Tuesday 03 August 2004 à 08:49
Je suis contre l'abolition de la corrida, mais quand on dit "corrida", le mot est tres vague, il existe differentes sortes de corrida ou tauromachies:
les tauromachies otochtones:
Ce sont essentiellement la course Landaise (originaire des Landes) et la course Camarguaise (originaire de Camargue) qui s’apparentent plus à des " jeux" qu’à des combats puisqu’il s’agit d’esquiver la charge de l’animal et qu’il n’y a pas de mise à mort.
La course landaise
Il s’agit d’un spectacle vendu dans plus de 100 localités du département des Landes et une quinzaine de cités des départements limitrophes. La course landaise met en jeu des vachettes sélectionnées pour leur vivacité, dont des virtuoses doivent esquiver les charges. Certains y voient une exhibition sportive, d’autres l’assimileraient plutôt au cirque. De fait, il s’agit d’un concours d’adresse. Le concours dit "formel" est généralement doté de prix récompensant les intervenants et suivi d'exhibitions comiques.
La véritable course Landaise apparaît vers le milieu du XIX ème siècle. En effet, les éleveurs louant les animaux, et les "artistes" (sauteurs et écarteurs), trouvèrent dans la réglementation la possibilité de gagner de l'argent en faisant payer leurs prestations.
Vers 1900 les vachettes remplacèrent les taureaux et vers 1920 la course landaise avait sa forme actuelle.
Essayons de décrire brièvement ce spectacle qui se déroule dans des arènes en forme de fer à cheval ou circulaires (ces dernières permettant d'y organiser des corridas !!!). Les localités dépourvues d'arènes louent des arènes démontables pour la circonstance. Les intervenants sont organisés en équipes (cuadrillas) comprenant un entraîneur, sept écarteurs, un sauteur, un teneur de corde (cordier) et un vacher. Ces équipes portent les couleurs de l'élevage auquel elles sont liées.
La course commence par le lâcher de l'animal qui, privé de liberté, va charger les personnes se trouvant sur la piste. A l'exception de la première sortie, une corde, fixée aux cornes, permet certains contrôles de la bête en rapport avec la complicité qui est de mise entre les écarteurs et le cordier. Un écarteur appelle la vache qui fonce dans sa direction. La performance consiste à esquiver la vache, le plus tard possible et le plus près possible, par une rotation extérieure ou intérieure. Moins l'écarteur concède de terrain, plus l'exploit est apprécié du public et des juges. Le saut par-dessus l'animal est aussi très spectaculaire. Il peut être simple, à pieds joints, périlleux (rotation par-dessus la tête), périlleux vrillé ou de "l'ange" (figure élégante consistant à "survoler" la bête, la réception se terminant par une cabriole).
A la fin de la prestation le vacher rappelle la vache par son nom et celle-ci rentre généralement sans problème dans sa loge.
Nous venons de voir que malgré l'utilisation d'animaux pour le divertissement des humains, utilisation condamnable pour les défenseurs des animaux que nous sommes, les vachettes landaises ne sont pas réellement soumises à des sévices graves et des actes de cruauté. Par ailleurs, certaines, particulièrement "collaboratrices" font des "carrières" de plus de dix ans, pour le plus grand plaisir, notamment financier, de leurs propriétaires.
Comme de coutume les courses landaises donnent lieu à des lâchers de jeunes bovins dans les rues. Il arrive que des animaux soient alors maltraités par des énergumènes excités par l'ambiance et l'alcool. Il y a lieu de s'élever contre de telles pratiques.
Nous évoquerons plus loin la relation entre la course landaise et les corridas ibériques.
La course Camarguaise
Dans la frange littorale qui va d'Avignon à Montpellier se pratique ce qu'on appelait autrefois "course libre", "course provençale" ou "course à la cocarde" et qu'on appelle plutôt aujourd'hui Bouvine ou course Camarguaise.
De quoi s'agit-il ?
On fixe au front du taureau (ou de la vache) "3 attributs" : une cocarde rouge et deux glands de laine blanche. Les 3 objets sont maintenus en place par des "ficelles" enroulées à la base des cornes. Des jeunes gens vêtus de blanc et tenant à la main un quadruple crochet métallique - le raset - tentent d'arracher les "attributs" du bovin qui se défend en chargeant tous ceux qui s'approchent de lui. Pour échapper à l'animal, "les raseteurs" sont souvent obligés de franchir d'un bond la barrière de bois qui limite l'arène. La bête, emportée par son élan, heurte la barrière plus ou moins violemment. Ce choc, dit "coup de barrière", prouve, selon les amateurs, la combativité, la valeur de l'animal. Au bout d'un quart d'heure, le bovin, qu'il ait ou non perdu ses "attributs", est ramené au toril et on fait sortir la bête suivante.
