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Livenet > Forum > Histoire
jeudi 13 mars 2008 à 11:05
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Avant l’arrivée des Européens

Les artefacts découverts l’été dernier au lac Saint-Charles aident à mieux comprendre l’histoire lointaine de la région de Québec

Par Yvon Larose

Des outils de pierre, des fragments d’une poterie décorée et des restes culinaires d’animaux comme le castor, l’ours ou l’orignal, ce sont là les artefacts découverts l’été dernier par cinq étudiantes et étudiants au baccalauréat en archéologie qui ont fouillé pendant quatre semaines l’emplacement d’un très ancien campement amérindien situé dans le secteur des Marais du Nord, au lac Saint-Charles, près de Québec, lors du premier chantier-école de l’Université Laval en archéologie préhistorique. «L’analyse des artefacts a permis de confirmer qu’il y a eu au moins deux occupations du site par les Amérindiens, explique Michel Plourde, archéologue consultant, chargé de cours au Département d’histoire et responsable du site de fouilles. La première a eu lieu dans l’intervalle entre l’an 500 et l’an 1000 de notre ère, la seconde entre l’an 1300 et l’an 1534. Deux éléments de datation ont permis d’obtenir ces chiffres, soit la datation au radiocarbone et la typologie de céramique. Les motifs imprimés sur la céramique ont été faits à l’aide d’une cordelette végétale apposée sur l’argile encore humide que l’on a ensuite fait sécher et cuire. Ces motifs deviennent plus rares à partir de 1200 de notre ère.»

Les outils de pierre découverts consistent en une pointe de flèche, des grattoirs et des éclats. Ces éclats, qui portent des retouches, ont probablement servi à couper de la peau ou des tendons d’animaux. «Les pierres taillées découvertes proviennent de différentes sources situées très loin du site, soit Mistassini, le lac Saint-Jean, l’extrême nord de la péninsule du Labrador et les Appalaches», souligne Michel Plourde. Selon lui, les occupants du site ne se sont probablement pas rendus jusqu’aux carrières pour se procurer la pierre des outils. «Ils ont dû, avance-t-il, s’approvisionner auprès de diverses sources que l’on pourrait qualifier d’intermédiaires commerciaux et qui se déplaçaient sur de grandes distances. Les Amérindiens du temps participaient à de vastes réseaux d’échange très ouverts. Ils ont pu, par exemple, échanger des fourrures contre de la pierre.»

Selon l’archéologue, on ne peut, par manque d’indices, identifier les groupes amérindiens qui ont occupé le campement du lac Saint-Charles. Il reste que, à cette époque lointaine, deux grands groupes linguistiques peuplaient le sud-ouest du Québec. Les Iroquoiens, qui ont pratiqué l’agriculture à partir de l’an 1000 de notre ère, et les Algonquiens, des peuples nomades. Selon Michel Plourde, le site a pu servir de lieu de transit entre ce qu’étaient alors Québec et le lac Saint-Jean. Le site a pu aussi servir de campement plus permanent pour des activités de chasse ou de pêche.

Un autre site préhistorique découvert dans le même secteur en 2006 devrait faire l’objet de fouilles cet été dans le cadre du chantier-école. Le chantier-école en archéologie préhistorique est issu d’un partenariat entre l’Université Laval et l’Association pour la protection de l’environnement du lac Saint-Charles et des Marais du Nord.


http://www.aufil.ulaval.ca/articles/avant-...peens-6402.html

vendredi 14 mars 2008 à 10:53
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Paris, 13 mars 2008
Le CNRS vous invite à sa première visite virtuelle de laboratoire
L'archéologie vous fascine ? Libre à vous, dès aujourd'hui, de pénétrer presque comme si vous y étiez, au cœur de l'Institut Ausonius(1) et de son Archéopôle, l'un des lieux phare valorisant la recherche archéologique en France. Première visite virtuelle de laboratoire initiée par le CNRS, ce voyage dans l'univers des archéologues s'adresse au grand public, tant aux néophytes qu'aux amateurs éclairés. Véritable outil interactif, il offre la possibilité de prolonger la visite par du contenu textuel et vidéographique (films, interviews, reconstitutions 3D, etc). Avec ce site riche et dynamique, étudiants et enseignants disposent d'une mine d'informations… sans bouger de leur siège !

Découvrez le site sur :

http://www.cnrs.fr/cnrs-images/multimedia/ausonius/



Pouvoir déambuler librement et virtuellement dans un laboratoire du CNRS, c'est désormais possible ! Une première pour le CNRS qui vient de lancer un site proposant de visiter un lieu de science d'un simple clic de souris. Cet outil interactif répond à une double demande : d'une part, des scientifiques qui souhaitent communiquer davantage sur leurs activités de recherche et d'autre part, du grand public dont la curiosité est croissante pour la science. Pour répondre à ces attentes, CNRS Images a conçu un site multimédia au contenu scientifique riche et vulgarisé, le principal enjeu étant de présenter de manière interactive et attractive la recherche.


À travers 31 clichés panoramiques 360°, le visiteur se retrouve plongé au cœur des différents espaces de travail des chercheurs : historiens, archéologues, spécialistes des mondes anciens, etc. Il peut ainsi se rendre compte, presque comme s'il y était, des activités quotidiennes menées par les équipes de recherche tant sur le terrain qu'au laboratoire. De quoi réjouir les férus d'archéologie ! Pour cette première visite virtuelle initiée par le CNRS, ce sont en effet les portes de l'Institut Ausonius et de son Archéopôle qui s'ouvrent au grand public. Dans chaque pièce, la promenade visuelle est enrichie par du contenu textuel et vidéographique : une quinzaine d'interviews, sept films, des reconstitutions 3D, des liens Internet, des textes, des photographies et même une borne interactive (la borne Barzan), invitent le visiteur à explorer, "jouer" et découvrir les mille et une facettes de cet univers passionnant.

Créé en 1996, l’Institut Ausonius (CNRS / Université Bordeaux 3) est un centre de recherche spécialisé en archéologie et histoire de l’Antiquité et du Moyen-âge. Ses équipes de recherche mènent des opérations archéologiques tant sur les rivages atlantiques (de l'Aquitaine au Portugal en passant par l'Espagne) que sur le bassin méditerranéen (Italie, Croatie, Grèce, Turquie, Syrie et Tunisie).

Porteur d'un concept novateur, l'Archéopôle d’Aquitaine vise à rendre accessible les savoirs produits par la recherche en limitant le plus possible le délai de transfert de l'information vers le grand public. Il propose aux visiteurs plusieurs espaces de découverte : l'espace muséal de 300 m² où sont exposés les résultats des fouilles archéologiques en cours et la plate-forme technologique Archéovision. Celle-ci propose de voyager dans le temps grâce à des reproductions virtuelles d’édifices, en 3D et en relief, comme le Circus Maximus de Rome.


vendredi 14 mars 2008 à 10:57
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Une grande exposition sur Marie-Antoinette au Grand-Palais



PARIS (AFP) — De la jeune écervelée qualifiée par son frère de "tête à vent" à l'héroïne tragique montant sur l'échafaud, l'histoire de Marie-Antoinette, reine de France, est racontée par une grande exposition historique et artistique à Paris (15 mars-30 juin).

L'exposition "Marie-Antoinette" qui se tient au Grand Palais rassemble quelque 300 oeuvres, des plus somptueuses comme les objets d'art et les meubles dont elle agrémentait son quotidien aux plus émouvantes, comme sa dernière lettre, le dernier portrait que David fit d'elle en route pour l'échafaud ou les exercices d'écriture du Dauphin dans sa prison.

Une seule exposition sur la reine guillotinée pendant la Révolution avait auparavant été organisée en France, en 1995.

L'exposition entend, "sans prendre parti, raconter l'histoire d'une vie", indique à l'AFP Xavier Salmon, l'un de ses commissaires, celle d'un "petit produit de cour qui va aspirer à plus de liberté, avant d'être brisé par le destin".

C'est surtout "une exposition artistique" sur le goût d'une reine qui vit à un moment "où l'art français est à son sommet", ajoute Pierre Arrizoli-Clementel, co-commissaire de l'événement.

La visite démarre à Schönbrunn, à Vienne, où Marie-Antoinette est née le 2 novembre 1755 pour se terminer à la Conciergerie où elle est emprisonnée avant son exécution le 16 octobre 1793.

Dans une scénographie du metteur en scène d'opéra canadien Robert Carsen, le parcours se décline par thèmes : la famille impériale, le mariage, l'image de la reine, Trianon, etc.

Son goût pour les arts est évoqué, en musique, avec la reconstitution d'un décor d'opéra.

"Ma soeur est une tête à vent", avait dit l'empereur Joseph II. A Vienne, elle s'amuse, apprend à danser et chanter et forme son goût au milieu des porcelaines chinoises et des meubles Boulle de la famille impériale.

Promise au futur roi de France, on se rend compte qu'elle ne sait pas le français et "écrit mal l'allemand". En un an, "on en fait un petit produit de cour", dit M. Salmon, avant de l'expédier à Versailles où elle épouse le dauphin à l'âge de 14 ans. Sur le registre de mariage, émue, elle signe en faisant un pâté.

A Versailles dont elle déteste l'étiquette, elle "charme tout le monde", dit M. Arrizoli-Clementel mais "les choses se gâtent quand elle devient reine", en 1774. "Dès qu'elle a le pouvoir, elle se grise, crée son monde et choque tout le monde", ajoute M. Salmon.

De ces années, l'exposition présente les objets, meubles et autres porcelaines qui évoquent le goût raffiné, et dispendieux, de la reine qui aime à renouveler le décor de ses appartements: magnifique secrétaire plaqué de nacre, une jamais vue "pendule à la Négresse" en bronze doré, etc.

Tableaux et sculptures diffusent son image qui souvent choque. Sa mère la trouve "habillée comme une actrice" et quand la reine veut corriger son image, portraiturée avec ses enfants, il est trop tard, elle est "Mme Déficit". A côté, une copie moderne du célébrissime "collier" qu'elle n'a évidemment jamais porté.

Les heures sombres sont évoquées par les gravures des pamphlets, un dernier portrait peint "percé de piques", de modestes chaises de paille, une chemise. L'ultime image montre la reine, de profil, partant pour l'échafaud, les mains liées derrière le dos, la tête haute.

http://afp.google.com/article/ALeqM5gtQiWf...XQyUa8UOeelMeKA
vendredi 14 mars 2008 à 11:07
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Aux origines des écritures libyques et tifinaghs
mer, 12/03/2008

Le débat sur l’origine du tifinagh est toujours d’actualité. Il intéresse de plus en plus le monde scientifique. De nombreuses hypothèses sont avancées. Certains lui trouvent une origine punique, d’autres, par contre, avancent l’origine autochtone. Qu’en est-il au juste ?

