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lundi 28 avril 2008 à 11:05
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Mein Kampf, le brûlot écrit par h***** alors emprisonné à Landsberg entre 1923 et 1924 est-il plus dangereux en librairie ou circulant sous le manteau ? Un vif débat est engagé en Allemagne au sujet du nauséabond manifeste d’h*****, vendu à 10 millions d’exemplaires sous le IIIe Reich. Vendredi, le Conseil central des juifs d’Allemagne s’est à son tour prononcé en faveur d’une réédition de l’ouvrage, «assorti de commentaires», et s’est dit prêt à participer à l’élaboration de cette nouvelle édition.

Le livre, dont d’innombrables exemplaires circulent chez les bouquinistes et sur Internet, n’a jamais été légalement réédité depuis la guerre. Les droits de diffusion ont été confiés en 1946 par les Américains au Land de Bavière, au même titre que la fortune personnelle d’h*****. Depuis, la Bavière s’oppose à toute réédition pour protéger la démocratie allemande et par crainte de choquer les communautés juives. Mais la Bavière perdra ses droits en mai 2015 et n’importe qui pourra republier Mein Kampf.

Une poignée d’historiens demande donc à pouvoir travailler à une réédition du titre, assortie de commentaires, «pour que les étudiants allemands, les lycéens, les citoyens éclairés puissent vraiment comprendre quelle conception du monde avait h*****», insiste l’écrivain et politologue germano-israélien Rafael Seligmann. «Il est absurde que la Bavière s’oppose aussi à une édition "scientifique" de "Mein Kampf"», estime le quotidien conservateur die Welt, propriété de l’éditeur Springer Verlag, peu suspect de soutenir le révisionnisme. «Il faut compter trois à cinq ans pour mettre sur pied une édition critique» d’une œuvre comme celle-ci, rappelle l’historien Hans-Ulrich Wehler.

(Liberation)

mercredi 30 avril 2008 à 14:41
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Des millions de fiches cartonnées sur les traces de vies arrachées
(Libération)

Johannes Gross a mis plus de deux ans à en savoir un peu plus sur son grand-père. La trace de Godel Herschlikowitsch, né le 27 novembre 1899 à Zlocew, en Pologne, se perd le 19 avril 1943, alors qu’il vient de monter à Malines en Belgique dans un convoi à destination d’Auschwitz.

«A l’époque, il avait 40 ans. J’avais l’espoir qu’il ait pu avoir survécu d’une façon ou d’une autre», raconte le jeune avocat. En août 2005, il se tourne donc vers le centre de recherches des archives nazies de Bad Arolsen, dans le centre de l’Allemagne. «En novembre 2007, j’ai finalement reçu une lettre. Le centre de recherches avait de nouvelles informations. Mon grand-père avait reçu le matricule 52 883 à son arrivée à Auschwitz. Il n’avait donc pas été immédiatement gazé à l’arrivée. Il a dû travailler.» Depuis la fin de la guerre, les archives de Bad Arolsen permettent aux victimes du nazisme et à leurs descendants de retrouver la trace de parents disparus ou tout simplement de faire-valoir leurs droits à des indemnités.

Encre passée. Depuis fin 2007, les archives de Bad Arolsen sont également accessibles aux chercheurs, après des décennies de tiraillements entre les onze pays (Etats-Unis, Israël, France, Grande Bretagne…) chargés de la conservation des documents.

Cinquante millions de fiches cartonnées concernent 17,5 millions de personnes. 25 kilomètres de documents se trouvent là, dans d’anciens bâtiments militaires épargnés par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale. Les documents à l’encre passée proviennent de 50 camps de concentration et camps de la mort, des archives de la Gestapo et des SS, des centres d’expérimentations médicales ou des usines employant des travailleurs forcés, disséminés aux quatre coins du Reich.

L’absurde et l’énormité du système n**i sont résumés là. On y trouve l’original du registre des décès de Buchenwald, la liste des 300 personnes tuées par balles entre 11 h 20 et 11 h 54, le 20 avril 1942 à Mathausen, pour les 53 ans d’h*****. Un autre document recense le nombre de poux trouvés sur la tête de tous les prisonniers du camp de travail de Gross-Rosen en Pologne… Un peu plus loin, est conservée la fameuse «liste de Schindler», du nom de cet entrepreneur allemand qui a sauvé de la mort les 1 200 prisonniers juifs qu’il employait au titre du travail forcé. Le nom de Annelies Maria Sara Frank figure sur un registre de déportés néerlandais.

Les historiens sont aujourd’hui partagés sur la valeur des documents. «Il est probable qu’on retrouve ici des informations relatives aux trois millions de victimes encore inconnues», espère-t-on au mémorial Yad Vashem à Jérusalem. «On a ici la preuve écrasante que l’holocauste a existé, insiste Paul Shapiro, le directeur du centre de recherches du mémorial de l’Holocauste de Washington, qui militait depuis des années pour l’ouverture des archives aux historiens. Dix-sept millions de personnes ont été tués ou victimes du travail forcé. Quel meilleur argument à jeter à la face de quelqu’un comme le président iranien, qui prétend qu’il y a tout au plus eu peut-être quelques milliers de victimes ?»

«L’ouverture des archives permettra enfin de se livrer à un véritable travail de recherche sur certains groupes de victimes telles que les homosexuels, sur lesquels on ne sait aujourd’hui encore presque rien», estime pour sa part le directeur de la Fondation des lieux de mémoire du Brandebourg.

Wolfgang Benz, historien spécialiste du nazisme à l’université technique de Berlin relativise les choses. «Les archives de Bad Arolsen sont une sorte de bureau de l’état civil n**i. Vous y apprendrez qu’Abraham X ou Y était dans tel ou tel ghetto, avec de la chance, vous en saurez un peu plus, vous saurez qu’il exerçait la profession de boucher à Varsovie… Pour le reste, il n’y a là ni le plan secret de h***** sur la solution finale, ni les carnets de tel ou tel dignitaire n**i.»

Pendant des années l’Allemagne a évoqué la «nécessité de protéger l’intimité des victimes» et refusé l’ouverture des archives aux chercheurs. «On retrouve là la trace des avortements subis par des prisonnières du travail forcé, explique Reto Meister, le directeur du centre. Ce sont des informations très intimes.» Certains historiens américains sont persuadés que l’Allemagne a en fait longtemps cherché à protéger les nazis qui se cacheraient sous l’identité de victimes décédées.

Puzzle familial. Chaque année, plusieurs centaines de milliers de personnes s’adressent toujours au centre de Bad Arolsen, pour s’enquérir du destin d’un ancêtre ou justifier une demande d’indemnisation. Le flux des requêtes a même redoublé depuis la chute du Mur. 240 000 nouvelles demandes d’informations sont parvenues à Bad Arolsen en 2006. Comme Johannes Gross, ce sont de plus en plus souvent les petits-enfants, voire les arrière-petits-enfants des victimes qui espèrent en savoir un peu plus sur leurs origines.