Notons au passage que tout au long du spectacle des "donateurs", le plus souvent des commerçants, font leur publicité en attribuant des sommes d'argent (primes) pour récompenser les meilleures interventions des raseteurs. Ces derniers joignant ainsi l'utile à ce qu'ils estiment l'agréable.
Diversité des tauromachies camarguaises
D'autres jeux taurins coexistent avec la course camarguaise dans la même région : abrivado, bandido, bourgine, taureau-piscine, etc...
L'abrivado est l'entrée des taureaux dans la localité où ils doivent combattre. Les bovins arrivent au galop, étroitement encerclés par des gardians à cheval, entre deux haies de badauds, de curieux et d'amateurs. Ces derniers s'efforcent de disloquer le cercle des gardians pour que s'échappent des taureaux. Jeu violent et dangereux, on le devine.
La " bandido" est l'opération inverse : les gardians reconduisent leurs taureaux de l'arène jusqu'au pâturage ou jusqu'au camion qui les emportera.
Abrivado
La " bourgine", ou " taureau à la corde", consiste à lâcher dans les rues un taureau retenu par une ou deux longues cordes attachées à ses cornes. Les cordes excitent la combativité de l'animal tout en permettant de le maîtriser au besoin.
Le taureau-piscine est un spectacle dit burlesque qui utilise des génisses emboulées dans une arène dont le centre est occupé par un petit plan d'eau.
Les critiques
Dans tout ce que nous venons d'évoquer, le but des hommes n'est jamais de tuer ou même de blesser les bovins, mais seulement de jouer à leurs dépens. La différence avec la corrida espagnole et la corrida portugaise est donc fondamentale. Ces jeux s'accompagnent de mauvais traitements à animal et occasionnent parfois des blessures mortelles pour les hommes et les animaux.
Le quadruple crochet métallique utilisé par les raseteurs en course camarguaise crève parfois un oeil aux bovins. Dans ces mêmes courses, les heurts violents des animaux contre la barrière sont sources de traumatismes.
Presque tous les taureaux utilisés dans ces courses sont soumis au "bistournage", opération qui consiste à les rendre stériles en brisant, sans anesthésie, les canaux spermatiques par torsion au moyen d'une pince.
Sous prétexte d'identification, tous les bovins camarguais et tous les chevaux de gardians sont marqués au fer rouge. Le jour de ce marquage à feu, on découpe sans anesthésie les oreilles des veaux et des génisses pour leur donner une forme spécifique à chaque éleveur. C'est "l'escoussure". Cette double opération de marquage, érigée en spectacle, donne lieu à une fête vendue aux touristes sous le nom de "ferrade". Les amateurs qui paient pour voir de jeunes animaux traqués, jetés au sol, brutalisés, brûlés et mutilés peuvent-ils avoir d'autres motifs que le sadisme ?
Enfin abrivados et bandidos, jeux violents et dangereux, provoquent non seulement des blessures mais aussi parfois des décès. Ces dernières années, plusieurs maires ont été traduits en justice en raison du décès de deux personnes tuées au cours d'abrivados.
On nous dit aussi parfois que nos tauromachies autochtones seraient des remparts contre la pénétration de la corrida. C'est une erreur manifeste. Les deux régions françaises où existent des traditions taurines indigènes - les Landes et le pays camarguais - sont précisément les deux régions de France où la corrida s'est le mieux implantée. Tout se passe comme si course Landaise et course Camarguaise avaient préparé le terrain et créé les conditions les plus propices au développement de la corrida.
2° - Les tauromachies ibériques (espagnoles et portugaises)
La corrida pédestre et ses corollaires
Une corrida de toros (dite aussi corrida formelle) c’est le supplice de 6 taureaux torturés, jusqu’à ce que mort s’ensuive, par trois équipes de toreros. Chaque équipe (appelée cuadrilla) affronte deux taureaux.