Dès le néolithique, le souci de fixer et de transmettre un message à ses semblables s’est fait sentir chez l’homme. Il a commencé par raconter son quotidien, ses mythes et sa vie spirituelle en imageant et en dessinant sur divers supports. Seuls ceux qui étaient sur un support durable comme les parois rocheuses et la céramique nous étaient parvenus.

Dans le besoin donc de fixer des messages et de consigner les faits et pensées de façon durable, les peuples tels que les Sumériens, les Egyptiens, les Berbères, les Mayas et les Chinois ont inventé les graphies et les ont exploitées selon leur savoir et leurs langues. Ces premiers signes d’écriture traduisent un monde et construisent un sens à partir des signes symboliques (idéogrammes et pictogrammes). Et en évoluant, ces systèmes d’écritures deviendront plus tard des alphabets. Bien que les Phéniciens n’aient pas inventé le principe de l’alphabet, cependant on leur attribue le fait d’être l’ancêtre de plusieurs autres systèmes alphabétiques. En s’appropriant l’écriture phénicienne, les Grecs, lui ont ajouté les voyelles. Cette invention est capitale pour l’histoire des écritures puisqu’ elle a permis de fixer pour la première fois un son par un signe.

Le libyque, écriture des Amazighs, fait partie des plus anciennes écritures au monde et la seule écriture autochtone en Afrique du Nord. Le libyque tire son nom de Libye terme par lequel les Grecs désignaient l’Afrique ou encore de Lebou terme par lequel les Pharaons désignaient la partie occidentale de l’Egypte. Il couvre une superficie allant du Nil occidental et de la Nubie à l’Est jusqu’aux Iles Canaries à l’Ouest et de la Mediterannée au Sahel. Son extention correspond donc à l’aire d’extention de la langue berbère.

Malgré cela, le libyque n’a pas suscité d’intérêt particulier. Les historiens étaient peu bavards à ce sujet, c’est à peine qu’ils le signalèrent : Fulgence cet auteur africain précise que l’alphabet libyque compte 23 signes. Le libyque appartient à la famille linguistique afrasienne comme l’égyptien et le sémitique. C’est une écriture alphabétique consonantique qui se lit de bas en haut. La non-notation des voyelles, son évolution et son expansion dans le temps et l’espace rendent difficile son déchiffrement. Les seules écritures qui ont été déchiffrées sont celles dites orientales. Ainsi, le libyque oriental a été transcrit grâce aux inscriptions bilingues (punique et libyque) d’une dédicace du temple de Dougga (Tunisie) élevé en l’honneur du roi Masinissa par son fils Micipsa en l’an 10 de son règne soit 139 ans avant.J. C.

Selon la répartition géographique et le nombre de signes, les premiers chercheurs ont classé le libyque en trois groupes, l’oriental, l’occidental et le saharien.

L’alphabet oriental occupe le territoire numide et Massyles (Est algérien et Tunisie). Il comprend 24 caractères (Chabot, 1944).

L’alphabet occidental, quant à lui, occupe, le territoire des Massasyles et des Maures (Algérie occidental et Maroc). Il renferme des caractères différents de l’alphabet oriental. Et enfin l’alphabet saharien qui s’étend sur toutes les régions sahariennes.

En fait, ces alphabets ne sont que des variantes qui ont tous un même dénominateur commun le générique’’ libyque’’. L. Galand écrivait : " Il faut renoncer à tracer une limite géographique précise entre les alphabets qui sont autant de facettes d’une culture "[1]. Les Tifinaghs, forme moderne du libyque sont seulement conservés chez les Touaregs. Selon les chercheurs, ces inscriptions sahariennes se divisent en trois groupes. Les tifinaghs anciens apparaissent dans un contexte caballin (période du cheval). Le deuxième groupe des tifinaghs, lisibles apparaît dans le contexte camelin (période du chameau) celle qui suit la période caballine. Enfin le troisième groupe est celui des tifinaghs récents que les Touaregs parviennent à lire et qui remontent au moins au V siècle après J. C, date du mausolée de Tinhinan à Abalesa dans le Hoggar. Son usage se limite à des dédicaces, à des messages amoureux…

Qu’en est-il alors des origines des écritures libyques ?

Les hypothèses sur les origines des écritures libyques sont nombreuses, cependant deux reviennent souvent dans le débat : l’origine phénicienne/punique et l’origine autochtone.

Les arguments sur lesquelles se sont basés les défenseurs de l’origine phénicienne ou punique sont la similitude de quelques lettres et l’étymologie du mot tifinagh qui veut dire phénicienne.

Cette thèse de rattacher l’origine du libyque au phénicien par l’étymologie du mot tifinagh n’a pas convaincu grand-monde. Salem Chaker de son côté avance une autre étymologie du mot tifinagh : Il existe dans l’Adrar des Ifoughas un verbe ‘efneg’ qui signifie écrire. Entre autres FNG, il y a aussi la racine FNQ qui est le contenu dans la domination du coffre domestique kabyle. Sachant que les coffres ont été utilisés comme cercueils dans l’antiquité libyque et punique. La Kabylie qui n’est pas loin de la zone d’influence du punique a sans doute été influencée au niveau des rites funéraires et que le mot tifinagh signifierait d’abord épitaphes plutôt que les phéniciennes.

La forme des lettres libyques est généralement anguleuse et géométrique avec une direction verticale de bas en haut, en opposition avec la tradition phénicienne dont les caractères sont des traces simples onduleux et de direction linéaire. Galand L.(76) rattache le sens de la racine ‘’R’’ pan-berbère du verbe ‘’écrire’’ aru avant tout au sens inciser, graver et entailler. Cette notion de ‘‘marquage’’, ‘‘incision’’ précède l’usage de l’écriture. Longtemps, les linguistes se sont accrochés à l’idée que le phénicien est l’ancêtre des alphabets méditerranéens comme le grec donc aussi pourquoi pas le libyque. Or, les alphabets qui dérivent du phénicien ont été précédées d’un stade intermédiaire, ce qui n’est pas le cas du libyque. Chaker S. et Hachi S. écrivaient : " L’écriture libyque apparaît telle qu’on la connaît, partout où on la connaît avec son apparence très géométrique sans aucun stade intermédiaire qui pourrait rappeler des formes plus pheniciennes ou puniques comme par exemple c’est le cas entre le phénicien et le grec archaïque ou le nabatéen et l’arabe. "[2]

La combinaison de la linguistique et de l’archéologie et des moyens de datation modernes permet aujourd’hui de consolider l’hypothèse d’une origine locale. La découverte d’une gravure sur laquelle sont inscrits des caractères libyques à Azib n’Ikkis dans le Yaggour (Haut Atlas marocain) fait remonter l’ancienneté du libyque à l’age du bronze entre15 000 et 1 200 ans avant J-C. Hachid M. écrivait : " Le contexte econographique de cette gravure notamment un grand nombre d’armes métalliques, faisait remonter l’ensemble à l’age du bronze".[3] Les anciennes inscriptions phéniciennes remontent à 1100/1000 avant J. C : il s’agit de l’inscription du sarcophage du roi Ahiram à Byblos. L’histoire nous apprend que les premières colonies phéniciennes en Afrique du Nord remontent à 1 200 ans avant J. C et Carthage fut fondé qu’en 814 avant J. C. Or, à cette période le libyque s’est déjà mis en place. Tous ces arguments concourent à la thèse d’une origine autochtone.

Mais alors comment est né cet alphabet libyque ?

La réponse viendrait peut-être de l’art rupestre. De la période bovidienne à la période cameline en passant par la période caballine, l’art rupestre ne cesse de se schématiser. Les figurines tendent à se géométriser et l’abstraction s’installe. Tout un ensemble de motifs de losanges, de triangles, de carrés, de marelles, de lignes brisées, de chevrons, de croix…apparaissent dans l’étage caballin et camelin à côté des inscriptions libyques. Hachid M. (1999) écrivait : " L’hypothèse d’une genèse locale de cette écriture n’a rien de nouveau ni d’original, plusieurs linguistes ayant depuis longtemps défendu cette thèse bien avant nous, une thèse à laquelle nous avons tenté d’apporter de nouveaux éléments lorsque nous avons étudie les gravures rupestres de l’Atlas saharien, notamment la période libyco berbère de cet art"[4].

Quant à la réponse de l’origine du libyque, elle ne peut venir que de ce fouillis constitué de signes géométriques des parois rocheuses qui ressemblent étrangement aux motifs de décoration de poteries, de tapis, de sculptures sur bois, de tatouages, de bijoux et peintures murales berbères. Cet ensemble de signes, de symboles sont de véritables idéogrammes. S’agit-il d’une forme de graphie proto-alphabetique ? Il restera donc aux chercheurs de le confirmer et de trouver à quel moment et comment s’est faite cette transition.

Par Ramdane Lasheb, enseignant de tamazight à At Dwala.


http://www.kabyle.com/aux-origines-des-ecr...ghs-1002-120308
dimanche 16 mars 2008 à 11:03
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Mémoire et colons
Livres. Essais croisés sur la colonisation.

Pierre Daum
QUOTIDIEN : samedi 15 mars 2008
Liberation
Cinquante ans après l’extinction du colonialisme, une nouvelle guerre fait rage : celle de sa mémoire. Depuis quelques années, une offensive a été lancée par les partisans d’une image positive de l’entreprise coloniale. Avec plusieurs succès : projets de musées à la gloire de la présence française en Algérie (Perpignan, Montpellier) ; érection de stèles à la mémoire des assassins de l’OAS (Toulon, Perpignan, Marignane, etc.) ; vote d’une loi (le 23 février 2005) imposant aux enseignants d’inculquer à leurs élèves «le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord» - l’article a finalement été aboli. Et enfin un président de la République qui clame vouloir «en finir avec la repentance». Une repentance que personne ne réclame, du reste.

