Abattu par les Allemands en 1943, un avion anglais a été mis au joursamedi 26.07.2008, 04:54 - La Voix du Nord
http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Dunkerq...3-un-avio.shtml La fouille menée par l'association Antiq'Air Flandre-Artois a permis de retrouver des débris de l'avion et une partie de l'équipement du pilote comme son parachute.
Une pale et le moyeu de l'hélice, les débris du radiateur, plusieurs pièces provenant de la cabine de pilotage, les restes du radeau de survie, le parachute encore empaqueté : la fouille menée par l'association Antiqu'Air Flandre-Artois s'est révélée fructueuse en juin dans l'arrière-cour d'une ferme au hameau des Neiges.
« Une pointe de regret » cependant pour Jocelyn Leclercq, son président : n'avoir pas retrouvé les ailes et le moteur du Typhoon, un chasseur-bombardier de la Royal Air Force abattu par les Allemands le 10 novembre 1943. Aucune trace non plus de la jambe du train d'atterrissage alors qu'un pneu a été découvert.
« Nous avons constaté des traces de remblai dû aux équipes de récupération qui travaillaient pour les Allemands, à la recherche du métal et des munitions », indique M. Leclercq.
Des deux bombes de 250 livres que transportait l'appareil, seule une a été trouvée, ainsi que deux canons Hispano de 20 millimètres. Les démineurs d'Arras et de Calais, avertis de la présence éventuelle de munitions, assistaient à cette fouille, encadrée par le service régional d'archéologie. Ils ont neutralisé le détonateur de la bombe, non armée.
« Ce Typhoon, un gros monomoteur, avait décollé à 19 h 45 de Manston, près de Ramsgate dans le Kent, précise M.
Leclercq. Il devait bombarder l'aérodrome de Coxyde en Belgique. Il volait seul. Vers 20 h, la défense contre avions allemande l'a abattu. Le pilote, le sous-lieutenant néo-zélandais Wallis Tyerman, a été tué. »
« Un commencement d'incendie »
Les archives françaises mentionnent l'événement sous la forme d'un rapport de la gendarmerie de Dunkerque et d'un autre du commissariat central de police. Ce dernier indique : « Vers 20 h, un avion anglais s'est abattu sur le territoire de la commune de Téteghem, route des Neiges, à quelques mètres de la ferme de M. Delattre Marcel. Un commencement d'incendie s'est déclaré dans un tas de récolte qui se trouvait devant la ferme. Il a été rapidement maîtrisé par les pompiers de Rosendaël aussitôt accourus sur les lieux. Soixante tonnes de betteraves, clôtures de pré et bois de chauffage ont été brûlés ou détériorés. Les autorités occupantes se sont occupées elles-mêmes du déblaiement et du service d'ordre, refusant toute immixtion de nos services. » Pierre Baes, un Téteghémois aujourd'hui décédé, se souvenait de la chute du chasseur-bombardier. Membre des volontaires de la Croix-Rouge, il s'était rendu sur les lieux. Selon M. Leclercq, « il a jeté de la terre sur des paillettes qui s'enflammaient, avant que les pompiers de Dunkerque et de Rosendaël n'arrivent sur place ».
En 1951, M. Baes s'était installé dans cette ferme du hameau des Neiges. En décembre 2000, il avait indiqué l'endroit avec précision, mais la fouille n'avait pu être programmée. C'est sa veuve qui a souhaité qu'elle soit quand même réalisée. Antiq'Air « la remercie vivement pour sa gentillesse ».
Les morceaux de l'avion se trouvent désormais entreposés dans un hangar à Aubers, près de La Bassée, siège de l'association. • L. L.
> L'association Antiq'Air Flandre Artois recherche des témoignages concernant les chutes d'avions pendant la Deuxième Guerre mondiale. Contact : Jocelyn Leclercq, 51, route de Fromelles 59249 Aubers.
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La spendeur retrouvée
des cités grecquesGilles Mermet
25/07/2008 | Mise à jour : 16:02 |
le Figaro
Campagne après campagne, les archéologues italiens et français révèlent le passé gréco-romain de la Libye. Apollonia, la cité portuaire, et Cyrène, l'Athènes africaine, sortent lentement de l'oubli.