Composition de l'équipe :
Une cuadrilla se compose de 6 hommes. Chaque taureau affronte donc 6 hommes à la fois :
- Le "matador de toros" (tueur de taureaux) appelé aussi "espada" ou "diestro" ou "maestro". C’est le chef d’équipe et la seule vedette du groupe. Ses coéquipiers sont d’obscurs subalternes dont les spectateurs ignorent les noms.
- Deux "picadors" appelés aussi "piquero", juchés sur de gros chevaux et armés d’une longue pique.
- Trois "peones" qui manient alternativement la cape et les banderilles. Six hommes armés, longuement entraînés et agissant de concert contre une bête seule, novice et ignorante de tout, c’est ce que certains appellent un combat loyal, à armes égales
C’est le supplice de 6 taureaux,
l’un après l’autre torturés à mort.
Premier acte : le "tercio" de pique
Quand la bête sort du toril, si elle n’a pas été préalablement affaiblie par des manoeuvres frauduleuses (cornes coupées, drogues, maladies,etc...) les hommes n’osent guère se frotter à elle.
Ils se contentent d’agiter leurs capes pour provoquer le taureau de loin et se réfugient, dès qu’il charge, derrière la barrière en bois protectrice qui entoure l’arène.
Pour rendre l’animal toréable, il faut commencer par l’affaiblir. C’est le rôle des 2 picadors qui entrent alors en piste. Leurs montures sont de lourds chevaux de trait cuirassés par un caparaçon à l’épreuve des cornes mais qui ne le protège que très partiellement. En cas de chute, il lui sera quasiment impossible de se relever, devenant par conséquent une “proie facile” pour le taureau.
.
Ils provoquent l’attaque du taureau et, pendant que celui-ci s’efforce de soulever et de renverser le pesant groupe équestre, le picador, avec sa longue pique, inflige au taureau une large et profonde blessure dans la région du garrot (entre les épaules).
Si la bête est invalide (ce qui devient fréquent de nos jours), après le premier coup de pique, les picadors reçoivent l’ordre de se retirer. Si, au contraire, le “fauve” est jugé redoutable, il peut recevoir jusqu’à 7 coups de pique et même davantage. La base de son cou est alors en charpie.
C’est à coups de tête qu’un taureau se bat. Le blesser à la base du cou, c’est le désarmer. Après ce “châtiment” (c’est le terme officiel) l’animal épuisé par la lutte, les blessures et le sang perdu risque de “s’éteindre” c’est-à-dire de ne plus se battre, ce qui mettrait fin au spectacle, à la grande déception du public qui en veut pour son argent. C’est pourquoi les picadors cèdent alors la place aux peones armés de banderilles.
Deuxième acte : le "tercio" de banderilles
Les banderilles sont des harpons à manche de bois. L’homme, tenant un harpon à chaque main, provoque, du geste et de la voix, la charge du taureau puis, esquivant la bête, il cloue les 2 banderilles sur le garrot déjà blessé par les piques. L’opération se répète. Chaque taureau recoit ainsi 3 paires de banderilles.
Pourquoi des harpons ? Pour que l’arme, une fois enfoncée dans la chair, ne puisse pas s’en détacher. A chaque mouvement de l’animal, les banderilles se balancent, remuant chaque fer dans chaque plaie. D’où une vive douleur, sans cesse renouvelée. Mesure-t-on bien le degré de sadisme qu’il faut pour inventer, fabriquer et employer de tels instruments de torture ?
Rendu furieux par cette souffrance continuelle, le taureau, bien qu’affaibli par ses blessures, se jette sur le leurre tendu par ses tortionnaires, multiplie les charges, brûlant au combat toutes ses réserves d’énergie.
Quand on ne le juge pas assez combatif, on lui applique des banderilles noires, plus longues et donc plus douloureuses. Autrefois, aux taureaux “mansos” (trop pacifiques) on n’hésitait pas à infliger des banderilles enflammées dont les brûlures étaient destinées à rendre l’animal fou furieux.
Cette époque, heureusement révolue, n’est pas si lointaine et suggère de très sombres réflexions sur le tréfonds du “coeur humain”.
En stimulant ainsi la bête pour mieux l’épuiser, on la prépare pour le dernier acte : la mise à mort.
Troisième acte : "le tercio" de mort (dit aussi de muleta)
Les "peones" cèdent la place à leur chef d’équipe : le "matador" (mot qui signifie tueur).