Mythe. Face à ces tentatives de réhabilitation d’un système inique, les auteurs d’Histoire de la colonisation, réhabilitations, falsifications et instrumentalisations proposent une vingtaine d’études d’une implacable rigueur scientifique sur divers aspects de la colonisation : le système éducatif indochinois (1862-1945), la perception du monde arabo-musulman dans l’école laïque, Hélie Denoix de Saint-Marc (porte-parole de l’armée française lors de la guerre d’Algérie, proche de l’OAS) ou la fabrication d’un mythe. Dans son épilogue, l’historien Alain Ruscio démonte point par point les arguments de ces nouveaux «aspects-positificateurs» : «Oui, la France a construit des routes… Mais la main-d’œuvre ? Qui souffrait ? Qui trop souvent mourait ?» La scolarisation ? «En 1948, en Algérie, département français, 92,4 % des jeunes musulmans de 10 à 14 ans sont illettrés.» Quant aux salaires : «En 1954, un Européen vivant et travaillant dans les campagnes d’Algérie gagne, en moyenne, 11 000 francs ; un musulman, 500 francs.»

L’intérêt de l’ouvrage tient également dans la description des forces mises à l’œuvre par les «réhabilitateurs». François Nadiras, animateur de l’excellent site Internet de la section toulonnaise de la Ligue des droits de l’homme (www.ldh-toulon.net), retrace l’histoire des mémoriaux pro-OAS érigés un peu partout dans le sud de la France.

Mais la lutte des négationnistes de l’histoire coloniale se mène aussi sur le Web, «univers virtuel où la falsification et la réécriture de l’histoire ont libre cours», comme le décrit la journaliste Rosa Moussaoui.

«Chicotte». Autre façon, plus sobre mais pas moins efficace, de lutter contre l’activisme des défenseur de la mémoire coloniale : celle des Mots de la colonisation. Présenté sous forme d’un mince lexique, le livre réussit, à travers seulement une centaine d’entrées choisies avec pertinence (Annamites, bureaux arabes, gouverneur, mission civilisatrice, nhaqué, opium, pieds-noirs, rentabilité, travail forcé, troupes coloniales, zoos humains, etc.), à donner une vision globale et cependant très concrète de ce que fut l’entreprise coloniale, et ses effets sur les peuples colonisés. Prenez «code de l’indigénat» : «Cette expression désigne un ensemble de réglementations disparates autorisant les administrateurs des colonies à appliquer aux populations autochtones des sanctions disciplinaires (emprisonnement de courte durée, amende, internement) en dehors de toute procédure judiciaire.»

Ou encore le mot «chicotte» : «La chicotte (comme la cadouille en Indochine) est un fouet composé de lanières de cuir tressées, parfois fait de cuir d’hippopotame - réputé pour sa solidité -, qui servait aux coloniaux mais aussi à leurs auxiliaires indigènes pour frapper les récalcitrants.» Et enfin «citoyenneté» : «Les chercheurs ont analysé la mise en place, dans les colonies, d’une citoyenneté par degrés - rupture manifeste avec les pratiques juridiques métropolitaines et avec le pacte républicain. Au sommet de la hiérarchie des statuts, on trouve bien sûr le citoyen français […]. Mais les sujets y sont l’immense majorité, et seuls peuvent prétendrent au statut de citoyen des individus distingués par le colonisateur. […] Ces singularités juridiques coloniales sont de véritables outils de la domination.» En quelques mots, tout est dit, ou presque.
dimanche 16 mars 2008 à 19:12
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L'homme qui a abattu l'avion de Saint-Exupéry était un as de la Luftwaffe

BERLIN (AFP) — L'Allemand qui a abattu l'écrivain et pilote français Antoine de Saint-Exupéry en 1944 était un as de la Luftwaffe qui a terminé la guerre avec 28 victoires à son actif.

"Cela s'est passé près de Toulon", a raconté Horst Rippert samedi dans un entretien à l'AFP.

"Il volait au dessous de moi alors que j'effectuais une mission de reconnaissance au-dessus de la mer. J'ai vu les cocardes et j'ai viré de bord pour me placer derrière lui et je l'ai abattu", selon M. Rippert, 88 ans, qui pilotait à l'époque un Messerschmidt ME-109.

Soixante-quatre ans après la disparition de Saint-Exupéry le 31 juillet 1944, Horst Rippert est sorti de l'ombre pour reconnaître les faits, dans un ouvrage à paraître en France le 20 mars.

"Si j'avais su que c'était Saint-Exupéry, je ne l'aurais jamais abattu", a-t-il affirmé à l'AFP, ajoutant qu'il s'agissait d'un de ses auteurs favoris.

M. Rippert a affirmé n'avoir appris que bien plus tard qu'il était responsable de la disparition de Saint-Exupéry le 31 juillet 1944.

Horst Rippert, qui fut journaliste à la ZDF (2è chaîne de télévision allemande) a été retrouvé au terme d'une longue enquête, menée par un plongeur marseillais Luc Vanrell, et par le fondateur d'une association de recherches d'avions perdus pendant la guerre, Lino von Gartzen.

Celle-ci est racontée dans un ouvrage co-signé par M. Vanrell et par le journaliste Jacques Pradel -"Saint-Exupéry, l'ultime secret"- qui doit paraître aux éditions du Rocher.

Les hypothèses les plus diverses ont circulé sur la disparition de "Saint-Ex" pendant plus d'un demi-siècle, jusqu'à la découverte en 1998, d'une gourmette au nom de "Saint-Ex", remontée dans les filets d'un pêcheur au large de Marseille.

Deux ans plus tard, Luc Vanrell retrouvait des débris de Ligthning près de l'île de Riou à Marseille et démontrait qu'ils provenaient de l'avion de l'écrivain. Les morceaux de l'épave étaient remontés à la surface en 2003 par la société d'exploration et de travaux sous-marins Comex. Un numéro de série sur la carlingue avait permis d'identifier l'appareil.

A côté de l'épave, des débris d'un Messerschmitt allemand avaient été retrouvés, orientant l'enquête vers l'Allemagne.

"Vous pouvez arrêter de chercher c'est moi qui ait abattu Saint-Exupéry" a déclaré Horst Rippert lorsque Lino von Gartzen l'a contacté.

Parti le 31 juillet 1944 de Borgo (Haute-Corse) à bord de son Lightning P38 pour une mission de reconnaissance et d'observation photographique pour préparer le débarquement de Provence, Saint-Exupéry n'était jamais rentré à sa base.

Les morceaux de l'avion de l'auteur du "Petit Prince" et de "Pilote de guerre" ont été remis en juin 2004 au musée de l'Air et de l'Espace du Bourget.
lundi 17 mars 2008 à 11:28
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Livre noir de la Révolution française: «une manipulation»

«Une France coupée en deux avec les catholiques d’un côté, les révolutionnaires athées le couteau entre les dents de l’autre: le Livre noir de la révolution française donne une vision totalement faussée» affirme Jean-Clément Martin, professeur d'histoire de la Révolution française à l'université Paris I-Panthéon-Sorbonne et directeur de l'Institut d'histoire de la Révolution française (CNRS). La publication aux éditions du Cerf, début janvier, du « Livre noir » de la révolution provoque l'indignation des historiens, qui dénoncent « l'absurdité » de certains chapitres. « On peut faire de l’idéologie, certes, mais on ne peut pas expliquer le passé avec ça, souligne Jean-Clément Martin. On est clairement en présence d’une critique catholique de la Révolution, proche de l’intégrisme même.»

Le Livre noir sort-il des rails de l’histoire « officielle » de la Révolution française ?

Il n’y a pas, ou plus, d’histoire officielle de la Révolution française. Y en a-t-il eu d’ailleurs? Je dirais plutôt qu’il existe plusieurs histoires convenues, au sens où tout le monde s’accorde à parler d’événements identiques : la prise de la Bastille, la Déclaration des Droits de l’Homme, la mort du Roi... C’est comme dans un grand jeu de l’oie, on passe toujours par là ! Ensuite il y a les cases subalternes : la Constitution Civile du clergé, la fuite à Varennes, l'insurrection de la Vendée... sur lesquelles on insiste plus ou moins.

Grosso modo, trois écoles "classiques" existent sur ces événements. La première est consensuelle, plutôt libérale centre droit : la Révolution débute en 1789, tourne mal en 1792, et vire dans le sang en 1794. Heureusement, il y a une session de rattrapage en 1799, et on reste dans un Etat démocratique. Cette vision présente les violences mais aussi les gains de la Révolution. Une deuxième vision, plutôt à gauche, insiste sur la défaite de la Révolution à cause des traitres qui ont pris le pouvoir. La Révolution finit dans un système bourgeois qui débouche sur Bonaparte. Enfin, dans la 3ème vision, 1789 découle des faiblesses de l’Ancien Régime, des difficultés économiques, et du travail de « sape » des philosophes. Et ce n’est pas une vraie Révolution, c’est d’abord et avant tout du sang ! C’est une position partagée par exemple par François Furet qui souligne l’inutilité de la Révolution qui n’appelle que le sang.

Le Livre noir entre dans cette dernière vision en l’aggravant. Non seulement la Révolution de 1789 est sanguinaire, mais elle est même scandaleuse. Il ne faut donc pas s’étonner si ensuite, tout va mal ! Dès le chapitre introductif, Pierre Chaunu décrit le désordre et le malheur de la Révolution en les rapprochant des merveilles du vaccin de Jenner découvert à la même époque. La révolution de Jenner, qui a sauvé des millions de vies, doit donc primer sur la Révolution française qui ne fut que destruction. Le Livre noir va encore plus loin : tout ce qui est révolutionnaire est mauvais. Il faudrait donc revenir aux valeurs tirées de la contre-révolution, et plus précisément de son aile radicale et clairement catholique.

C'est donc un point de vue religieux sur la révolution.

On est clairement en présence d’une critique catholique de la Révolution, proche de l’intégrisme même. Les vrais ennemis des auteurs du Livre noir, ce sont finalement tous les individus qui ont accepté de critiquer la monarchie, au nom d’un catholicisme éclairé des Lumières.

Le Livre noir donne une vision totalement faussée de la Révolution : une France coupée en deux avec les catholiques d’un côté, les révolutionnaires athées le couteau entre les dents de l’autre. Les catholiques des Lumières et les révolutionnaires modérés sont totalement absents ! (comme l’Abbé Grégoire, l’abbé Fauchet, ou l’abbé Lamourette). Même les catholiques massacrés par les révolutionnaires, mais qui avaient adhéré à l’origine à la Révolution, ne sont jamais cités. C’est une déclaration de guerre à tous ceux qui, d’une certaine façon, avaient accepté que le monde ait pu changer. Cette vision est parfaitement erronée, n’apporte rien et ne permet pas de comprendre l’histoire. On peut faire de l’idéologie, certes, mais on ne peut pas expliquer le passé avec ça.