Johannes Gross ne s’est que tardivement intéressé au destin de son grand-père Herschlikowitsch. «Je n’ai appris l’existence de ce grand-père juif qu’à 25 ans, raconte l’avocat. Mon père ne parlait jamais de sa famille. Je savais juste qu’ils étaient morts pendant la guerre. Bien sûr, je me doutais de quelque chose. Mais mon père ne parlait que par bribes…»

Le puzzle familial se reconstitue lentement. Godel Herschlikowitsch quitte sa Pologne natale au début des années 20, en compagnie de son frère Aron David. Godel aura deux enfants avec une Allemande non juive, Wilhelmine Gross. «Mes grands-parents ne se sont jamais mariés, je ne sais pas pourquoi», raconte Johannes Gross. Le nazisme les chasse en Belgique où les frères Herschlikowitsch sont arrêtés en janvier 1943, internés à Mecheln, puis déportés.

Du grand-père paternel de Johannes Gross ne restent aujourd’hui qu’une poignée de lettres, un courrier officiel l’intimant de quitter l’Allemagne avant le 1er septembre 1939, un carnet de notes professionnel. Et la photocopie de documents nazis conservés à Bad Arolsen.

vendredi 02 mai 2008 à 10:46
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Découverte à Istanbul de la plus vaste flotille médiévale connue
(AFP) - Une équipe d'archéologues turcs a exhumé d'un ancien port byzantin d'Istanbul 31 navires qui constituent selon ces chercheurs la plus vaste flotille médiévale jamais mise au jour.

Caïques à voile servant au transport du grain et du marbre, rarissimes navires militaires byzantins à rame... Le bilan des fouilles lancées fin 2004 sur le site de l'Eleuthérion, port fondé par l'empereur Théodose Ier (346-395) sur la rive européenne de la mer de Marmara (nord-ouest), a dépassé toutes les attentes.

"Jamais on n'avait exhumé autant de navires des VIe, VIIe, IXe, Xe et XIe siècles", a déclaré Metin Gökçay, un des archéologues en charge du chantier, à l'AFP. "Ils remplissent un grand trou dans la connaissance que nous avons de la technologie navale à l'époque byzantine".

Ces bateaux, dont subsistent surtout les coques -certaines atteignent jusqu'à 25 mètres de longueur- délivrent également de précieux enseignements sur les routes maritimes reliant la capitale d'un empire alors au faîte de sa puissance avec le reste du monde.

"Les navires venaient ici de tous les coins de l'empire. Nous avons retrouvé des objets provenant d'Egypte, de Chypre, de Crimée, de Russie, de Roumanie, de Bulgarie...", explique l'archéologue Mehmet Ali Polat. "C'est exceptionnel de retrouver dans un même lieu des objets avec autant d'origines différentes."

Equipé de vastes entrepôts, l'Eleuthérion a plusieurs siècles durant accueilli le blé et l'orge acheminés d'Egypte pour nourrir Constantinople, populeuse capitale de l'Empire romain de 330 à 395, puis de l'Empire romain d'Orient ou Empire byzantin, relate M. Gökçay.

"Mais au VIIe siècle, les Arabes ont battu les Byzantins, qui ont perdu le contrôle de l'Egypte. Et on constate qu'au IXe siècle, les Byzantins vont cette fois faire du commerce avec les Russes, à mesure que ceux-ci se convertissent au christianisme", poursuit-il.

Outre les navires, les chercheurs ont mis au jour d'importants vestiges du port lui-même: les fondations d'un phare, une jetée, les bases d'une église ainsi qu'une vingtaine de mètres de la muraille de l'empereur Constantin 1er (274-337), jusque là connue uniquement par les textes.

Reste le mystère entourant le naufrage de dizaines d'embarcations à quai, un voile d'ombre qui sera peut-être levé quand l'équipe de géologues accompagnant les fouilles aura rendu ses conclusions.

Les archéologues privilégient pour l'heure l'hypothèse d'un tsunami qui aurait balayé le port au VIe siècle et que semble attester une strate orangée de sédiments sableux.

C'est en revanche un lent et plus banal problème d'ensablement qui a eu raison du port, au XVe siècle.

Alors que les excavations se poursuivent sur le chantier déjà pharaonique de l'Eleuthérion -600 à 700 travailleurs, 50 à 60 scientifiques opérant sur une aire de 56.000 mètres carrés-, avec selon M. Gökçay une forte probabilité de découvrir de nouveaux vaisseaux, les premiers navires ont déjà quitté le site.

Car la zone, située dans l'actuel quartier populaire de Yenikapi, doit accueillir une des gares du Marmaray, gigantesque projet de ligne de chemin de fer passant sous le Bosphore pour relier Europe et Asie, dont la construction doit s'achever en 2011.

Les pièces de 12 des 31 bateaux ont été soigneusement démontées, maintenues dans de l'eau douce pour leur faire rendre leur sel, puis dans des bains chimiques pour les solidifier et transportées au musée archéologique d'Istanbul à fin d'y être remontées.

Une fois les travaux achevés, les bateaux et une partie de leur cargaison devraient réintégrer la zone de l'Eleuthérion, où est prévue la construction d'un musée maritime.

vendredi 02 mai 2008 à 12:49
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Le dernier survivant de l'attentat des officiers contre h***** est mort


BERLIN (AFP) - Le baron Philipp von Boeselager, dernier survivant du noyau dur des conjurés de l'attentat manqué des officiers contre h***** le 20 juillet 1944, est mort jeudi à l'âge de 90 ans à Altenahr, dans l'Ouest de l'Allemagne.


Tout comme son frère Georg von Boeselager, il avait participé à l'attentat manqué le plus spectaculaire contre le dictateur, dans lequel ont été impliquées quelque 200 personnes.

L'Opération Walkyrie, reprenant astucieusement le nom de code d'un plan officiel mis au point par le régime n**i en cas de troubles, avait été conçue par des officiers de la Wehrmacht, l'armée allemande régulière sous le nazisme, qui voulaient éliminer h***** en raison des horreurs racistes et des dérives militaires du IIIe Reich.

Selon le plan, Claus Schenk von Stauffenberg devait placer une bombe là où h***** tenait conférence dans son quartier général de Prusse Orientale ("L'antre du Loup" près de Rastenburg en Prusse orientale, aujourd'hui Ketrzyn en Pologne, tandis que ses alliés devaient profiter de la confusion générale pour faire un putsch à Berlin.

Philipp von Boeselager a eu pour rôle de cacher les explosifs sous son lit d'officier et, le jour de l'attentat, conduire 1.200 hommes de son régiment de cavalerie de Prusse orientale à Berlin pour arrêter le chef des SS Heinrich Himmler et le ministre de la propagande Joseph Goebbels.

"Après deux jours à cadence forcée, un message me parvient: +Tout dans les vieux trous+", le code d'un échec, h***** ayant survécu à la déflagration, avait raconté le baron lors d'une interview à l'AFP en 2004.

Jusqu'à la fin de la guerre, l'officier portera sur lui une dose de poison dans le cas d'une arrestation qui ne vint jamais, alors que la plupart des conjurés principaux ont été exécutés ou se sont suicidés.

vendredi 02 mai 2008 à 14:27
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Le gouvernement crée une catégorie d'archives "incommunicables"

Il n'est pas sûr que la colère des chercheurs et des historiens soit totalement apaisée, après le vote du projet de loi sur les archives, en première lecture, mardi 29 avril, à l'Assemblée nationale - les députés de l'UMP et du Nouveau Centre l'ont approuvé, tandis que les socialistes et les communistes ont rejeté un texte qui consacre le "culte du secret".