Un jour, j'ai découvert le pied d'une statue qui sortait du sol, dans une zone vierge près de la nécropole sud de Cyrène. J'étais encore étudiant. Je l'ai noté sur mon carnet. C'était en septembre 1970. Je l'ai immédiatement signalé à mon professeur, l'archéologue Sandro Stucchi, mais il m'a demandé de me consacrer exclusivement aux fouilles du gymnase grec. C'est ce que j'ai fait pendant douze ans ! » Mario Luni, professeur à l'université d'Urbino, barbe blanche et silhouette à la Orson Welles, enjambe les fûts de colonnes éclatées, les stylobates renversés, les chapiteaux brisés. « Lorsque je suis devenu directeur de la mission italienne de Cyrène en 1995, Abdel Kader Mzaïni, le contrôleur des antiquités de Cyrénaïque, a accepté de m'accorder une nouvelle concession de fouilles, extra-muros. Et j'ai pu enfin m'occuper de ce fameux pied... »
Commence alors une extraordinaire aventure archéologique. En dégageant et en rassemblant patiemment les morceaux de la statue, l'archéologue italien reconnaît Déméter, la déesse de la fertilité et de l'agriculture. Puis, en fouillant alentour, il découvre des statuettes en céramique dédiées au culte de la déesse, des centaines de lampes à huile et d'autres sculptures plus exceptionnelles encore. Et enfin, sortant peu a peu de terre, un chaos de marbre laissant deviner la majesté de l'architecture grecque. Un temple de l'époque archaïque venait de revoir le jour ! Un des tout premiers temples construits à Cyrène, au Ve siècle avant J.-C. Et au-delà, d'autres temples encore, formant un sanctuaire d'une vingtaine d'hectares, le plus grand de toute la Méditerranée, dédié à Déméter.
« Le travail que nous réalisons ici avec le département des antiquités de Libye est unique au monde, s'enthousiasme l'archéologue italien. A Cyrène, nous sommes dans une situation aussi extraordinaire que celles qu'ont connues les archéologues qui fouillaient en Italie, en Sicile ou en Grèce au XIXe siècle. »
Ici, contrairement à Carthage, les ruines n'ont pas servi de carrière
Pendant plusieurs campagnes de fouilles, le professeur Luni, accompagné d'une dizaine de ses étudiants, a fait le relevé détaillé de chaque bloc du temple de Déméter et en a déjà remonté les premières colonnes. Un gigantesque puzzle à reconstruire avec l'aide de 40 ouvriers libyens. « Lorsque le temple s'est écroulé, explique l'archéologue, les quatre colonnades ont basculé vers l'extérieur, comme les pétales d'une fleur qui s'ouvre. Mais tout est resté dans l'état. Ici, contrairement à Carthage, les ruines n'ont pas servi de carrière. » Ce chantier titanesque est en fait un instantané des ravages du tremblement de terre de 365 après J.-C. Une catastrophe qui porta un coup fatal au monde antique du Sud méditerranéen et qui mit fin à l'histoire de Cyrène.
Une histoire qui avait commencé dix siècles plus tôt, dans une île de la mer Egée, à Théra (l'actuelle Santorin), au sud des Cyclades. Hérodote, dans le livre IV des Enquêtes, raconte : « Pendant sept ans, Théra ne reçut pas une goutte de pluie et tous les arbres de l'île se desséchèrent (...) Les Théréens, conduits par leur roi, Battos, se rendirent à Delphes pour consulter l'oracle. La Pythie dit à Battos : "Le seigneur Phébus Apollon t'envoie dans la Libye riche en troupeaux fonder une cité." » La Libye ? Mais où pouvait bien se trouver cette lointaine contrée que vantait l'oracle ? La tradition voulait que les Argonautes y soient passés, chargés de la Toison d'or... Les Grecs de Théra, après bien des incertitudes et des changements de cap, trouvèrent enfin la terre libyenne. Ils s'installèrent quelques années à l'embouchure de l'actuel oued el-Khalig (à l'est de Derna). « De cet endroit, raconte Hérodote, les Libyens conduisirent les Grecs en direction du couchant auprès d'une source : "Voici, Grecs, un lieu favorable où vous installer, car ici, le ciel est percé." »
L'oracle avait dit juste : ce plateau, le djebel Akhdar (la montagne Verte), arrêtant les vents marins, recevait des pluies abondantes. Une terre fertile à 600 mètres d'altitude et qui allait tenir toutes ses promesses. En 631 avant J.-C., 200 colons grecs menés par Battos fondèrent ainsi Cyrène (actuellement Shahat) et dédièrent leur ville à Apollon. Le blé, l'orge, la vigne, les boeufs, les chevaux et les moutons offraient aux Grecs et aux tribus libyennes des ressources suffisantes. Le silphion, une ombellifère (aujourd'hui disparue), condiment et véritable panacée du monde antique, rapportait tant d'or qu'on la retrouva en effigie sur les monnaies. Mais Cyrène manquait encore de bras. Battos II encouragea les Grecs à immigrer vers la Libye en promettant des terres. Il fut aidé en cela par un nouvel oracle : « Qui viendra trop tard dans la Libye charmante, je dis qu'un jour, il s'en repentira », annonça la Pythie.