Ce livre oublie même de rappeler que la Révolution française a permis la régénération du catholicisme Français ! Ce sont les catholiques qui le disent : Joseph de Maistre affirmant que cette Révolution a participé du plan de Dieu. Cette épreuve aurait fait rejaillir le sang neuf catholique. C’est quelque chose qui aurait mérité d’être rappelé : cet évènement a été une épreuve terrible, certes, mais une épreuve qui a renforcé le catholicisme romain !

Le dérapage le plus évident semble être le lien établi entre la Révolution Française et l’antisémitisme voire le futur fascisme.

Comparer Saint Just au fascisme est absurde. Il n’y a pas la hiérarchisation des individus, ou l’échelle des êtres, qu’il y avait dans le fascisme. De même assimiler la Révolution à un mouvement antisémite n’a aucun sens. Les communautés juives d’Alsace, ou les négociants juifs bordelais étaient déjà victimes de persécutions auparavant. Au contraire, la Révolution donne l’égalité aux juifs, conservée sous Napoléon. Les juifs allemands ne s’y trompent pas à l’époque, et approuvent l’occupation française car ils apprécient cette égalité. Il est vraiment impossible de faire passer la Révolution française pour antisémite, c’est un tour de passe-passe considérable. À ce sujet, le Livre noir fait véritablement de la manipulation.

Les auteurs se livrent à d'autres comparaisons, du côté des régimes communistes... En particulier sur la question de la Terreur.

On ne peut pas parler d’un régime de Terreur sous la Révolution, comme cela a existé en Russie soviétique, dans le Cambodge de Pol Pot, ou sous la Chine de Mao. Quand on regarde les textes, la Terreur n’a jamais été « à l’ordre du jour ». Robespierre lui-même n’en voulait pas, ainsi que la quasi-totalité des conventionnels. Si la violence existe, un régime de Terreur n’est pas la même chose : c’est la centralisation de la violence par l’État, qui l’organise et l’applique. Ce n’est pas le cas de 1789 à 1793 ! Et le Tribunal Révolutionnaire, centralisé ensuite, ne correspond pas à la Terreur : les procédures juridiques persistent et de nombreux accusés sont acquittés. Ce ne sont pas les purges staliniennes, ni les mises à mort systématiques dans les camps de concentration cambodgiens ! Pire qu’un raccourci, c’est une invention pure et simple, appuyée sur la dénonciation opérée par quelques Conventionnels après Thermidor que ce qui s’était passé auparavant s’appelait « la Terreur ». Ce n’est pas non plus parce que Lénine ou Trotski se seraient inspirés de la Révolution Française qu’on peut assimiler les deux régimes.

L’analogie avec le terrorisme d’aujourd’hui n’est donc pas valable ?

On comprend que le terrorisme puisse s’enraciner dans le souvenir de la Révolution et de la terreur, telle que le Directoire et la Restauration la dénoncent ensuite. Cependant, les textes de l’époque sont explicites : la Terreur est une arme employée par l’Ancien Régime, et les Conventionnels affirment en 1793 qu’ils ne puniront que « la loi à la main ». Ce n’est pas du terrorisme, ce sont les pratiques violentes d’une époque. Des mesures répressives vont être employées, mais moindres par rapport aux pratiques précédentes dans la mesure où la justice monarchique, elle, utilisait la Terreur avec de nombreux supplices. Si la justice révolutionnaire, c’est la guillotine, c’est aussi le refus du supplice et une mort quasi-médicale. Ce qui a été perçu à l’époque comme un aménagement de la peine de mort, comme une peine adoucie. L’utilisation politique de la guillotine dans la répression a changé la perception de cette mise à mort, en oubliant que l’Angleterre se livre à la même époque à des supplices bien pires, et ce jusqu’en 1832 ! Ce dont le Livre noir ne parle évidemment pas. De même qu’il ne fait aucune comparaison avec les répressions abominables sous Napoléon par exemple.

Qu'est-ce qui anime à votre avis les auteurs du Livre noir ?

Que cela plaise ou non, la Révolution française a bâti le monde moderne. On peut dénoncer cet évènement sans expliquer pourquoi il a eu lieu. Mais toute lecture manichéenne insistant sur des « méchants » n’explique rien, et traduit sans doute une grande insatisfaction de ne pas trouver des réponses simples à des questions compliquées.

La Révolution française est un chantier considérable et il y a toujours besoin de retravailler sur ce moment historique. Il faut continuer à creuser les mécanismes culturels, politiques, religieux… qui ont fait que ces Français sont entrés en Révolution. À l’inverse, ce livre participe à ce mouvement de repentance, très à la mode actuellement, qui laisse dans une sorte de désespérance continue, à propos de tout et n’importe quoi, contre-productive et dangereuse. La réponse passe alors par le retour au travail historique, l’érudition et la vulgarisation. Sans doute, faut-il accepter de penser que les historiens ont eu des responsabilités en privilégiant des ouvrages scientifiques très « pointus », en oubliant le public cultivé à qui ce livre noir est destiné. Ils ont un rôle à jouer en écrivant des livres de vulgarisation historique permettant de rendre compte simplement de la complexité des choses, sans rien oublier des violences par exemple, mais sans non plus être aveuglé par elles. Cela permet d’éviter les raccourcis : ce qui arrive aujourd’hui n’est pas le résultat direct de ce qui s’est passé avant! De la même façon, entre la Révolution française et la révolution russe, il y a eu de nombreuses étapes intermédiaires qu’il convient d’expliciter. C’est le seul moyen de lutter contre ce genre de théories du complot absurdes.

Jeter en pâture une période historique, seulement pour montrer du doigt les coupables, n’apporte rien. L’Histoire n’est souvent qu’un tissu de sang, alors des Livres noirs on peut en faire autant qu’on veut. D’ailleurs, je ferai bien le Livre noir des livres noirs ! »

Propos recueillis par CAMILLE STROMBONI

Jean Clément Martin est l'auteur La Révolution française, Editions le Cavalier Bleu, collection Idées reçues, 2008 et La révolte brisée, femmes et hommes dans la Révolution française et l'Empire (1770-1820), Armand Colin, 2008

16/03/2008

(Liberation)
mardi 18 mars 2008 à 11:06
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Destruction de Jérusalem et exil des juifs par les romains en 70 de notre ère : réalités archéologiques et historiques ?




http://www.alterinfo.net/Destruction-de-Je...es-_a17850.html
Cet article est une réponse au livre du Professeur Shlomo Sand, "Le « peuple juif » : une invention", où il est indiqué sur http://www.alterinfo.net/Le-peuple-juif-un...ion_a17598.html que c'est "l'un des livres les plus fascinants et stimulants publiés ici depuis longtemps" !
Dans l'article sur Alter Info, il est dit que "Sand rejette la plupart des histoires de la formation de l'identité nationale dans la Bible".
En lisant cela, et même si cette phrase fait partie d'une présentation condensée de son livre par un tiers, on peut facilement en déduire que l'auteur remet tout en question.
En effet, il conteste la conquête de Canaan sous Josué ainsi que d'autres évènements bibliques historiques. Il les considère comme “de la fiction, une mythologie qui a servi de prétexte à la création de l'Etat d'Israël.”
Mais sa thèse semble pour le moins contradictoire.
Par exemple, si on prend au pied de la lettre l'affirmation que la conquête de Canaan sous Josué n'a pas eu lieu, alors cela signifie qu'il n'y a pas eu non plus de dynastie davidique. Sans dynastie davidique, pas de prise de Jérusalem quelques 600 ans avant notre ère par les Babyloniens ni exil des juifs en Babylonie… Sauf qu'un peu plus loin, il parle lui-même de cet exil (voir paragraphe 3 de “Une autre traduction de l'article” dont l'adresse est donnée plus haut).
Pour obtenir des preuves archéologiques sur la réalité de la conquête de Canaan par les israélites, voir l'article : “Est-il juste d'associer la conquête de Canaan par les hébreux en 1470 avant notre ère avec la création de l'état d'Israël en 1948 ?” (pour s'y rendre : depuis la page d'accueil d'Alter Info, cliquer sur le dossier “Sciences et Croyances” dans la colonne noire à gauche, juste au dessus de “Réseau Voltaire”).

Destruction de Jérusalem et exil des juifs par les romains en 70 de notre ère : réalités archéologiques et historiques ?
JÉRUSALEM, au Moyen-Orient, abrite un site historique fascinant, propre à susciter l'intérêt des gens réfléchis. Selon Tacite, historien romain du 1er siècle, il y avait sur ses hauteurs “un temple d'une richesse inouïe”. Mais aujourd'hui, à l'exception de la plate-forme, il ne reste rien de ce bâtiment.

Le livre “La Bible à la lumière de l'archéologie” (Mulhouse, 1975) de J. Thompson, p. 280 dit ceci : “Jérusalem fut systématiquement détruite et le Temple démoli. Les travaux archéologiques nous montrent aujourd'hui combien de constructions juives furent détruites dans tout le pays.”
Les archéologues ont fait de nombreuses découvertes dans la zone située au sud de la plate-forme du temple. ‘Parmi les plus intéressantes, écrit J. Thompson dans son livre déjà cité (“La Bible à la lumière de l'archéologie”), figure la mise au jour d'un certain nombre d'énormes pierres de construction datant de l'époque d'Hérode, pierres qui ont, semble-t-il, été lancées du haut du temple lors de la destruction de Jérusalem, en 70 de notre ère.'

Si l'on veut remettre efficacement en question tout ce que raconte la Bible à propos du peuple Israélite, il y a une solution : détruire les preuves que contiennent de nombreux musées tels que le Louvre, le British Muséum et beaucoup d'autres encore, car elles sont trop abondantes !
Destruction de Jérusalem et exil des juifs par les romains en 70 de notre ère : réalités archéologiques et historiques ?
Dans son livre "Le « peuple juif » : une invention", Shlomo Sand affirme que l'exil des juifs après la destruction de Jérusalem par les romains n'a jamais eu lieu.