C'est pourtant l'objectif inverse du gouvernement, s'est défendue la ministre de la culture et de la communication, Christine Albanel. La réforme, qui adapte la loi du 3 janvier 1979, pose le principe de la "libre communicabilité des archives publiques" : le délai de trente ans actuellement en vigueur est supprimé pour les documents qui ne mettent pas en cause "les secrets protégés par la loi". Pour les autres documents, les délais d'accès ont été raccourcis : les documents relatifs aux délibérations du gouvernement seront communicables au terme de 25 ans (30 ans actuellement) ; ceux concernant les secrets de la défense nationale, la conduite de la politique extérieure, etc., relèveront d'un délai de 50 ans (60 ans aujourd'hui) ; certains actes d'état civil seront accessibles au terme de 75 ans (100 ans actuellement), etc.

Cet esprit d'ouverture est pourtant contrecarré par la création d'une catégorie d'archives "incommunicables" dans le texte du gouvernement : ainsi, les documents relatifs aux armes de destruction massive ne pourront jamais être divulgués. Initialement considérés comme incommunicables, aussi, les documents susceptibles de mettre en cause "la sécurité des personnes" seront accessibles au terme de 100 ans, selon un amendement du rapporteur du projet de loi, François Calvet (UMP), adopté à l'unanimité.

Surtout, le texte avait été durci lors de son passage au Sénat, en janvier : ainsi, l'accès aux documents relatifs à la vie privée avait été allongé de 50 ans à 75 ans. Une initiative qui aboutissait à refermer des fonds d'archives actuellement ouverts (seconde guerre mondiale) et à repousser à... 2037, hors dérogations, l'accès à certaines archives concernant la guerre d'Algérie. D'où la pétition réunissant plus de 1 200 chercheurs, généalogistes ou simples usagers (Le Monde du 17 avril). Les députés sont revenus au délai de 50 ans.

Ces quelques avancées n'ont pas été jugées suffisantes par la gauche, qui critique par ailleurs l'officialisation du recours aux sociétés d'archivage privées. "Le texte revu par l'Assemblée est un compromis auquel on s'attendait", regrettait Gilles Morin, historien et président de l'Association des usagers du service public des Archives nationales (Auspan), à l'issue de la séance. Sa mission, dans les semaines à venir, consistera à s'attaquer au "principe d'archive incommunicable". "C'est du jamais-vu. Quid des recherches sur les personnes contaminées par les essais nucléaires de Mururoa, par exemple ?" Le projet de loi sera à nouveau examiné par le Sénat, le 15 mai.

source : le monde
mercredi 07 mai 2008 à 08:37
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Les manuels d'histoire de France devront indiquer que la Corse a été libérée avant la Normandie. Bayeux ne peut donc plus revendiquer le titre de première ville libérée de France...
« Je ne manque jamais de le rappeler : la Corse a été la première portion du territoire libérée en septembre 1943 », lance Jean Quellien, professeur d'histoire à l'université de Caen, spécialiste de la Bataille de Normandie.

« Ajaccio a été libérée le 9 septembre 1943 et l'ensemble de la Corse, le 4 octobre », poursuit l'enseignant qui n'a pas attendu que le ministère de l'Éducation nationale demande officiellement que ce fait figure dans les manuels d'histoire.

« Ce n'est pas une guéguerre », plaide Jacqueline Wroblewski-Arrii, présidente de l'Anacr, l'Association nationale des anciens combattants et résistants de Corse du Sud. « Mais notre ancien président Jérôme Santarelli, qui vient de disparaître, était révolté. Il voulait que la vérité historique soit rétablie. »

Cette vérité historique, Jacqueline Wroblewski-Arrii en rappelle les grandes lignes. « La Corse a été occupée par les Italiens, à partir de 1942. Les Corses sont entrés en Résistance. D'ailleurs le mot « maquis » est un mot corse... En 1943, quand Mussolini a été destitué, des soldats italiens ont rejoint les résistants corses. Ajaccio s'est soulevé le 9 septembre. »

De Gaulle accueillid'abord à Ajaccio

La ville est libérée sans combats. La lutte est plus acharnée dans la montagne contre les Italiens et quelques troupes allemandes. « Les résistants ont reçu le soutien du bataillon de choc venu d'Alger, des Goumiers et des Tabors marocains. »

Enfin, le 4 octobre, Bastia est libérée. Charles de Gaulle, à l'époque à Alger, vient à Ajaccio, par avion, début octobre. La Corse sert de lieu de repos pour les troupes françaises engagées dans la très dure campagne d'Italie, puis de base de départ pour le débarquement de Provence, le 15 août 1944.

Et Bayeux ? C'est la première ville de la France... continentale libérée. « Les premières unités britanniques, qui venaient des plages de Gold, c'est-à-dire Asnelles et Ver-sur-Mer, sont arrivées aux portes de Bayeux, dès le 6 juin au soir, rappelle Jean Quellien. Des patrouilles sont même entrées dans la ville. » La libération est acquise le lendemain, sans combats ou si peu. Une semaine plus tard, le général de Gaulle est accueilli en triomphe à Bayeux (notre photo). Près de lui se tient François Coulet. « De Gaulle l'a nommé premier commissaire de la République, l'équivalent de préfet. » Détail qui réunit Ajaccio et Bayeux. « François Coulet avait été nommé commissaire de la République... à Ajaccio. Il avait l'expérience. » Reste à rétablir la vérité à Bayeux. Car sur les murs de la sous-préfecture il est bel et bien gravé que la ville est la première libérée de France.

Philippe SIMON.
Ouest-France
jeudi 08 mai 2008 à 20:20
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Sarkozy: "la vraie France n'était pas à Vichy" mais dans la Résistance

OUISTREHAM (Calvados), 8 mai 2008 (AFP) - Nicolas Sarkozy a assuré jeudi, lors des célébrations de la victoire alliée du 8 mai 1945 à Ouistreham (Calvados), que "la vraie France n’était pas à Vichy", mais "avait la voix du général de Gaulle" et "le visage" des résistants.

"Nous ne célébrons pas seulement une victoire militaire, nous célébrons avant tout une victoire morale", a lancé le chef de l’Etat dans un discours prononcé devant la plage où débarquèrent, le 6 juin 1944, les jeunes Français résistants du commando Kieffer. "Aucune faute, aucun crime ne doit être oublié, mais la France, qui tant de fois dans son histoire s’est battue pour la liberté et la dignité des hommes, la France dont nous pouvons apprendre à nos enfants à être fiers, la vraie France, elle n’était pas à Vichy, elle n’était pas dans la collaboration", a-t-il martelé. "La vraie France, elle n’était pas dans la milice, la vraie France, la France éternelle, elle avait la voix du général de Gaulle", a poursuivi M. Sarkozy. "La vraie France, la France éternelle, elle avait le courage de Jean Moulin", "le visage lumineux de Germaine Tillion, de Lucie Aubrac, d’Honoré d’Estienne d’Orves, de Tom Morel, du commandant Kieffer", a-t-il ajouté, citant de grands résistants.
dimanche 11 mai 2008 à 08:43
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COMMEMORATION DE L'ESCLAVAGE
"Nous espérons une prise de conscience des autorités"
Pourquoi pensez-vous utile d'accorder une place plus importante à l'enseignement de la colonisation et de l'esclavage dans les programmes scolaires?