Il est armé d’une épée et d’une muleta (morceau d’étoffe rouge) avec laquelle il attire et dirige les charges du taureau. A mesure que la bête s’épuise, ses charges se font de plus en plus courtes. Quand l’homme juge que sa victime est à bout de forces et qu’elle est bien placée, il lui fait baisser la tête en lui présentant la muleta au ras du sol et lui plonge son épée dans le garrot, ce garrot déjà martyrisé par les piques et les banderilles.
L’homme n’étant pas beaucoup plus grand que la bête, il ne peut planter son arme verticalement, mais selon un angle de 45 degrés environ par rapport à l’horizontale. La lame ne peut donc jamais atteindre le coeur. Au mieux, elle tranche de gros vaisseaux sanguins près du coeur, ce qui, par hémorragie interne, provoque la mort en quelques minutes.
L’adroit tueur est alors applaudi par la foule.
Mais souvent, l’arme ne pénètre qu’à demi ou, mal dirigée, sort par le flanc. Souvent aussi elle transperce un poumon. La victime semble alors vomir son sang et meurt asphyxiée.
Quand le premier coup d’épée ne tue pas assez vite, un peon se glisse derrière le taureau et, d’un geste vif, retire l’épée. Il la rend au matador qui recommence la mise à mort.
Il n’est pas rare que des taureaux reçoivent ainsi 5 ou 6 coups d’épée et souvent plus ! C’est fréquemment le cas dans les novilladas, corridas où s’affrontent de très jeunes taureaux et des "matadors" débutants, plus ou moins maladroits.
Dans tous les cas, un coup de grâce est donné à la nuque, pour sectionner la moelle épinière, avec une épée spéciale (descabello) ou un poignard (puntilla).
Il ne reste plus qu’à faire venir un attelage de chevaux ou de mules (arrastre) pour traîner le cadavre hors de la vue du public. Les valets de piste (areneros) avec des râteaux, effacent les traces de sang sur le sable et on peut ouvrir la porte du toril à la victime suivante.
Entre l’entrée en piste de chaque taureau et la sortie de son cadavre, il s’écoule environ 20 minutes. Une corrida dure deux heures.
Il paraît que cette succession de supplices constitue le plus beau spectacle du monde. Vous et nous ne comprenons rien à la beauté.
Il existe autour de la corrida formelle des spectacles que nous pourrions qualifier de "corollaires" - ce sont :
Les novilladas piquées :
leur déroulement est analogue à celui de la corrida. Les animaux plus jeunes (moins de 4 ans), appelés "novillos" sont toréés par des aspirants matadors dits "novilleros" qui n'ont pas encore reçu l' "alternative" donc pas autorisés à pratiquer la corrida formelle.
Les novilladas non piquées :
utilisent des bovins encore plus jeunes, pour des apprentis toreadors. Comme leur nom l'indique, il n'y a pas d'intervention des picadors.
Les becerradas :
font intervenir de jeunes veaux (moins de deux ans), également sacrifiés (banderilles et mise à mort). Les tueurs en sont, la plupart du temps, les élèves des écoles de tauromachie. Dans les trois cas ci-dessus les animaux sont quand même torturés et mis à mort.
Les tientas :
sont une sélection des vachettes pour tester leurs aptitudes à donner naissance à des "toros bravos". Les jeunes vaches sont soumises à la pique. Celles qui chargent et font preuve d'agressivité sont retenues comme futures reproductrices. Les autres iront à la boucherie. Les tientas se déroulent essentiellement dans les arènes des éleveurs. Ces derniers en font la plupart du temps un spectacle payant.
Les capeas :
sont des simulacres de corrida pour jeunes apprentis et jeunes bovins. Il n'y a pas de mise à mort, elle est simplement simulée.
Les festivals taurins :
ne respectent pas les règles de la corrida formelle. Ce sont des démonstrations de plusieurs matadors et / ou novilleros qui "combattent" des taureaux de 2°, voire 3° choix et sont peu prisés des "aficionados durs". Ces festivals sont, pour la plupart, vendus au bénéfice d'associations caritatives, ce qui permet à la tauromafia de se donner un brin de respectabilité en tentant de se moraliser. Les tauromaniaques sont en effet conscients de la large réprobation occasionnée par ces spectacles cruels. Il est utile de préciser que les matadors torturent et tuent gratuitement. Promotion sanglante oblige !