Bien que l'auteur ne conteste pas directement l'historicité de la destruction de Jérusalem en 70 de notre ère, il convient de montrer que cette destruction est incontestablement gravée dans les murs de l'histoire.
En effet, aujourd'hui encore dans la ville de Rome, il existe un témoignage de la destruction de Jérusalem en 70 de notre ère. Il s'agit de l'Arc de Titus que les Romains érigèrent en 81 pour commémorer la prise de Jérusalem où un relief montre des soldats romains qui emportent les ustensiles sacrés du temple (voir photo).
Destruction de Jérusalem et exil des juifs par les romains en 70 de notre ère : réalités archéologiques et historiques ?
Concernant la réalité de l'exil des juifs à cette époque, il faut se référer à l'historien le plus fiable en la matière puisqu'il a été témoin oculaire de la destruction de Jérusalem en 70 de notre ère.
Je veux parler de Joseph ben Matthias plus tard appelé “Titus Flavius Josephus” communément connu sous le nom de “Flavius Josèphe” :

Josèphe était officier de l'armée, diplomate, Pharisien et homme d'une grande érudition. Il est né en 37 de notre ère, dans la première année de l'empereur romain Caligula. Son père appartenait à une famille sacerdotale; quant à sa mère, Josèphe affirmait qu'elle descendait du grand prêtre asmonéen Jonathan.
Durant son adolescence, Josèphe étudie assidûment la Loi mosaïque. Il analyse avec soin trois sectes du judaïsme: les Pharisiens, les Sadducéens et les Esséniens. Choisissant ces derniers, il décide de passer trois ans dans le désert avec un ermite nommé Bannus, probablement un Essénien. À 19 ans, Josèphe quitte Bannus et retourne à Jérusalem où il rallie les Pharisiens.
Josèphe fait un voyage à Rome en 64 de notre ère, pour intervenir en faveur des prêtres juifs traduits en justice devant l'empereur Néron par Félix, procurateur de Judée. Au cours de son voyage, Josèphe fait naufrage et frôle la mort. Sur les 600 passagers du navire, 80 seulement ont la vie sauve.
Pendant son séjour à Rome, Joseph est présenté à la femme de Néron, l'impératrice Poppée, par un acteur juif. C'est grâce à son intervention qu'il peut réussir sa mission. La splendeur de Rome produit une impression durable sur Josèphe.
Lorsque Josèphe retourne en Judée, les Juifs sont déterminés à se rebeller contre Rome. Il tente de convaincre ses compatriotes de l'inefficacité d'une guerre contre Rome. Mais il ne parvient pas à les dissuader et craint probablement d'être considéré comme un traître, aussi accepte-t-il d'être nommé commandant des troupes juives en Galilée. Il rassemble et prépare ses hommes, et constitue des réserves afin d'affronter les armées romaines, mais ses efforts sont vains. La Galilée tombe aux mains de l'armée de Vespasien. La forteresse de Jotapate, où s'est réfugié Josèphe, est conquise après un siège de 47 jours.
En se rendant, Josèphe se montre rusé et prédit à Vespasien qu'il sera bientôt empereur. S'il connaît la prison, Josèphe échappe toutefois aux sanctions grâce à sa prédiction, car, quand elle se réalise, Vespasien lui rend la liberté. Dès lors, sa vie va changer: jusqu'à la fin de la guerre, Josèphe servira d'interprète et de négociateur aux Romains. Pour honorer son protecteur Vespasien et ses fils Titus et Domitien, Josèphe ajoute le patronyme Flavius à son nom.
Après la guerre, Josèphe est allé à Rome. Bénéficiant de la protection des Flaviens, citoyen romain, il a vécu dans l'ancien palais de Vespasien, recevant une pension de l'empereur et des dons de Titus. Josèphe a poursuivi ensuite une carrière littéraire.

La plus ancienne des œuvres de Josèphe s'intitule La guerre des Juifs. Il aurait préparé ce récit en sept volumes pour les Juifs, afin de leur montrer la supériorité des forces romaines de manière réaliste, et de les dissuader de toute révolte éventuelle. Cette œuvre présente un examen attentif de l'histoire juive, depuis la prise de Jérusalem par Antiochus Épiphane (au IIe siècle avant notre ère) jusqu'à la grande rébellion en 67 de notre ère. Témoin direct, Josèphe décrit ensuite la guerre dont l'an 73 a marqué le point culminant avec la prise de Massada par les Romains.

C'est donc en m'appuyant principalement sur le livre en ma possession, “La guerre des Juifs” de Flavius Josèphe (dont l'original a été écrit en Grec) traduit par Pierre Savinel et publié par les Editions de Minuit en 1977, que je vais tenter d'apporter une réponse en rapport avec la réalité de l'exil des Juifs en 70 de notre ère que l'ouvrage de Shlomo Sand intitulé "Le « peuple juif » : une invention" conteste.

Selon Josèphe, en l'an 66 une suite d'événements rendirent inévitable la guerre avec Rome. Une bande de Juifs prirent la forteresse de Massada, près de la mer Morte, exterminèrent la garnison romaine et la remplacèrent par des Juifs de leur parti. À Jérusalem, Éléazar, commandant du temple, persuada ceux qui y officiaient de ne pas accepter de présents ou d'offrandes de la part des étrangers. À la suite de cela, et malgré l'intervention des prêtres en chef et des citoyens en vue, ils cessèrent d'offrir des sacrifices pour Rome et César.
Par crainte des représailles romaines, les principaux citoyens, prêtres en chef et Pharisiens en vue, convoquèrent une assemblée publique durant laquelle ils dénoncèrent la folie de cette révolte. Mais leurs efforts furent vains. Ils envoyèrent donc deux délégations, l'une au gouverneur Florus, l'autre au roi Agrippa, pour demander leur aide. Agrippa répondit en envoyant une armée. C'est alors que les combats commencèrent à l'intérieur de Jérusalem, et les rebelles remportèrent la victoire. Ensuite, ils exterminèrent la garnison romaine qui se trouvait dans la forteresse d'Antonia, tout près de l'esplanade du temple.

En trois mois, Cestius Gallus, légat romain de Syrie, rassembla la douzième légion de l'armée romaine et d'autres soldats en nombre important, afin de mettre fin à la rébellion. Étant arrivées devant les murs de Jérusalem durant la fête des Huttes, les armées romaines pénétrèrent bientôt jusque vers l'enceinte du temple puissamment fortifiée. Alors que la victoire lui paraissait acquise, brusquement et apparemment sans raison valable, Gallus ordonna la retraite…
Les Juifs poursuivirent les Romains et les obligèrent à abandonner la plus grande partie de leurs bagages ainsi que leurs lourds matériels qui servaient à assiéger les villes. Convaincus que Dieu les avait libérés, les Juifs en liesse frappèrent des pièces de monnaie portant des inscriptions du genre de “Jérusalem la Sainte”.

Cependant, les chrétiens qui vivaient à Jérusalem et en Judée ne partageaient pas la joie des Juifs. Ils se souvenaient des paroles suivantes de Jésus Christ : “Quand vous verrez Jérusalem entourée par des armées qu'on a fait camper, alors sachez que pour elle la désolation s'est approchée. Alors, que ceux qui seront en Judée se mettent à fuir vers les montagnes, et que ceux qui seront au milieu d'elle se retirent, et que ceux qui seront dans les campagnes n'y entrent pas.” - Luc 21:20, 21.

Selon la tradition, c'est à ce moment-là que les chrétiens obéirent au commandement prophétique de Jésus et quittèrent Jérusalem et la Judée.
Destruction de Jérusalem et exil des juifs par les romains en 70 de notre ère : réalités archéologiques et historiques ?
Eusèbe de Césarée, historien religieux des troisième et quatrième siècles, écrivit : “Cependant, le corps tout entier de la congrégation à Jérusalem ayant reçu un ordre par une révélation divine, qui avait été donnée avant la guerre à des hommes à la piété approuvée, ils quittèrent la ville et résidèrent de l'autre côté du Jourdain, dans une ville appelée Pella.” Traduction de Gustave Bardy, Paris, 1978, pp. 102, 103.

Épiphane de Salamine, un historien juif converti au christianisme de l'Église primitive qui vécut à la même période, rapporte ‘qu'ayant été avertis de la proximité du siège par le Christ, les chrétiens qui se trouvaient à Jérusalem s'enfuirent à Pella'. Panarion (la Huche) : Adversum Haeresis

Hégésippe, un historien du IIe siècle indique la même chose dans l'un de ses cinq livres intitulés “Histoire de l'Eglise”.

Selon le livre de Josèphe, l'empereur Néron chargea le général Vespasien de châtier la révolte des Juifs. Avec l'aide efficace de son fils Titus, Vespasien se mit en marche avec une armée de 60 000 hommes. Il dirigea ses légions contre les villes de la Galilée, où il rencontra une grande résistance. Quand les villes étaient prises, les pertes subies par les Juifs étaient très élevées.
Les sièges de Tarichée et de Gamala illustrent ce qui s'est passé dans toute la région. À Tarichée, sur les bords de la mer de Galilée, plus de 6 000 Juifs ont péri dans les combats. Les survivants furent traités sans pitié. Vespasien fit exécuter les “vieillards et ceux qui étaient incapables de porter les armes”, soit 1 200 hommes. Plus de 30 000 Juifs furent vendus comme esclaves, et 6 000 des jeunes hommes les plus forts furent envoyés en Grèce, afin de travailler pour Néron au percement du canal de Corinthe.
À Gamala, où la situation devint désespérée pour les Juifs, beaucoup d'hommes jetèrent leurs femmes et leurs enfants du haut des murailles, puis se précipitèrent eux aussi dans le ravin artificiel au pied de celles-ci.
Plus de 5 000 personnes périrent ainsi. Les Romains en tuèrent 4 000 autres.

Quant à Jérusalem, elle était devenue un véritable champ de bataille où se combattaient des factions rivales : les zélotes et les modérés. Les zélotes s'emparèrent du temple et en firent leur forteresse. À partir de là, ils se livraient au pillage et au meurtre.
Plus tard, le prêtre Ananus souleva le peuple contre les zélotes. Il s'ensuivit de violents combats, et les zélotes furent finalement assiégés dans le temple. Mais Ananus ne voulut pas poursuivre les combats dans l'enceinte sacrée. C'est pourquoi il plaça 6 000 hommes de garde pour empêcher les zélotes assiégés de s'enfuir.
Les zélotes envoyèrent en cachette deux messagers demander l'aide des Iduméens. Peu après, 20 000 Iduméens se dirigeaient vers Jérusalem. Profitant de l'obscurité et d'un violent orage, un groupe de zélotes déjouèrent la surveillance des gardes et ouvrirent les portes de la ville aux Iduméens. Il y eut alors de terribles carnages, et les modérés furent totalement vaincus. Ananus fut mis à mort.
Alors que Jérusalem était ébranlée par les luttes et les conflits à l'intérieur de ses murs, les armées romaines poursuivaient leur avance, intensifiant même leurs actions. Mais un changement devait se produire.