- A SOS Racisme, nous pensons que c'est particulièrement important dans la mesure où c'est tout d'abord une vérité historique, qu'il est, ensuite, nécessaire d'accorder également une place aux pages sombres de l'Histoire, ce qui pose problème souvent en France, mais enfin et surtout parce que les questions du colonialisme et de l'esclavage renvoient à des faits historiques lourds et dont les conséquences sont vécues aujourd'hui. La colonisation, comme l'esclavage, ont reposé sur des visions essentialistes qui ont mené à des abominations. Il est donc capital, pour le futur, d'expliquer ces systèmes de pensée afin d'empêcher une mise au ban d'une partie des populations.

Dans quelle mesure pensez-vous qu'un meilleur enseignement de la colonisation puisse agir sur les discriminations en France?

- Cela peut avoir un effet sur les discriminations car elles sont aussi les conséquences de systèmes de représentations que l'enseignement peut faire évoluer. Il existe un substrat culturel dans lequel le Noir à l'image d'un grand enfant auquel il a été très simple de passer les chaînes, et l'Arabe l'image du fellagha. Donc, rappeler cette histoire de France, c'est faire évoluer des préjugés qui influent sur le temps présent.
D'ailleurs, notre demande concerne l'enseignement de la question de l'esclavage et de la colonisation mais on peut aller plus loin en demandant que la recherche dans ces domaines soit encouragée, car aux dires des chercheurs, les financements restent faibles.
Il est important de se mobiliser car le 10 mai est en train de devenir une non-date dont l'Etat se désintéresse ce qui est pour nous un élément d'inquiétude. Nous espérons une prise de conscience des autorités d'autant que nous constatons une contradiction entre ce déni du 10 mai et la reconnaissance rampante des massacres de Sétif.

Vous associez-vous aux manifestations prévues ce 10 mai ?

- Je participe à certaines manifestations organisées, mais on peut regretter qu'il n'y ait pas de coordination des associations à cette occasion alors même que les pouvoirs publics devraient être poussés à agir, au-delà de leurs larmes de crocodiles versées lors des obsèques d'Aimé Césaire, de façon un peu plus concrète sur ces questions.

Interview de Dominique Sopo par Céline Lussato
(le vendredi 9 mai 2008)

(nouvel obs)
dimanche 11 mai 2008 à 09:07
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Les mutins de la guerre 14-18 réhabilités ?

Jean-Marie Bockel, secrétaire d'Etat aux anciens combattants, a déclaré être en train d'examiner le cas de ces soldats qui furent exécutés pour avoir refusé de combattre.
LIBERATION.FR : samedi 10 mai 2008


Jean-Marie Bockel réfléchit à une réhabilitation, «au cas par cas», de mutins de la Première Guerre mondiale. «Nous sommes en train d’examiner l’ensemble du dossier de façon extrêmement précise» afin «de prendre une orientation» d’ici le 11 novembre, a affirmé le secrétaire d’Etat à la Défense et aux Anciens combattants. L'objectif est de permettre à Nicolas Sarkozy de «prendre une orientation» d’ici le 11 novembre, jour du 90e anniversaire de l’armistice de 1918, a-t-il affirmé samedi sur RTL.

«Sur les 600 personnes condamnées à mort, toutes ne l’ont pas été pour l’exemple. Il y a eu un certain nombre de droits communs et tous ceux qui l’ont été pour des raisons de refus de combattre ou de mutinerie n’ont pas été des mutins de 1917. Il y en a qui l’ont été dès 1914», a-t-il ajouté.

«Donc, il y a des situations extrêmement diverses et il faut que nous puissions apporter tous les éléments permettant en cours d’année au président de la République, s’il décide de faire ce geste de réconciliation», de prendre une décision.

Quant à savoir si les noms de ces soldats pourraient figurer sur les monuments aux morts, M. Bockel a répondu: «Ce sont des décisions qui seront prises au plus haut niveau. A chaque jour suffit sa peine. Je n’en suis pas encore au stade des propositions et le président n’en est pas encore au stade de définir précisémment quelles décisons il sera amené à prendre.»

En 1998, Lionel Jospin, alors Premier ministre de cohabitation, avait proposé la réhabilitation des mutins, mais Jacques Chirac, alors président, avait jugé ses déclarations «inopportunes».

(Libération)
dimanche 11 mai 2008 à 14:41
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ARCHÉOLOGIE • Le palais de la reine de Saba : le mirage éthiopien
Une équipe d'archéologues allemands affirme avoir retrouvé en Ethiopie les vestiges du palais de la reine de Saba. Entre mythe et sensationnalisme, le quotidien allemand Die Welt tente d'y voir plus clair.





Il se pourrait que toute cette histoire suive un scénario rédigé en plus haut lieu : la très sérieuse université de Hambourg a annoncé le 8 mai que ses chercheurs auraient retrouvé le palais de la reine de Saba. Qui serait aussi le lieu où aurait été un temps conservée l'Arche d'alliance.

Depuis 1999, le Pr Helmut Ziegert, de l'Institut d'archéologie de l'université, mène des fouilles sur le site d'Aksoum, dans le nord de l'Ethiopie. La fondation de cette cité, capitale politique et religieuse d'un empire du même nom, aurait été contemporaine de la naissance du Christ. Au IVe siècle, son élite se convertit au christianisme et devint un partenaire privilégié de l'Empire romain d'Orient.

Ziegert et son équipe s'intéressent aux débuts de ce lointain empire et de son Eglise orthodoxe éthiopienne, proche de l'Egypte copte. Sous le palais d'un dirigeant chrétien d'Aksoum plus tardif, les archéologues ont découvert une structure qu'ils datent du Xe siècle av. J.-C. Ziegert en est persuadé, "c'est le palais de la reine de Saba, par la datation, l'orientation et les détails que j'y ai trouvés". Menelek, le fils et successeur de la reine, l'aurait fait démolir pour ériger à la place un lieu de culte, avec un autel orienté selon la position de Sirius. Selon Ziegert, c'est ici qu'il aurait un temps conservé l'Arche d'alliance [qu'il aurait dérobée à Jérusalem], avant qu'elle ne soit placée dans l'édifice central du temple d'Aksoum.

Ces affirmations semblent d'autant plus incroyables que de nombreuses interrogations demeurent. Les plus anciennes découvertes archéologiques sur le site d'Aksoum remontent à la naissance du Christ. En quoi celles-ci peuvent-elles avoir un rapport avec une structure qui, mille ans plus tôt a priori, aurait été le lieu de résidence d'un souverain ?

Iris Gerlach, qui travaille à Sanaa pour le département Orient de l'Institut archéologique allemand, est sceptique. Selon elle, le centre religieux de Saba ne se serait pas trouvé en Ethiopie, mais de l'autre côté de la mer, à Sirwah [sur le territoire de l'actuel Yémen]. Vers 800 av. J.-C., des centres politiques se formèrent dans la région, dans les oasis alimentées par l'écoulement des eaux venues des hauts plateaux. Des travaux d'irrigation spectaculaires ainsi qu'un barrage géant permirent d'exploiter des terres pour des habitants de plus en plus nombreux. Ainsi les caravanes transportant vers le nord et la Méditerranée des marchandises de valeur comme l'encens pouvaient-elles se ravitailler. Ce négoce fut à l'origine de la richesse des "unificateurs des tribus", comme se nommaient les dirigeants de Saba, qui ne tardèrent pas à implanter des colons de l'autre côté de la mer [dans l'actuelle Ethiopie].