La corrida à cheval ou corrida de rejones
Les origines
Du Moyen Age au 18 ème siècle, la noblesse espagnole s'est adonnée à la tauromachie. C'était un exercice mi-sportif mi-guerrier, pratiqué à cheval et lance au poing. Tombée en désuétude, cette pratique aristocratique a été, au 20 ème siècle, ressuscitée puis modernisée par quelques cavaliers : Cañero, Peralta, Domecq, etc...
Comme la corrida pédestre, la course de rejones se déroule en 3 tercios, c'est-à-dire en 3 actes.
Avant
Après avec le leurre
1er acte :
le tercio de pique En pénétrant dans l'arène, le taureau est confronté à un cheval très agile, monté par un homme vêtu à la mode andalouse.
Le cavalier tient à la main une arme appelée "rejon de châtiment". C'est un long manche de bois prolongé par une lame de poignard. L'ensemble a l'aspect d'un javelot.
Le cavalier, dit "rejoneador" ou "caballero en plaza", provoque la charge du taureau en galopant vers lui. Le cheval, dressé à cet effet, esquive de justesse le coup de corne et, pendant que les deux bêtes se frôlent, l'homme en profite pour clouer son arme entre les épaules du bovin.
Un rejon est conçu pour se casser en deux : la lame reste enfoncée dans la chair tandis que le caballero emporte le manche dans sa main.
Après une course poursuite, le taureau, distancé par le cheval, s'immobilise. Le torero se fait donner un autre rejon, s'élance et plante cette 2ème arme comme la première.
A la fin du premier tercio, le taureau porte, fichées entre les épaules, 2 ou 3 lames d'acier longues de 15 cm. Il saigne beaucoup et chaque pas qu'il fait est un supplice.
2ème acte :
le tercio de banderilles Une banderille est un harpon d'acier à manche de bois. Pourquoi un harpon ? Pour que la pointe, une fois enfoncée dans la chair, y reste fixée. A chaque mouvement de l'animal le manche de la banderille se balance, remuant le fer dans la plaie. Cette torture continuelle a pour but de provoquer la colère de l'animal, d'exciter sa combativité, faute de quoi il n'y aurait ni combat ni spectacle.
Le règlement taurin autorise le rejoneador à planter au même taureau 4 banderilles longues et 3 courtes.
A la fin du 2ème tercio, le supplicié est hérissé de banderilles et épuisé tant par les courses-poursuites que par ses blessures et le sang perdu.
3ème acte :
le tercio de mort Si les rejones de châtiment utilisés au premier tercio sont terminés par des lames de poignard, les "rejones de mort", eux, ont une lame d'épée. Pour exécuter l'animal blessé, le caballero a droit à 3 rejones, donc à 3 essais. Après quoi, si le condamné vit encore, le cavalier doit mettre pied à terre pour l'achever ou laisser cette tâche à un autre torero.
Remarques
Les toreros à pied passent pour des héros qui risquent délibérément leur vie. Aucun risque de ce genre dans la tauromachie équestre : servant de boucliers aux cavaliers, ce sont les chevaux qui prennent les coups de corne. Ces accidents sont rares au cours du spectacle car ne s'y produisent que des chevaux bien dressés mais au cours du dressage, qui dure des années, les blessures sont probablement fréquentes. D'ailleurs, pour épargner leurs montures, qui coûtent cher, les rejoneadores n'affrontent en général que des taureaux aux cornes sciées. Cette mutilation (dite "afeitado") n'est pas, en corrida équestre, une fraude commise secrètement : elle est autorisée par le règlement taurin.
Ces dernières années, les rejoneadores ont pris l'habitude de se mettre à deux contre un seul taureau, ce qui aggrave encore l'inégalité du "combat".
Enfin, alors que le taureau s'épuise, les cavaliers changent de cheval dès que leur monture se fatigue et ils utilisent en général un cheval différent pour chaque tercio.
Les aficionados sont intarissables sur "l'art taurin" mais ce qui les fait vibrer, c'est moins l'élégance d'une véronique que le danger couru par les toreros. Si la course de rejon est moins appréciée et donc beaucoup moins fréquente que la corrida pédestre, c'est sans doute parce que les rejoneadores ne risquent guère leur précieuse petite peau. L'essor actuel du rejoneo s'explique probablement par la vogue grandissante de l'équitation.
source:http://anti.corrida.free.fr/LIENS/Corrida.html