L'Empire romain connaissait de sérieuses difficultés. Des provinces se révoltaient et des hommes puissants complotaient contre Néron. Finalement, le Sénat romain le condamna à mort. Plutôt que d'attendre son exécution, Néron se suicida en juin 68.
Vespasien était sur le point de lancer ses troupes à l'assaut de Jérusalem quand lui parvint la nouvelle du suicide de Néron. Cela l'incita à suspendre son action, car il désirait connaître la volonté du nouvel empereur. Trois rivaux, Galba, Othon et Vitellius, se succédèrent rapidement à la tête de l'Empire. Déclaré empereur par son armée (en 69), Vespasien abandonna alors la direction des combats et s'occupa essentiellement de renforcer sa position, afin d'obtenir le trône.

Pendant ce temps, la situation ne s'améliorait pas à Jérusalem. Parlant des actions des zélotes, Josèphe rapporte : “Tout ce qui se rencontrait de plus précieux dans les maisons des riches ne suffisait pas pour contenter leur insatiable avarice. Tuer les hommes et outrager les femmes ne passait dans leur esprit que pour un divertissement et pour un jeu. Ils arrosaient leur proie de sang, et ne trouvaient du plaisir que dans la multiplicité des crimes. Après s'être abandonnés à ceux [les crimes] qui se pratiquent par les méchants, ils s'en dégoûtaient comme étant trop ordinaires et trop communs ; et pour satisfaire leur abominable brutalité ils n'avaient point de honte d'en rechercher qui faisaient horreur à la nature. Ils s'habillaient en femmes, se frisaient et se fardaient comme les femmes, et n'imitaient pas seulement dans leur coiffure l'afféterie et l'impudence des plus débordées, mais les surpassaient encore par des actions d'une lascivité abominable. Ainsi ils remplirent Jérusalem de tant de crimes exécrables, que cette grande ville semblait n'être plus qu'un lieu public de prostitution et de la plus détestable et la plus horrible de toutes les infamies. Mais quoique ces monstres d'impudicité, de cruauté et d'avarice eussent des visages si efféminés, leurs mains n'en étaient pas moins promptes à commettre des meurtres. Dans le même temps qu'ils marchaient d'un pas lent et affecté on les voyait tirer leurs épées de dessous des habits de diverses couleurs, et assassiner ceux qu'ils rencontraient.”

Aussi mauvaise que fût la situation, il était maintenant pratiquement impossible de s'enfuir de Jérusalem. Les zélotes faisaient tout ce qu'ils pouvaient pour empêcher que des hommes désertent et se rendent aux Romains. Quiconque sortait de la ville risquait d'être tué par une faction rivale. En pleine guerre civile, les conditions de vie à Jérusalem étaient inimaginables; les morts n'étaient même pas ensevelis. “Les factieux, quand ils en venaient au combat, piétinaient les morts entassés les uns sur les autres.” Ils pillaient le peuple, tuaient pour se procurer nourriture et richesses. Les lamentations des affligés formaient une clameur incessante. Certains, “de désespoir, souhaitaient l'arrivée des Romains et attendaient de la guerre étrangère la délivrance de leurs maux intérieurs”, déclare Josèphe.
Il appelle “brigands” les conspirateurs qui détruisaient les biens des riches et assassinaient les hommes importants soupçonnés de vouloir transiger avec les Romains.

Les luttes internes ne cessèrent même pas quand les armées romaines, maintenant commandées par Titus, assiégèrent la ville vers la Pâque de l'an 70. Jérusalem était remplie de Juifs venus célébrer la Pâque. Le 14 Nisan, date de cette fête, les adorateurs furent autorisés à pénétrer dans l'enceinte du temple. Mais ils s'aperçurent avec surprise qu'ils étaient entourés d'hommes armés qui appartenaient à une des factions rivales. S'étant déguisés, ces hommes étaient entrés dans le temple sans se faire remarquer, avec leurs armes. Ils voulaient prendre possession de la cour intérieure du temple et de ses magasins. Il s'ensuivit des combats violents et de grands carnages.
Titus exhortait les Juifs à se rendre afin de sauver leur vie. Il leur “députa même Josèphe pour s'entretenir avec eux dans leur langue maternelle, dans l'idée qu'ils céderaient peut-être à un homme de leur nation”. Mais les Juifs ont vivement critiqué Josèphe le considérant comme un traître.
Destruction de Jérusalem et exil des juifs par les romains en 70 de notre ère : réalités archéologiques et historiques ?
Peu après, au moyen de leurs machines de guerre les Romains s'attaquèrent à la première des trois murailles au nord de Jérusalem. Le quinzième jour, cette muraille tomba aux mains des Romains. Quatre jours après, ils furent maîtres de la seconde. Mais les Juifs contre-attaquèrent et les repoussèrent. Puis après quatre jours de combats durant lesquels ils subirent de lourdes pertes, les Romains reprirent la seconde muraille. Ils en démolirent toute la partie nord, d'un bout à l'autre. Il ne restait donc plus qu'un mur.
Plus tard, Titus tint un conseil de guerre et proposa la construction d'une enceinte tout autour de la ville. Étant donné que les Juifs seraient dans l'impossibilité de sortir de la ville, Titus pensait que cela les inciterait à se rendre ou lui faciliterait la prise de la ville à cause de la famine qui en résulterait. Son plan fut adopté. Les soldats furent organisés pour réaliser ce projet. Le travail de construction du mur se transforma en un concours de vitesse qui opposa les légions, soulevant un grand enthousiasme parmi les soldats qui se dépêchaient pour finir leur portion les premiers. Sur le plan individuel, les hommes étaient animés du désir de plaire à leurs supérieurs. Cette fortification de plus de sept kilomètres de long fut achevée en trois jours.
Ainsi s'accomplissaient les paroles prophétiques de Jésus concernant Jérusalem, savoir : “Les jours viendront sur toi, où tes ennemis feront une fortification autour de toi, avec des pieux taillés en pointe, et t'encercleront, et te presseront de toutes parts.” - Luc 19:43.

À Jérusalem, la famine était maintenant terrible. Josèphe écrit : “Les maisons étaient pleines des corps morts des femmes et des enfants, et les rues de ceux des vieillards. Les jeunes tout enflés et tout languissants allaient en chancelant à chaque pas dans les places publiques ; on les aurait plutôt pris pour des spectres que pour des personnes vivantes, et la moindre chose qu'ils rencontraient les faisait tomber. Ainsi ils n'avaient pas la force d'enterrer les morts, et quand ils l'auraient eue, ils n'auraient pu s'y résoudre tant à cause de leur trop grand nombre, que parce qu'ils ne savaient combien il leur restait encore à eux-mêmes de temps à vivre. Que si quelques-uns s'efforçaient de rendre ce devoir de piété, ils expiraient presque tous en s'en acquittant, et d'autres se traînaient comme ils pouvaient jusqu'au lieu de leur sépulture pour y attendre le moment de leur mort qui était si proche. Au milieu d'une si affreuse misère on ne voyait point de pleurs, on n'entendait point de gémissements.” Ne pouvant aller chercher de l'herbe à cause de la fortification, certains habitants de Jérusalem étaient dans une telle détresse qu'ils ramassaient et mangeaient les détritus qu'ils trouvaient dans les égouts et sur les tas de fumier. Les Romains apprirent que durant le siège de la ville pas moins de 600 000 cadavres avaient été jetés hors des portes de Jérusalem.
Finalement, les Romains pénétrèrent jusque dans l'enceinte du temple. Après que le sanctuaire eut été incendié, ils décidèrent de mettre le feu aux autres bâtiments. Environ 6 000 personnes s'étaient réfugiées sur le toit de la dernière colonnade de l'esplanade du temple. Elles avaient cru aux paroles d'un faux prophète qui leur avait dit d'aller là pour y recevoir des signes de leur délivrance. Mais les soldats incendièrent la colonnade par en dessous. De nombreux Juifs sautèrent de la galerie en flammes et furent tués tandis que d'autres périrent dans l'incendie.
Quand le siège fut terminé, le nombre des victimes était effroyable.
Environ 1 100 000 Juifs avaient péri. Au total, il y eut 97 000 prisonniers. Les jeunes gens les plus forts et les plus beaux furent gardés pour la procession triomphale. Un grand nombre des autres captifs furent envoyés en Égypte et à Rome pour y effectuer des travaux pénibles, et certains périrent dans les arènes, dans différentes provinces romaines. Les prisonniers âgés de moins de dix-sept ans furent vendus.
Après avoir donné ces chiffres, Josèphe argumente. Il dit : “La plupart étaient de race juive, mais pas natifs de Jérusalem. Ils s'étaient rassemblés, venant de tous les coins du pays, pour la fête des Azymes, et ils avaient été brusquement cernés par la guerre, de sorte que leur entassement avait d'abord provoqué des ravages par la peste, puis accéléré les effets de la famine. Une preuve que la ville contenait un si grand nombre de gens, ce sont les résultats du recensement opéré du temps de Cestus. Ce dernier, voulant convaincre Néron, qui méprisait la nation, de la puissance de cette ville, invita les chefs des prêtres à faire un recensement de la population par les moyens qu'ils jugeraient appropriés. (…), à cette époque, toute la nation, par une fatalité, se trouva enfermée comme dans une prison, et c'est sur une citée bourrée d'habitants que la guerre referma son étau. ”
Le siège de Jérusalem avait duré moins de cinq mois. Toutefois, conformément à la prophétie de Jésus, c'était la tribulation la plus terrible qu'avait jamais subie cette ville (Matthieu 24: 21). Jérusalem et son temple furent rasés. Seules trois tours et une partie de la muraille occidentale restèrent debout. Josèphe écrit : “Cet ordre [de ruiner toute la ville] fut si exactement exécuté qu'il ne parut plus aucune marque qu'il y eût eu des habitants.”
C'est ainsi que le système de choses juif disparut. Désormais, les Juifs n'avaient plus de temple. Toutes leurs archives furent détruites, si bien qu'aujourd'hui aucun Juif ne peut prouver qu'il descend d'une famille de prêtres ou qu'il est de la tribu royale de Juda. Jésus Christ est le seul dont il est prouvé par les textes, dit “sacrés”, qu'il descend de Juda par David.