Mais, si Sirwah était bien la ville sainte des Sabéens, n'est-ce pas plutôt là, et non dans la lointaine Aksoum, que Menelek aurait fait entreposer la précieuse Arche d'alliance ? Iris Gerlach se refuse à tout sensationnalisme. Elle ne fait mention ni de l'Arche ni de la reine, entre lesquelles l'Ancien Testament établit un lien. Son collègue Ricardo Eichmann le dit lui sans détour : "La reine de Saba est aussi vraie que le roi Arthur."

Par leurs réserves vis-à-vis du témoignage de la Bible, les deux chercheurs rejoignent de nombreux théologiens et exégètes. L'Ancien Testament décrit effectivement la reine de Saba (premier livre des Rois, chapitre 10 et suivants) : "Elle arriva à Jérusalem avec une suite fort nombreuse, et avec des chameaux portant des aromates, de l'or en très grande quantité et des pierres précieuses." Mais, depuis, l'idée que les puissants rois David et Salomon puissent n'avoir jamais existé a fait son chemin. Vers l'an 1000 av. J.-C., Israël et surtout la Judée étaient plutôt des "potentats féodaux", suppose Christoph Levin, spécialiste de l'Ancien Testament. La visite d'une reine apportant des présents d'un pays riche et lointain relèverait davantage du lieu commun, emprunté au fonctionnement des grands empires qu'étaient l'Assyrie, Babylone ou la Perse, et qui aurait ensuite été repris dans la Bible. Dans ces empires, le fait que des porteurs de cadeaux et de tributs se présentent devant les grands rois était une réalité diplomatique et politique. Les rédacteurs de l'Ancien Testament, vers 500 av. J.-C., auraient aimé pouvoir se réclamer d'un passé aussi glorieux.

Mais revenons à l'université de Hambourg. La présentation de sa découverte sensationnelle a moins à voir avec la Bible qu'avec le Kebra Negest ("livre de la Gloire des rois") [datant du XIIe siècle], qui raconte pourquoi les Aksoumites commencèrent à ne plus vénérer "le soleil, mais le Créateur du soleil, le dieu d'Israël". Selon ce texte, Salomon et la Sabéenne auraient engendré Menelek, qui ensuite déroba l'Arche d'alliance à Jérusalem, la remplaça par un double et emporta l'original à Aksoum. En vertu de cette épopée nationale, tous les empereurs d'Ethiopie se firent couronner à Aksoum.

Les rastas ne sont donc pas les seuls à être convaincus de la véracité du Kebra Negest. L'idée que l'on puisse donc admirer en Ethiopie le lieu où le peuple d'Israël conserva autrefois le témoignage de son alliance avec Yahvé tient plutôt de la rumeur, une rumeur fondée sur des mythes religieux. Et elle ne rend guère service à l'archéologie.
Berthold Seewald
Die Welt

(courrier international)

mardi 20 mai 2008 à 11:38
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Arthur Rimbaud: le poème retrouvé

L'homme aux semelles de vent nous réserve encore de bien belles surprises... Un inédit de Rimbaud vient d'être retrouvé. Tout est à refaire car c'est une pièce essentielle de l'architecture rimbaldienne.

Ce texte vient d'être retrouvé et montre une nouvelle facette de la personnalité de ce poète maudit.

Les circonstances de la découverte

Un jeune cinéaste Patrick Taliercio, en repérage pour un film sur Rimbaud, se rend à Charleville et achète chez un bouquiniste une édition du journal Le Courrier des Ardennes. C'est en feuilletant ce journal qu'il tombe sur un texte s'intitulant "Le rêve de Bismark, Fantaisie" texte signé Jean Baudry. Il comprend alors qu'il est tombé sur le texte littéraire le plus important de ce XXIe siècle... En effet rien n'avait été retrouvé depuis plus de 60 ans!

Rimbaud en ce temps-là

Premier pas dans le journalisme que la publication de ce texte de Rimbaud en collaborant au Courrier des Ardennes en 1870. Il venait d'écrire "Le dormeur du Val".
Voici l'histoire: Bismarck qui fume sa pipe médite en regardant la carte de France, puis il s'endort avec le doigt sur Paris et se reveille, le nez carbonisé par sa pipe incandescente... moralité: il ne fallait pas rêver les yeux ouvert à la conquête de Paris.
Voici un extrait: "Triomphant, Bismarck a couvert de son index l'Alsace et la Lorraine ! Oh ! sous son crâne jaune, quels délires d'avare ! Quels délicieux nuages de fumée répand sa pipe bienheureuse ! ... Hi ! Povero ! en abandonnant sa pauvre tête, son nez, le nez de M. Otto de Bismarck, s'est plongé dans le fourneau ardent... ... Voilà ! fallait pas rêvasser !".
Un texte politique avec un phrasé poétique incroyable. Un texte qui raille l'envahisseur prussien avec beaucoup d'ironie.
Il ne fait pas pour autant de Rimbaud un patriote car c'était plutôt un texte de circonstance (n'oublions pas que Rimbaud jubilait lorsque les bombes tombaient sur Charleville, par ailleurs il est à l'origine du mot "patrouillotisme").
mercredi 21 mai 2008 à 21:02
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Luc Long a fouillé les mers de Malte à la Libye en passant par le Gabon, mais c'est dans sa ville natale, à Arles, que l'archéologue a trouvé un trésor : un buste en marbre de Jules César. Le plus ancien du dictateur romain sans doute, avec le masque de Turin réalisé juste avant ou juste après sa mort. Le buste grandeur nature en marbre représente l'empereur avec une calvitie et des traits dus à l'âge. Il a été découvert dans le Rhône à Arles, ville romaine que l'empereur avait fondée en 46 avant Jésus-Christ.

"A Rome, on ne trouve pas de statues de César datant de son vivant : elles sont toutes posthumes", précise l'archéologue Luc Long, qui a dirigé les fouilles sur ce site subaquatique. Le spécialiste pense que le buste a été précipité dans le fleuve après l'assassinat de Jules César en 44 avant Jésus-Christ. "Il ne faisait pas bon alors être considéré comme un de ses partisans", poursuit-il.

"Je l'ai reconnu tout de suite"

Le buste, au nez cassé, date vraisemblablement d'entre 49 et 46 av. JC, au moment où César fonde la colonie romaine d'Arles pour remercier la cité celto-ligure, implantée là, de l'avoir aidé à faire tomber Marseille en construisant douze galères de guerre dans ses chantiers navals. "C'est bien la physionomie de César, je l'ai reconnu tout de suite quand il a été au grand jour, mais c'est une image nouvelle, avec le vérisme de l'époque" et avant les représentations conventionnelles d'un César divinisé, explique l'archéologue.

