circonstance pour faire réapparaître la Belle, la retenir et la fixer pour l’éternité.

Au lycée, ne lui suffisait-il pas de relire quelques vers d’Aimé Césaire du "Cahier d’un retour au pays natal", quelques extraits du "Chant Général" de Pablo Neruda, quelques phrases de Frantz Fanon tirées indifféremment des "Damnés de la terre" ou de "Peau noire, Masques blancs" pour se sentir pousser des ailes et capable de défier les plus grandes envolées littéraires ? En effet, chaque fois qu’il n’avait pas oublié de déclamer des passages de ses auteurs favoris avant de composer, il obtenait non seulement de bonnes notes en dissertation – il en avait l’habitude – mais des notes excellentes et des observations particulièrement élogieuses de ses professeurs.

Le volumineux « carnet » de citations et de fiches de lecture qu’il se constitua pour préparer son bac de lettres, il le dédia à Frantz Fanon et, quand il n’en eut plus besoin, il le céda à un ami qui le céda plus tard à un autre ami… Tant et si bien que des générations successives de bacheliers en lettres de son pays lui devaient en quelque sorte un des volets de leur passeport pour l’École Normale ou [pour] l’Université…

Gando récita "Femme noire, femme nue", poème de Léopold Sédar Senghor, réécrivit avec Chateaubriand ses méditations devant les pyramides d’Égypte, refit avec Victor Hugo le portrait de Quasimodo… Mais, il eut beau ressasser dans sa tête et parfois à haute voix les morceaux choisis les plus pertinents des auteurs qui l’inspiraient habituellement, la prosopopée à laquelle il aurait voulu recourir pour dissiper enfin son vertige de la page blanche ne prenait pas [ enfin, pas tout de suite]."



Foin de commémoration, donc, de célébration voire de pétition pour une quelconque « Panthéonisation » d’Aimé Césaire ! Une consécration définitive de son œuvre et une réminiscence collective de sa pensée suffisent.




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