J'ouvre une parenthèse pour développer ce point :
[ La généalogie de Jésus est la première preuve tirée des Écritures grecques chrétiennes établissant qu'il était le Messie. La Bible avait prédit que le Messie viendrait de la famille du roi David (Psaume 132:11, 12; Ésaïe 11:1, 10). L'Évangile selon Matthieu commence ainsi: “Livre de l'histoire de Jésus Christ, fils de David, fils d'Abraham.” Matthieu prouve cette déclaration hardie en retraçant l'ascendance de Jésus par celle de son père adoptif, Joseph (Matthieu 1:1-16). Quant à l'Évangile selon Luc, il suit l'ascendance de Jésus par sa mère, Marie, jusqu'à Adam, en passant par David et Abraham (Luc 3:23-38). Ainsi, les rédacteurs des Évangiles établissent que Jésus était héritier de David au regard aussi bien de la loi que des liens du sang. Même ceux qui refusent avec le plus d'acharnement le statut de Messie à Jésus ne peuvent nier que, selon ses propres paroles, il était fils de David. Pourquoi ? Pour deux raisons. Premièrement, parce que ces paroles ont été abondamment répétées dans Jérusalem pendant des dizaines d'années avant que la ville ne soit détruite en 70 de notre ère (voir Matthieu 21:9; Actes 4:27; 5:27, 28). Si elles avaient été fausses, n'importe quel adversaire de Jésus - et il en comptait beaucoup - aurait pu prouver qu'il était un imposteur simplement en vérifiant son ascendance dans les généalogies appartenant aux archives publiques. Mais on ne trouve pas trace d'une seule personne ayant contesté que Jésus descendait du roi David. De toute évidence, il s'agissait d'un fait inattaquable. Matthieu et Luc ont sans doute pris directement dans les documents publics les noms importants qu'ils ont reproduits dans leurs récits. Deuxièmement, des écrits non bibliques confirment que la généalogie de Jésus était communément acceptée. Ainsi, le Talmud rapporte qu'au IVe siècle un rabbin a lancé des attaques virulentes contre Marie, la mère de Jésus, pour ‘avoir joué les prostituées avec des charpentiers'; toutefois, le même passage reconnaît qu'“elle descendait de princes et de chefs”. Auparavant, Hégésippe, historien du IIe siècle, avait relaté que lorsque l'empereur romain Domitien voulut exterminer tous les descendants de David, certains ennemis des premiers chrétiens dénoncèrent les petits-fils de Jude, demi-frère de Jésus, “comme étant de la famille de David”. Si Jude était connu pour être un descendant de David, Jésus ne l'était-il pas lui aussi ? Incontestablement ! - Galates 1:19; Jude 1. ] – Fin de la parenthèse.

L'une des plus remarquables prédictions de la prophétie de Jésus annoncée 37 ans à l'avance concernait le temple de Jérusalem.

Celui-ci ne devait pas seulement tomber aux mains de l'ennemi, mais il allait être entièrement rasé. Pas moins de trois historiens ont rapporté ces paroles de Jésus Christ : “Il ne restera pas ici pierre sur pierre qui ne soit renversée.” (Luc 21:6; Matthieu 24:1, 2; Marc 13:1, 2).
Il ne faut pas oublier que le temple de Jérusalem était une source de fierté non seulement pour les Juifs mais aussi pour tout l'Empire romain. Hérode le Grand, roi nommé par le Sénat romain, avait commencé à l'agrandir et à l'embellir.
On le considérait comme un chef-d'œuvre architectural et artistique; les prosélytes juifs et les admirateurs du monde entier avaient participé à sa construction par leurs dons.
Josèphe en était très fier. “Dans l'aspect extérieur du bâtiment, dit-il, rien n'était omis pour frapper l'esprit et les yeux. En effet, comme il était recouvert de tous côtés par d'épaisses plaques d'or, dès le lever du soleil il réfléchissait la lumière avec une telle intensité qu'il obligeait ceux qui étaient amenés à le regarder à détourner les yeux comme devant les rayons du soleil.”

Lorsque, selon Josèphe, le général Titus tint un conseil de guerre et décida de ne pas détruire le temple, on aurait pu croire que la prophétie de Jésus ne se réaliserait pas. Titus aurait dit aux Juifs : “Je ne me suis servi qu'à l'extrémité de mes machines, j'ai modéré l'ardeur de mes soldats pour sauver la vie à plusieurs de vous ; je n'ai point remporté d'avantage que je ne vous aie ensuite encore exhortés à la paix, agissant ainsi quoique victorieux de même que si j'eusse été vaincu. Lorsque je me suis trouvé proche du temple, au lieu de me servir pour le ruiner du pouvoir que me donnait le droit de la guerre, je vous ai conjurés de le conserver et permis d'en sortir en toute assurance pour en venir ailleurs à un combat si vous aviez tant d'amour pour la guerre.”
Mais quelle fut la suite des événements ? Alors que la bataille pour le temple faisait rage, un soldat romain inconnu, en dépit de l'ordre du général, jeta un brandon dans le sanctuaire et le magnifique temple se changea rapidement en fournaise. Bien sûr, cela ne suffit pas pour raser les murs du temple formés d'énormes blocs de pierres taillées. Allaient-ils être épargnés?
Comme la ville était enfin prise et que le temple était en cendres, Titus “ordonna de détruire de fond en comble toute la cité et le temple”, à la réserve de quelques tours pour montrer la puissance des fortifications que les Romains avaient réussi à conquérir. Malgré les intentions des Juifs et celles du général, les paroles de Jésus s'étaient révélées véridiques.
L'entrée de Jérusalem fut par décret rigoureusement interdite aux Juifs. Sans temple, sans terre, avec un peuple dispersé d'un bout à l'autre de l'Empire romain, le judaïsme ne pourrait survivre qu'à travers un nouveau mode d'expression. Les Sadducéens ayant disparu à la suite de la destruction du temple, la loi orale dont les Pharisiens s'étaient faits les défenseurs devint le centre d'un nouveau judaïsme: le judaïsme rabbinique. On encouragea davantage l'étude, les prières et les œuvres pieuses qui remplacèrent les sacrifices et les pèlerinages au temple. On pouvait dès lors pratiquer le judaïsme n'importe où, n'importe quand, dans n'importe quel contexte culturel. Les rabbins couchèrent la loi orale par écrit, non sans avoir compilé des commentaires sur elle, puis des commentaires sur les commentaires; l'ensemble devint connu sous le nom de Talmud.

Quel fut le résultat de ces diverses influences ?
Dans son livre intitulé Les Juifs, Dieu et l'histoire, Max Dimont dit que les Pharisiens portaient le flambeau de l'idéologie et de la religion juive, “mais le flambeau lui-même portait la marque des philosophes grecs”. La majeure partie du Talmud avait beau être d'un légalisme extrême, ses illustrations et ses explications reflétaient nettement l'influence de la philosophie grecque. Il exposait par exemple en termes juifs des concepts religieux grecs, tels que celui de l'immortalité de l'âme.
Incontestablement, en cette ère rabbinique nouvelle, la vénération du Talmud - qui était à l'époque un mélange de philosophie légaliste et de philosophie grecque - s'intensifia parmi les Juifs, à tel point qu'au Moyen Âge ils le révéraient davantage que la Bible elle-même.

Pour expliquer le fait qu'en 132 de notre ère, les juifs de Judée et des pays environnants (donc la Galilée) se soulevèrent après avoir appris que l'empereur Hadrien avait l'intention de reconstruire la ville de Jérusalem comme ville païenne et que les rebelles chassèrent les romains de la ville à la suite de quoi Simon est proclamé roi des juifs, il suffit de montrer qu'à quelques sept kilomètres au nord-ouest de Nazareth, se trouvait une ville qui a été qualifiée de “ parure de toute la Galilée ” par Flavius Josèphe, à savoir : Sepphoris.
En effet, après la chute de Jérusalem en 70, Sepphoris est devenue la principale ville juive de Galilée. Elle a plus tard accueilli le Sanhédrin, la cour suprême juive. Pendant un temps, elle a été un grand centre intellectuel et religieux juif. C'est de là que, petit à petit et avec le temps, les juifs de Galilée on repris le contrôle de la judée.

Quelques détails sur la ville de Sepphoris : [ Après la mort d'Hérode le Grand, probablement en 1 avant notre ère, les habitants de Sepphoris se sont révoltés contre Rome, ce qui a entraîné la destruction de leur ville. Hérode Antipas, fils d'Hérode le Grand, a hérité de la Galilée et de la Pérée ; il a choisi de bâtir sa capitale sur les ruines de Sepphoris. La ville a été reconstruite dans le style gréco-romain, mais la population était essentiellement juive. Selon le professeur Richard Batey, elle est devenue “ le centre administratif de la Galilée et de la Pérée ”, jusqu'à ce qu'Antipas fonde Tibériade vers 21 de notre ère et en fasse sa nouvelle capitale. C'est à cette époque que Jésus vivait non loin de Sepphoris. Le professeur James Strange, qui a fait des fouilles à Sepphoris, décrit la ville comme ayant des archives, un trésor, un dépôt d'armes, des banques, des bâtiments publics et des marchés où se vendaient de la céramique, de la verrerie, des objets en métal, des bijoux et toutes sortes de produits alimentaires. Il s'y trouvait aussi des tisserands et des marchands de vêtements, ainsi que des boutiques proposant notamment de la vannerie, des meubles et des parfums. On estime que la ville comptait à l'époque entre 8 000 et 12 000 habitants. ]

L'histoire atteste clairement qu'il y a bien eu un véritable exil des juifs de Judée.
A la différence des judéens, les juifs de Galilée conquis par Rome en 67 de notre ère, n'ont pas subit un exil systématique ; le général Vespasien, ayant manifestement épargné quelques villes galiléennes dont Sepphoris faisait partie, leur donna la possibilité, involontairement certes, de reprendre petit à petit les territoires de Judée…
Logiquement et avec un peu de patience, le temps que les tensions retombent avec les romains, il a vraisemblablement été possible aux juifs galiléens d'investir les terres de Judée durant les décennies qui ont suivi la destruction de Jérusalem en 70 de notre ère…

Pour conclure, et pour revenir au livre "Le « peuple juif » : une invention", je voudrais ajouter que je ne remets pas en question les propos du Professeur Zand, lorsqu'il est dit (au paragraphe 7 de “Une autre traduction de l'article”) qu'il vise à promouvoir l'idée qu'Israël devrait être un « Etat de tous ses citoyens » - juifs, Arabes et autres – par opposition à son identité proclamée de « pays juif et démocratique ».