Le buste a été trouvé par un membre du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines, Pierre Giustiniani, lors d'une campagne menée d'août à début octobre 2007 sur la rive droite du fleuve près de l'actuel quartier de Trinquetaille. "On est tombé sur une zone très riche", explique l'archéologue. Trois autres statues, dont une du dieu Neptune datant du début du 3e siècle de notre ère, ont également été mises au jour sur le même site, ainsi que des éléments de colonnes. Après étude et traitement, ils doivent être exposés en septembre 2009 au Musée départemental d'Arles.

(lci)
jeudi 22 mai 2008 à 09:08
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Hadora
vendredi 02 mai 2008 à 14:27
Arthur Rimbaud: le poème retrouvé

L'homme aux semelles de vent nous réserve encore de bien belles surprises... Un inédit de Rimbaud vient d'être retrouvé. Tout est à refaire car c'est une pièce essentielle de l'architecture rimbaldienne.

Ce texte vient d'être retrouvé et montre une nouvelle facette de la personnalité de ce poète maudit.

Les circonstances de la découverte

Un jeune cinéaste Patrick Taliercio, en repérage pour un film sur Rimbaud, se rend à Charleville et achète chez un bouquiniste une édition du journal Le Courrier des Ardennes. C'est en feuilletant ce journal qu'il tombe sur un texte s'intitulant "Le rêve de Bismark, Fantaisie" texte signé Jean Baudry. Il comprend alors qu'il est tombé sur le texte littéraire le plus important de ce XXIe siècle... En effet rien n'avait été retrouvé depuis plus de 60 ans!

Rimbaud en ce temps-là

Premier pas dans le journalisme que la publication de ce texte de Rimbaud en collaborant au Courrier des Ardennes en 1870. Il venait d'écrire "Le dormeur du Val".
Voici l'histoire: Bismarck qui fume sa pipe médite en regardant la carte de France, puis il s'endort avec le doigt sur Paris et se reveille, le nez carbonisé par sa pipe incandescente... moralité: il ne fallait pas rêver les yeux ouvert à la conquête de Paris.
Voici un extrait: "Triomphant, Bismarck a couvert de son index l'Alsace et la Lorraine ! Oh ! sous son crâne jaune, quels délires d'avare ! Quels délicieux nuages de fumée répand sa pipe bienheureuse ! ... Hi ! Povero ! en abandonnant sa pauvre tête, son nez, le nez de M. Otto de Bismarck, s'est plongé dans le fourneau ardent... ... Voilà ! fallait pas rêvasser !".
Un texte politique avec un phrasé poétique incroyable. Un texte qui raille l'envahisseur prussien avec beaucoup d'ironie.
Il ne fait pas pour autant de Rimbaud un patriote car c'était plutôt un texte de circonstance (n'oublions pas que Rimbaud jubilait lorsque les bombes tombaient sur Charleville, par ailleurs il est à l'origine du mot "patrouillotisme").



http://www.france-info.com/spip.php?articl...;sous_theme=184

lien avec un extrait de ce poème...


Ce message a été modifié par sandie72 - jeudi 22 mai 2008 à 09:08.
jeudi 22 mai 2008 à 09:09
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L'Allemagne et la Pologne ont décidé d'oeuvrer à la publication en 2011 d'un manuel scolaire commun, destiné aux 13-15 ans.

Le livre d'histoire franco-allemand fait des émules. Sur proposition du ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier (SPD), en visite à Varsovie au début du mois d'avril, l'Allemagne et la Pologne ont jeté les bases d'un manuel d'histoire commun. L'esquisse du projet a été présentée le week-end dernier à Berlin. Le premier volume en­globera une période allant du Moyen Âge au XVIIIe siècle. Le traitement de la Seconde Guerre mondiale est remis à plus tard. Destiné aux élèves âgés de 13 à 15 ans, l'ouvrage devrait paraître en 2011. Côté allemand, les Affaires étrangères devraient en assumer les frais de développement.

Des années de «silence radio»

C'est un «véritable défi», a souligné Gesine Schwan (SPD), présidente de l'université européenne Viadrina à Francfort-sur-l'Oder et responsable des relations germano-polonaises au gou­vernement. Son modèle, le livre d'histoire franco-allemand dont le deuxième tome vient d'être présenté, était déjà une «étape très importante», a-t-elle ajouté. Ce futur manuel germano-polonais a aussi l'ambition de «promouvoir la compréhension mutuelle», ex­plique Stephan Breiding, porte-parole du ministère de l'Éducation du Brandebourg, en charge du projet.

Le succès engrangé par les volumes franco-allemands est en­courageant, même si les diffé­rences avec le projet en cours sont notables. La France et l'Allemagne se sont plongées dans un intense travail de mémoire dès l'après-guerre. À l'inverse, «entre la RDA et la Pologne, c'était silence radio», souligne Stephan Breiding. Il a fallu attendre la chute du mur de Berlin pour assister à une reprise du dialogue sur l'histoire entre les deux pays.

Encore aujourd'hui, les Polonais sont probablement plus sceptiques à l'égard de leurs voisins que l'inverse, note Stephan Breiding. «C'est compréhensible», ajoute-t-il, en rappelant les nombreux dommages subis par la Pologne. Marqué par une certaine hostilité à l'égard de l'Allemagne, le précédent gouvernement polonais dirigé par Jaroslaw Kaczynski a régulièrement réveillé les blessures de l'histoire. Le projet de gazoduc ger­mano-russe en mer Baltique comme la perspective d'édification d'un mémorial dédié aux Allemands expulsés d'Europe centrale après 1945 ont eux aussi envenimé les relations.

Éviter l'affront

Salué par le ministre polonais des Affaires étrangères, Radoslaw Sikorski, le projet lancé par Frank-Walter Steinmeier se concrétise à un moment où les relations entre les deux voisins sont en voie de normalisation. L'arrivée au pouvoir du libéral Donald Tusk en octobre 2007 a été perçue comme un signe possible d'apaisement par Berlin. Dans ce contexte, l'ouvrage scolaire pourrait jouer un rôle important. Il doit permettre de produire une représen­tation de l'histoire «qui n'est pas un affront pour l'autre», affirme Stephan Breiding.

Choisie par les experts, la période du premier ouvrage ré­pond à une question pratique de programme scolaire. Elle reflète aussi une époque où le rapport de forces entre les deux pays était relativement équilibré, contrairement aux XIXe et XXe siècles qui ont suivi.

(Le Figaro)
dimanche 25 mai 2008 à 09:15
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ARCHÉOLOGIE
Un coeur humain vieux de quatre siècles retrouvé intact à Douai
Loretta Rossetti, du laboratoire Arc’Antique, est l’auteure de la découverte des inscriptions sur le coeur reliquaire.PHOTO É. DENIS

En novembre 2007, une équipe d’archéologues mettait au jour un coeur reliquaire lors d’une campagne de fouilles dans le centre ville de Douai. Les résultats des premières analyses étaient présentés hier. Et ils ne manquent pas de piquant.
La découverte de ce coeur reliquaire, intact et dans son environnement, est tout simplement une première en France. L’objet inspire un certain respect. Long de 35 centimètres sur 25 de large, réalisé en plomb, il adopte la forme d’un coeur. Mais surtout, et c’est ce qui est remarquable, il renferme un véritable coeur humain embaumé datant de la fin du XVIe siècle.