Pour voir le port comme il y a 2 000 ans, il faut prendre un masque et un tuba !
Les nouveaux colons affluèrent alors par milliers. Ils fondèrent Barca, Taucheira et Hespérides (l'actuelle Benghazi), où la légende situa le jardin aux pommes d'or. Cyrène se couvrit de monuments somptueux. Autour de la source d'Apollon, on construisit un vaste sanctuaire dédié au dieu tutélaire, des propylées, des théâtres, des fontaines. Sur une colline, dominant de toute sa masse, un temple de Zeus plus grand que celui d'Olympie. A l'intérieur, une statue de culte colossale, réplique de l'oeuvre de Phidias. Et au-delà, vers le sud, sur un deuxième niveau, une vaste agora, puis un gymnase et d'autres théâtres encore.
Deux siècles après sa fondation, Cyrène comptait plus de 100 000 habitants. Elle était devenue la plus grande cité grecque d'Afrique et la troisième ville méditerranéenne après Athènes et Syracuse. Ainsi qu'un port de commerce florissant, installé dans une baie, baptisé Apollonia. « Nous avons retrouvé le port dans l'état dans lequel il était il y a deux mille ans, s'enthousiasme André Laronde, directeur de la mission archéologique française en Libye. Mais pour le voir, il faut prendre un masque et un tuba ! » Nager au-dessus d'Apollonia, s'immerger dans l'Histoire. L'impression est irréelle : à plus de 3 mètres de profondeur, le port antique est entièrement visible. C'est de là qu'appareillaient pour Le Pirée les navires chargés d'or, d'ivoire, de produits agricoles, de chevaux, d'esclaves, d'athlètes partant pour les Jeux...
Les plongeurs de la mission française ont dégagé des structures de quais et des cales sèches. Un travail de longue haleine commencé en 1986 et qui a permis de comprendre l'évolution topographique du site. Mais toute la ville n'est pas sous l'eau. Le long du rivage, Apollonia offre encore aux embruns les colonnes de marbre de ses églises byzantines du VIe siècle. Ici, contrairement à l'éclatante Cyrène, la ville grecque n'est presque plus visible. Mais elle sommeille en dessous. Et ce sont les Français, campagne après campagne, qui en découvrent les trésors : le grand helléniste François Chamoux en fut l'un des révélateurs. Son successeur, André Laronde, professeur d'histoire grecque à la Sorbonne et membre de l'Institut, dirige depuis 1981 la mission archéologique française en Libye, financée par le ministère des Affaires étrangères et le Sénat. « André Laronde a son coeur en Libye et ici, il a toute notre confiance », dit de lui Giuma Anag, le directeur général du département d'archéologie de Libye.
La mission française oeuvre pour une nouvelle « mare nostrum »
Dans les réserves de la mission d'Apollonia, le professeur enlève délicatement les grands sacs plastiques qui coiffent ses découvertes : des vases grecs dignes des plus grands musées du monde. « L'une de mes fiertés, confie-t-il avec émotion, ce sont ces amphores panathénaïques, offertes aux vainqueurs des Jeux en l'honneur d'Athéna. Elles étaient dans des tombes et nous les avons sauvées in extremis des bulldozers qui préparaient les fondations du nouvel hôtel d'Apollonia. J'ai confié leur restauration à Paolo Nadalini, un expert de la céramique grecque qui, chaque été, quitte son atelier du Louvre pour venir passer un mois avec nous à la mission. » On revient toujours à la mission française d'Apollonia, année après année, saison après saison. La « terra rossa » de Cyrénaïque exerce une attraction irrésistible sur les archéologues. Qu'il s'agisse de Vincent Michel, spécialiste des premières églises chrétiennes, et de l'architecte Jacques Vérité qui restaurent les basiliques byzantines de Latrun (l'ancienne Erythron) à 30 kilomètres plus à l'est, d'Elodie de Faucamberge, une jeune et prometteuse préhistorienne, qui fouille la grotte d'Abu Tamsa dans le djebel Akhdar, de Jean-Sylvain Caillou, spécialiste de l'archéologie de l'Orient gréco-romain, et de Sophie Marini, qui découvrent, strate après strate, les civilisations qui ont fait et défait Apollonia.
Cyrène et Apollonia ont façonné l'esprit méditerranéen. « Il y a une route moyenne où j'essaie de marcher, disait à Socrate Aristippe de Cyrène. Cette route ne passe ni par le pouvoir, ni par l'esclavage mais par la liberté, qui est le grand chemin du bonheur. » Il y a deux mille cinq cents ans, Cyrène, la cité grecque d'Afrique, nous montrait déjà la voie.
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Ce message a été modifié par sandie72 - dimanche 27 juillet 2008 à 10:25.