Même si ces objectifs sont apparemment nobles, ce n'est pas en tordant l'histoire de cette façon qu'il va (ou qu'ils vont) y arriver !

Le temps de prendre ses désirs d'intellectuel pour des réalités est révolu.
mercredi 19 mars 2008 à 10:56
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Babylone, entre fantasmes et réalité



Les plus beaux récits sur Babylone ont été écrits par Hérodote... qui ne s'y est jamais rendu. Ce paradoxe résume tous les malentendus et fantasmes autour de la cité mésopotamienne. L'ambitieuse exposition que le Louvre consacre à Babylone (jusqu'au 2 juin) démêle réalité historique et mythe, grâce à une présentation chronologique de 450 pièces. Mais plus que les objets, c'est la légende qui fascine. La tour de Babel en premier lieu. Sa réputation de cité orgueilleuse, Babylone la doit à la Bible, ouvrage rédigé par un peuple que les Mésopota-miens avaient chassé... « Sa tour n'avait rien d'exceptionnel, si ce n'est sa taille, explique sans rire Béatrice André-Salvini, conservatrice. Tous les centres religieux de la région comportaient une tour haute pour permettre aux dieux de descendre sur terre, et non aux hommes de monter aux cieux, comme le prétend la Bible. » De même, le fameux « oeil pour oeil, dent pour dent » est mal connu. La loi du Talion ne s'appliquait qu'aux classes dirigeantes et avait ainsi une valeur plus exemplaire que punitive. Outre une représentation de la tour par Bruegel, prêtée par le musée de Rotterdam, nombre de peintures et documents divers marquent la permanence du mythe durant des siècles.

La dernière image que le visiteur emporte avec lui est un extrait d'Intolérance, magistral film réalisé en 1916 par un Griffith marqué par les premières fouilles allemandes. « C'est la seule ville dont l'archéologie n'a pas amoindri le mythe, explique la conservatrice. On retisse sans cesse le mythe babylonien en fonction de la situation politique et sociale de l'époque. Babylone est sans cesse d'actualité. »

http://www.20minutes.fr/article/219884/Cul...-et-realite.php

mardi 25 mars 2008 à 11:42
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CD découverte: "Tut-Ankh-Amon", poème symphonique d'Alexandre Denéréaz, 1926 (1 cd Gallo) - (lundi 24 mars 2008)
L'Archéologie et la musique ne sont pas soeurs étrangères. Loin de là. Le père de Wilhelm Furtwängler, archéologue, directeur de la glyptothèque de Munich, veilla particulièrement à la formation de son fils pour qu'il devienne compositeur et... chef. Bien lui en prit. L'année 1922 vient aussi sceller l'alliance des deux disciplines: c'est une date exceptionnelle. Richard Strauss, Hugo Von Hofmannsthal et Max Reinhardt fondèrent le premier festival de Salzbourg, quelques mois avant que Carter ne découvre la tombe intacte du pharaon de la XVIIIème dynastie, Toutankhamon (le 4 novembre 1922). Miracle de l'archéologie moderne, la trouvaille méritait assurément d'être célébrée en musique.
Le compositeur lausannois, Alexandre Denéréaz, né en 1875, qui avait 47 ans au moment de l'événement, écrivit donc la partition que le label Gallo nous dévoile fort légitimement. Denéréaz fut organiste, professeur au Conservatoire de Lausanne et compte parmi ses élèves Ernest Ansermet. En plus, du poème "Au tombeau de Tut-Ankh-Amon", créé en 1926 (par Ansermet), l'album présente aussi deux oeuvres plus anciennes, "Le rêve" (1908) et "Scènes de la vie de cirque" (variations symphonique, 1911). Denéréaz doué pour le dessin, s'inscrit d'abord à l'Académie des Beaux-Arts de Lausanne. C'est son père néanmoins qui l'encourage à devenir musicien: il sera formé au Conservatoire de Dresde, en particulier dans la classe de composition dirigée par Draeseke. Le musicien confirmé devient rapidement une sommité de Lausanne et l'une des figures les plus intéressantes de la vie musicale vaudoise. En témoigne, les couleurs de son orchestre dans "Tut-Ankh-Amon", à l'orientalisme discret. Enregistrées en Russie par l'Orchestre symphonique de Volgograd, sous la direction d'Emmanuel Siffert, les trois oeuvres ne manquent pas de personnalité, et même d'une sensibilité dans l'orchestration assez captivante. Nonobstant les petites défaillances des interprètes, en particulier de justesse chez les cuivres, au début de "Tut-Ankh-Amon", la lecture mérite amplement l'écoute: les amateurs de musique symphonique seront ravis d'écouter l'oeuvre d'un compositeur méconnu, visiblement doué pour les évocations: orientalisme feutré nous l'avons dit dans le tombeau du Pharaon, extase plus évanescente dans Le Rêve, série d'épisodes caractérisés dans Scènes de la vie de cirque, où l'imagination du compositeur montre qu'il est capable de se renouveler, et de trouvailles, en soignant les couleurs, elles aussi exotiques ("L'homme-Serpent", "Les Africains", "Danse Africaine", ...).

L'album édité par Gallo inaugure une collection nouvelle, dédiée aux compositeurs symphonistes suisses. Cet opus consacré à Alexandre Denéréaz (1875-1947) en constitue le volume 1. Nous devons aussi au label Suisse, installé à Lausanne, d'avoir publié le premier album du jeune pianiste Christian Chamorel, qui y signait un coup de maître dans un récital dédié à Franz Liszt (1 cd Gallo, mai 2007). Lucas Irom.


http://www.classiquenews.com/lire/lire_act...il.aspx?id=1035
mardi 25 mars 2008 à 11:44
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Culture
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L'Egypte chez les Gianadda? Divine!

Les dieux d'Egypte séduisent malgré un incident politique.



http://www.tdg.ch/pages/home/tribune_de_ge...contenu)/209124


* Le site de la Fondation Gianadda

Le pied gauche en avant, ce qui entrouvre son pagne d'or, le jeune Amon avance vers une éternité pour lui seul visible. Propriété du Metropolitan Museum de New York, «le Met» pour les intimes, cette extraordinaire statuette de métal précieux joue les vedettes à l'exposition Offrandes aux dieux d'Egypte de la Fondation Gianadda. Rien là que de normal. Comme le dit la commissaire Marsha Hill dans son catalogue un peu trop scientifique, «c'est la seule figure en or de cette taille que l'Egypte ancienne nous ait léguée.»

Cet Amon se retrouve en compagnie d'autres statues métalliques. Toutes ont été réalisées à titre de don pour des temples, où elles faisaient l'objet d'un culte complexe, puis d'un enterrement. La matière suppose des datations plutôt tardives. La fonte du bronze, que les Egyptiens pousseront à un extrême point de raffinement avec des alliages comportant de l'étain ou de l'or, n'offre pas la précocité des créations sumériennes.
Petits objets

Mais qu'importe! Si la plupart des oeuvres datent de ce qu'on appelait naguère avec condescendance la «basse époque», il s'est trouvé des artistes pour en produire de superbes en pleine période romaine (Ier-IVe siècle de notre ère). D'origine macédonienne, les Ptolémée (IVe-Ier siècle av. J.-C.) avaient réussi à maintenir des traditions ayant connu une ultime apothéose sous la XXVIe dynastie (vers 600 av. J.-C.)

Présentées de manière neutre sur fond beige, les oeuvres se révèlent souvent de petite, voire de très petite taille. Quelques solides statues de pierre complètent donc l'accrochage. Venu en bloc du Met, celui-ci a connu quelques turbulences en Suisse. Zahi Hawass, le patron des antiquités égyptiennes, a exigé le retrait de deux photographies bien anodines, prises près du Nil par Monique Jacot. La Fondation Gianadda, qui sacrifie parfois au 8e art, présente en effet parallèlement aux Offrandes les clichés de la Neuchâteloise.
Querelle nationaliste

Selon l'Egyptien, ces images «nuiraient» à celle de son pays. Il en exigeait donc le retrait, faute de quoi il rapatrierait ses prêts, à vrai dire peu nombreux (4 pièces sur environ 70). Pour ne pas faire d'histoires, la Fondation Gianadda a obtempéré. Rappelons que Zahi Hawass a tout du faiseur d'embrouilles. Il n'est pas de semaine sans que cet Hugo Chavez de l'archéologie attaque une nation occidentale. Ne voulait-il pas, il y a peu, mettre à l'amende tout utilisateur étranger de la forme pyramidale, la pyramide étant une invention égyptienne?
Autorisations tardives

Bref. Les rapports avec l'Egypte se révèlent difficiles C'est comme pour les Grecs. Une collaboration historique suppose donc toujours des hérissements de susceptibilités. Notons que la Fondation Gianadda a joué cette fois la difficulté. D'importants bronzes viennent d'Athènes ou de Samos. Selon des sources proches de la Fondation, les autorisations de sortie n'ont ici été accordées (volontairement?) qu'à la toute dernière minute.

Mais que le visiteur se rassure. Il lui faut absolument aller à Martigny. Il y verra des pièces magnifiques, regroupées avec intelligence. Il n'est en plus pas près de revoir un tel ensemble.

Fondation Gianadda, 59, rue du Forum, Martigny, jusqu'au 8 juin. Tél. 027 722 39 78. Ouvert tous les jours de 10h à 18h.
vendredi 28 mars 2008 à 10:58
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Sauvegarde des Archives du Commissariat General aux Questions Juives

http://www.juif.org/blogs/7265,sauvegarde-...ions-juives.php

Après six ans de travaux, le microfilmage des archives du Commissariat général aux questions juives et du Service de restitution des biens spoliés est achevé. La restitution des microfilms en vue de leur communication aux publics donne lieu à une cérémonie, le 26 mars 2008 à 17h30, à l'hôtel de Soubise, en présence de Martine de Boisdeffre, directrice des Archives de France, d'Isabelle Neuschwander, directrice des Archives Nationales et d'Anne-Marie Revcolevschi, directrice de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah. Des archives essentielles pour comprendre la ShoahConservées aux Archives nationales et bien connues par les spécialistes sous le nom d'AJ38, ces archives rassemblent deux fonds principaux. Le premier a été produit par le Commissariat général aux questions juives, créé en mars 1941 ; le second émane du Service de restitution des biens des victimes des lois et mesures de spoliation, institué en janvier 1945 dans les mêmes locaux.Essentiellement constitués de dossiers individuels (environ 80 % de l'ensemble), ces documents illustrent principalemen