Énigmes à gogo
Découverts par les équipes de la direction de l’archéologie préventive de la communauté d’agglomération du Douaisis (CAD), l’organe et son contenant ont été analysés à l’hôpital Salengro de Lille puis au laboratoire Arc’Antique et à l’hôpital Laënnec de Nantes. Les premiers résultats sont surprenants.
Une inscription sur le reliquaire indique que le coeur appartenait à Anne de Lens. Mais l’étude ADN révèle que l’organe serait… celui d’un homme !
Toujours sur la boîte, la date de 1580 est mentionnée comme date de mort d’Anne de Lens alors que les archives tablent sur 1577. Enfin, Anne de Lens était épouse d’Adrien de Dion, gouverneur de Louvain (Belgique). Or, la famille de Dion n’a aucun lien avec la ville de Douai. Il n’existe même aucune trace de leur passage dans la cité.
Pourquoi et par qui ce coeur a-t-il été enterré à Douai à la fin du XVIe siècle ? Pourquoi les dates de décès diffèrent-elles ? Et surtout, à qui appartient ce coeur si c’est bien celui d’un homme ? Les chercheurs nagent en plein polar archéologique. Les analyses en cours permettront peut-être de résoudre ces énigmes. •
C. L.-S.



> Chez les familles fortunées, il était courant de faire enterrer une partie de son corps (coeur ou entrailles) dans un reliquaire placé en un autre endroit que la dépouille. Cette pratique symbolique marquait un attachement envers un lieu précis ou une institution.

http://www.lavoixdunord.fr/journal/VDN/200...RT1146079.phtml
dimanche 25 mai 2008 à 09:17
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Archéologie : découverte à Istanbul de la plus vaste flottille médiévale connue - 12/05/2008
http://lecourrier.vnagency.com.vn/default....mp;newsid=41782
Une équipe d'archéologues turcs a exhumé d'un ancien port byzantin d'Istanbul 31 navires qui constituent selon ces chercheurs la plus vaste flottille médiévale jamais mise au jour.

Caïques à voile servant au transport du grain et du marbre, rarissimes navires militaires byzantins à rame... Le bilan des fouilles lancées fin 2004 sur le site de l'Eleuthérion, port fondé par l'empereur Théodose Ier (346-395) sur la rive européenne de la mer de Marmara (Nord-Ouest), a dépassé toutes les attentes.

"Jamais on n'avait exhumé autant de navires des 6e, 7e, 9e, 10e et 11e siècles", a déclaré Metin Gökçay, un des archéologues en charge du chantier. "Ils remplissent un grand trou dans la connaissance que nous avons de la technologie navale à l'époque byzantine".

Ces bateaux, dont subsistent surtout les coques -certaines atteignent jusqu'à 25 m de longueur- délivrent également de précieux enseignements sur les routes maritimes reliant la capitale d'un empire alors au faîte de sa puissance avec le reste du monde.

"Les navires venaient ici de tous les coins de l'empire. Nous avons retrouvé des objets provenant d'Égypte, de Chypre, de Crimée, de Russie, de Roumanie, de Bulgarie...", explique l'archéologue Mehmet Ali Polat. "C'est exceptionnel de retrouver dans un même lieu des objets avec autant d'origines différentes."

Équipé de vastes entrepôts, l'Eleuthérion a plusieurs siècles durant accueilli le blé et l'orge acheminés d'Égypte pour nourrir Constantinople, populeuse capitale de l'Empire romain de 330 à 395, puis de l'Empire romain d'Orient ou Empire byzantin, relate M. Gökçay.

"Mais au 7e siècle, les Arabes ont battu les Byzantins, qui ont perdu le contrôle de l'Égypte. Et on constate qu'au 9e siècle, les Byzantins vont cette fois faire du commerce avec les Russes, à mesure que ceux-ci se convertissent au christianisme", poursuit-il.

Outre les navires, les chercheurs ont mis au jour d'importants vestiges du port lui-même : les fondations d'un phare, une jetée, les bases d'une église ainsi qu'une vingtaine de mètres de la muraille de l'empereur Constantin 1er (274-337), jusque là connue uniquement par les textes.

Reste le mystère entourant le naufrage de dizaines d'embarcations à quai, un voile d'ombre qui sera peut-être levé quand l'équipe de géologues accompagnant les fouilles aura rendu ses conclusions.

Les archéologues privilégient pour l'heure l'hypothèse d'un tsunami qui aurait balayé le port au 6e siècle et que semble attester une strate orangée de sédiments sableux.

C'est en revanche un lent et plus banal problème d'ensablement qui a eu raison du port, au 15e siècle.

Alors que les excavations se poursuivent sur le chantier déjà pharaonique de l'Eleuthérion - 600 à 700 travailleurs, 50 à 60 scientifiques opérant sur une aire de 56.000 m2, avec selon M. Gökçay une forte probabilité de découvrir de nouveaux vaisseaux, les premiers navires ont déjà quitté le site.

Car la zone, située dans l'actuel quartier populaire de Yenikapi, doit accueillir une des gares du Marmaray, gigantesque projet de ligne de chemin de fer passant sous le Bosphore pour relier Europe et Asie, dont la construction doit s'achever en 2011.

Les pièces de 12 des 31 bateaux ont été soigneusement démontées, maintenues dans de l'eau douce pour leur faire rendre leur sel, puis dans des bains chimiques pour les solidifier et transportées au musée archéologique d'Istanbul à fin d'y être remontées.

Une fois les travaux achevés, les bateaux et une partie de leur cargaison devraient réintégrer la zone de l'Eleuthérion, où est prévue la construction d'un musée maritime.

AFP/VNA/CVN
(11/05/2008)
mercredi 28 mai 2008 à 09:20
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Archéologie : Mandibule humaine fossile découverte datant d'au moins 500 mille ans à Casablanca
casablanca Une mandibule humaine complète, datant d'au moins 500 mille ans, a été découverte récemment dans le site de la carrière "Thomas I" à Casablanca, indique un communiqué du ministère de la Culture.

Le fossile appartient à la variété maghrébine d'Homo erectus, appelé Homo mauritanicus. Il a été trouvé associé à des outils de pierre taillée caractéristique de la civilisation de l'Acheuléen et à de nombreux vestiges animaux, de gazelles, d'antilopes, de phacochère, d'équidés, d'ours, de singes, de rhinocéros...etc.

La découverte a été faite par une équipe maroco-française dirigée par le Professeur Fatima Zohra Sbihi Alaoui, de l'Institut national des sciences de l'archéologie et du patrimoine (INSAP), relevant du ministère de la Culture, et Jean Paul Raynal, directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (Université de Bordeaux I, France).

Le site de la carrière Thomas I est l'un des plus importants pour la connaissance des premiers peuplements d'Afrique du Nord-Ouest, poursuit le communiqué.

Les fouilles du site préhistorique dit de la carrière Thomas I, sont menées depuis 1988 par l'INSAP et le CNRS dans le cadre de la coopération culturelle maroco-française avec le concours du département d'Evolution humaine de l'Institut Max Plank de Leipzig (Allemagne) et de la région Aquitaine (France).

MAP
http://www.casafree.com/modules/news/artic...p?storyid=17945

mercredi 28 mai 2008 à 09:21
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La commission interrégionale de recherche archéologique a validé l'avis de l'INRAP et du service régional de l'archéologie. Des fouilles complémentaires seront menées à l'angle des rues Victor-Luc et Saint-Sépulcre à l'emplacement d'un futur immeuble de trente et un appartements.

PAR HERVÉ VAUGHAN

Les grues devront encore patienter un peu avant d'attaquer la construction d'un immeuble de trente et un logements au coin des rues Victor-Luc et du Saint-Sépulcre, à deux pas des nouveaux services municipaux. Dans les prochains mois ou les prochaines semaines, ce sont les archéologues qui vont occuper le terrain. La commission régionale de recherche archéologique, réunie fin mars, a validé le diagnostic de l'Institut national de recherche archéologique préventive (INRAP) et l'avis du service régional d'archéologie (SRA) qui préconisaient des fouilles complémentaires à cet endroit-là. Les fouilles seront financées par l'aménageur, en l'occurrence, le promoteur immobilier Pierre et Territoire, une filiale de Crédit Immobilier.

« Ce qu'on a découvert est très intéressant », commente l'ingénieur d'études du SRA en charge des arrondissements de Lens, Béthune et Saint-Omer. Des vestiges datant du Moyen Âge avaient été mis à nu lors du diagnostic de l'INRAP. Notamment des fragments de murs dont les plus anciens remontaient au XIIe siècle et qui s'étalaient jusqu'au XVIIIe et que l'on voit rue du Saint-Sépulcre.

Désormais la question est de savoir quand les fouilles vont commencer, combien de temps elles vont durer et donc quel retard elles vont engendrer. « C'est du ressort de l'aménageur, répond-on au SRA. Notre rôle est d'établir un cahier des charges précis, que nous avons déjà fait parvenir au promoteur. Ce document met l'accent sur la méthodologie scientifique à adopter et l'équipe minimum requise, notamment au niveau des qualifications des intervenants, pour réaliser ses fouilles. » Ensuite, il s'agit d'un marché passé entre l'aménageur et un opérateur agréé dans les fouilles. « A priori et à une probabilité très forte, une fois la fouille terminée, l'aménagement se fera », pense notre interlocuteur du SRA. Il est rarissime qu'une découverte bloque définitivement un projet. Une bonne nouvelle pour ceux qui ont déjà acheté leur appartement et qui devaient être informés la semaine dernière du retard de livraison engendré. •

> Contacté, l'aménageur n'a pas donné suite à nos sollicitations.


http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Saint_O...-coin-des.shtml


Ce message a été modifié par sandie72 - mercredi 28 mai 2008 à 09:21.
mercredi 28 mai 2008 à 10:01
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Un bloc de béton en mémoire des déportés homosexuels
(Reuters)
PIERRE GIRARD
QUOTIDIEN : mercredi 28 mai 2008


Au creux du bloc de béton de plus de cinq mètres de haut, une lucarne permet aux passants de regarder la vidéo de deux hommes s’embrassant à l’infini. Inauguré officiellement hier à Berlin, ce monument à la mémoire des «triangles roses» - 50 000 homosexuels déportés et torturés par les nazis - se dresse près de la porte de Brandebourg, juste en face du mémorial aux victimes de la Shoah. Derrière, le parc du Tiergarten reste le lieu de drague favori des homosexuels au cœur de la capitale allemande. L’œuvre, conçue par le duo d’artistes scandinaves Ingar Dragset et Michael Elmgreen, a été retenue en 2006 par l’Etat allemand pour son caractère à la fois «direct et subtil». Sur la façade du monument, un long texte revient sur les souffrances «sans précédent dans l’Histoire» infligées par le régime hitlérien à ceux qu’il appelait les «invertis». Quelque 100 000 noms étaient ainsi fichés par une police spéciale chargée de lutter contre l’homosexualité et l’avortement.

Réhabilitation. «Ce mémorial marque une nouvelle étape clé du combat pour la reconnaissance des homosexuels», assure Günter Dworek, porte-parole de la fédération gay et lesbienne allemande (LSVD), qui fut l’un des tout premiers lobbyistes homos à participer aux discussions sur la mémoire des victimes du nazisme obtenant en 1999 l’engagement de l’Etat «d’honorer dignement toutes les victimes». Dès le départ, ils ont reçu le soutien de la communauté juive dans ce combat de la mémoire qui dura près de quinze ans sur fond de polémiques enflammées. D’abord en 1994, il y eut l’abrogation définitive du paragraphe 175 de son code pénal, sur lequel les nazis s’étaient appuyés pour poursuivre les homosexuels, puis, en 2000, les excuses officielles et, en 2002, la réhabilitation solennelle des «triangles roses» par le Bundestag. Un an plus tôt, l’Allemagne avait reconnu par une loi les homosexuels parmi les victimes du nazisme. Le Bundestag avait déjà arrêté le principe d’un monument pour les homosexuels en 2003, mais c’est d’abord le mémorial pour les Juifs assassinés qui a vu le jour, inauguré en 2005 sur une surface de 19 000 mètres carrés. La construction d’un monument dédié aux Tziganes Sinti et Roma vient également de débuter, décidée par le conseil fédéral allemand en décembre. Les trois monuments sont situés à quelques centaines de mètres l’un de l’autre.

Les critiques les plus dures du mémorial homo ont été lancées par les féministes. «Le monument doit être élargi aux victimes lesbiennes», exigeait alors le magazine militant Emma, qui a accompagné la mobilisation et diffusé une pétition. Ses journalistes ont retrouvé et raconté l’histoire de plusieurs couples de femmes inquiétées et arrêtées par la Gestapo. Le nombre de lesbiennes arrêtées par les nazis reste impossible à évaluer, faute de documents en faisant état. «Mais les femmes homosexuelles ont aussi été victimes de dénonciation et de déportation en camp de concentration, où elles portaient, au lieu du triangle rose, le triangle noir qui marquait les asociaux», affirmait Emma. L’appel des féministes a été suivi et des personnalités du show-biz et de la politique s’y sont associé fin 2006. La mobilisation a poussé les artistes auteurs du monument à revoir leur copie. Tous les deux ans, la vidéo changera donc, montrant le baiser des deux hommes puis ensuite à nouveau celui de deux femmes.

Aboutissement. Deux autres monuments - un ange androgyne, à Francfort, et un cube posé sur la berge du Rhin, à Cologne - rendaient déjà en Allemagne hommage «aux femmes et aux hommes homosexuels victimes du nazisme». Mais le monument de Berlin, symbole voulu cette fois - et financé à hauteur de 600 000 euros - par l’Etat allemand, marque l’aboutissement d’un combat pour la mémoire. Mais aussi pour l’avenir. Le ministre chrétien-démocrate allemand de la Culture, Bernd Neumann, veut en faire «un signe permanent contre l’intolérance». Les mots gravés sur le bloc de béton rappellent ainsi que «dans beaucoup d’endroits du monde, aujourd’hui encore, des personnes sont poursuivies en raison de leur identité sexuelle, l’amour homosexuel est puni par la loi, et un baiser peut signifier un danger».


(Libération)
mercredi 28 mai 2008 à 10:23
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sandie72
lundi 28 avril 2008 à 11:05
Archéologie : découverte à Istanbul de la plus vaste flottille médiévale connue



Sandie, j'avais déjà donné cette info....c'est le troisième message sur cette page ! Comme quoi tu ne lis pas tout ! bluebiggrin.gif wink.gif

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